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dimanche 15 octobre 2023

L'essence du cinéma




Des images qui bougent, un regard, un cadre : mouvement et repos, l'espace et le temps, les formes a priori de la perception, il n'y a rien d'autre.
Comme disait un rigolo, L'image-temps et L'image-mouvement.

Sept minutes sans nul dialogue en plein film d'action à gros budget, en 1973.
Une force qui va.
Et ça roule sans gras ni heurts comme un travelling parfaitement lubrifié.
Oui, c'est décidément une affaire de morale — comme disait encore un autre.

Quand Sergio Leone jouait à Kasimir Malevitch mais Ford sauvage contre Eisenstein, Poudovkine et Dziga Vertov — et Morricone du Wagner

Mon nom est personne (Tonino Valerii, 1973)

The Stranglers, No More Heroes (1977)

dimanche 7 juillet 2019

Il était une fois la tour de Babel




France Culture rediffusait la nuit dernière la conférence de presse donnée à Cannes en 1984 à l'occasion de la projection hors-compétition d'une version tronquée du dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique — pas son meilleur à mon avis mais peu importe.

À entendre les maigres applaudissements, il n'y a pas plus de quinze personnes dans la salle, malgré un parterre des plus prestigieux.

Peu importe derechef : ce qui est complètement fascinant, c'est la circulation labyrinthique entre les langues, vu que la conversation se déroule tantôt en italien, tantôt en anglais et tantôt en français, toutes langues avec lesquelles Sergio Leone semblait parfaitement à l'aise, même s'il dit ceci à 21'51" :

C'est plus difficile pour moi en français parce que je trouve pas quelquefois les mots, vous savez.
Je préfère de m'exprimer en italien, s'il vous plaît.
Euh… maintenant, il faut traduire la demande en français. [Il se reprend aussitôt :] En anglais.

Et par là-dessus vient s'emberlificoter l'art des interprètes, l'une en direct et l'autre après coup, le résultat est archi-ahurissant, une véritable splendeur radiophonique, la fascination du cinéma se redouble ici de celle du langage.

Hourrah : quel bordel !

Il était une fois un certain type d'émissions de radio…


lundi 21 juillet 2014

Impératif catégorique quasi-kantien pour cet été



« Comporte-toi en permanence comme Clint Eastwood dans un film de Sergio Leone — ou à la rigueur Lee van Cleef, ou même chez Elio Petri [merci, Florence !], comme tu veux, pourvu que ce soit avec Ennio Morricone en bande-son.
Mais bon, sinon, tu fais comme tu veux, hein, on n'est pas chiens, plutôt sceptiques que cyniques…
… Mais vas-y, fais-le, va, fais l'effort ! »



Et le tube de l'été, indubitablement (sans vouloir paraître grossier) — et même de plusieurs :