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lundi 30 octobre 2023

L'apesanteur et la grâce


En 1982, 29 ans après l'avoir tourné, Samuel Fuller commentait cigare au bec la scène d'ouverture de Pick Up on South Street — au centre du cadre de laquelle Widmark vient s'immiscer si délicatement.





Incidemment, le film ne put être distribué en France qu'après un étrange tripatouillage, et rebaptisé Le port de la drogue sur l'instance des stals qui a l'époque se partageaient le gâteau du gouvernement avec les gaullistes.

Comme en 1953 les films amerloques ne sortaient au pays des Lumières qu'en version doublée, aucun problème pour transformer en invraisemblable trafic de came cette intrigue d'espionnage causant du transfert d'un microfilm de formule chimique vers l'URSS — au grand dam des cocos qui nous gouvernaient durant ce début de guerre froide (Jacques Duclos avait succédé au débotté à Maurice Thorez qui restait bloqué aux AVC, mais il est vrai que nul n'était alors en mesure d'envisager l'existence d'une chiure de mouche telle que Fabien Roussel…)

Le résultat de cette forme moderne de simonie (car toujours Simone veille) : le seul film de l'histoire mondiale du cinéma dont l'intrigue narrée en VF diverge entièrement par rapport à la VO ! 

(Un soir au milieu des années 90, devant mon cinéma où l'on projetait une séance exceptionnelle de Sans espoir de retour, je suis sorti faire je sais plus quoi sur le trottoir étroit et là j'ai vu un mec en imper gris, barreau de chaise au bec, droit dans ses bottes, qui faisait les cent pas juste en face de moi.
Emotion, action.
Oui, c'était bel et bien Samuel Fuller, et très ému je l'ai chaleureusement remercié for what he had done).

samedi 24 juillet 2021

Quand ton pote lâche ses guêtres, potlatch !

Dans la famille Mordicus il y avait Daniel, il y avait Arthur, il y avait Jimmy, mais dans la branche L'Exagéré il y avait aussi Olive, infatigable bon vivant, sourire goguenard et regard pétillant de rêves, rocker et charcutier à ses heures qui savait comme personne débiter un cochon en boudins et pâtés ou (entre autres) transformer à l'arrache le Studio des Ursulines en méga-buffet pour un ouiquènde de courts-métrages gratos, et qui a passé les vingt dernières années de sa vie à tenter de foutre le feu à toutes les prisons après en avoir tâté à son tour.

Cinq ans après l'ami Hafed, Olive s'est définitivement fait la belle l'an dernier durant le grand enfermement, alors que la fenêtre radiophonique qu'ils avaient fondée ensemble, L'Envolée, mettait les bouchées centuples pour produire une émission quotidienne en cette époque de suppression des parloirs.
Le 17 avril 2020, la radio lui offrait un « puzzle d'amitiés et de bagarres partagées » :


Aujourd'hui, L'insomniaque s'apprête à publier un recueil de textes écrits par Olive pour L'Envolée au fil des ans mais il manque quelques pépètes pour boucler les frais d'impression, alors n'hésitez pas à mettre la main à la fouille !

(Double-clic sur l'image pour rendre le texte lisible)


Olivier s'entretient avec Laurent Jacqua en 2011 dans les locaux de FPP
(désolé, impossible de supprimer la compression verticale !)

mercredi 25 septembre 2019

On déballe tout ou on se déballonne ? (26)
Quand l'artisanat périclite, on se délite, on périt, on se quitte ou l'on crie
— si [née] Phyllis.



La suite du passionnant feuilleton commencé voici plus de cinq ans ici-même.





Le bras droit (l'âme damnée ?) de Simsi s'appelait Jean-Fabrice Janaudy, comme me le rappelle cet article nécrologique.

Et quand je dis que « j'ai cramé » un film, c'est juste que j'avais mal réglé le projecteur 16 mm (on avait deux projecteurs aux Ursus, un 35 et un 16, celui-ci ayant pris la place du deuxième 35 après l'installation des plateaux, pour celleusses qui suivent).

La puissance de l'ampoule xénon était trop forte, ça a fichu un cercle de chaleur au centre de chaque image du film, qui défilait comme chacun sait à la vitesse de 24 images/seconde.

Mais je ne me souviens pas de quel film il s'agissait.

Un que j'aimais démesurément, en tout cas, et je m'en suis senti fort penaud, lorsque j'ai retourné la copie aux Grands Films Classiques.

Et quant au fauteuil dans le bureau de Jean Botard, le bras droit de Michel Seydoux, c'était un Curule de Bugatti — ce que Richard avait identifié du premier coup d'œil :

 

lundi 9 septembre 2019

Est-ce à moi qu'elle s'adressait ?



L'art de construire une image avec plein d'images, tout en détruisant une star vieillissante qui espère encore un dernier amant alors qu'elle n'en est qu'au début du premier de ses trois mariages avec l'acteur allongé hors-champ.

Mike Nichols, c'était pas n'importe qui, quoi qu'on en dise.

mardi 16 juin 2015

« Mets ta robe noire tandis que je vais me raser la langue ! »



Une des meilleures séquences de l'ahurissant film réalisé par Carl Reiner en 1982, Dead Men Don't Wear Plaid, qui n'en comporte pourtant que d'excellentes.

vendredi 29 août 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (11)





Désolé pour le souffle : faut vraiment que je remette la main sur un micro convenable, avec bonnet…

Et le dernier film de Jean-François Stévenin, c'est bien entendu Mischka, et non Mika !
Une pure merveille, ça aussi, tout comme les deux premiers : Passe-montagne et ce chef d'œuvre qu'est Double messieurs — avec le même Yves Afonso qui jouera plus tard dans Les Arcandiers.

On peut visionner Lune Froide ici.

samedi 26 juillet 2014

Un modeste artisan de la cinéphilie parisenne







Désolé, grosse fatigue, c'était — comme dirait Cléo — entre cinq et sept heures ce matin, je me suis embrouillé à plusieurs reprises. Armand Tallier a créé après-guerre non pas une… section (!), mais la Fédération Internationale des Cinémas d'Art et d'Essai. Le dernier film de Gainsbourg, celui dont j'ai malencontreusement ravagé une copie, s'intitule Charlotte for ever — j'ai confondu avec la chanson Lemon Incest. Le premier support chimique du film, hautement inflammable, c'était pas de l'acétate de cellulose, mais du nitrate de cellulose. Et la galette de film, c'est évidemment à la verticale qu'on la bascule du plateau pour la caler contre le genou, pas à l'horizontale !

 
Note du 30 juillet : Quelques précisions supplémentaires, aimablement fournies par l'ami Richard — propriétaire en titre du cinéma à l'époque — après qu'il a eu la patience, donc,  d'écouter cette logorrhée : « Donc ce "cinéma des Lilas" c'était le Studio des Acacias, dans la rue du même nom. Donc je n'étais pas vendeur de voitures, et je me suis glissé six mois dans cette activité que j'avais en horreur puisqu'il s'agissait de prendre à des malheureux un maximum de fric en leur refilant des épaves — les belles voitures, j'aimais les vendre. Donc je n'ai pas acheté le Studio avec l'argent de Bakouche et Danièle, mais lui s'est porté caution sur ses biens pour l'emprunt, ce qui a permis d'acheter les murs, le fonds ne valant plus rien. Il est exact en revanche que ce que tu appelles mon charme a, je ne sais pas pourquoi, puissamment agi sur Line Peillon qui [jusque là] ne voulait pas vendre. Donc d'autres rectifications seraient à dire mais présentement, la précision précise n'est précisément pas ma préoccupation… » 
 
Richard en 2014, s'apprêtant à ouvrir une salle d'art et d'essai dans le Caucase