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lundi 26 juillet 2021

Obi (faciunt), tu erres

Souvent je m'endors tard dans la nuit au son des Nuits de France Culture, le poste est encore allumé lorsque j'émerge des limbes le matin.

Voici trois semaines, samedi 3 juillet, j'ai cru rêver encore au réveil : c'était la voix rieuse d'un ami mort qui me parlait, surgi d'autres limbes, alors que j'étais en train de réaliser pourtant que je ne dormais plus…

Après quelques secondes de berlue, mes synapses se sont reconnectées, j'ai fini par comprendre ce qui se passait, mais je suis resté dévarié toute la journée.

Ce qui m'avait réveillé, c'était la rediffusion du Répliques du 25 mai 2019, le surlendemain du jour où Baptiste et moi nous étions enfin retrouvés après son départ en Bretagne. Il descendait tout juste du train, la veille de l'enregistrement de l'émission, il était de passage à Paris pour ça.

Finkielkraut le recevait sous son nom de plume, Joseph Ponthus, en compagnie d'Arthur Lochmann — lui aussi finalement devenu ouvrier après des études supérieures mais par choix, pour sa part.



samedi 24 juillet 2021

Quand ton pote lâche ses guêtres, potlatch !

Dans la famille Mordicus il y avait Daniel, il y avait Arthur, il y avait Jimmy, mais dans la branche L'Exagéré il y avait aussi Olive, infatigable bon vivant, sourire goguenard et regard pétillant de rêves, rocker et charcutier à ses heures qui savait comme personne débiter un cochon en boudins et pâtés ou (entre autres) transformer à l'arrache le Studio des Ursulines en méga-buffet pour un ouiquènde de courts-métrages gratos, et qui a passé les vingt dernières années de sa vie à tenter de foutre le feu à toutes les prisons après en avoir tâté à son tour.

Cinq ans après l'ami Hafed, Olive s'est définitivement fait la belle l'an dernier durant le grand enfermement, alors que la fenêtre radiophonique qu'ils avaient fondée ensemble, L'Envolée, mettait les bouchées centuples pour produire une émission quotidienne en cette époque de suppression des parloirs.
Le 17 avril 2020, la radio lui offrait un « puzzle d'amitiés et de bagarres partagées » :


Aujourd'hui, L'insomniaque s'apprête à publier un recueil de textes écrits par Olive pour L'Envolée au fil des ans mais il manque quelques pépètes pour boucler les frais d'impression, alors n'hésitez pas à mettre la main à la fouille !

(Double-clic sur l'image pour rendre le texte lisible)


Olivier s'entretient avec Laurent Jacqua en 2011 dans les locaux de FPP
(désolé, impossible de supprimer la compression verticale !)

mardi 20 juillet 2021

Les légions du vaccin
(hommage au beau sexe ?)



 
Vaccinée, troisième dose de solidarité offensive à la rentrée

 

Cher gouvernement,

 

Vos insultes sous couvert de féliciter les vaccinés, ça commence à me fatiguer. Pas d’amalgame s’il vous plaît, j’ai pris le Pfizer, pas la carte d’En Marche, la France qui travaille pour vous, ce sera sans moi.

Je me suis pas vaccinée pour retourner bosser pour huit balles de l’heure et une amende à 135 balles si je rentre trop tard et que j’avais pas d’attestation pour l’apéro dînatoire d’En Marche.

Je suis vaccinée pour le Chaos vivant contre votre Ordre qui sent la Mort.

Je suis vaccinée pour ne contaminer personne dans les manifs.

Je suis vaccinée pour protéger les chômeurs quand on manifestera contre la réforme de l’assurance-chômage

Je suis vaccinée pour protéger les retraités quand on manifestera contre la réforme des retraites.

Je suis vaccinée pour protéger les amis en situation de handicap quand on manifestera pour l’individualisation de l’AAH, et puis des AESH pour les gosses.

Je suis vaccinée pour retourner occuper les théâtres et cette fois on sortira pas avant d’en avoir fini avec la société du Spectacle. J’aime pas spécialement Debord, mais encore moins Marlène Schiappa en train de réciter du Maurras chez Hanouna.

Je suis vaccinée pour pas tomber malade pile le jour où je fais grève et rater la manif.

Je suis vaccinée pour dire « Même pas mal » au flic qui m’arrachera mon masque dans une de vos nasses.

Je suis vaccinée pour manifester pour que les exilés puissent se faire vacciner. Et avoir des papiers et un hébergement au Ministère de la Défense, quand on aura viré tous les militaires d’extrême-droite, crois-moi y’aura de la place.

Je suis vaccinée pour pouvoir me confiner avec ma famille et qu’on me paye à rien foutre en bonne santé. Attends, c’était le seul bon côté du premier confinement, quand on y pense, rattraper un peu toutes les augmentations de salaire qu’on n’a jamais.

Je suis vaccinée pour empêcher les fascistes de pourrir nos manifs et ça vous arrange, dites pas le contraire, vous en riez  avec vos potes de Valeurs Actuelles.

Je suis vaccinée pour cracher à la gueule des antisémites, qui vous  comparent à des nazis, alors que vous êtes  juste des capitalistes sécuritaires, autoritaires, injustes, inégalitaires, violents. Enfin, des capitalistes, quoi.

Je suis vaccinée parce que je crois à la science, certainement pas à Olivier Véran qui nous a dit de pas mettre de masques, ouais je me rappelle.

Je suis vaccinée pour faire vivre dans les luttes la mémoire des morts dans les EHPAD, qui seraient pas morts si les EHPAD avaient eu des masques, des moyens, de l’humain.

Je suis vaccinée pour rester vivante et raconter comment vous nous avez enfermés et punis toute l’année pour rien, quand il y avait  des couvre-feux et qu’on pouvait plus aller acheter de pain après 18 heures, mais attraper le virus au taf et contaminer nos proches, on avait le droit.

Je suis vaccinée parce que je veux être solidaire des jeunes, le virus les touche peut-être moins, mais la précarité et l’enfermement comme seule alternative à contaminer leurs parents, c’est pas une vie et c’est celle que vous leur imposez.

Je suis vaccinée parce que j’ai eu la chance de le pouvoir, pas comme dans tous ces pays de la planète où les gens meurent parce que votre capitalisme  ne leur donne pas accès au vaccin.

Je suis vaccinée parce que je suis pas laborieuse, justement. Je suis paresseuse, et joyeuse, et frondeuse, je veux tout gratuit, et un emploi fictif et un logement de fonction en urgence, comme tout un chacun et pourquoi pas moi et tous les gens au RSA .

Je suis vaccinée parce que je suis une assistée, je veux lutter pour des tests gratuits, le SMIC à deux mille euros et le RSA à mille deux à partir de treize ans. Ouais, ok, c’est utopique, en même temps à un moment j’avais voté pour vous pour faire barrage au fascisme, je vais pas être plus déçue qu’après ça.

Je suis vaccinée parce que je suis islamo-gauchiste et que je veux lire Le Capital dans les mosquées bondées.

Je suis vaccinée parce que je suis féminazie et que je veux imposer qu’on écrive « Macron Démission » en inclusive, ça doit bien être possible.

Je suis vaccinée parce que je suis woke, je racialise les mâles dominants, mais là je ferai tout pour que ce gouvernement arrête de prétendre qu’il est blanc comme neige.

Je suis vaccinée pour cancel culturer 24 heures sur 24, les ministres qui violent, heu tiens par exemple, pour commencer.

Je suis vaccinée parce que je veux tout le contraire du retour à la normale, t’as raison tiens, ta normale, c’est des lois Travail et des lacrymos dans la face.

Je veux le Chaos jusqu’à satisfaction de nos revendications, de toute façon nous voulons tout et nous prendrons le reste, et le vaccin avec, évidemment, hé tu nous as pris pour des fans de Dieudonné, on n’est pas cons quand même.

Je suis vaccinée pour la liberté, la vraie, celle d’être tous solidaires et en guerre contre ta société du marche ou crève.

Je suis vaccinée parce que je suis pas une perdrix anti-système de l’année, c’est pas demain que je vais vous arranger en allant défiler avec les trumpistes à la française.

Je suis vaccinée parce que je suis une rebelle, ouais, ouais, mais une vraie, et on est des millions à savoir qu’on vous fera encore plus chier avec la 5G, ça ira plus vite pour faire tourner les rendez-vous de grève et de manif.

Je suis vaccinée parce qu’on raconte que  le vaccin fait pousser des dents en acier aux moutons, faites attention,  les loups de la start-up nation…

Nadia Meziane, site Lignes de Crêtes, 18 juillet 2021

[Je me suis permis de rectifier quelques coquilles de typo]

lundi 19 juillet 2021

« Lance bien la pierre, regarde où tu mets tes pieds »

Ramages, le deuxième album du duo formé par Rosemary Standley et Dom La Nena, est sorti à la fin de cet hiver.
Que des reprises sidérantes de beauté et de sobriété.

mardi 6 juillet 2021

Une brève histoire du livre

C'était ce matin sur France Culture, en une heure, un résumé tout à fait potable de l'histoire du livre, du volumen au numérique sans oublier l'importance des matières, des machines ni des ouvriers, et ce grâce à Jean-Marc Providence, directeur de l'Atelier-Musée de l'Imprimerie à Malesherbes, et à Alban Cerisier, de chez Gallimard.

Sous la houlette du douteux Régis Debray qui se dépatouille pas si mal ici, même s'il profère parfois des énormités (« le mouvement socialiste est né de la rotative ») à quoi répond peu après (à 27'36") et très techniquement M. Providence sans que ledit Debray n'y voit malice :

« C'est la fin des années de plomb… »

samedi 3 juillet 2021

mercredi 30 juin 2021

Les deux Alfred

C'est bien sûr le titre de la dernière comédie de Bruno Podalydès, réjouissante dans sa critique des modernes conditions du travail et du sabir infect que l'on est tenu d'y jacter.

Il se trouve que j'ai eu l'occasion de voir ce film une semaine avant sa sortie (retardée d'un an) au festival d'Alès, en présence du réalisateur. Le tournage ayant eu lieu en 2019, avant l'irruption de la pandémie, celui-ci était assez atterré de constater que ce qu'il envisageait alors comme de l'anticipation à moyen terme (la généralisation du télé-travail et l'exigence de disponibilité H-24 des employés) relevait désormais du quotidien le plus courant.

Incidemment, cette séance m'a enfin permis de résoudre l'énigme que j'exposais ici-même voici plus d'un an, à savoir, la raison de l'inversion des plans entre Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) (1998) et la version longue de ce même film sortie en dévédés en 2008, Versailles-Chantiers (version interminable), dans la séquence du restaurant syldave où Albert file aux toilettes pour vomir.

Bruno Podalydès m'a fort obligeamment fourni l'explication, qui est en réalité bête comme chou — ou plutôt comme kropow, dirait Mark Rosenfelder.

Lors des repérages pour Dieu seul me voit, l'équipe du film avait bel et bien trouvé un vestibule qui correspondait au décor du Sceptre d'Ottokar (p. 5, quatrième case), à ceci près que sa disposition était inverse par rapport à l'album d'Hergé.
Qu'à cela ne tienne, s'était dit le réalisateur, il suffit d'apposer sur la porte le mot TOILETTE en miroir et de procéder ensuite à l'inversion de cette brève séquence au laboratoire.

Sauf que c'était là son premier long-métrage, et qu'en ces temps préhistoriques où tout se faisait sur celluloïd le coût de ce procédé d'inversion d'images dépassait par trop le budget alloué.

Podalydès s'est donc résolu à laisser la séquence telle quelle, d'où la bizarrerie de cette inscription en miroir (d'autant plus étrange, certes, pour les spectateurs qui ne connaissent pas l'album de Tintin !)

Dix ans plus tard, en 2008, Podalydès était devenu un cinéaste amplement reconnu et l'inversion numérique ne posait aucun problème, donc il a pu aisément rétablir la séquence telle qu'il l'avait toujours imaginée.

Donc Les deux Alfred, aujourd'hui, c'est évidemment un film.

Mais pas pour moi.

Pas pour nous, les férus de Jean Douassot et de Fred Deux, pas pour nous, les entichés des bandes magiques !

Les deux Alfred, pour nous, c'est évidemment les deux Alfred Deux, Alfred père et fils : Alfred Gaston Eugène Deux et Alfred Jean Lucien DEUX, « né de mère inconnue » (sic !)

Il y a aussi l'oncle, bien sûr, suicidé en 1937 alors que Fred avait 13 ans, sauf qu'en réalité l'oncle ne se prénommait pas Alfred mais Édouard Albert Georges, comme nous l'apprend l'extraordinaire site de Tristan S. — sur lequel je compte bien revenir très prochainement.

« On faisait bien un clan. Le père avait raison tout à l’heure. Les trois Alfred.
Et, pour la première fois, je me sentais un Alfred.
Je sentais aussi que je n’avais rien de commun avec Alfred père et Alfred oncle, mais tout de même j’étais plutôt de leur côté que de celui de la mère. Un besoin de laid, de beau, de tout. De tout ce que le vieux acceptait, de ce qu’il refusait, de notre vie, cave, plaque, cousins, bec de gaz. Pas à dire, concluais-je, je suis un Alfred et c’est ce que la mère ne veut pas. »

Jean Douassot, La Gana, ch. XII, Julliard, 1958, p. 315

« Le père passe des boulots les plus crevants aux boulots les plus éreintants. Il débarque avec son habituel coup dans l’aile mais siffle ses airs. Alfred le siffleur, l’appelle-t-on maintenant. On s’arrête même pour l’écouter. Il jacasse et fait rire. Derrière nous, le grand jeu qui tourne. Chacun sa chance. Bonjour, Madame, et bonjour d’Alfred surtout. Des deux Alfred, des trois Alfred. De toute la famille des Alfred. Se réduisent à trois et se réduiront peut-être plus vite qu’on le pense à deux ou à zéro. »

ibid., ch. XIV, p. 381

Tout au long de son œuvre, Fred Deux revient inlassablement sur sa famille, « la famille des Alfred », mais la matrice fondamentale de cette œuvre est topographique : c'est une cave de Boulogne-Billancourt, au n°5 de la Chaussée du Pont, dans laquelle Fred vécut toute son enfance.

Il en fournit l'adresse précise au détour d'une phrase, à la fin de la plage 1 de la troisième cassette des bandes magiques, quand il rentre avec « Casquette » de leur périple vélocipèdique, à partir de 44'47" :

Fred donne son adresse

Cette cave, j'ai commencé à essayer de la retrouver voici dix-sept ans, en 2004. Ce jour-là, nada, j'étais reparti bredouille : j'ignorais alors que cette Chaussée du Pont avait été rebaptisée après-guerre…
En 2017, Tristan ayant depuis conjugué ses efforts avec les miens pour retrouver l'immeuble, j'ai pu y pénétrer et prendre quelques photos

Autre vestibule, autre escalier, mais il restait à pouvoir enfin entrer dans la cave, fouler ce sol et sa fameuse plaque d'égoût…

Et puis j'ai sympathisé avec Matthieu Chatellier, le réalisateur du splendide film sur Fred et Cécile, Voir ce que devient l'ombre, et Tristan a commencé à dévoiler sur son site les recherches paléontologiques qu'il accumule depuis des années, et nous avons décidé de retourner ensemble dans l'immeuble, cette fois pour le filmer minutieusement.

Nous y sommes allés tous les trois mardi 15 juin, à peine étions-nous entrés que nous sommes tombés sur l'actuelle locataire de la cave en rez-de-jardin, elle a accepté de nous recevoir, il suffisait d'attendre quelques jours…

Coïncidence ? Le film de Podalydès est sorti mercredi 16 juin, et deux jours plus tard nous entrions dans la cave des Alfred.

De dos, Matthieu filme Tristan en train de mesurer les dimensions de la pièce.
(Le recoin d'où j'ai pris ce cliché n'existait pas à l'époque des Alfred : il s'agissait de la cave contiguë, annexée par la suite)

Sur place, Tristan reporte les cotes qu'il vient de mesurer sur le croquis de la cave qu'il avait ébauché d'après les récits de Fred

mardi 29 juin 2021

Lil slamme aux go(gos) : schisme ?

 

Entendu ce dimanche à la fin de l'émission Questions d'islam.

Je pige que pouic aux paroles en turc ou en allemand et le clip est d'une pauvreté affligeante, entre poses marmoréennes à la mormoil et pub pour bagnoles, mais le timbre de Lil Zey a décidément quelque chose d'envoûtant.

jeudi 22 avril 2021

« Par Allah, t’as pas la baraka ! » cracha Marx
(À la lignɇ, traduction lingala ?)

Dans le panthéon littéraire de Joseph Ponthus figure en bonne place Georges Perec, comme en témoigne le chapitre 58 d'À la ligne :

 « À l’abattoir
Aux mauvais jours
On disparaît sous la production d’animaux morts
Un amas d’os d’abats
La chair
Du sang
 
On n’y croit pas
On n’y croit plus
Fatras d’amas
 
Hallucination du trop d’animaux morts
Pourquoi
Pour qui
 
On a mal au dos aux bras partout mais on y croit à la fin du jour du mois
Au pognon pris sur nos maux sur nos dos ou nos bras
Il y a la nuit sans fin dans d’infinis couloirs
 
Aux bons jours
Il y a tout ça qui n’a pas un poids si lourd
Nos chansons
Nos mots
Ça va au fond
Un travail a toujours valu un travail
 
À l’abattoir
On y croit
Pourtant
Un jour
À la disparition du travail
Mais quand putain
Mais quand »

Bonne aubaine, les Nuits de France Culture rediffusaient le 26 décembre dernier un rarissime joyau sonore : l'Atelier de Création Radiophonique du 5 mars 1972 entièrement conçu par l'écrivain, « AudioPerec » !

(J'en avais déjà proposé ici-même voici plus de dix ans un enregistrement hélas incomplet mais tels des chemins heideggeriens ces liens ne mènent plus nulle part…)

 

Cerise sur le gâteau, la même chaîne rediffusait deux jours plus tard, dans la nuit du 28 au 29 décembre 2020, l'émission Avant-goûts du 7 août 1991, où Catherine Binet confiait à Martine Jouando d'émouvants souvenirs sur Perec, dont une jolie anecdote sur la date précise qu'il avait choisie pour la mort de Bartlebooth dans La vie mode d'emploi. (Là encore, émission déjà proposée ici-même voici… tiens ! pile-poil sept ans.)

 

mercredi 21 avril 2021

Note technique à propos du lecteur embarqué du site de France Culture

Cela fait des tas de semaines que je m'échine à comprendre pourquoi plus aucune des émissions de France Cul présentées sur ce blogue n'est accessible directement.

Le beugue est survenu peu après la publication du billet sur Rirette Maîtrejean le 10 janvier : en lieu et place du petit lecteur embarqué habituel, soudain on ne voyait plus qu'un morceau d'image issu de la page d'origine de l'émission :


J'ai d'abord pensé que les techniciens ouaibes de la station avaient pour la énième fois refondu l'architecture du bouzin (peut-être à cause du nouveau site de Radio France, dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée), alors je suis gentiment allé rechercher le code qui avait sans doute encore (grmbll !) été modifié (la dernière fois, c'était tout simplement l'ajout d'un s au http de l'adresse, pour sécuriser leur site, mais du coup plus aucun de mes liens vers icelui ne fonctionnait, fallait que je rajoute manuellement ce fichu s dans tous les billets concernés)… ben non, que dalle, le code du lecteur embarqué était toujours le même.

Pour les ceusses qui ne connaissent pas la manipe, on se rend sur la page de l'émission qu'on veut présenter (par exemple celle-ci), une fois qu'on y est il suffit de cliquer sur l'espèce de petite flèche à droite du bouton "Écouter" puis sur le dernier bouton alors déroulé à droite…

 

… et le code du lecteur embarqué se retrouve alors copié dans le presse-papiers (auparavant il s'affichait en clair dans un cadre sur la page du site mais c'est plus le cas), il suffit de le coller dans le corps du billet (en mode HTML, évidemment) à l'endroit qu'on souhaite. Dans le cas présent, ce code est le suivant :

<iframe src="https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=87650cd4-d53b-495a-be7d-36bfce4d0066" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>

Bon, puisque la station propose aux internautes de lui adresser des commentaires sur les éventuels soucis avec leur site, je me fends d'une petite bafouille pour les avertir du problème et les prier de me tenir au jus.

Les jours et les semaines passent, macache bono, aucun changement côté lecteur embarqué et zéro réponse de leur part. Nouvelle bafouille, nouvelle attente, nada.

J'en ai eu carrément marre, surtout que les émissions chouettes à présenter commençaient à salement s'accumuler, alors je me suis retroussé les manches pour étudier ce foutu code.

D'abord, vérifier que l'adresse contenue dans le code du lecteur embarqué fonctionne dans l'absolu : je colle la partie en rouge dans la barre d'adresse du navigateur, et… ben oui, ça marche nickel !

Donc le lecteur existe bel et bien, c'est juste les paramètres imposés par le site de FC qu'il faut modifier.

Cette histoire de « scrolling="no" », c'est pour désactiver l'ascenseur (la barre de défilement, comme on dit) qui permettrait de se balader dans l'image du lecteur. Je transforme cet élément en « scrolling="yes" » mais ça ne change rien parce que cet élément apparaît dans la marge du cadre (le frameborder), qui dans le code fourni par France Cul est invisible puisque réglée sur "0".  Bref, je transforme le code initial en ceci :

<iframe frameborder="1" height="137" scrolling="yes" src="https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=87650cd4-d53b-495a-be7d-36bfce4d0066" width="481">

et ça donne cela, où youpi ! la barre de défilement permet de descendre dans le cadre, au bas duquel apparaît le fameux lecteur embarqué :

Donc en réalité ce lecteur est toujours présent, mais les génies informatiques du site ont modifié par défaut la taille du lecteur d'origine en ajoutant une image mahousse au-dessus sans nullement s'aviser cependant qu'il fallait du coup modifier en conséquence la taille de l'ensemble, qui est toujours définie en valeurs absolues plutôt que relatives : 137 pixels de haut sur 481 de large, alors qu'il faudrait presque le triple en hauteur ! Résultat : vu que la barre de défilement est sciemment invisibilisée, impossible d'accéder au lecteur.
En outre, même en autorisant une marge de cadre définie et une barre de défilement, la visibilité de celle-ci dépend du réglage des paramètres-système du terminal informatique de chacun.
 
Bref, le plus simple consiste à reconfigurer les valeurs absolues de hauteur et largeur du code fourni par France Cul, de manière à proposer un cadre laissant apparaître la totalité du bidule :

<iframe frameborder="0" height="380" scrolling="no" src="https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=87650cd4-d53b-495a-be7d-36bfce4d0066" width="420">

Et chez France Inter ce n'est guère plus simple, même si ces valeurs sont définies de façon relative, de sorte que l'objet devrait s'adapter au contexte :

    <iframe src="https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/9eb3a7f2-fa9e-4cab-bf95-910986c59a62" width="100%" height="100%" layout="responsive" frameborder="1" scrolling="yes"></iframe>


Fouchtra ! décidément, il faut que tout change pour que rien ne change

jeudi 25 février 2021

À la ligne, point final

Baptiste est mort la nuit dernière, à 42 ans, à Lorient.

Saloperie.

Avant de connaître un succès fulgurant sous le nom de Joseph Ponthus avec son magnifique  À la ligne où il relate sa vie d'intérimaire dans les usines agro-alimentaires bretonnes, il avait été Montreuillois, chroniqueur à Article XI, éduc de rue à Nanterre — où il avait aidé quatre jeunes à raconter leur vie quotidienne de galère et c'était devenu Nous… la cité, déjà une sacrée claque !

Il était parfois réservé, parfois grande gueule, toujours joyeux et soudain parfois ailleurs, franc poète et bon buveur, il était tant, il promettait plus encore, il a été fauché en plein essor. 

Saloperie de crabe.

Je ne sais pas s'il a eu le temps d'achever son deuxième livre, en chantier voici deux ans, qui l'emplissait d'allégresse.

Il nous reste ses chroniques de « Sévice social » dans Article XI, qu'on peut (re)lire ici.

(Pour les mots croisés qu'on a commis ensemble, faut repêcher les exemplaires papier du canard !)

Et on peut toujours relire les billets de son blogue ici.

 
Montparnasse, mai 2019
 
Salut Baptiste
Salut l'artiste

Adieu l'ami.

Danse, bordel !!!

dimanche 10 janvier 2021

Rirette à la radio

France Culture a diffusé le ouiquènde des 5 et 6 décembre derniers un documentaire en deux parties sur Rirette Maîtrejean :

Cette émission puise amplement dans Le bureau des rêves perdus diffusé sur la Chaîne Parisienne le 17 octobre 1957, dont voici l'intégralité :

Peu après cette évocation de sa jeunesse, Rirette s'est de nouveau vu sollicitée par la Chaîne Parisienne, cette fois pour une fiction en dix épisodes sur la bande à Bonnot écrite par George Adam et réalisée par Yves Darriet, qui fut diffusée sur les ondes du 19 juillet au 27 septembre 1959.

Seule survivante du procès des bandits tragiques près d'un demi-siècle après les faits, Rirette tenait le rôle de la récitante. Voici, brute de décoffrage, la séance d'enregistrements à laquelle elle se prêta le 21 janvier 1959 (cinquante ans pile-poil avant que France Inter ne consacre une autre émission à l'affaire, le 21 janvier 2009) :

Rirette Maîtrejean : "La Bande à Bonnot", enregistrement du 21 janvier 1959

On pourra juger du résultat en écoutant l'ouverture et l'épilogue de ce feuilleton, où Rirette est interprétée par Judith Magre :

La bande à Bonnot, 1/10 : Les beaux jours de Romainville (19/07/1959) :

La bande à Bonnot 1/10 - Les beaux jours de Romainville

La bande à Bonnot, 10/10 : Un matin d'avril boulevard Arago (27/09/1959) :

La bande à Bonnot 10/10 - Un matin d'avril boulevard Arago

Rirette Maîtrejean s'est éteinte le 11 juin 1968, juste après l'efflorescence d'un joli mois de mai, assurée sans doute que ses rêves n'étaient décidément pas tout à fait perdus...

samedi 2 janvier 2021

2021, année de la décentralisation ?

Lu dans la presse ce matin :

« L'imminence du vaccin favorise les régions ! »

vendredi 1 janvier 2021

Ce qu'on appelle « prendre de la bouteille » ?

 Et allez, encore une année de passée !

Fabcaro, Zaï zaï zaï zaï, 6 pieds sous terre, 2015, p. [30]