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vendredi 16 janvier 2015

Restons fermes sur la défense de la liberté d'expression !



Pas mal d'idiots ont mangé grave récemment, jusqu'à un an ferme pour une phrase ignoble sur un réseau social (un Chartrain, j'arrive pas à retrouver l'info diffée sur Le Parisien aujourd'hui — qui la reproduit complaisamment sans pour l'instant se retrouver inquiété…)



mardi 5 janvier 2010

Prévoir en primitif, agir en stratège



Ils étaient arrivés devant l’ascenseur. Tandis que la cabine les emportait à toute allure dans les profondeurs du bâtiment, Anderton reprit : « L’inconvénient fondamental, du point de vue juridique, inhérent à la méthodologie de Précrime ne vous a probablement pas échappé non plus. Nous arrêtons des individus qui n’ont nullement enfreint la loi.
— Mais s’y apprêtent, affirma Witwer avec conviction.
— Justement, non, par bonheur… puisque nous les arrêtons avant qu’ils puissent commettre un quelconque acte de violence. Donc, l’acte criminel proprement dit ne relève strictement que de la métaphysique. C’est nous qui proclamons ces gens coupables. Eux se prétendent éternellement innocents. Et en un sens, ils sont innocents. »
Quittant l’ascenseur, ils empruntèrent à nouveau un couloir éclairé par une lumière jaune.
« Notre société ne connaît plus le crime grave, poursuivit Anderton, mais nous avons tout de même un camp de détention peuplé de criminels potentiels. »


Philip K. Dick, Rapport minoritaire [The Minority Report, 1956],
Gallimard, folio SF n°109, 2002, pp. 17-18.

vendredi 27 novembre 2009

Tishe !

Pendant une année, le cinéaste russe Victor Kossakovsky a filmé ce qui se passe sous les fenêtres de son appartement à Saint-Pétersbourg. Des ouvriers viennent creuser un trou au milieu de la chaussée, puis le rebouchent, puis reviennent creuser au même endroit, inlassablement, sans que jamais on n'y comprenne rien.
Cette merveille est sortie en 2003 dans l'indifférence générale.



jeudi 12 novembre 2009

Le temps des bouffons

Voici quelques mois, nous proposions de revoir le film de Jean Rouch, Les maîtres fous (1954), dans lequel des Ghanéens possédés parodient jusqu'à l'horreur le protocole et les manières des colons anglais.
Le cinéaste et militant indépendantiste québécois Pierre Falardeau, disparu fin septembre, avait présenté en 1993 une variation autour du film de Rouch, sur des images tournées en 1985 au Beaver Club de Montréal. Son commentaire est impeccable de mépris salutaire.


« Au Ghana, les pauvres mangent du chien. Ici, c'est les chiens qui mangent du pauvre… »

jeudi 15 octobre 2009

Le monde comme il va


Villiers-le-Bel : non-lieu requis pour les policiers

D'après des informations de la radio RTL lundi matin, la procureure de Pontoise a pris, mi-septembre, un réquisitoire de non-lieu dans l'enquête ouverte pour homicide involontaire. Le cabinet de Jean-Pierre Mignard, avocat des deux adolescents, a confirmé cette nouvelle en fin de matinée. La juge d'instruction devrait suivre son avis dans les semaines à venir. Dans son réquisitoire, la procureure liste les fautes des deux victimes et exonère les policiers de toute responsabilité dans l'accident. Pas de casque, mini-moto non homologuée, vitesse excessive de 66 km/h, pour la procureure, la collision résulte de la responsabilité exclusive des deux adolescents.
Lors de l'instruction, une expertise avait mis en évidence que les deux policiers avaient menti sur la vitesse de leur véhicule qui aurait été de 64 km/h au lieu de 50 km/h, sans gyrophare. Les familles des victimes, qui ont toujours mis en cause la version des policiers, entendent contester le réquisitoire devant la cour d'appel de Versailles.
Le Monde, 12 octobre 2009

Violences à Villiers-le-Bel : cinq jeunes renvoyés devant les assises

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a confirmé, mardi 13 octobre, le renvoi devant la cour d'assises de cinq jeunes dans l'affaire des tirs sur des policiers durant les violences en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Quatre d'entre eux sont renvoyés pour tentative d'homicide volontaire sur des policiers dans les nuits des 25 et 26 novembre 2007, ainsi que pour détention et port d'arme prohibés. Le cinquième, soupçonné d'avoir fourni le fusil à pompe, est renvoyé pour complicité.
Le parquet de Pontoise avait requis le renvoi devant la cour d'assises des cinq personnes mises en examen au cours de l'instruction, et les accusés avaient fait appel de l'ordonnance de mise en accusation. Selon Me Sylvie Noachovitch, avocate d'un des accusés, il n'y a "aucun élément matériel" contre son client, qui a "toujours nié les faits". "Il était sur les lieux mais pour calmer les jeunes, et des témoins sont là pour l'attester", a-t-elle affirmé à l'AFP, en ajoutant qu'elle plaiderait l'acquittement devant la cour d'assises.
Le 25 novembre 2007, soir du drame qui avait coûté la vie à deux adolescents, Mushin et Lakamy, dans une collision entre leur moto et une voiture de police, avait été suivi de deux jours de violences entre jeunes et forces de l'ordre. Une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu, un commissaire roué de coups, des bâtiments publics et des commerces détruits.
Le Monde, 13 octobre 2009

vendredi 24 juillet 2009

La pipeaulitique

… C’est surtout en effet quand elle se conforme au commandement de la raison que la Cité est maîtresse d’elle-même. Lors donc qu’elle agit contrairement à la raison, et dans la mesure où elle le fait, elle se manque à elle-même et on peut dire qu’elle pèche. Cela se connaîtra plus clairement si l’on considère qu’en disant que chacun peut statuer sur une affaire qui est de son ressort et décider comme il le veut, ce pouvoir que nous avons en vue doit se mesurer non seulement par la puissance de l’agent, mais aussi par les facilités qu’offre le patient. Si par exemple je dis que j’ai le droit de faire de cette table ce que je voudrai, je n’entends certes point par là que cette table mange de l’herbe. De même aussi, bien que nous disions que les hommes dépendent non d’eux-mêmes mais de la Cité, nous n’entendrons point par là que les hommes puissent perdre leur nature humaine et en revêtir une autre. Nous n’entendons point par suite que la Cité ait le droit de faire que les hommes aient des ailes pour voler, ou, ce qui est tout aussi impossible, qu’ils considèrent avec respect ce qui excite le rire ou le dégoût ; nous entendons qu’alors que, certaines conditions étant données, la Cité inspire aux sujets crainte et respect, si ces mêmes conditions cessent d’être données, il n’y a plus crainte ni respect, de sorte que la Cité elle-même cesse d’exister. Donc la Cité, pour rester maîtresse d’elle-même, est tenue de maintenir les causes de crainte et de respect, sans quoi elle n’est plus une Cité. À celui ou à ceux qui détiennent le pouvoir public, il est donc également impossible de se produire en état d’ébriété ou de nudité avec des prostituées, de faire l’histrion, de violer ou de mépriser ouvertement les lois établies par eux-mêmes, et tout en agissant ainsi, de conserver leur majesté ; cela leur est tout aussi impossible que d’être et en même temps de ne pas être. Mettre à mort les sujets, les dépouiller, user de violence contre les vierges, et autres choses semblables, c’est changer la crainte en indignation, et conséquemment l’état civil en état de guerre.
Spinoza, Traité politique, ch. IV, § 4, tr. Charles Appuhn

mardi 14 juillet 2009

Hé, ducon !

Jeudi : maths, littérature et cours d’antiterrorisme.
Meade High School, dans le Maryland, est l’un des premiers lycées du pays à proposer un cours de quatre ans sur la sécurité intérieure. But du jeu : aider ses élèves à faire carrière dans l’un des rares créneaux porteurs des Etats-Unis.
Courrier International (Los Angeles Times), 25/06/09, p. 55

mercredi 3 juin 2009

Ô, con ! bien de Marin…


La lecture du livre de Marcel Gay, Le coup de Tarnac, nous a rappelé entre autres ce qui suit. Lors d'une conférence de presse orchestrée le vendredi 14 novembre 2008, avant la fin de la garde à vue de 96 h des vingt personnes enlevées le mardi précédent, Jean-Claude Marin, ce bouffon laqué qui officie pour l'heure comme procureur de la République près le TGI de Paris, martelait ceci, afin que ce soit bien clair pour le juge d'instruction Fragnoli qui allait officier le lendemain (désolé, la vidéo n'est apparemment plus disponible chez FR3) :

« Il y a une sorte de noyau dur composé de cinq personnes qui va se voir demain reprocher par le parquet, pour l'un d'entre eux, le fait d’être le dirigeant d’une structure à vocation terroriste. Je vous rappelle que ce crime est puni de vingt ans de réclusion criminelle. Ce noyau dur avait conçu la création d'une structure qu'ils appelaient la "cellule invisible" et qui avait pour objet la lutte armée. […] Vous savez que les perquisitions ont amené à la découverte d'un certain nombre d'éléments comme des pinces coupe-boulons, comme des manuels relatifs à l'action violente, comme des guides sur le réseau. Ce n'est pas une preuve mais c'est un élément de contexte supplémentaire. […] Il n'est pas exclu que ce groupe ait envisagé des actions violentes , et notamment contre des personnes. »

Et deux mois plus tard, sur RTL, le 23 janvier 2009 il disait cela :
« … Il est effectivement scandaleux que des investigations qui sont menées pour vérifier un certain nombre d'éléments qui sont fournis à la Justice, soient ainsi jetés en pâture sans prendre la distance nécessaire et notamment sans respecter un principe fondamental de notre Justice qui est la présomption d'innocence. »
Mais il est vrai que c'était cette fois à propos d'un autre Julien, beaucoup plus occupé comme lui-même à lécher toutes les pompes du genre Emmanuelli.

Julien et Yldune vont être obligés de convoler pour pouvoir se rencontrer avec certaine quiétude, alors même que Fragnoli, ne sachant plus quoi éructer (au cours de plus de six mois, il n'a entendu Julien que cinq fois, tandis qu'il rentrait douillettement dormir tous les soirs chez lui), a rejeté la requête de Terrel & C° en déclaration d'incompétence.

lundi 18 mai 2009

La séparation achevée

Merci, Pop9, pour ce dessin d'Andy Singer

Cloîtrés chacun devant le miroir glacé de leur écran, nombre d'êtres humains ne se rencontrent plus que virtuellement. Sans doute une nouvelle étape dans la croissance de la société du spectacle, et qui appelle de nouveaux commentaires, mais qui saura donc aujourd'hui les écrire ?
Paradoxalement, cette forme inédite de communication favorise — outre la pratique généralisée de la dactylographie — la possibilité de véritables amours platoniques, tandis que Mourplatte semble définitivement rayée de la carte.

À quand le napalm (de la grande gidouille) ?

Sept personnes, dont trois présentées comme des proches de Julien Coupat et les quatre autres comme membres d'un de ses comités de soutien, ont été interpellés en Seine-Maritime et dans les Alpes-de-Haute-Provence, lundi 18 mai. Les deux opérations ont été menées dans la matinée.
A Rouen (Seine-Maritime), trois personnes — deux hommes et une femme — présentées comme "proches" de M. Coupat ont été arrêtés par la sous-direction antiterroriste de Paris à leurs domiciles, selon un de leurs avocats. Selon lui, il ne s'agit probablement que "d'entendre ces trois interpellés", dont les identités n'ont pas été révélées. Leur garde à vue est susceptible de durer jusqu'à 96 heures.
Ces nouvelles interpellations dans l'affaire Tarnac font suite à celle de Tessa Polak, membre active d'un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen, placée en garde à vue pendant 72 heures fin avril avant d'être relâchée sans aucune charge contre elle. De son côté, Julien Coupat a vu sa quatrième demande de remise en liberté rejetée par le juge des libertés et de la détention, mardi 12 mai. Il s'agissait de sa quatrième demande depuis son incarcération, le 15 novembre 2008

L'autre opération, qui s'est déroulée à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), a abouti à l'arrestation de quatre personnes, dont l'éditeur François Bouchardeau et sa femme. Ces derniers feraient partie du Comité de sabotage de l'antiterrorisme (CSA), un groupe de soutien aux personnes interpellées à Tarnac à l'automne 2008 pour le sabotage présumé de lignes TGV.
Selon des sources concordantes citées par l'AFP, ils sont accusés d'avoir diffusé un tract sur lequel apparaissait l'adresse d'une résidence secondaire de Bernard Squarcini, patron de la la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le document aurait été diffusé par mail et lors de différentes manifestations, jusqu'à atterrir dans la boîte aux lettres de M. Squarcini.

Le Monde, 18 mai 2009

samedi 2 mai 2009

Communiqué

La camarade arrêtée mardi après-midi par la SDAT a été relâchée sans faire l'objet de poursuites.
Un communiqué a été publié à ce sujet.

jeudi 30 avril 2009

Métro Jourdain

On a reçu ceci, du Comité de Belleville :
Hier [mardi 28], une amie a été arrêtée par la SDAT (Sous-direction antiterroriste) ici, dans son quartier, parce qu'elle s'est montrée solidaire avec les inculpés du 11 novembre. L'attaque contre nos volontés de lutter, de s'entraider, se poursuit avec sa logique d'isolement et d'intimidation : nos amitiés désormais répréhensibles n'en seront pas brisées pour autant.

RASSEMBLEMENT JEUDI 30 AVRIL À 18 H, DEVANT L'EGLISE DE JOURDAIN

Comité de Belleville
Des détails sur cette arrestation sur le blogue de Benjamin.

mercredi 18 mars 2009

Les régimes passent, les régiments restent

Juste après l'enivrant passage cité voici peu du roman de Michel Ragon, La Mémoire des vaincus, on lit ceci :
— Tu me disais que Lénine s'était prononcé pour l'abolition du potentiel militaire.
— Oui. Il s'est aussi prononcé pour la suppression de la police. Puis il a laissé ce maudit Polak de Dzerjinski créer la Tchéka. Maintenant Trotski, le plus antimilitariste des bolcheviks, est notre nouveau Koutousov. Que faire ? Les armées blanches attaquent au sud et à l'est, les Allemands pénètrent en Ukraine. Comme Makhno, nous devons apprendre à guerroyer contre nos ennemis. Lorsque nous les aurons vaincus, nous détruirons la guerre à tout jamais et dissoudrons toutes les armées. Aujourd'hui, on ne peut pas.

jeudi 22 janvier 2009

samedi 10 janvier 2009

Bonnes nouvelles !

On lit dans Le Parisien/Aujourd'hui en France du 9 janvier 2009 l'article suivant :

Pour Alain Antczack, le Père Noël portait les habits du magistrat. Hier, ce chauffard détenu depuis mai 2007 a été remis en liberté alors que le tribunal correctionnel de Guéret (Creuse) venait de le condamner à huit ans de prison pour « homicide involontaire ». Motif : la présidente a omis de mentionner son maintien en détention.
« C’est une boulette car on ne condamne pas quelqu’un à huit ans d’emprisonnement pour le laisser libre ensuite », a aussitôt commenté Me Emilie Bonnin-Bérard, l’avocate du prévenu, qui a par ailleurs fait appel de la condamnation. « C’est une erreur impossible à corriger, il n’y a rien à faire », réagit avec consternation et fatalisme M e Philippe Lefaure, conseil de la famille du gendarme tué involontairement par le chauffard, le 25 mai 2007, à Pontarion dans la Creuse.

Ce jour-là, Alain Antczack quitte Paris en voiture pour aller voir son fils en Corrèze. En Haute-Vienne, il se sert 52 de carburant et repart sans régler. « Je n’avais pas les moyens de payer, j’ai pris la fuite », a-t-il expliqué à son procès, les 11 et 12 décembre derniers.
L’adjudant-chef Michel Joachim, 44 ans, marié et père de deux fils, le prend en chasse avec sa moto. Détournés d’une mission, deux autres motards convergent aussi vers Pontarion. La course-poursuite s’achève tragiquement : le deux-roues de l’adjudant-chef percute celui d’un de ses collègues arrivant en face.
Poursuivi à cause de son comportement et de ses manœuvres dangereuses pendant sa fuite, Alain Antczack a toujours démenti avoir voulu tuer qui que ce soit. Hier, le tribunal correctionnel, qui avait mis son jugement en délibéré, l’a reconnu coupable d’homicide involontaire, lui infligeant huit ans de prison, conformément aux réquisitions du procureur. Une peine assortie de l’annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant cinq ans et d’une interdiction de séjour dans la Creuse pendant la même durée. Considérant la condamnation trop sévère, le prévenu et son avocate ont dès hier envisagé de faire appel. A ce second procès, Alain Antczack comparaîtra libre.
« C’est là tout le problème, estime Me Philippe Lefaure. Viendra-t-il à cette audience ? Nous n’avons aucune garantie. » En attendant, les proches du gendarme décédé, promu major à titre posthume, se demandent comment une erreur aussi profitable au chauffard a pu survenir. « Quand on prononce une peine et qu’on souhaite que le condamné reste en prison, il faut obligatoirement mentionner le maintien en détention, d’abord à l’audience, puis sur le dossier, précise un magistrat. Un tel oubli n’est pas une erreur matérielle. Il n’y a donc aucune rectification possible. »