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samedi 24 septembre 2022

Chtolôgo, c'est michto !


Olivier « Chtolôgo » chantait hier soir tout seul avec son accordéon et sa petite batterie au Relais de l'Espinas, c'était bath.

Concert de Chtolôgo au relais de l’Espinas,
vendredi 23 septembre 2022

« On ne peut pas être au four et avec Jean Moulin »



Promis juré craché, croix de bois croix de fer (ah bah non !), ce misérable jeu de mots est de William Karel, calembouriste encore plus impénitent qu'Éric Losfeld — qui dès le premier paragraphe de ses mémoires osait écrire : « … auparavant (japonais)…  » — et dont voici la mastèreclasse diffusée sur France Cul dimanche 7 août mais qui se déroula au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme le 15 septembre 2021, jour fort pluvieux où j'ai enregistré la séance de questions du public qui s'en est ensuivie — parce que ces dames-messieurs de la station ne la diffusent jamais, hélas ! (celle de la mastèreclasse de Jean Rolin à la BNF était particulièrement croustillante).



Questions du public après la « mastèreclasse » de William Karel
au MAHJ le 15 /09/2021

mardi 20 septembre 2022

Quand George Weaver se prenait pour Alain Cuny



Mezzo Litro (feat. GWF Weaver), concert chez Ahmad, 8 mai 1998 : « Sexpense : Alerte au jazz »

L'idée était bête comme chou, c'est Jérôme "Cheval Blanc" Suzat qui l'a eue : prendre un bouquin de gare des 70's bassement porno et le feuilleter sur scène pour en lire au pif des passages, pendant que Henri et Jérôme — le duo de Mezzo Litro, ce groupe qu'ils avaient formé à l'époque — improvisaient à qui mieux-mieux, respectivement au synthé et à la gratte.

dimanche 18 septembre 2022

« La capacité de palabre de cette foule, consciente des heures historiques qu'elle est en train de vivre, est inépuisable »

J'ignorais que Tanner, ce géant du cinéma toujours vivant, merci pour lui (contrairement à JLG qui vient de  vraiment passer l'arme à l'extrême-gauche), avait réalisé une sacrée flopée de films pour la téloche.
On peut en voir pas mal sur le site de la RTS, extrêmement bien foutu (contrairement, derechef, à celui de Radio France où c'est le bordel le plus complet, j'espère que vous n'avez aucune émission à rechercher par thème parce qu'on obtient chaque fois des dizaines de milliers de résultats qui n'ont aucun rapport avec la choucroute, choukran !)

Voici celui qu'il a tourné en mai 68 à Paris, je sais que c'est un peu ballot de ma part mais c'est la première fois que je vois un document sur le quotidien de ce temps si particulier — film évidemment impeccablement tourné puisque c'est Tanner, cet homme qui est un être humain, lui (contrairement à… nan, j'déconne !)

Enjoy !

LE BEAU T'ARRIVE

 

C'était hier soir, en direct sur France Cul depuis le studio 542 de la Maison de la Radio (« et de la Musique », qu'ils ont osé ajouter juste après en avoir supprimé la moitié des orchestres !), à 21h dans l'émission Samedi Fiction, « Arthur Rimbaud - Rumeurs et visions », j'en ai eu le souffle coupé, bouche bée. Gaspe !

Jamais j'avais entendu pareille invocation*.
Rimbaud aurait kiffé grave, foi de GWFW !

Le bateau ivre, par Adrien Michaux

On est à tant d'années-lumière de l'extraordinaire interprétation de Ferré en 1982 — qui du coup en paraît quasi… stalinien !



Allez, toute cette émission de Laure Egoroff est d'une telle beauté époustouflante, je la rebalance ici :



* Comme on dit « incarnation », le fait de prendre chair. Ici, accomplir par la seule voix.
« Je sais bien que ces noms signifient autre chose dans l’usage commun. Mais mon dessein est d’expliquer non pas le sens des mots, mais la nature des choses, et de les désigner par des termes dont la signification usuelle ne s’éloigne pas complètement de la signification avec laquelle je veux les employer ; qu’il suffise que je le fasse observer une fois pour toutes. »

Spinoza, Éthique III, Explication faisant suite à la définition 20 des Affects (trad. Pierre-François Moreau, PUF, coll. « Épiméthée », 2020, p. 327)

samedi 10 septembre 2022

Salauds de pauvres !

La traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956)

« Voyous ! anarchistes ! mauvais Français ! »

Et dire qu'Autant-Lara est devenu un suppôt du FN peu avant de crever…
(bon, pareil pour l'anar surréaliste polardeux Léo Malet, c'est vrai, trois fois hélas !)
Décidément, la vieillesse est un naufrage…

vendredi 9 septembre 2022

Que quand on élit sa bête, il faut apprendre à la voir mourir

L'humanité ne sera heureuse que le jour
où on aura pendu le dernier monarque
avec les tripes du dernier curé

Elle les habitait ?
Elle les a bités de son bête asile, la zézette habile, ?
(bref, ils balisent — et hop ! du balai !)

 

« Ce dont on ne peut [en glaise] parler, il faut la terre [voire l'angle éther] »

Lutte vite, vite, Einstein ! (Cambridge, 1929)

lundi 5 septembre 2022

La vie, l'amour la mord


« J'me suis marié pour
qu'on m'fait des omelettes ? »

Morcine, 2020


Ça a été rediffusé cette nuit sur France Cul, entre 03h30 et 04h.

Loup noir : Mansfield.TYA (with Shannon Wright)

dimanche 4 septembre 2022

Là, dis, y'a c'porc à descendre !

 
C'est le reliquat de décennies de travail et d'amassage, ça devait durer quatre heures au départ (j'ai sous le coude le texte intégral, disponible à demande pour qui veut) mais même tel quel c'est insoutenable, de la beauté pure à l'état brut.

Le national-socialisme en 2022

En 1946 l'avenir semblait encore radiaux sous les préaux, même si on était un peu neuneu

« Rendre aujourd'hui nos élèves acteurs de leur consommation, c'est quand même un enjeu primordial, de devenir un citoyen responsable qui puisse faire des achats réfléchis » et balablabli et blablablou

Promis juré craché (et y a de quoi cracher, et même vomir et dégueuler !), croix de bois croix de fer, sieg Heil !, c'est un professeur de l'école française de la République qui vient de débiter ça au journal de 10h de France Cul ce dimanche matin 4 septembre 2022 (jour anniversaire du passage à la Troisième République, soit dit en passant), juste avant la messe (assez amusante, au demeurant, surtout avec la voix de fausset du connard de de curé qui tente maladroitement de donner un sens entièrement nouveau au verbe « chanter »).
(C'est pas encore dispo à la réécoute mais je le mettrai en ligne ici dès que.)

Doux Jésus, juste ciel, miséricorde !

Prenez et mangez-en tous, vous ferez cela en mémoire de moi.

jeudi 1 septembre 2022

Pourquoi je me pose toujours des questions ?
(j'ai un faible pour les fausses sceptiques…)



(c'est tout de même hallucinant, que la hioutubisation du monde nosferatise ainsi d'innocentes bluettes post-nazies qui n'avaient rien d'expressionniste à la base ! Franchement, je le demande : qui, je dis bien qui, sans ces fantastiques pixels, aurait jamais songé à un rapport entre Camillo et Max Schreck ?)

 
(les paroles de cette chanson-là varient évidemment au fil des horreurs qui nous secouent)

lundi 29 août 2022

Naccache : beaux mots (pas macache bono !)


Hasard de la programmation de France Culture, il se trouve que ce neurologue dont la parole est d'or, Lionel Naccache, a causé longuement dans le poste à deux reprises en moins de douze heures ce ouiquènde.
D'abord samedi de 18h15 à 19h dans la belle émission estivale d'Amélie Charron, Leçons de rêves :

Et puis au début de la nuit, de 01h45 à 02h30, parce que la station rediffusait un Hors-champs du 1er novembre 2010 (et j'avoue avoir éprouvé derechef brièvement l'envie de gifler Laure Adler, tant elle l'interrompt à tout propos comme pour l'empêcher de développer tranquillement sa pensée) :


Ça m'a rappelé que je l'avais déjà entendu fin 2020 au micro d'Étienne Klein, le Lionel pas aliénant, et j'avais été tout aussi captivé mais après ça m'était sorti de la tête, rapport au deuxième confinement sans doute :

Vraiment le genre d'émissions où on se sent plus intelligent après l'écoute, et qui force à remettre en question bon nombre de préjugés enfouis en nous…

dimanche 28 août 2022

Fontaine, je boirai toujours de ton eau !

Réentendue hier en milieu de journée à la fin de je sais plus quelle émission sur France Cul, j'ai voulu la réécouter tout à loisir et je suis tombé sur ce scopitone dont j'ignore hélas qui l'a réalisé mais c'est tout bonnement parfait, neuf et frais, encore 56 ans plus tard !


Brigitte Fontaine : On n'est pas des chiens (1966)

samedi 27 août 2022

Discordance des temps : entre 10 et 11 le samedi matin, c'est l'heure des blagues en esprit d'escalier que j'ânonnais genre à Noël


Je me souviens que feu Georges Courtois — paradoxalement mort bêtement dans l'incendie de son logis, lui qui tant de fois a manqué succomber d'un bastos de Manhurin — m'avait raconté celle-là avec sa voix de Gaulois Bleu, lors d'une fête aux premiers Condos (sans doute en son honneur et pour marquer l'achèvement du chouette film de Fred Goldbronn) peu après la mort tragique de Lady Di.
Ce n'était pas de lui, avait-t-il tenu a préciser, ça avait aussitôt fusé dans les taules de notre belle république humanitaire des Drouot de l'âme :

— Hé ben maintenant, on sait enfin ce que à signifie, « Alma » !
— […]
— Ben ouais ! A.L.M.A. : Attention, La Mercedes Arrive !
 


 

Et un peu plus tard dans la saison, mais toujours au tournant du millénaire même si celle-là n'expliquait pas de façon très limpide comment Chirac en avril 2002 avait massivement enjoint les troupes du RPR de voter Le Pen au premier tour, en sorte que Jospin sera éliminé et que lui, Chichi, se verrait réélu les doigts dans le cul nez et échapperait ainsi définitivement (Hourrah ! vive l'immunité présidentielle et la prescription !) aux fourches caudines de la justice socialiste tatillonne qui lui cherchait des méchants poux rapport à ses magouilles mahousses depuis 1976 à la mairie de Paris et lui promettait de croupir à vie dans les geôles moisies de l'État Français (ah bah tiens, la boucle est bouclée ! et c'est ici que les Athéniens s'atteignirent) tel l'homme de Kiev ou un vulgaire Balkany (et au fait, pour bien cadenasser l'entourloupe, si on envoyait quelques barbouzes pasquaïens nostalgiques du SAC malmener un tantinet un malheureux bien franchouillard genre Papy Voise, histoire de faire vibrer toutes les chaînes de dégueulis xénophobe juste avant le premier tour ? oui, dis, chiche, Chichi ? si on le faisait ? d'ailleurs, le Valois paierait ! [hem, OK, j'arrête — comme Keith mais c'est pas la même musique]), celle-là, donc, c'est (nom d'une pipe !) :

Et quand Monique elle lève un ski, il a ri, Clinton ?

« On couche toujours avec des morts »




À vrai dire j'ai jamais vraiment compris ce qu'il entendait par là, le père Ferré, j'étais féru mais pas ferré, d'ailleurs il m'a fallu longtemps pour piger— depuis la première fois où j'ai entendu cette merveille sur l'auto-radio-cassette de mon tonton préféré qui me ramenait de chais plus quelle station de sport d'hivers à Paris, alors que je croyais du haut de mes neuf ans que le gars dans le poste il causait de son grand-père, son pépé (et vu les paroles ça me faisait aussi bizarre qu'au Petit Nicolas) — pour piger donc que le père Ferré il causait d'un singe, de son chimpanzé, et encore plus longtemps après que c'était parce que sa femme Madeleine l'avait zigouillée, la bestiole, tout ça parce que que Ferré était sans cesse en tournée hors du foyer alors qu'il lui avait juré un amour éternel et permanent à condition qu'elle-même, la belle Madeleine, abandonnât sur le champ toute ambition de chanteuse malgré sa voix d'or et ses seins attrayants (la vache !), même qu'un vinyle en témoigne et qu'il m'a été donné de le contempler mais bon, c'est pas la question, franchement on s'éloigne : le truc, c'est que France Cul balançait la nuit dernière le quatrième volet du Profils de Léo Ferré (janvier 1971), qui débutait par une franchement chouette évocation-définition de l'amitié :

mardi 16 août 2022

La vraie raison profonde du décès subit subi par Olivier Nioutonne de Jaune !

Dans l'océan de mornes non-événements que nous vivons en ces jours desséchés, le monde entier s'est trouvé voici peu saisi de stupeur à l'annonce ébahie, hé bah oui, du décès louche de celle qu'il a fallu ramasser à la petite cuiller, qui montrait son petit cul hier (ie : en 1978), pas trop à cheval entre deux chaises.
Mais à vrai dire, on nous servait la soupe, oui madame !

Car l'explication de cette étrange DS — selon le rigolo dyslexique général de Gaulle qui ne fut pas le dernier aux néons à bander pour elle… — bref, disons plutôt, de cet étrange décès, figurez-vous que notre éminent confrère Hara-Kiri l'étalait en une (défait, vrillé ? non !:) dès février 1978 !
Nul complot derrière cette histoire aussi banale à pleurer que chez Piaf : si elle a calanché, c'est tout nûment des suites du chagrin extrême — que dis-je ! — du ressentiment inextinguible (et finalement fatal) que suscitait en son for intérieur à elle (qui jusqu'au bout s'en trouva fort dépourvue, même quand la bite fut venue) l'extraordinaire virilité multiple de son partemaire d'alors — et je te dis pas comment c'est parti tout bénèf à fond les ballons ovales pour la théorie du genre, à tel point que de rien l'air j't'eus dit : But !
La preuve :
 


Olivia Simton-John & Patrick Travoltopaloff

dimanche 7 août 2022

Comment je suis devenu communiste libertaire

Cette année, le feuilleton-fleuve de France Culture qui court sur juillet-août, c'est Vie et destin, titre pléonastique s'il en est de Vassili Grossman.
Autant j'avais été happé par Le comte de Monte-Cristo voici quatre ans, autant là ça me disait vraiment rien, non merci, pas envie.
Mais allez savoir pourquoi, aujourd'hui je me suis demandé pourquoi ça me débectait ainsi a priori.
J'ai un peu réfléchi… et puis j'ai compris — enfin plutôt, je me suis souvenu : je confondais avec L'homme de Kiev, de Malamud.

L’homme de Kiev, que ce farceur de Deleuze cite en épigraphe de son Spinoza. Philosophie pratique. L’homme de Kiev est ce pauvre juif qui a acheté pour 1 kopek une traduction de L'Éthique de Spinoza chez un brocanteur tout en regrettant de gaspiller un argent durement gagné, et qui confesse à ses juges :

« Plus tard j’en ai lu quelques pages, et puis j’ai continué comme si une rafale de vent me poussait dans le dos. Je n’ai pas tout compris, comme je vous l’ai dit, mais dès que l’on touche à des idées pareilles, c’est comme si on enfourchait un balai de sorcière. Je n’étais plus le même homme. »

Prologue de la rediff le 19-01-2021 de « Avez-vous lu Baruch ou Portrait présumé de Spinoza » (Les samedis de FC, 3 avril 1978)

Ah oui.
Ah oui, c'est vrai, j'avais complètement zappé !
Le film, je veux dire (car franchement, qui a lu Malamud ?) : le film de Frankenheimer de 1968, The Fixer (John Frankenheimer, oui, le tâcheron pas si tache qui a brièvement brillé avec French Connection 2).
Enfin, plutôt… la première diffusion de ce film sur l'antenne de l'ORTF.
Mais, euh, en fait non, même pas la diffusion : la semi-diffusion.

Chaque fois qu'on en cause, on oublie une chose : c'était les vacances, les vacances “de Pâques” comme on disait alors — pas encore “de printemps” contrairement au Bon Marché ou à aujourd'hui avec toute la galerie qui fayote.

Hé oui : les vacances de Pâques, deux grosses semaines en Normandie chez Daddy et Mamic, youpi !

Neuf ans et toutes mes dents, traire les vaches du fermier d'à côté M. Héry assis sur mon seau à m'en foutre plein les pognes de lait mousseux bien chaud, toutes les joies de la campagne normande éclatante sous les feux de ces trente glorieuses ignorant leur crépuscule galopant (enfin, les menaces de “mise à l'air” — comprenez se faire déculotter par les fils des voisins et frotter bite et cul d'orties — c'était pas vraiment la joie, plutôt grave flippant à vrai dire, mais heureusement c'était pour rire).

Mais la joie suprême, avouons-le en petit citadin que j'étais alors, c'était pas au grand air, c'était pas veaux vaches cochons même si des pensées impures m'égaraient déjà vers Perrette et son pote olé : non, l'extase c'était ce machin magique où je voyais des rêves inimaginables, ce gros globe bulbeux en noir et blanc souvent brouillé, c'était… LA TÉLÉ !
Des images qui bougeaient pour raconter des histoires, une avancée technologique fondamentale qui me faisait frétiller comme un daguet (attention ! j'ai pas dit “bander comme un cerf”) mais que mes parents dédaignaient horriblement, inconscients qu'ils étaient des efforts herculéens que je devais déployer à la récré pour faire mine d'avoir vu la veille Winchester 73 comme tous les copains aux yeux illuminés (« Et tu t'souviens, quand y dégaine avant que l'aut' ait eu l'temps d'dire ouf ? — Ah ouais, sensass ! ») : fallait en affabuler, des trésors d'ingéniosité pour raconter les bribes de tous ces films dont j'ignorais tout, pour faire croire que moi aussi j'avais vu, et surtout que mes parents “avaient la télé”…

Mes grands-parents ne connaissaient rien à ce truc (la télé) dont ils venaient de meubler leur salon, ni d'ailleurs à l'histoire du cinéma, tout au plus Mamic se souciait-elle de l'avis de l'OCFC ou d'un éventuel carré blanc : le vrai péril, c'était l'heure-guillotine du dodo : ils éteignaient sans pitié le poste cinq minutes avant la fin d'un suspense insoutenable.

Mais ce soir-là, ça semblait peinard et assuré : les Dossiers de l'écran passaient en première partie L'homme de Kiev pendant que mes grands-parents avaient disparu je ne sais où, j'étais sûr de voir le film jusqu'au bout.


 
Et c'est là que tout a basculé.
Je sortais à peine de table, bien mangé bien bu, le ventre bien tendu tout repu de la délicieuse soupe de ma Mamic, et voilà qu'un infâme geôlier chargé d'apporter une écuelle de soupe à notre malheureux héros injustement emprisonné, voilà-t-y pas que beuârk ! il crache sous ses yeux un gros mollard dedans avant de la lui passer !!!
C'est franchement dégueulasse, je savais pas qu'on montrait des choses aussi peu chrétiennes à la TÉLÉ, mais en plus voilà que ça se met à déconner à plein tubes sur l'écran, y'a un texte qui défile en bas du film qui continue, ça dit en gros que le président est mort et que le film va s'arrêter, y va y avoir un flash spécial.

Moi je pige que dalle mais une chose est bien claire : le salopard a craché exprès dans l'assiette de soupe du pauvre juif spinoziste innocent à la Kafka, et le président Pompidou il a tellement pas supporté pareille saloperie qu'il a calanché direct et du coup on m'a sucré la fin du film, pour une fois que j'allais enfin tout savoir !
J'en ai conçu une telle haine pour Pompidou* et le capitalisme dont il s'était fait le trente-glorieux héraut, j'ai tellement ressenti cette double injustice dont se trouvaient frappés tant le pauvre homme de Kiev que moi-même, qu'après mûre réflexion, ni une ni deux, hop ! j'ai hopté pour le communisme libertaire.

Et voilà toute l'histoire, et que s'il vous plaît nul althussérien ne vienne me causer à ce propos de surdétermination, merci, j'en ai bien assez pour mon compte quoi que cela puisse bien vouloir dire !

* Pompidou, ce saligaud glaireux prétendument poète, plutôt prouteux tout court, cette baudruche enflée qui bien loin des glamoureux pou pou pidou de Marylin se faisait nuitamment héliporter depuis l'Élysée vers des ruisseaux bien plus frais pour tenter d'y pêcher l'écrevisse à grands renforts de têtes de porcs (c'est du moins ce qu'affirme fortement Raoul Rabut** dans Un tas d'œufs frits dans un chapeau et je ne puis que souscrire sans réserve à cette puissante conviction en opinant du chef de haute trahison).



** Le plus sympathique des trois frères Tellenne, qui jadis fondèrent le rigolo groupe Jalons avant de plus ou moins vite se muer comme des serpents en sinistres conseillers de Pasqua, animateurs téloche niveau Zéro ou de manif pour tou(te ?)s du genre Frijide Barjot. Leur acmé date du 13 janvier 1985, quand ils organisèrent une manif de protestation contre le froid au métro Glacière (après avoir pétitionné pour une candidature de Pompidou à la présidentielle de 1981, mais c'est une autre histoire…)

mercredi 3 août 2022

Chansons de saillies (et Lycée de Versailles)



Bonne surprise, France Cul. rediffusait cette nuit une émission du 13 juin 1984 dont j'ignorais complètement l'existence : orchestré par Noël Simsolo, un splendide florilège de chansons et interventions de Boris Vian à l'occasion des vingt-cinq ans de sa disparition brutale, rien que du bonheur !

Rappelons que si l'ami Boris n'a hélas enregistré qu'un seul alboume, il a tout de même modestement écrit pas moins de 484 chansons au cours de sa trop brève existence. Elles ont toutes été réunies dans ce recueil, encore disponible en poche.

Allez, en bonus, un bijou qui n'a pas été diffusé en 1984 — et pour cause : c'est l'unique enregistrement connu, effectué le 17 août 1999 lors du spectacle Et Vian ! En avant la zique !

jeudi 28 juillet 2022

Pourquoi il vaut mieux éviter de mourir avant le 16 août ?

Tout simplement parce que telle est la date de diffusion par chez nous en VOSTFR de l'ultime épisode de Better Call Saul, qui clora la saison 6 et donc l'ensemble des soixante-trois épisodes de la série — elle-même un précouaile de Breaking Bad.

On sait désormais ce qu'il est advenu de Nacho et de Lalo, mais quid de Kim Wexler, elle aussi absente de la (moins épastrouflante, tout bien pesé) série suivante ?
Perso et toute superstition honnie comme il se doit, je les croise (les doigts).

L'ensemble est à ce jour visible et téléchargeable à l'œil ici.

lundi 4 juillet 2022

Repos, rap ou rampeau, on s'en repaît



C'était pas mal vendredi soir la dernière émission de Marie Richeux, Par les temps qui courent, qui causait du repos avec Alain Corbin — historien d'ailleurs lui-même apparemment très fatigué :



À la fin du truc, sans qu'on puisse piger vraiment pourquoi, Marie a choisi de balancer ce morceau magnifique mais pas du tout oblitéré par la SACEM, juste chopé sur Ioutioube : une reprise (on dit « cover » aujourd'hui, àskiparaît) par deux héroïnes hitchcockiennes d'un rappeur ma foi méconnu de ma pomme, Naps, ça s'appelle La Kiffance :


Du coup j'ai été voir l'original, et à mon avis y'a pas photo :



Ça m'a rappelé une des lubies dont m'entretenait jadis notre ami Boris Donné — prestidigitateur borgésien s'il en est —, qui se faisait fort de démontrer malicieusement que bon nombre de tubes n'avaient émergé qu'après de laborieux flops qui furent pourtant des tentatives d'en faire.
Et fouchtra, il avait bigrement toujours raison !

Sauf que là c'est deux gisquettes qui excellent bien mieux que le rappeur dont elles s'inspirent, mais lui cartonne en termes d'audience tandis qu'elles patinent dans les chatbots, et allez savoir la quantité de complots qu'on peut ourdir, fomenter ou ne serait-ce qu'imaginer à partir de pareille aberration…

Enfin, jusqu'ici-bas, on verra bien !

vendredi 24 juin 2022

Une chambre en ville
(Hôtel de Suède, chambre 12)


France Culture diffusait au début du mois une passionnante série d'entretiens d'Antoine Guillot avec Claude Ventura, réalisateur truculent d'intelligence que je ne connaissais jusqu'ici que pour sa participation à cette merveille télévisuelle que fut durant dix ans l'émission Cinéma, cinémas aux côtés de Michel Boujut, Anne Andreu, André S. Labarthe, Philippe Garnier et Guy Girard, entre autres (excusez du peu !)


Dans ce quatrième entretien, Claude Ventura revient en détail sur cette aventure des années quatre-vingts dont on peut aujourd'hui encore éprouver l'incroyable créativité grâce au fils de Michel Boujut, Thomas, qui a gracieusement mis en ligne pas moins de 125 épisodes de Cinéma, cinémas, notamment celui-ci avec Pascale Ogier (actrice dont cause Claude Ventura dans l'entretien ci-dessus mais là c'est pas la séquence des petits papiers puisque c'est du Boujut et pas du Ventura) :

À quoi je me permets d'ajouter, en piochant au hasard, ce témoignage de Janet Leigh sur le tournage de la scène de la douche dans Psychose, mais tout est bon dans le… (cochons tous les épisodes de ce fabuleux magazine !) :


Disons-le tout net : c'est le cinquième entretien qui m'intéresse spécialement ici…


… car j'y ai appris qu'au moment où Antenne 2 a brutalement annoncé en loucedé à l'équipe la suppression de Cinéma, Cinémas, Ventura préparait un sujet sur l'histoire du tournage d'À bout de souffle, qu'il a heureusement pu ensuite concrétiser avec Xavier Villetard en une sorte d'enquête documentaire format polar, diffusée sur La Sept/Arte en 1993.
On y apprend que la séquence centrale du premier long-métrage de Godard, qui occupe un bon quart du film (de 00:28:19 à 00:52:43, plus de 24 mn sur un total d'1h30) a été tournée à l'hôtel de Suède, 15 quai Saint-Michel, dans la chambre 12, durant l'été 1959.


(désolé pour ce satané QR code qui s'affiche à gauche, impossible de le virer de ma captation)

Minuscule espace où convolaient en justes gosses tant que faire se pouvait Belmondo, Jean Seberg, Godard, la scripte Suzanne Faye (qui transcrivait à l'arrache les dialogues tout frais écrits par Godard qui les dictait sur le fil aux acteurs, de manière à pouvoir les enregistrer ensuite en post-synchronisation) et Raoul Coutard qui tirait au max les possibilités lumineuses de la pellicule d'alors, exacerbons les ASA jusqu'à la lie !
Aujourd'hui l'hôtel a changé de nom et coûte bonbon (400 à 700 € la nuit), impopo de s'y payer une chambre au mois pour une Amerloque bohême qui cherche son Jules.

Coup de pot, comme l'annonce ingénument Claude Ventura en quasi-direct lors du quatrième entretien, ce doc de deuxième souffle (hé oui, Melville apparaît brillamment dans le premier Godard, dare-dare mais pas pour les gogos ! — et à ce stade on ne sait plus si c'est là Ventura, d'Antonioni ou Lino ou Claude) est actuellement visible, sur la plateforme « Henri » bouldingue de la Cinémathèque française. (Et l'on s'aperçoit avec amusement — ou bien est-ce une pirouette de plus ? — que lors de l'entretien avec Antoine Guillot, Claude Ventura se mélange un peu les pinceaux trente ans après dans les coups de fils d'alors à Godard : la réplique « Vous rêvez ! » de JLG, c'est pas du tout au sujet du dialogue final. Mais cela ne fait évidemment qu'ajouter au charme de cette histoire…)

Si l'on compte les séquences d'À bout de souffle tournées dans cette chambrette, il n'y en a en fait que deux dans le film :

— la première, fort brève, lorsque Michel Poiccard leurre le pipelet et se faufile dans la turne de Patricia pour y faire un brin de toilette et quêter (en vain) quelques anciens francs :

— et la seconde, bien plus étendue et qui constitue comme précisé ci-dessus le cœur du film, où se déploie l'histoire entre Michel et Patricia. Ça débute ainsi, ça va se poursuivre durant 23 mn, c'est une bombe nucléaire dans l'histoire du cinéroshima mon amour :

Incidemment, et c'est peut-être un autre hasard des mises à disposition sur la Toile — indépendamment d'ailleurs du récent décès de Jean-Louis Trintignant —, il se trouve que depuis plusieurs mois le site d'Arte propose pour notre plus grand bonheur trois films d'Alain Cavalier, dont le tout premier, Le combat dans l'île (1962), avec notre Mastroianni national JLT et Romy Schneider (pas celle de la liste, si, si ! euh… je veux dire non, non, je confonds avec Schindler, merci de renvoyer l'ascenseur ou ses frères avec Rocco !)* et aussi Maurice Garrel qui dix ans plus tard ne sera pas qu'un mannequin dans Nada mais c'est une autre histoire, même si je gage que Manchette aurait apprécié de se voir adapté par Cavalier, le seul à avoir jusqu'alors correctement adapté Stark/Westlake (Mise à sac, 1967).

Ainsi, toujours incidemment (mais tel était bien le désir de Chimène, non ? « Un Cid amant… »)*, peu après avoir écouté cette série d'entretiens de Claude Ventura et conséquemment visionné cet ahurissant docu-polar de 1993 sur la genèse d'À bout de souffle (film qui avec Les 400 coups figura lui-même la genèse du cinéma français des deux décennies suivantes) j'ai regardé avant-hier Le combat dans l'île — une pure merveille, soit dit en passant, comme tous les Cavalier, et pourquoi diable ne l'avais-je jamais vu auparavant, je m'en mordrais les framboises moi qui suis dingue de Cavalier et notamment du Plein de super depuis que Patrick Brion l'avait présenté au Cinéma de Minuit au début des années quatre-vingt mais en vrai c'était peut-être Claude Jean-Philippe un vendredi dans son Ciné-club d'Antenne 2 après Apostrophes où Pivot l'accueillait goguenard mais en fait je me souviens très bien que sous Giscard était passé très tard Martin et Léa et que je regardais ça depuis le canapé rembourré de la maison normande familiale sous l'œil bienveillant de mon jeune oncle qui avait la réputation (usurpée) d'être soixante-huitard et que dès que dans le film ils ont commencé à se foutre à poil pour se fourrer au lit mon tonton a blêmi et m'a enjoint d'aller moi aussi me pieuter mais tout seul comme un benêt et moi je trouvais pas ça juste pour une fois qu'il se passait un machin un peu rigolo à la télé mais après Agnan il m'a dit que c'était des trucs pour les grands et que si j'en causais comme ça à tort et à trac le Bouillon il allait nous faire les gros yeux et)*

Hem, bref, que vois-je, qu'halluciné-je, quoi qu'est-ce, glurk ?
Dans Le combat dans l'île, Cavalier qui tout comme Louis Malle musarde loin de l'écurie des Cahiers s'amuse à lancer cette maousse allusion au film-phare de la « Nouvelle Vague », deux ans après :

Le spectateur averti par le Douze Suede Show de Claude Ventura et le revisionnage d'À bout de souffle en a le souffle coupé, il est à bout (comme dans le film de Murnau et Flaherty cher à Rohmer).

Il se trouve que les scènes de l'appartement bourgeois de Clément et Anne ont été tournées dans l'appartement de Louis Malle, comme le précise Alain Cavalier dans ce documentaire paléographique de 2012, 50 ans après la sortie du film :



(détail amusant : ma compagne de jadis me présenta un jour, peu avant qu'elle me quitte, son ami-amant qui n'était autre que le fils de Henri Serre et qui m'a alors refourgué  des montagnes de cartons des très estimables éditions Encrages, qui avaient notamment édité la première traduction française du recueil de Grace Paley, Énorme changement de dernière minute. Mais tout ceci n'a rien à voir avec cet autre film emblématique de la Nouvelle Vague, Jules et Jim,  malgré les circonstances : disons qu'il s'agissait plus de tangente que de parallèles…)

Tout ça bien pesé, que penser alors de la séquence suivante du Combat dans l'île dans l'hôtel de Suède (la seule in situ, à vrai dire) :

Car à voir Clément se précipiter ainsi dans la chambre 12 de l'hôtel de Suède (adresse à l'époque inconnue des cinéphiles d'À bout de souffle), on se demande soixante ans après si ce n'est pas pour tenter d'y retrouver — plutôt que sa femme Anne dont il sait qu'elle a rendu la clé — les traces de la genèse de cette Nouvelle Vague pourtant alors toute fraîche émoulue, deux-trois ans à peine…
Y a-t-il seulement un sens à cette extrême attention subite que Clément porte au cendrier dessiné par Meheut dont on comprend qu'Anne l'a dérobé au restaurant Prunier : « Toute la mer - À Londres - À Paris », était-ce une manière de chercher à noyer le poisson de la Nouvelle Vague avant même qu'il ait été repêché puis saumuré — chabrolisé, truffaldisé, rohmerisé… — par ses créateurs même ?


* Désolé, je m'égare — comme eût dit Euclide —, c'est sans doute l'influence de John Warsen, ce grigou (arf !) seul auteur et finalement le seul blogueur qui vaille à mes yeux chassieux, à balancer à tire-larigot ses grégaires solos tarés (pfff !) de haïdouk…

jeudi 16 juin 2022

La société contre l'État ?
La lutte de Clastres !


Voici bientôt quarante-cinq ans que Pierre Clastres s'est mortellement gamellé en bagnole, à 43 ans, sur « une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouvera », comme le clamait le générique d'une célèbre série télé de l'époque.
Ce fin penseur praticien foudroyé en pleine réflexion n'a pas peu compté pour nous autres, malgré la maigreur de ses publications.

Adonques France Cul rediffusait le 1er juin dernier un ACR du 18 février 1975 : Qu'est-ce que c'est que ces chefs sans pouvoir ?
Clastres s'y avère aussi malaisé à l'oral qu'il fut rétif à se faire photographier, à laisser des traces perso : ça devait le turlupiner de jacter aux micros du pouvoir, de devoir causer comme un chef (on ne l'imagine guère créer un compte FB ou une chaîne Ioutioube d'influenceur…)
Mais cela rend ce trésor tout aussi précieux aux oreilles qu'à la comprenette.

mercredi 8 juin 2022

Divine surprise ou cabotinage ?



Rien certes de divin dans cette histoire pour l'ami Wroblewski, tout aussi indécrottablement athée que ma pomme, mais il conviendra tout de même que la coïncidence est assez stupéfiante, lui qui voici pile trois ans reçut un chèque de 45 € pour avoir posté une question banco au sujet de l'incipit de Tristes tropiques qui laissa cois les candidats : il sait que les questions arrivent en nombre aux sélectionneurs du Jeu des mille euros, qui trient celles qu'ils ont retenues selon leur niveau estimé de difficulté, et qu'une brassée sous enveloppes anonymes est confiée pour la semaine à l'animateur Nicolas Stoufflet, qui lui-même en présente pour chaque niveau de questions une dizaine aux candidats, parmi quoi ceux-ci piochent au hasard.

Bref, ça s'est passé dans l'émission diffusée avant-hier, lundi 6 juin, où une certaine Divina Cabo tentait sa chance, au moment de la troisième question bleue — et là c'est l'animateur qui en est resté coi :

(Soit dit en passant, c'est devenu sacrément galère de rapatrier le lecteur embarqué depuis quelques semaines : le tout nouveau tout beau site de Radio France étant d'une impéritie mammouthesque, il n'y a plus de bouton dédié à l'exportation des émissions : voici qu'il faut de nouveau jouer les acrobates du HTML !
L'astuce consiste à repérer dans le code-source de la page de l'émission le terme « diffusionId », de récupérer le charabia de lettres et chiffres qui suit puis d'insérer celui-ci à la place idoine dans le bloc de code de l'ancien lecteur — qui n'est évidemment pas le même pour France Cul et pour France Inter, ce serait trop simple !)

samedi 21 mai 2022

Un festival de gombrowiczeries




Bibliothèque de poche : Gombrowicz (2ème chaîne, 12 octobre 1969)

France Culture proposait dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 mai une Nuit spéciale intitulée « L'éternelle jeunesse de Witold Gombrowicz » qui, sauf erreur de ma part, sauf les deux Une vie, une œuvre de 1996 et 2007 et hormis les adaptations radiophoniques de ses œuvres, concentrait la totalité des émissions consacrées à ce génie tutélaire depuis sa disparition en 1969 — et présentées ici-même à plusieurs reprises depuis douze ans (cliquer sur les monomanies sous ce billet).


Présentation par Mathias Le Gargasson, coordinateur de cette Nuit :

Nuits magnétiques : « Futur antérieur : Witold Gombrowicz » (1ère diffusion : 7 mars 1984)

Surpris par la nuit : « Gombrowicz et la forme théâtre » (1ère diffusion : 25 avril 2001)

Les samedis de France Culture : « L'homme d'argile, ou Gombrowicz et le nouveau chant du monde » (1ère diffusion : 07 juillet 1979)

« Entretiens avec Witold Gombrowicz », par Gilbert Maurice Duprez (1ère diffusion : du 14 au 20 janvier 1970)

mercredi 11 mai 2022

Et tout ça, ça fait…


 

♬♪♫  D'excellents Français
Fidèles à Bousquet  ♪♬♪

Une merveille de série d'émissions sur France Cul cette semaine, orchestrée par Alain Lewkowicz, glaçante de réalité crue et concrète.

Le 16 juillet 1942, des flics français cognent à des milliers de portes avant l'aube, arrachent de leur lit et de leurs rêves des familles entières – femmes, vieillards, enfants – et les embarquent en bus au Vel d'Hiv rue Nélaton, pour six jours d'entassement parmi jusqu'à treize mille personnes gradinées sur des strapontins sous une chaleur à crever, sans eau ni bouffe ni sanitaires, tout n'est qu'angoisse, douleurs, hurlements, terreur et infection.

Presque tous mourront, déportés par convois à bestiaux de camp en camp jusqu'à l'extermination finale.




Il est assez suffocant d'en entendre presque se réjouir dans cette série qu'un quart seulement des Juifs de France ont été exterminés sous l'Occupation.
Certes, par rapport à l'Allemagne, la Belgique ou la Pologne, c'est chouette, non ?
Un quart des Juifs d'un pays, pas grave, il en est resté les trois-quarts : adieu Sarah, Joseph, Rachel, Simon… qu'importent les vies auxquelles vous auriez pu prétendre, même si vous n'aviez pas l'âge de raison quand ils vous ont assassinés à Auschwitz !
(Bon, désolé, je m'emporte vite : c'est en fait dit au début du quatrième épisode pour rappeler qu'en France les Juifs ont été beaucoup plus aidés et secourus qu'ailleurs, et puis Jacques Semelin tempère juste après cette « question empoisonnée » en insistant sur le fait que la priorité est de ne jamais oublier les morts. Mais tout de même, pourquoi toujours se référer d'abord au pire ?)

En 2022, des milliers de civils ukrainiens sont morts de l'invasion russe depuis le 24 février, mais cela semble déjà de l'histoire ancienne.
Qui se souvient aujourd'hui des centaines de victimes du théâtre de Marioupol à la mi-mars ?
Qui se souviendra dans un mois de celles que les séides de Poutine acculent à mort depuis des semaines à Azovstal ?

D'ailleurs, qui se souvient de cet été 42 ?

mardi 5 avril 2022

Heureux qui connut l'I.S. ?

C'est au hasard de l'émission Être et savoir de tout à l'heure que j'ai découvert cette entêtante chanson de Ridan qui date de quinze ans…

… et qui m'a directos remémoré un détournement commis encore quinze ans avant :

Mordicus n°4, avril-mai 1991, p. 18

samedi 26 mars 2022

Il ne se passe rien

(Journal moscovite, fin mars 2022) 

 

IL NE SE PASSE RIEN.

Passez votre chemin.

Une opération spéciale est en cours.

Personne ne s'appauvrit.

L'économie est en pleine croissance.