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jeudi 11 juillet 2019

Rien à branler de Christophe Lambert
— Euh… non, pardon ! de David Vincent !
Argh, désolé, ahem : de Vincent Lambert !


Non plus que de François de Rugy, évidemment !
Ni de Bernard Tapie.

Hé, Christine Lagarde, tu tapines toujours au FMI, ou bien tu rugis pour la BCE ?
Pardon, juste pour info, c'est combien, ton salaire mensuel ?
T'as les moyens de demander l'aide juridictionnelle, voire le RSA et peut-être plus tard la CMU-C ?

Allô ?
Hé, ho, Christine, t'es là ?
Non ?
Ah bon, excuse, désolé.



Parce que tout de même, comme l'assenait récemment le remplaçant de monsieur Hulot, « IL FAUT DIRE LES CHOSES AUX FRANÇAIS ! »
Pas vrai ?
(sachant que la langue de bois, c'est bien naturel — bio ? — pour un écolo de façade…)

Et au fait, dix milliards d'euros, vous les auriez pas, madame Lagarde, monsieur Tapie, monsieur de Rugy ? Allez allez, un petit effort, quoi !
Vas-y Françoise, lâche-nous ces quelques miettes de ta retraite pharaonique !

******

Perso, j'en ai carrément ma claque de me faire rebattre insolemment les oreilles, chaque jour qui passe, morne plaine.
Par les infos de FIP, de France Info prostituée aux publicitaires, de France Cul surtout, ma radio chérie de toujours,
(« France Culture : l'esprit d'ouverture » : j'ai l'impression d'entendre un slogan ânonné par Macron deux millions de fois par jour !)

Et à Homs, à Alep, au Biafra, comment ça va ?

Ah ouais ?

Youpi, hourrah !

Vincent Lambert est enfin mort, Tapie est certes moribond mais enfin blanchi de ses forfaits, Christine Lagarde peut enfin sourire de nouveau sous ses cheveux eux aussi blanchis.

Tous ces gens sont soulagés, youpi, hourrah.

Tout va décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes.

(mais est-ce encore le nôtre, celui que nous voulions ?)




Qu'ils ou elles  crèvent tou(te)s,
on respirera peut-être mieux !

mercredi 10 juillet 2019

Quand les curés se lâchent !




Je tombe à l'instant sur ce très ambigu autocollant prétendûment pro-IVG qui me semble en réalité, pour qui sait lire, un des derniers slogans du MPPP, le Mouvement des Prêtres Partouzeurs Pédophiles :

« Je baise quel(le) gamin(e) me plaît, quand ça me chante, en compagnie des frères de mon choix ! »

Le titre de ce billet pourrait d'ailleurs se lire comme une contrepéterie, du moins pour ceusses qui prétendraient veule la sodomie :
Enculer ? Lâche secret !

Bref, mieux vaut certes quand même enfiler des perles que des gamin(e)s…

Misère de misère, saperlotte !

*****

A propos de « politiquement correct », j'en ai appris une bien bonne dans la Nuit rêvée de Lewis Trondheim l'autre soir, à propos du mot « bigre » : les pointilleux de chez Disney l'interdisent dorénavant dans la traduction de leurs bédés estampillées maison, vu que ça vient selon eux de « bougre », donc de « bulgare », qui évoque évidemment la sodomie !

L'ami Lewis l'explique à partir de 14'50" dans cet extrait :


mardi 9 juillet 2019

Les rivages de l'incompétence



Les éditions Rivages viennent de rééditer au format poche Kahawa, chef d'œuvre (parmi tant d'autres !) de Westlake excellemment traduit par Jean-Patrick Manchette.
Le 5 juin dernier, très précisément.

La première édition française parut chez L'Atalante en 1981, avant une première réédition chez Rivages en 1997.

De la minutie de la traduction témoigne cette fameuse lettre que Manchette adressa à Westlake pour lui demander s'il l'autorisait à renommer un personnage archi-secondaire, Milton, en « Mozart », plus évocateur comme monument culturel pour le lecteur français (il me semble qu'on peut la lire dans le numéro de la revue Polar « spécial Westlake » n°22, NéO, 1982).

C'est dire ma surprise lorsque tout à l'heure, fort réjoui de cette réédition que je venais de découvrir par hasard dans une librairie, je lis à l'intérieur du volume, à la page de grand-titre :
« Traduit de l'italien par Odile Rousseau »

Glups.
Allô ?
Que se passe-t-il, où sommes-nous ?

Pour économiser le renouvellement des droits de traduction de Manchette, les éditions Rivages auraient-elles fait retraduire le roman à moindres frais depuis une version italienne ?!?
(Concernant Manchette, cela n'aurait pas été une première : il avait traduit pour Zenda la BD Watchmen de Moore et Gibbons, mais les éditions Panini ont préféré payer moins cher une nouvelle traduction lorsqu'elles ont racheté les droits à DC Comics).

Que nenni : on lit bien au quatrième plat de cette édition de poche imprimée (j'insiste) le 5 juin 2019 : « Traduit de l'américain par Jean-Patrick Manchette ».

Alors quoi, le bordel en Ouganda, c'était pas suffisant, faut encore ajouter à la confusion ?

Hé ben non, même pas, la réponse est sans doute plus simple : ce même 5 juin 2019, Rivages publiait également un polar de Maurizio de Giovanni, L'enfer du commissaire Ricciardi, effectivement traduit de l'italien par Odile Rousseau.

Mic-mac des copiés-collés, incompétence des maquettistes et des correcteurs, allez savoir !
En tout cas, ce volume est un collector de la mort, aussi sûr que le grand Don en aurait bien rigolé s'il n'avait tiré sa révérence le 31 décembre 2008, treize ans et demi après Manchette !

Vingt-cinq ans après,
telle qu'en elle-même,
pire que dans l'épilogue du film,
hélas allée sans le soleil



« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.
Mon péché, mon âme.
Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents.
Lo. Li. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six avec son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Monsieuye Am Lepicq a été bien avisé (comme toujours)  de nous signaler peu après la publication hier de ce billet que cette traduction pourrave n'était nullement l'originale d'Éric Kahane, que voici grâce à ses soins aimables :

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta.
Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c’était toujours Lolita. »
 
********

Il semblerait que Vladimir Nabokov se soit vachement mal comporté envers Maurice Girodias — seul éditeur ayant accepté de publier, chez Olympia Press (maison sise à Paris et échappant de ce fait aux foudres d'Anastasie), son chef d'œuvre fort sulfureux pour l'époque — du moins à en croire les Mémoires de ce dernier.
Mais bon, il a adapté son propre roman à la demande de Stanley Kubrick, pour produire en 1962 un film éblouissant, grâce entre autres à James Mason, Peter Sellers, Shelley Winters, et surtout grâce à la grâce de Sue Lyon, qui avait alors quatorze ans (dans le roman, Lolita est censée en avoir douze).

Deux autres films de la mistonne et vingt-cinq ans plus tard, Claude Ventura et Philippe Garnier l'ont retrouvée au bord d'une piscine californienne, terreuse, morte avant l'heure, défoncée à tout ce qu'on peut imaginer de pire, l'horreur intégrale.

Sauf qu'elle redevient notre Lo de toujours lorsqu'elle se défait brièvement de ses lunettes de soleil : ses yeux sont toujours aussi vivants, joyeux, magiques.

C'était sur Antenne 2 en 1987, un épisode parmi tant d'autres de cette fabuleuse émission hebdomadaire qui s'appelait Cinéma-Cinémas, avec son générique peint par Guy Pellært et la musique de Georges Delerue pour Le Mépris de Godard.

Les extraits du films sont archi-pourris, saturés et clignotants, parce qu'à l'époque le VHS avait triomphé commercialement du Betamax.

Et tout ceci ne nous rajeunit pas plus que Sue Lyon…


dimanche 7 juillet 2019

Il était une fois la tour de Babel




France Culture rediffusait la nuit dernière la conférence de presse donnée à Cannes en 1984 à l'occasion de la projection hors-compétition d'une version tronquée du dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique — pas son meilleur à mon avis mais peu importe.

À entendre les maigres applaudissements, il n'y a pas plus de quinze personnes dans la salle, malgré un parterre des plus prestigieux.

Peu importe derechef : ce qui est complètement fascinant, c'est la circulation labyrinthique entre les langues, vu que la conversation se déroule tantôt en italien, tantôt en anglais et tantôt en français, toutes langues avec lesquelles Sergio Leone semblait parfaitement à l'aise, même s'il dit ceci à 21'51" :

C'est plus difficile pour moi en français parce que je trouve pas quelquefois les mots, vous savez.
Je préfère de m'exprimer en italien, s'il vous plaît.
Euh… maintenant, il faut traduire la demande en français. [Il se reprend aussitôt :] En anglais.

Et par là-dessus vient s'emberlificoter l'art des interprètes, l'une en direct et l'autre après coup, le résultat est archi-ahurissant, une véritable splendeur radiophonique, la fascination du cinéma se redouble ici de celle du langage.

Hourrah : quel bordel !

Il était une fois un certain type d'émissions de radio…


mercredi 26 juin 2019

On va tout péter : les vivants et les morts !




Hourrah, ce film-ci demeurera visible jusqu'au 22 août !

Ce qui nous laisse un peu de temps, mais certes moins qu'en ont eu les ouvriers de GM&S de la Souterraine pour imaginer fissa par quelle tactique répondre à tous les enculeurs qui voulaient la leur mettre profond, et qui y ont évidemment réussi.

Belote, rebelote et dix de der, avec le saut de la carpe en sus…

https://www.livredepoche.com/livre/les-vivants-et-les-morts-9782253114475

mardi 25 juin 2019

Hurry up, girls and boys : take a sit !




Cet hommage de Raoul Peck à James Baldwin n'est visible ici que jusqu'au 30 juin.

L'évidence de son actualité sautera aux yeux de quiconque remplacera les mots « Blanc » par « riche » et « Noir » par « pauvre », comme le suggère pertinemment Grégoire Bouillier dans Charlot déprime.

dimanche 23 juin 2019

Jouer avec les mots et avec les notes :
Un six-huitard revendiqué




France Culture vient de rediffuser dans ses Nuits un entretien entre Brassens et Philippe Nemo d'une richesse et d'une intelligence exceptionnelles.

C'est en deux parties, dont la première fut initialement diffusée sur la chaîne le jour même de mon entrée dans l'année de l'adolescence définitive.

(Douze ans après, j'emménageai dans une maison quasi mitoyenne de celle qu'a occupée Brassens à la fin de sa vie, et une nuit d'été sa petite-nièce a sonné chez moi en panique — elle avait oublié les clés à l'intérieur avant de claquer la porte en partant — pour me demander d'enjamber les murets séparant les jardinets et de lui ouvrir depuis l'intérieur, je vous dis pas comment mon cœur battait la chamade, je revivais L'orage).

Philippe Nemo, alors jeune producteur depuis cinq ans sur France Culture de l'émission L'Autre Scène ou les Vivants et les Dieux, démontre une parfaite connaissance de l'œuvre de Brassens, de ses thèmes tant poétiques que religieux (!) ou musicaux, ainsi qu'une malicieuse capacité à acculer le génial bonhomme dans ses derniers retranchements — voire le faire carrément sortir de ses gonds, pour le plus grand bonheur des auditeurs.

Ouiquipédia m'apprend qu'il a fini sa carrière radiophonique à Radio-Courtoisie, c'est bien malheureux mais je crois que Brassens aurait (amèrement) souri de cette ironie.

Un des plus beaux morceaux de radio que j'ai jamais entendus.



mercredi 5 juin 2019

Des livres et nous
(Vœux, vœux noirs…)



Excellente nouvelle : les éditions Métailié viennent de publier le septième roman des aventures de Jack Parlabane, le journaliste casse-cou de Christopher Brookmyre, sous le titre Sombre avec moi.
(Les anglophones peuvent écouter ici la conférence donnée par l'auteur en août 2016 au sujet de ce roman, l'un des meilleurs de cette série — mais tous sont au bas mot à tomber par terre).

La traductrice en est cette fois Céline Schwaller, après l'impeccable Emmanuelle Hardy pour le cinquième épisode, paru chez Denoël voici neuf ans.

Son choix de traduire ainsi le titre original Black Widow (Veuve noire) est intéressant en ce qu'il joue sur les deux acceptions du terme « sombre » (l'adjectif et le verbe conjugué), et que ce calembour colle bien à l'intrigue, mais il en dévoile à mon sens un peu trop par rapport à une traduction littérale.



Mais ce que je regrette surtout (comme je le disais déjà dans un précédent billet), c'est l'incohérence de l'édition française des aventures de Parlabane, qui requiert une lecture chronologique — ne serait-ce que parce qu'au fil des épisodes apparaissent des personnages secondaires qui reviendront dans certains des suivants.
Et Brookmyre, qui s'efforce de construire un univers romanesque cohérent, s'amuse même à faire intervenir dans la série Parlabane des personnages rencontrés dans d'autres pans de son œuvre !
On croise ainsi dans Sombre avec moi un certain « Sammy  Finnegan » que les lecteurs anglophones avaient déjà rencontré dans le deuxième roman de la trilogie Jasmine Sharp / Catherine McLeod, hélas inédite en français, When the Devil Drives (2012).

Jusqu'ici, seuls les deux premiers et le cinquième Parlabane avaient été traduits, respectivement en « Série Noire »  par Nicolas Mesplède (Un matin de chien et Au royaume des aveugles) puis chez Denoël par Emmanuelle Hardy (Les canards en plastique attaquent !), et voici qu'on publie le septième en sautant le sixième !
Or dans ce sixième épisode, on croisait déjà l'inspecteur Catherine McLeod, co-héroïne de la trilogie Jasmine Sharp et qui réapparaît dans Sombre avec moi.
Mais le plus ennuyeux pour le lecteur français, c'est que dans ce fatras éditorial on ne comprend plus rien à l'évolution des relations entre Jack Parlabane et son épouse, Sarah Slaughter (patronyme judicieusement transposé en « Bouchery » dans les traductions françaises), puisque c'est dans le sixième épisode qu'on apprend leur séparation.

Bref, pour plus de clarté, voici la liste chronologique des éditions écossaises et françaises de cette série : à ce jour huit romans, deux nouvelles et une novella.

1) Quite Ugly One Morning, Little, Brown, 1996.
Publié en français sous le titre Un matin de chien, traduit par Nicolas Mesplède, Paris, Gallimard, 2001, coll. « Série noire » n°2521

1 bis) [nouvelle] Bampot Central, dans l'anthologie dirigée par Mike Ripley et Maxim Jakubowski Fresh Blood II, The Do-Not Press, 1997; rééd. in Jaggy Splinters, Hachette Digital, 2012 (e-book).
Disponible sur le site de l'auteur, cette nouvelle développe un passage du premier roman : celui où Jack s'en va poster un jouet pour le fils de son ami américain Larry Freeman.

2) Country of the Blind, Little, Brown, 1997.
Publié en français sous le titre Le Royaume des aveugles, traduit par Nicolas Mesplède et révisé par Catherine Boudigues, Paris, Gallimard, 2001, coll. « Série noire » n°2610

3) Boiling a Frog, Little, Brown, 2000

4) Be my Ennemy (or, Fuck this for a Game of Soldiers), Little, Brown, 2004

5) The Attack of the Unsinkable Rubber Ducks, Little, Brown, 2007.
Publié en français sous le titre Les canards en plastique attaquent !, traduit par Emmanuelle Hardy, Paris, Denoël, 2010

5 bis) [nouvelle] place bo, in Jaggy Splinters, Hachette Digital, 2012 (disponible uniquement en e-book)

6) Dead Girl Walking, Little, Brown Book Group, 2015

7) Black Widow, Little, Brown Book Group, 2016.
Publié en français sous le titre Sombre avec moi, traduit par Céline Schwaller, Paris, Métailié, coll. « Bibliothèque écossaise », 2019

 7 bis) [novella] The Last Day of Christmas (The Fall of Jack Parlabane), Hachette Digital, 2014 (disponible uniquement en e-book).
Ce court roman introduit un personnage capital pour la compréhension du suivant, dont il forme un préambule.

8) Want You Gone, Little, Brown Book Group, 2017 (publié aux États-Unis sous le titre The Last Hack)

Gilets jaunes, une répression d'État




Un documentaire produit par StreetPress, réalisé par Cléo Bertet, Matthieu Bidan et Mathieu Molard, diffusé depuis le 21 mai.

samedi 25 mai 2019

Le festival de Gérardmer est bis !



Ah non, désolé, erreur de consonnes, c'est pas que Gérardmer est bis, c'est plutôt que Gérard Berréby se livrait voici pile-poil un an sur France Culture, dans l'émission À voix nue :









J'ai oublié pourquoi le cinquième épisode n'a pas été diffusé : sans doute encore un coup de ces crevards de chômeurs feignasses, ou bien peut-être une histoire de fonctionnaires en grève — allez donc savoir puisque le moulinet de France Info nous fait tout zapper chaque jour qui passe !

Peu importe, le voici :

vendredi 24 mai 2019

Dick : et de douze !


Marie Richeux recevait Dick Annegarn le 27 février à l'occasion de la sortie de son dernier album :

lundi 20 mai 2019

Radio kills the video stars


Le bijou cinématographique que Mathieu Chatellier a consacré à Fred Deux et Cécile Reims est actuellement visible en ligne, j'ignore pour combien de temps encore :



Mais le gâteau de cette fragile cerise, c'est l'intégralité des entretiens et improvisations radiophoniques de Fred de 1958 à 2008, enfin compilés sur Les bandes magiques.

Ça commence par un trésor introuvable de la chaîne radiophonique nationale France III, en 1958.
Fred cause très à l'aise de son premier bouquin impossible et impensable, La Gana, comme du dernier Agatha Christie.



Et puis on enquillera trente ans plus tard sur son intimité avec Michel Camus et Alain Veinstein, qui depuis 1989 l'invita toutes affaires cessantes sur France Culture et nous permit de savourer sa voix à n'importe quelle occasion, toutes brèches affamées, et qui nous délecta en 1999 de cinq jours d'affilée de Du jour au lendemain.

Radio Days :
Moins en en voit, mieux on imagine.



(Un des tout premiers vidéoclips de l'histoire du show-business, bien après les scopitones, à des années-lumières de l'univers de Fred)

lundi 6 mai 2019

Voler, vouloir immémorial de l'humanité



Une fois n'est pas coutume, La Série Documentaire de ce début d'avril était épastrouillante, avec au deuxième épisode un beau rappel des exploits de notre ami Marius Jacob, auteur chevronné du manifeste Pourquoi j'ai cambriolé.









1ère éd. (2 vols., 2 CD inclus), L'insomniaque, 1995
(Rééd. augm. en 1 vol. (1 CD inclus), 848 p. L'insomniaque, 2004)

samedi 27 avril 2019

Jean-Pierre ne fera plus le mariolle


Pfiiiou !…

Ce mec-là a déclenché tant de choses dans les têtes adolescentes d'alors (celles des années soixante-dix), lui qui n'a jamais eu les honneurs d'un véritable premier rôle (contrairement à son comparse de toujours que fut Jean Rochefort — en Cavaleur chez Philippe de Broca ou plus tardivement en Don Quichotte avorté chez Terry Gilliam) mais il délivrait une image bien plus intense et folle et inouïe de la liberté — même en beauf ahuri chez Joël Séria et parfois jusqu'au cathédralesque !







Le dictionnaire des idées reçues se souviendra peut-être qu'il fut le Bouvard de Carmet-Pécuchet dans une jugulaire adaptation télévisuelle de Jean-Daniel Verhaeghe en 1989 ?



♫♪♬ Et allez donc envoie la ritournelle… ♪♫♪

Mais il rest'ra chez ma tante
Comme cett' chanson entêtante
La seul' qu’on a ouïe de lui
Et qui ne saurait lui dire « oui » ?

vendredi 26 avril 2019

Le Vaudois n'est pas toujours de bois !
(Avant Gilles et John, Gilles et Julien)



Dans la foulée par anticipation du documentaire d'Yves Jeuland de 2012, une passionnante évocation du Saint-Germain des-Prés d'après-guerre, orchestrée par Jacques Duchateau le 6 juillet 1974 et rediffusée avant-hier dans les Nuits de France Culture :



Une émission de voici quarante-cinq ans qui évoque l'époque de moins de trente ans auparavant…

On y entend notamment Gilles (né Jean Villard), du précurseur duo d'avant-guerre « Gilles et Julien » qui inspira bigrement les Frères Jacques et les Quatre Barbus, par exemple.



Gilles était Suisse, du canton de Vaux, d'où le calembour lamentable qui sert de titre au présent billet (y faut c'qui Faust) — et les rappels qui suivent.



lundi 22 avril 2019

Une mise en abyme langagière vertigineuse
Le faux est un moment du vrai
Traduttore, traditore


Un hommage en flèche de l'impétrant Dreyfus
à celle de Notre-Dame – bien malgré lui

En 2006, Steve Martin reprend magnifiquement le flambeau du défunt Peter Sellers pour incarner l'inspecteur Clouseau dans cette immonde stupiderie qu'est la saga de La panthère rose— aussi débile, s'il est possible, que la série du Gendarme de Saint-Tropez.

Qui saura jamais pourquoi Blake Edwards et Peter Sellers ont concocté vingt ans durant cette lamentable galère qui ne sentait pas franchement la rose (puisque l'argent n'a pas d'odeur), alors que ces deux joyeux compères fulgurèrent par exemple dans l'intervalle un chef-d'œuvre comme The Party (1968) ?
(Et Le jour du vin et des roses, ça vous dit quelque chose ? )

Mais bon, peu importe, youpi, MIRACLE ! le film de 2006 de Shawn Levy est une éberluante succession de gags évidemment très inégaux (on navigue entre le génie propre à Steve Martin et celui des Monty Python ou des frères Zucker) mais help, AIUTO ! certaines séquences obligent à appuyer sur la touche "pause" pour foncer pisser de rire aux toilettes.

Et surtout, il y a cette scène.
Cette scène-là.

Car, comment dire ?
Comment faire semblant d'apprendre à parler une langue soit-disant étrangère qui est en fait sa propre langue maternelle, sa langue la sienne ?
Et comment on fait pour se démerder en sus après ça, pour le doublage en français ?
Comment fait-on, pour anéantir la langue et le langage, quand on ne sait pas taire ce dont on il ne faut que parler (et merci Ludwig Wittgenstein, et merci Grégoire Bouillier, et merci aux dames-burgers) !??

Car dans ce film, c'est un acteur américain (Steve Martin) qui interprète cette caricature de flic français qu'est Jacques Clouseau, avec l'accent caractéristique indispensable, genre béret-baguette :



Mais quand il attire notre attention sur une question d'accent, vu que cet Amerloque cause en franzözich comme l'inverse de Truffaut avec Hitchcock, y'a de quoi s'interroger un peu, non ?

Genre : pourquoi un Américain qui s'efforce de prendre l'accent des Français qui s'efforcent eux-mêmes de causer angliche, pourquoi donc s'offusquerait-il du mauvais accent d'un soi-disant Russe ?
(D'accord, il s'avérera finalement que ce spécialiste du lobe occipital devait tout autant l'être des herbes chinoises — si tant est qu'elles en fussent.)
La scène est capitale au sein de cette intrigue insignifiante, mais elle ouvre surtout un gouffre qui ne fera que s'accentuer :



Là où l'histoire se complique fichtrement, c'est quand l'acteur américain qui s'est doté d'un accent français caricatural fait mine de prendre des cours d'amerloque parce qu'il doit se rendre à Nouillorque.

Dans la VOSTF, on arrive encore à suivre (heu…, hem !) ce bigarrement :



Mais dans la version doublée en français, ça devient un sacré bazar, et comment donc pourrait-on y retrouver ses petits ?

Un Américain pur jus joue un Français qui est censé s'efforcer d'apprendre les rudiments de l'amerloque, et les malheureux artisans du doublage (qui ne sont pas rétribués à un tarif métaphysique, que je sache) devraient parvenir à traduire exactement ses fausses tentatives en « vrai français » ?

Gaspature de pommedeterration !
(euh… comment on traduirait ça, nom d'un Charlie Schlingo !??)

Je voudrais acheter un en-bourgeois!

samedi 20 avril 2019

Notre-Dame débande




Patrice, de la Goguette des Vénères, vendredi 19 avril 2019 au festival Michto La Noue à Montreuil

mardi 16 avril 2019

Maux fléchés…


Allez, c'est le moment ou jamais de remettre en selle mon billet du 2 décembre 2015 !


Extrait du film d'Yves Robert, Les copains (1964)

Feu à tous les bastions !

Tant va la dîme au pot que le pot t' lâche !







lundi 15 avril 2019

Un feu d'artifice en l'honneur de Jimmy Gladiator !




Incroyable !
Jamais Jimmy n'aurait pu imaginer plus bel hommage, ni plus bel hasard objectif…

Qu'elle crève, l'immonde charogne !

Tous les curetons du monde s'inquiètent asteure, faute hélas pour eux de pouvoir s'indigner contre une volonté "terroriste" revendiquée, mais combien de centaines (de milliers, de dizaines de milliers ?) de serfs ont succombé à construire ce magnifique monument dédié à la connerie religieuse et catholique, entre le XIIe et le XIVe siècle ?
Et ces abrutis d'encapuchonnés d'aujourd'hui, ils n'envisagent même pas un instant cette fois que si pareil incendie advient c'est encore et toujours par la volonté de leur Dieu barbichu, celui auquel ils sacrifient par millions leurs ouailles pour leur plus grand profit  et celui de leurs maîtres !

C'est leur foutue crétinerie infantile d'invention pèrenoëlesque ("Dieu le Père")  qui décide toujours, faut pas l'oublier !
Hé oui (allô ?, toc-toc ! allô ?) Dieu a décidé ce lundi 15 avril 2019 de faire cramer un bon coup le temple dédié depuis près d'un millénaire à la mère du crapaud de Nazareth !
Sa propre bru, nondidjou !
Y'aurait de quoi réfléchir, non ?

C'est à croire, dirait Victor Hugo, que c'est justement toutes ces superstitions débilitantes que la cathédrale vomit ce soir en flammes…


Fouchtra ! Rien, jamais rien de ce qui regarde la beauté ne se rapporte à la religion.

Comme l'ont manifesté à leur manière et à leur époque, l'Internationale lettriste avec Michel Mourre et Serge Berna (qui élaborèrent ensemble une des premières "construction de situation" : le scandale de Pâques 1953), et puis bien après Philippe Petit :

Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte,
Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de Paris,
J’accuse l’Église Catholique Universelle du détournement mortel de nos forces vives en faveur d’un ciel vide ;
J’accuse l’Église Catholique d’escroquerie ;
J’accuse l’Église Catholique d’infecter le monde de sa morale mortuaire,
d’être le chancre de l’Occident décomposé.
En vérité je vous le dis : Dieu est mort.
Nous vomissons la fadeur agonisante de vos prières,
car vos prières ont grassement fumé les champs de bataille de notre Europe.
Allez dans le désert tragique et exaltant d’une terre où Dieu est mort
et brassez à nouveau cette terre de vos mains nues,
de vos mains d’orgueil,
de vos mains sans prière.
Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte,
Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de France,
nous clamons la mort du Christ-Dieu pour qu’enfin vive l’Homme.

samedi 13 avril 2019

La dernière bière d'un qui vomissait les urnes ?…


… ou « La camarde, camarade ! », ou bien « Houilles, Houilles, Houilles ! », ou encore « Ce que le glas dit à tort » ?
J'ignore quel calembour aurait eu la préférence de Jimmy Gladiator pour annoncer sa propre disparition — sans doute quelque chose de bien plus fulgurant que ces pauvres tentatives : inventer un titre aussi magnifique que Au libre olibrius, jamais cela ne m'a été donné.

Bref, un troisième Mordicant nous a quitté ce 10 avril 2019, après Daniel Joubert et Arthur, ça fait mal au cœur et ça donne envie de pisser des larmes mais chaque souvenir du zigue est tellement joyeux qu'en réalité penser à lui — même mort — raboule aussitôt vers le haut les commissures des lèvres.


Les funérailles (fun et raï ?) auront lieu mardi 16 avril à Poissy, au cimetière des Grands Champs, à 11 h.
Des hommages commencent à fleurir sur la Toile : ici celui de son ami Abdul Kader El Janabi, un salut de Gérard Lambert

« Jimmy Gladiator est le fils du tabac brun et de la mer à boire. Et de ce terrain vague, depuis qu’il écrit, c’est lui l’arpenteur et l’orpailleur. Je ne vois que lui, en ce moment, à faire ça, orpailler Paris. À savoir que Paris est rousse comme la révolution, noire comme l’orient, mirages à part, mirages compris, qu’elle a, dans l’amour, vingt et une positions sans jamais retourner sa veste, que le rock est né sur les rochers des Buttes Chaumont, que les Tuileries sont un ancien circuit de formule 1. À ne rien rendre à César, à errer aujourd’hui dans les ruines futures de l’Empire. À écrire des poèmes, à chercher l’or du sang. »
Pierre Peuchmaurd (1948-2009)

Une seule anecdote parmi plein de souvenirs, un hasard objectif.

En 1994, lorsqu'il a fallu se résoudre à clore l'aventure du journal Mordicus — force anéantissante de l'économie marchande, baisse du nombre de happy few — la bande de zozos qui avait pris langue et se réunissait allègrement depuis plus de trois ans pour concocter cet engin n'avait pas du tout envie de se dissoudre en sus : on a décidé d'ouvrir un local pour s'y retrouver à loisir, organiser des débats, des projections, des beuveries, une bibliothèque, etc.
Ce fut La bonne descente, au 64 rue Rébéval à Paris, dans le vingtième, qu'on a aménagé vaille que vaille avec du matos de récupe plus ou moins pourri.

D'entrée, Jimmy a proposé d'y présenter un ciné-club régulier de films improbables, avec programme annoncé sur papier, tout ça tout bien.
À l'époque, c'était télé grand écran cathodique et magnétoscope, et c'était pas toujours facile de dégotter la cassette VHS.

Un soir, ce fut un truc vampiro-érotique para-surréaliste de Jean Rollin (un nanar impensable, peut-être Les deux orphelines vampires). Il me semble que Michel Zimbacca était là.
On était une douzaine de curieux, sagement assis sur des chaises face à cette téloche mahousse pendant que Jimmy déballait un petit topo pour expliquer son choix de ce film.
Mais au moment où il s'apprête à s'asseoir en concluant sur la phrase : « Quand j'ai vu ça, j'en suis resté sur les fesses ! », CRAC ! la chaise s'est instantanément effondrée sous lui.
Jimmy les quatre fers en l'air, ouille ! mais le fait de joindre ainsi le geste à la parole était tellement magique que l'instant de stupeur passé, la douleur au coccyx pas encore arrivée, il a aussitôt fusé en fou-rire comme toute l'assistance.

Mordicus n°5, juillet 1991, p. 19

dimanche 7 avril 2019

Coins-coins si denses…






Bon.
Ça arrive, certes.
La preuve.
Mouaiche.
Mais à qui d'autre cela pourrait-il « arriver » ?

L'inverse (ou peut-être plutôt la contraposée, allez savoir) de « l'arrivée », ce n'est pas le départ, c'est plutôt le retour, le retour d'une baffe en plein dans la gueule que tu te prends au moment où tu ne t'y attends pas du tout. 
Une baffe ? Disons plutôt une baffle, dont la tonitruance t'explose directement dans tes oreilles les tiennes (pour paraphraser Grégoire Bouillier, dont je dévore en ce moment Le Dossier M).

Voilà qu'on me propose de picorer cette semaine dans un festival de cinéma qui présente nombre d'excellents films, pour la plupart méconnus (de moi), et voilà-t-y pas qu'en y allant ,

(gaspe ! Jodorowsky's Dune, presque aussi introuvable que le film dément qui n'a jamais été réalisé – manquaient juste 5 M $ sur 15 – malgré toute l'équipe réunie : Mœbius, Christopher Foss, Dan O'Bannon, Dali, Mick Jagger, Orson Welles, etc.),

quand j'y débarque ingénument, innocemment, tous yeux toutes ouïes, je découvre que les deux invités d'honneur à qui ce festival consacrait une rétrospective étaient respectivement,

l'un, mon ex-beau-père,

et l'autre, mon ex-employeur.

Quant à l'illustrateur de l'affiche du festival – à qui rend hommage une exposition dans le musée local –, j'ai habité en face de chez lui douze années durant, je le croisais chaque jour lorsqu'i sortait son chien. Nous avons chacun déménagé depuis (lui plus à l'ouest, moi plus à l'est).

Cela arrive, certes, mais ça peut laisser songeur, comme on dit.
Toujours on nage dans la réalité mais on n'y est pas maître-nageur, tout au mieux maître-songeur.
Et encore, même pas sûr.
Seulement peut-être lorsqu'on peut jouir, au moment du fragile réveil, de la réalité indicible de ses rêves.

Mais là, en ces circonstances (Sire, qu'on se tance !) pas de songe, pas de rêve, juste la réalité brute, des faits, RIEN QUE DES FAITS !
(hem, désolé, encore l'influence de Grégoire Bouillier)
Les trois créateurs auxquels ce festival rend hommage n'ont jamais eu aucun rapport entre eux mais ils sont directement liés à ma propre histoire personnelle, et c'est un fait, C'EST UN FAIT HISTORIQUE, c'est fait exprès ?

D'accord, okay, certes, oui, bien sûr, les coïncidences véritables ont toujours quelque chose de personnel, on pense être le seul à pouvoir les appréhender pleinement, dans toute leur puissance époustouflante, mais quand même, quand on s'aperçoit qu'un foutu festival de cinoche s'adresse DIRECTEMENT À VOUS, vous a pris pour cœur de cible, qu'un putain de festival de cinéma VOUS VISE DIRECTEMENT, vous, George WF Weaver (mais pourquoi, nondidjiou, POURQUOI MOI ?), ça fait bizarre, croyez-moi.

Croyez-moi.

(mais pourquoi ?)

La seule chose à laquelle il n'est pas complètement débile de croire, c'est au hasard.

Alors ainsi ballotté, kant est-ce qu'on peut s'orienter dans la pensée ?

Quand on sent
la pierre de touche de la vérité ?

mercredi 27 mars 2019

Simon et Joseph ? Frayons sans effroi avec ces frères guère évangéliques !


Simon Johannin et Joseph Ponthus ont publié chacun dans leur coin en ce début d'année un deuxième opus :



De Simon, on avait parlé ici voici deux ans après avoir durement savouré son premier roman, paru chez Allia en 2017.
Pour le deuxième, Nino dans la nuit, chez le même éditeur, il co-signe cette fois avec son épouse Capucine.

De Joseph, distrait que nous sommes, on n'avait pas pas parlé en 2012 lors de la publication du remarquable ouvrage Nous… la Cité (La Découverte, coll. « Zones »), dont il avait pris l'initiative et où il coordonnait les récits du quotidien de quatre jeunes de Nanterre qui firent confiance à l'éducateur de rue qu'il était alors :


Mais on a tout de même beaucoup causé de (et avec) lui ici-même (et ailleurs), lorsqu'il tenait la barre du très chouette blogue Ubifaciunt ou qu'il rédigeait d'impeccables chroniques pour Article XI — canard pour lequel on s'est échiné ensemble (et puis avec l'ami Wroblewski) à concocter d'abracadabrantes grilles de mots croisés…

Et puis voilà que sort à La Table Ronde À la ligne – Feuillets d'usine, où il s'avère enfin comme un écrivain de grande classe, après avoir emprunté presque autant de pseudonymes que de chemins de traverse : khâgneux de fortune, éducateur de rue par choix, blogueur discret mais tonitruant, anarchiste acharné, élégant chroniqueur et verbicruciste, tireur à la ligne et à la lie de l'usine et breton d'accointance, en attendant d'autre aventures…

Bref, Joseph, Simon et Capucine se sont retrouvés à causer ensemble sur France Culture dans l'émission Le temps des écrivains le 2 mars 2019 :


Mais sur la même chaîne, Capucine et Simon étaient les invités de Tewfik Hakem ce 18 février :


et auparavant, d'Aurélie Charon le 5 janvier :


cependant que Joseph ponthusifiait sans phare — mais illuminant et allumé ! — chez Marie Richeux le 15 février :


dimanche 24 mars 2019

Plans rapprochés


Trois photogrammes du Psychose d'Hitchcock (1960)…




… et du Brazil de Terry Gilliam (1985), discrètement pétri d'une foultitude de références acidement savoureuses qui multiplient Orwell par Kafka et où l'Icarie s'esquisse en chromo, entre autres (au point de se demander si le dénommé Eric Blair n'aurait pas préféré ce film-là à la très fidèle adaptation de 1984 par Michael Radford, sorti justement l'année précédente) :




Je crois me souvenir que Godard, dans son Histoire(s) du cinéma, établit de façon très époustouflante nombre d'hommages intra-cinématographiques de ce genre, ce qui témoigne chez lui d'une ahurissante mémoire de chacun des films qu'il a vus (sans possibilité facile de les revoir, à l'époque, rappelons-le : il fallait disposer d'une mémoire visuelle réellement prodigieuse, pour en plus se souvenir encore de ces correspondances de plans plusieurs décennies plus tard).



vendredi 22 mars 2019

Plagiat par anticipation


Des blouses blanches aux gilets jaunes, Lars von Trier avait tout de même plus de trente ans d'avance…


(Epidemic, 1988)

mardi 19 mars 2019

Bandit mais Courtois




Il est loin, le 19 décembre 1985.



Le carnaval est terminé, Georges Courtois s'est définitivement fait la belle samedi après un dernier coup de feu.

Je me souviens qu'il m'avait raconté en 1997 cette blague de taulards à propos de Lady Di, avec sa foutue gouaille chaleureuse :

— « Hé ben maintenant on sait pourquoi il s’appelle comme ça, le pont de l’Alma !
— Ah ouais , pourquoi ?
— C'est un acronyme pour "Attention, La Mercedes Arrive" ! »

On peut lire ici un bel hommage à ce réfractaire qui sut agir avec force, courage et détermination, et constater ses talents épistolaires.

mercredi 13 mars 2019

Georges Guingouin, l'esprit de Résistance
(un ohm, un vrai !)



Attention, document exceptionnel !

Voici pile vingt ans, Geneviève Huttin proposait sur France Culture une série d'entretiens avec Georges Guingouin, alors âgé de 86 ans, pour l'émission À voix nue.

Cet ensemble a été rediffusé en deux parties la nuit dernière et la précédente :