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lundi 23 février 2009

Grâce à un ténébreux Gracq oublié


C'EST L'ANONYME


L'anneau n'y met pas toujours son sel.
Ce lait, c'est l'aisselle scellée ?
Sellées [sur ces ânes honnis, hmmm…], sont-ce elles, qui décélèrent ?
Qui décelèrent ce rai-là, grès guère aigre agrippé, gris happé après Guy ?
Pas grave. Ô ma Nine, l'eau n'a ni mot à miner, ni l'homme à manier :
La manne y est — laminée et salie, mime anal, Elohim…
Là, c'est nos mines lassées.
« … mains discrètes, porteuses de clés, manieuses de bagues […] tournant le chaton qui rend invisible, je devins ce fantomatique voleur de momies lorsque… »
Il y a une histoire de théâtre fermé, aussi, dans ce prologue. Non.
« Un théâtre qu'on rouvre… Des plages, pour une saison désertes, une rue vide… tissent d'aussi effroyables complots que mille ans, et les secrets de l'Égypte… »
Bon, désolé Julien, M. Poirier : sauce blanche à tous les étages.

BAUDELÈRÉDEBORD

Pour ceux qui ne perdent pas le fil : thé, Anonymiaque… et cela passe évidemment par Boby Lapointe : « … et j'vous dis "nous, moi, le philosophe / et l'esthète aimons qu'un' conversation s'fass' sans façons". C'était l'été / Et telle est "thé" », etc.

LE DÉSIR DE PEINDRE

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire !
Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu !
Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde : et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l’éclair : c’est une explosion dans les ténèbres.
Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence ; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent ; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la
lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée !
Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.
Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.