Avertissement légal

Tous les textes apparaissant sur ce site sont automatiquement générés par notre nouveau logiciel Hétéronomix™ qui vous libère enfin de la pesante nécessité de réfléchir.
Ne perdez plus votre précieux temps de consommateur à répondre à vos correspondants, les plus exigeants fussent-ils quant à la teneur conceptuelle ou la qualité des propos échangés : Hétéronomix™ se charge de tout ! Syntaxe et orthographe garanties parfaites et évolutives au fil des décrets.
Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.

dimanche 11 novembre 2018

Une idée fantastique


L'origine du monde, version années 1980

En matière de con, il continue à vivre dans un état qui ne s’est jamais démenti et n’a subi aucun raffinement sensible depuis qu’il avait quinze ans et ne pouvait se lever de son banc en classe sans cacher sa trique derrière son cahier à spirales.

Chaque fille qu’il voit s’avère (tenez-vous bien) pourvue entre les jambes — d’un con véritable.
Stupéfiant ! Époustouflant !

Il n’arrive pas encore à se débarrasser de l’idée fantastique que, lorsqu’on regarde une fille, on regarde quelqu’un qui possède, c’est absolument garanti — un con ! Elles ont toutes des cons ! Juste là sous leur robe ! Des cons — pour baiser !

Et, Docteur, Votre Honneur, quel que soit votre titre, peu importe semble-t-il ce que se tape en fait ce pauvre minable puisqu’il rêve déjà de la chatte de demain alors qu’il est en train de tringler celle d’aujourd’hui.


Philip Roth, Portnoy et son complexe (Portnoy’s Complaint, 1967), tr. fr. Henri Robillot, Gallimard, 1970, rééd.coll. « folio », 1991, pp. 142-143

Rory respected women in each and every way even the feminazis could wish for. He just could’nt help what the sight of them did to his brain.
He could be introduced to a Nobel-prize-winning female scientist who had eradicated an endemic disease in between senior government ministerial posts and publishing works of acclaimed poetry. He would cower before her intellect, be humbled by her achievements, be shamed by his comparative insignificance. But none of that would prevent him trying to picture what she looked like under her clothes, or cause him to avert his gaze if she turned just the right way to afford a glimpse between those second and third buttons. This didn’t diminish her standing in his eyes, did not detract from his awe, and did not mean he was reducing her to a sexual object. It was just that he could’nt pretend she wasn’t — as well as all those other things — a sexual object as identified somewhere deep and primal inside every straight male.
He knew some guys were better at filtering it out, numbing it or censoring it, but suspected also than he was more sensitive to this primal instinct than most. It was as though he was a kind of sexual empath, born with some carnal higher awareness, a more acute and sensitive means of tuning into the signals. If it was a crime, it was its own punishment, because there was no rest from it throughout the waking day.

Christopher Brookmyre, Be my Ennemy or, Fuck this for a Game of Soldiers, Little, Brown, 2004, rééd. Abacus, 2005, pp. 144-145 

jeudi 1 novembre 2018

Suzerainisme, affermage, vassalité… : des concepts pour comprendre notre époque



France Culture diffuse en ce moment à potron-minet les cours donnés au Collège de France par le juriste Alain Supiot au printemps 2014, ébouriffants d'intelligence et d'humour, sur le thème des figures de l'allégeance.
Témoin celui que j'ai entendu ce matin, intitulé La résurgence du gouvernement par les hommes :



(Anarchistes susceptibles, gare à vos oreilles sensibles ! Ça milite sec en sous-main contre la déliquescence d'un solide État-providence…)

lundi 15 octobre 2018

Plus jouissif que Guy l'Éclair,
plus moderne que Peter Pan :
Guy Peterman !




Lecteur attentif de cet intéressant ouvrage paru en mars dernier chez L'insomniaque, un certain Francis a signalé naguère ici-même qu'on pouvait y lire p. 323 cet extrait d'une lettre jusque là inédite que Daniel Joubert avait adressée à Pascal Dumontier le 19 novembre 1990 après la lecture de son étude fraîchement publiée, Les Situationnistes et Mai 68, théorie et pratique de la révolution (1966-1972) (Éditions Gérard Lebovici, 1990) :

« Du point de vue musical, je vous pardonne volontiers d'avoir ignoré les détournements de Guy Petermann [sic] et ceux du groupe Abattoir à domicile, puisqu'ils n'ont été publiés que sous forme de cassettes à diffusion très restreinte. »

Et Francis de demander alors si quelqu'un pourrait mettre à disposition ces rares détournements…


Ce nom de Guy Peterman ne me disait rien mais il se trouve que j'ai eu le plaisir de côtoyer le regretté Daniel Joubert et qu'il m'arrive encore de croiser certains des membres d'Abattoir à domicile.
Et puis voilà qu'un autre commentateur, Henry, signale ici le mois dernier que le tube des Gommard, Y'a du baston dans la taule ! (qu'on peut entendre entre autres sur l'album La belle, qui accompagnait une précédente publication de L'insomniaque, Au pied du mur), doit ses paroles à ce même Guy Peterman :



Je me renseigne un peu, j'apprends que ledit détourneur s'est définitivement fait la belle dans la force de l'âge en 1989, ayant poussé l'humour noir jusqu'à son seuil ultime en se foutant en l'air devant l'institut médico-légal de Paris — genre livraison à domicile, comme le fait justement remarquer l'amie Lola — mais qu'il reste en effet, sans doute, des enregistrements qui traîneraient dans des cartons poussiéreux, par exemple chez l'ingénieur du son de l'époque ou chez Pierrot, le guitariste des Gommard. Mais exhumer ces fragiles traces va demander du temps, surtout après tant de transbahutements, de déménagements en déménagements durant quatre décennies…
Cependant, alors que j'en suis encore à attendre des nouvelles d'enregistrements enfouis, Henry ne s'arrête pas là : il récupère auprès d'un des musiciens de l'époque un ensemble de quatre morceaux détournés par Guy Peterman et me l'adresse obligeamment en précisant :


« D’après l’un des musiciens de ces enregistrements faits au studio Saravah en 1974, on trouve Francis Lemonnier au sax, Michel Muzac à la guitare, Olivier Zdrzalik à la guitare basse. Ces trois musiciens ont fait partie du groupe de rock progressif Komintern (Le Bal du rat mort, 1971).
Le chanteur et le batteur sont inconnus. Guy Peterman donne la réplique dans le premier titre. »


Henry — qui ne manque pas de relever que Francis Lemonnier avait composé en 1973 certains des morceaux de Pour en finir avec le travail — a identifié les versions originales des trois premiers titres :

Syndicats Blues est détourné de Summertime Blues (Eddie Cochran, 1958)

Émeutes sur Watts, Motor City, Harlem, de I Can’t Control Myself (The Troggs, 1966)

Les flics arrivent, de Surfin’ Hootenanny (Al Casey & the K-C-Ettes, 1963, chanté en français par Johnny Halliday en 1969 sous le titre Les guitares jouent).

Et Jules (de Dans l'herbe tendre) a fini par trouver celle du dernier morceau, Quand je crache : His latest flame (Elvis Presley, 1961).

En attendant de prochaines exhumations…

mardi 2 octobre 2018

N'hésitons pas à nous mettre en Fred !


Du samedi 22 au dimanche 23 septembre, France Culture proposait une « Nuit rêvée » à Emmanuel Guibert.
Fondu entre autres de Fred Deux, l'artiste a choisi de faire rediffuser avant tout le « Surpris par la nuit » du 9 février 2001 que j'avais déjà donné à entendre ici en 2010 et derechef en 2014, mais les liens n'étant plus actifs, c'est l'occasion d'en reprendre une tranche !
On écoutera avec intérêt le premier entretien d'Emmanuel avec Mathilde Wagman, durant lequel il raconte sa découverte de Fred Deux et sa fascination hypnotique pour son œuvre sonore.

Je rappelle que l'intégralité des enregistrements personnels de Fred est disponible sur le site Les bandes magiques.



Ci-dessous, quelques clichés de l'intérieur de l'immeuble de Boulogne-Billancourt où Fred Deux a grandi de 1924 à 1941, et qu'il revient visiter en intrus en 1953 — selon ce qu'il raconte dans cette émission.
Ces photos datent de l'an dernier mais rien n'avait changé depuis, si ce n'est qu'il n'y a plus de porte à gauche au fond du vestibule pour descendre au sous-sol.
La cave a été aménagée en studio mais la locataire était en vacances ce 30 mars 2017 — ce pourquoi les volets sont fermés.


Au fond du vestibule, l'escalier descendant vers les caves et la porte donnant sur la cour.



Vue depuis le haut de l'escalier menant au couloir desservant les caves.
Ces marches, Fred les a arpentées des milliers de fois.



Vue depuis la cour.
À gauche, la porte qui se trouve au fond du vestibule, face à la porte sur rue.
À droite, les deux fenêtres qui donnent sur la cave, anciens soupiraux agrandis par le père.

samedi 15 septembre 2018

— Toc, cot !
— Qui est là ?
— Cot.
— Cot qui ?
— ♬ ♪ Cot qu'il y a, j'ai cru c't assez… ♬


Patience est sapience.

D'aucuns la croyaient abandonnée sur la plage d'un vinyle poussiéreux, mais voici qu'après vingt ans de silence public, la chanteuse du groupe mon chéri nous offre le bonheur d'un mini-album tout mitonné de ses doigts de fée :

dimanche 9 septembre 2018

Ballade en sol


Après Berlin 38, Les Free Martin, Les poissons solubles et Pincemi et Pincemoi, Henri et Guetch se retrouvent à nouveau dans une formidable formation : Hector Linitian, dont voici le premier titre — qui nous rappelle évidemment cette bonne blague qu'est le Concerto en sol mineur.

Quand on devient ver, forcément qu'on se balade dans le sol…
Et quel ténia ne chantonnerait-il pas le deuxième tube (digeste) de Manset, Il voyage en solitaire ?
Bon d'accord, au fond, Onan saurien, on s'en branle que cette semence tombe à terre tant que ça ne rend pas sourd …

Ce qu'on sait de source sûre, c'est que le premier vinyle de Berlin 38 vient de sortir tout chaud des presses et que c'est déjà un collector, même s'il ne sera en vente que le mois prochain  !





Mais est-ce à cause de Jean Seberg que Marc Seberg ?

« Bamberguement de bamberg dans le berg ! », s'écriait Léon dans le Cosmos de Gombrowicz.

lundi 16 juillet 2018

LGBT ? FLNC ? LAPD ?
LBLC !
Laissez bronzer les cadavres



Nous sommes le 16 juillet, qui ne tombe pas cette année un vendredi comme en 1971 mais peu importe : c'est l'occasion de saluer la splendide adaptation par Hélène Cattet et Bruno Forzani du premier roman de J.-P. Manchette-Bastid, sortie l'an dernier dans une indifférence hélas tout aussi splendide que celle de leurs premiers créateurs envers l'art et le spectacle, entre autres.