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lundi 18 janvier 2010

Peintres en bâtiment…

C'était plein à craquer, des maçons, des peintres en salopettes prenaient le pousse-café au comptoir où nous attendions que se libère une table. Le menu était affiché à la craie sur un des miroirs, ce jour-là c'était une blanquette de veau. Papa portait une veste en velours et un béret serré comme celui d'Auguste avec bien évidemment une chemise à carreaux. On ne dépareillait pas du tout dans le restaurant où, très vite, on avait trouvé à s'asseoir. Les deux ouvriers à la table à côté ont regardé les mains de Papa, tachées de couleurs diverses, ces mains dont il disait souvent qu'elles étaient imprégnées jusqu'à l'os. Il avait alors plus de soixante-dix ans, mais avec son allure énergique et l'impression de puissance qui émanait de lui, il pouvait très bien passer pour un peintre en bâtiment.
— Vous avez un chantier dans le coin ? demanda l'un d'eux.
— Je refais un plafond à l'Opéra, répondit mon père, attaquant son œuf dur mayonnaise.

David McNeil, Quelques pas dans les pas d'un ange, Gallimard, 2003.
(Auteur-compositeur-interprète et romancier, David McNeil est le fils de Marc Chagall).



lundi 30 novembre 2009

Vous voyez

Pendant que la galerie (fragnolique ou autre) s'amuse, on continue à tenter de dénicher des pépites disponibles en ligne.
Ici, c'est un film que Jorge Furtado a réalisé cinq ans après L'île aux fleurs. Ne causant pas lusitanien, je pige guère la deuxième partie, mais le tout semble aussi bath, quoique peut-être moins fracassant. Toujours aussi marxiste, en tout cas, et de ceux dont le père Karl serait fier — pour redonner un peu de tonus à cet adjectif… Y aurait-il des traducteurs, dans le coin ?