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mardi 24 décembre 2024

1 proverbe mis au goût du jour

Les viticulteurs de Chablis ne se soucient guère de produire du vinaigre blanc pour éloigner de leurs vignes les pyrales car…

À Chardonnay on ne regarde pas les chenilles

(Rien à voir avec ces pervers nostalgiques de vieilles réclames qui réclament au bistroquet de la liqueur de gentiane noyée au vin blanc du Cher : « Une Suze que si long Sancerre ! »)

mardi 17 octobre 2023

Comédie de la soif


LES PARENTS – Que faut-il à l'homme ? boire.

MOI. – Mourir aux fleuves barbares.


Kurt Schwitters, Ursonate (1932)

« Vraiment difficile de boire davantage… »
(Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, 1959)

mercredi 17 février 2016

Romans (dis, c'est tant ?)




Trois fois dix-sept égale
cinquante-et-un, et ça finit par faire pas mal de pastis…


On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
— Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits — la ville n'est pas loin —
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! — On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…

Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif…
— Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. — Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
— Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...!

— Ce soir-là, vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade..
— On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

jeudi 18 septembre 2014

jeudi 10 avril 2014

Alcool
(L'odyssée… bon aussi…)




Extrait du dernier album de l'ami Cheval Blanc, Rouge, désormais dans les bacs en vinyle et  CD, et intégralement écoutable ici.

Cheval Blanc a fait hier soir une belle session sur Aligre FM avec La Féline et interviendra tout à l'heure sur France Culture dans Le RenDez-Vous.

Hasard des choses : il se trouve que l'invitée de Goumarre est Dominique Reymond, qui fut révélée au cinéma par Y aura-t-il de la neige à Noël ?, premier film (et hélas seul succès public) de Sandrine Veysset qui elle-même ne fut justement pas pour peu, voici bien longtemps, dans la genèse musicale du jeune Cheval…
(Hé, dis, Henri, ça vient, ces numérisations des Free Martin ?)

vendredi 22 juillet 2011

Prendre de la bouteille



Une calamiteuse tentative de réduction à deux voix de la chanson L'Alcool, jadis créée par Les Quatre Barbus (paroles de Francis Blanche sur l'air de la Fantaisie n°2 de Franz Liszt).

mardi 12 janvier 2010

dimanche 2 août 2009

Œnologues, hé !


« C'est à l'ami qu'on offre son vin »
(bon, on a quatre jours d'avance sur le 6 août, mais à cette date on sera absent)

mercredi 15 juillet 2009

Questions stupides et cruciales

Les livres qu'on veut lire importent-ils moins que ceux qu'on a lus ?
Les litres qu'on va boire importent-ils moins que ceux qu'on a bus ?

vendredi 20 février 2009

Liszt : Rhapsodie hongroise n°2



Les paroles sont de Francis Blanche
« L'alcool tue lentement », c'était le slogan d'une campagne de santé publique.
« On s'en fout, on n'est pas pressé », répondit Courteline.

mardi 20 janvier 2009

Des livres et nous (3)

Jean-Yves Lacroix a la facétie de se présenter uniquement comme ancien vice-champion du monde, catégorie junior, de Scrabble. Mais c’est d’abord un homme qui aime les livres, les femmes, le vin. Socialement, c’est un fameux bouquiniste, dont les mains ont palpé bien des merveilles : l’édition originale des Champs magnétiques dédicacée par Breton et Soupault à Raymond Roussel, la collection complète de Maintenant signée de la main de Cravan, le tapuscrit annoté de la Préface à la quatrième réédition italienne…, et tant d’autres.
C’est désormais tout aussi bien un écrivain, qui a su ciseler soigneusement les phrases de ce Cure-dent paru à l’automne 2008 aux éditions Allia, phrases aussi nettes et parfaites que l’objet qui donne son titre à ce bref récit imbibé d’Omar Khayyam. En voici quelques unes, sur lesquelles on sent planer parfois les ombres furtives de Stendhal, Nietzsche ou Debord :

« A bien peser les choses, il paraît extrêmement judicieux d’habiter un palais. La sécurité du corps y est garantie, et, à défaut de la paix de l’âme, la possibilité du sommeil. Surtout, le voisinage de la beauté a quelque chose de pratique que la pudeur n’avoue jamais. Il agit sur les êtres doués de quelque sensibilité, comme un puissant régulateur de l’humeur, comme une promesse de douceur indéfiniment renouvelée. Tout ce qui chaque jour nous assujettit — cette raison quotidienne qui nous tient lieu de boulet — s’en trouve instantanément pondéré, comme un granit en une pierre poreuse.» (pp. 24-25).
« Orphelin de père, orphelin de Dieu, enfant du chaos, Omar Khayyam s’est comporté en homme sans exemple que celui qu’il forgeait. Sans autre devoir que d’inventer, jour après jour, une existence et les conditions de sa souveraineté. » (p. 31)
À la page 47, Lacroix s’amuse à attribuer à Khayyam une phrase de Debord (Panégyrique, p. 43) qu’il s’offre le luxe d’améliorer par le déplacement d’un adverbe : « J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la légère ivresse, puis bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la très violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps. »
Mais peu auparavant, il restituait à Khayyam le quatrain que Debord cite dans In girum imus nocte et consumimur igni, douze minutes avant la fin du film :
« Jeunes, nous avons quelque temps fréquenté un maître,
Quelque temps nous fûmes heureux de nos progrès,
Vois le fond de tout cela : que nous arriva-t-il ?
Nous étions venus comme de l’eau, nous sommes partis comme le vent. »
« Avicenne […] tenait le vin pour une activité de l’esprit à part entière. Il certifiait que le véritable intérêt de cette boisson ne se résumait pas à ses vertus stimulantes, euphorisantes, désinhibantes et anxiolytiques. Il disait goûter par dessus tout l’ivresse épaisse, large et distincte que seule procure la prise massive de boisson sur de longues périodes de plusieurs jours, de plusieurs semaines, de plusieurs mois. Il avouait aimer cet état sensationnel de calme triomphant, de terreur placide, d’engourdissement du présent dans l’évidence du temps irréversible, certaine touffeur du monde dans la faculté de l’oubli. […] Il martelait qu’il fallait boire dès le matin. Quiconque a un peu connu les hommes admettra aisément qu’il y a des siècles de discipline dans une telle injonction. » (pp. 50-51).
« Omar Khayyam évoque tant de raisons de s’arsouiller, pare le vin de tant de qualités, qu’il faut y voir la manière d’un zélateur et d’un athlète qui s’encourage ou se rappelle au devoir, et non celle d’un homme qui se justifie. » (p. 55). S’ensuit un nouvel emprunt à Debord : « Jamais plus nous ne boirons si jeunes. » (Panégyrique, p. 38).

Dommage que la couverture soit si moche, malgré les finesses habituelles des graphistes de la maison.