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dimanche 1 janvier 2023

Au gui l'an neuf, que décide-t-on :
de bonnes résolutions
ou une bonne révolution ?



Arnaud Fleurent-Didier, Ne sois pas trop exigeant



Georges Moustaki, Sans la nommer (1969)


« Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs plutôt que l’ordre du monde ; et plus généralement, de m’accoutumer à croire qu’il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu’après que nous avons fait notre mieux, touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est, au regard de nous, absolument impossible. Et ceci seul me semblait être suffisant pour m’empêcher de rien désirer à l’avenir que je n’acquisse, et ainsi pour me rendre content. Car notre volonté ne se portant naturellement à désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que, si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n’aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou du Mexique ; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d’être sains, étant malades, ou d’être libres, étant en prison, que nous faisons maintenant d’avoir des corps d’une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux. »
René Descartes, Discours de la méthode, IIIe partie
 
 
« Telle est donc la fin à laquelle je tends : acquérir cette nature supérieure et faire de mon mieux pour que beaucoup l’acquièrent avec moi ; car c’est encore une partie de ma félicité de travailler à ce que beaucoup connaissent clairement ce qui est clair pour moi, de façon que leur entendement et leur désir s’accordent pleinement avec mon propre entendement et mon propre désir. Pour parvenir à cette fin il est nécessaire d’avoir de la Nature une connaissance telle qu’elle suffise à l’acquisition de cette nature supérieure ; en second lieu, de former une société telle qu’il est à désirer pour que le plus d’hommes possible arrivent au but aussi facilement et sûrement qu’il se pourra. »
Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement, § 14 (trad. Ch. Appuhn)

« RÉVOLUTION : solution de tous les rêves »
 
 

lundi 3 novembre 2014

Mensonges du spectacle, la preuve par l'image


Photo et texte publiés hier sur le site internet du Parisien Libéré :


Place Stalingrad (Paris), ce dimanche. Une manifestation sauvage en «hommage» à Rémi Fraisse dégénère. Plus de 70 interpellations ont déjà eu lieu.


17h55. La manif se disperse à Paris - Stalingrad. Les forces de l'ordre ont eu du mal à contenir la foule. Certains, très calme [sic], avaient rapidement quitté cette manifestation sauvage en marge du sit-in autorisé au Champ de Mars. D'autres, plus violents, ont parfois provoqué les CRS, les menaçant avec plusieurs sortes d'armes. Selon plusieurs journalistes sur place, la place Stalingrad est en train de se vider. Bilan : 66 interpellations et a priori, aucun blessé.

18h15. Fin de la manif sauvage : 78 interpellations, 16 gardes à vue. La place Stalingrad est désormais dégagée sans qu'aucun blessé ne soit a priori à déplorer. Dans ce quartier populaire du nord-est de la capitale, ils étaient près de 300 à dénoncer les violences policières et 78 ont été interpellés par les forces de l'ordre. Seize des interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé [sic] et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, précise la préfecture de police de Paris.

19h45. Jean-Claude Mailly (FO) : «Pas acceptable». «Les actes de violences ne sont pas acceptables», a réagit [sic] le numéro de Force ouvrière Jean-Claude Mailly dimanche sur Europe 1, estimant que la «police républicaine fait son travail». «Ces casseurs - il faut les appeler comme cela, il n'y a pas d'autres mots - ce qui les mobilisait, ce n'était pas la question du barrage. Ils étaient là pour en découdre avec une agressivité vis-à-vis des forces de l'ordre», a ajouté Jean-Claude Mailly.


À propos d'« en découdre avec une agressivité » (!), justement, nous accordons pour notre part — nous qui n'avions rien contre un tantinet de riposte intelligente lorsqu'elle s'avère possible — un peu plus de crédit à l'excellent site Paris-Luttes.info, qui retrace le suivi de la manif sur cette page :

Et voilà une vidéo du moment ou les dangereux manifestants ont tenté de charger les pauvres policiers désarmés […]




Sur cette autre page, le même site publie ce Communiqué de l’Assemblée en lutte suite à la mort de Rémi Fraisse :

On peut dire que ce dimanche à Paris la répression policière a passé une étape...
Jeudi 30, l’assemblée suite à la mort de Rémi Fraisse ainsi que certaines organisations décident d’appeler à une manifestation le dimanche 2 novembre. Non seulement, la préfecture interdit cette manifestation mais elle descend au petit matin chez les deux personnes ayant déclaré la manifestation pour les impressionner, leur faire peur, les dissuader de continuer à organiser cette mobilisation. Sous la pression policière, les organisations se rétractent.
Le dimanche matin, une centaine de policiers quadrille la ville de Montreuil. Elle contrôle les métros et encercle un lieu d’activités sociales et d’organisation politique. Elle veut empêcher que les tracts et les banderoles arrivent à la manif. A 14h, une vingtaine de personnes sortent du lieu pour se rendre au départ de la manif. Ils sont contraints de cacher les tracts dans leurs pantalons. Ils sont tous arrêtés préventivement. Ils passeront cinq heures au commissariat.
Pendant ce temps-là, le 19e, le 20e et le 10e arrondissements sont quadrillés par des milliers de policiers qui contrôlent et fouillent à tours de bras. Malgré cela, plusieurs centaines de personnes bravent l’interdiction et parviennent à former un rassemblement. Quelques tentatives de départ en manifestation échoueront devant l’ampleur du dispositif policier. 140 arrestations ont lieu pour tout et n’importe quoi : distribution de tracts, port d’un casque de vélo… Ce soir à notre connaissance, au moins 18 personnes sont en garde à vue pour entre autre « attroupement non armé en vue de commettre des dégradations ».
On est arrêté et inculpé sur la base de supposition d’intention alors qu’eux viennent de tuer l’un des nôtres ?
Mais la répression ne s’arrête pas là. Le niveau de désinformation et de mensonge produit par le gouvernement et véhiculé par les médias vient couronner le tout. Alors qu’il n’a rien pu se passer à Paris, qu’il était très difficile de se réunir, que la police avait instauré un climat de peur, les articles de journaux parlent de débordements, reprenant tels quels les communiqués de la préfecture sans aucune autre source. En focalisant le débat sur la violence des manifestants, le gouvernement divise le mouvement et occulte la violence initiale, celle qui a tué Rémi, celle de la police qui tue et mutile quotidiennement. Vendredi à Blois, un jeune homme a perdu un œil suite à un tir de flashball. Samedi à Nantes, deux personnes ont été grièvement blessées au nez et à l’œil par des tirs de flashball.
Pour que la mobilisation continue, il nous faut sortir de la nasse militaire et médiatique dans laquelle on veut enfermer notre colère.

Soyons nombreux et nombreuses à venir largement à l’assemblée générale qui se tiendra ce mardi 4 novembre à la Parole Errante à 19h, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil