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samedi 8 février 2025

Pas de bobos dans le quartier, pas de quartier pour les bobos !

Affiche dans un couloir du métro Pyrénées (Paris XXe), janvier 2025
* HPV : Huissiers, Patrons, Vampires

France Culture a diffusé à la mi-décembre une instructive série d'émissions relatives à la boboïsation des quartiers.
Comme on s'en apercevra à l'écoute, ça ne sévit pas que dans les grandes villes…







dimanche 19 mai 2024

La satiété du spectacle


En ces temps de retour de bâton des ligues de vertu parmi les plus chatouilleuses de l'histoire de l'humanité, il est bon de se remémorer le chef d'œuvre inénarrable de ce vénérable studio hollywoodien qu'est la Warner Bros. : La classe américaine (1993), de Michel Hazanavicius :

vendredi 4 août 2023

Les regrets des vieux schnocks, les récrés des cinoques

« Non, Guy, par pitié, ne me frappe pas ! »
Comme récemment j'avais rien à foutre durant vingt minutes, pris soudain d'une aberrante bouffée de nostalgie pro-situ j'ai revu le film de Debord de 1959, Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps.
Hé ben franchement, ça n'a guère pris de rides.

dimanche 3 mai 2020

Chansons chez soi sans champ au choix


Une tradition oubliée renaît à foison à la faveur du confinement : l'art ancien du chansonnier, qui consiste à remplacer les paroles d'une chanson à succès par une charge satirique sur la politique du moment.

Cet art multiséculaire avait connu ses derniers beaux jours sur France Inter de mars 1968 à juillet 1990 dans l'émission de Pierre Codou et Jean Garretto du ouiquènde L'oreille en coin, à laquelle Thomas Baumgartner a consacré un livre et un blogue.





Or voici que moins de deux semaines après sa mise en ligne, le détournement du Vesoul de Brel par un groupe qui maintient avec brio cet art du chansonnier, Les Goguettes (en trio mais à quatre), atteint plusieurs millions de vues sur la Toile :



Dès le 9 avril, ils nous avaient concocté une judicieuse version re-asteurisée du tube de Cabrel de 1979 :



Plus fort encore, voici le duo Djahîz GIL, qui met en ligne et en scène un détournement par jour depuis le début du confinement le 17 mars, avec le désormais célèbre couple de chaussettes Gus et Rappetout :



Je réserve pour la fin mon préféré à ce jour : le détournement de Capdevielle par l'ami John Warsen, Quand t'es dans ton logement :



lundi 23 mars 2020

samedi 20 avril 2019

Notre-Dame débande




Patrice, de la Goguette des Vénères, vendredi 19 avril 2019 au festival Michto La Noue à Montreuil

lundi 17 décembre 2018

« Nous voulons des lieux pour habiter le monde »


C'est l'un des slogans de La Parole Errante, et c'était le thème du montage de détournements qui y a été présenté samedi 8 décembre.
On a doublé en direct, cinq non-comédiens autour d'un seul micro et trois musiciens-bruiteurs, le résultat est assez foireux mais l'expérience valait le jus.

Dominique a présenté la chose ainsi (c'est quasi inaudible) :



… et voilà le (euh… ahem !) résultat :

lundi 15 octobre 2018

Plus jouissif que Guy l'Éclair,
plus moderne que Peter Pan :
Guy Peterman !




Lecteur attentif de cet intéressant ouvrage paru en mars dernier chez L'insomniaque, un certain Francis a signalé naguère ici-même qu'on pouvait y lire p. 323 cet extrait d'une lettre jusque là inédite que Daniel Joubert avait adressée à Pascal Dumontier le 19 novembre 1990 après la lecture de son étude fraîchement publiée, Les Situationnistes et Mai 68, théorie et pratique de la révolution (1966-1972) (Éditions Gérard Lebovici, 1990) :

« Du point de vue musical, je vous pardonne volontiers d'avoir ignoré les détournements de Guy Petermann [sic] et ceux du groupe Abattoir à domicile, puisqu'ils n'ont été publiés que sous forme de cassettes à diffusion très restreinte. »

Et Francis de demander alors si quelqu'un pourrait mettre à disposition ces rares détournements…


Ce nom de Guy Peterman ne me disait rien mais il se trouve que j'ai eu le plaisir de côtoyer le regretté Daniel Joubert et qu'il m'arrive encore de croiser certains des membres d'Abattoir à domicile.
Et puis voilà qu'un autre commentateur, Henry, signale ici le mois dernier que le tube des Gommard, Y'a du baston dans la taule ! (qu'on peut entendre entre autres sur l'album La belle, qui accompagnait une précédente publication de L'insomniaque, Au pied du mur), doit ses paroles à ce même Guy Peterman :



Je me renseigne un peu, j'apprends que ledit détourneur s'est définitivement fait la belle dans la force de l'âge en 1989, ayant poussé l'humour noir jusqu'à son seuil ultime en se foutant en l'air devant l'institut médico-légal de Paris — genre livraison à domicile, comme le fait justement remarquer l'amie Lola — mais qu'il reste en effet, sans doute, des enregistrements qui traîneraient dans des cartons poussiéreux, par exemple chez l'ingénieur du son de l'époque ou chez Pierrot, le guitariste des Gommard. Mais exhumer ces fragiles traces va demander du temps, surtout après tant de transbahutements, de déménagements en déménagements durant quatre décennies…
Cependant, alors que j'en suis encore à attendre des nouvelles d'enregistrements enfouis, Henry ne s'arrête pas là : il récupère auprès d'un des musiciens de l'époque un ensemble de quatre morceaux détournés par Guy Peterman et me l'adresse obligeamment en précisant :


« D’après l’un des musiciens de ces enregistrements faits au studio Saravah en 1974, on trouve Francis Lemonnier au sax, Michel Muzac à la guitare, Olivier Zdrzalik à la guitare basse. Ces trois musiciens ont fait partie du groupe de rock progressif Komintern (Le Bal du rat mort, 1971).
Le chanteur et le batteur sont inconnus. Guy Peterman donne la réplique dans le premier titre. »


Henry — qui ne manque pas de relever que Francis Lemonnier avait composé en 1973 certains des morceaux de Pour en finir avec le travail — a identifié les versions originales des trois premiers titres :

Syndicats Blues est détourné de Summertime Blues (Eddie Cochran, 1958)

Émeutes sur Watts, Motor City, Harlem, de I Can’t Control Myself (The Troggs, 1966)

Les flics arrivent, de Surfin’ Hootenanny (Al Casey & the K-C-Ettes, 1963, chanté en français par Johnny Halliday en 1969 sous le titre Les guitares jouent).

Et Jules (de Dans l'herbe tendre) a fini par trouver celle du dernier morceau, Quand je crache : His latest flame (Elvis Presley, 1961).

En attendant de prochaines exhumations…

mardi 27 mars 2018

Le chemin de l'excès conduit au palais…


Dans ce qui est actuellement appelé « le procès Tarnac », la journée d'hier — lundi 26 mars 2018 — fut essentiellement consacrée à l'étude des scellés issus des perquisitions effectuées le mardi 11 novembre 2008 lors de la fameuse (mais guère fructueuse) « Opération Taïga ».

Ce jour-là la « bibliothèque partisane » de Tarnac fut délestée de nombre de livres n'ayant de rapport avec l'émeute, le chaos ou la subversion que par leur titre — tel Le principe d'anarchie. Heidegger et la question de l'agir, de Reiner Schürmann, ouvrage assez introuvable à l'époque et que les enquêteurs ont à la réflexion sans doute préféré revendre sur Amazon plutôt que de le verser dans la procédure.

Et ce même jour, à 500 km plus au nord, d'autres policiers sagaces tout aussi avisés de l'objet de leurs investigations ont saisi dans une maison de Rouen un DVD gravé intitulé Le grand détournement, qui ne traite en rien de sabotage* ni de ralentissement des flux ou de déviations inopinées mais qui quant à lui reste conservé dans les scellés (et demeure un judicieux film de montage).

Puisque la notion même de « détournement » semble à ce point suspecte aux yeux de la SDAT, de la police, de la justice, comment ne pas s'étonner de cet étendard publicitaire apposé aujourd'hui même sur la façade du palais de justice de Paris ?



* À propos de sabotage, on a appris ce matin que le spécialiste en caténaires de la SNCF, venu témoigner ce matin, demeurait à Clichy-sous-bois allée des Sabotiers.

dimanche 6 août 2017

Détournements facétieux


Plutôt que de coller de nouvelles paroles sur un air connu, on prend deux tubes et on chante les paroles de l'un sur la musique de l'autre.

Un exercice auquel se livrent avec virtuosité ses inventeurs,  les Frères Jacquard :


Still livin' the Sud (Nino Ferrer/Scorpions)


Moustaky ((Noir Désir/G. Moustaki)

mercredi 5 juillet 2017

Hors de toute politicaillerie, comment se prendre une petite culotte pour l'été ?


C'est simple, il suffit de déguster (glups !) ce film de René Viénet, distribué en France en 1974 après le bien meilleur La dialectique peut-elle casser des briques ? (1973) sous le titre alternatif Les filles de Ka Ma Ré, avant que L'aubergine est farcie ne soit totalement interdit dans notre doux pays de liberté, d'égalité et de fraternité* (je recommande chaudement cet article du grand Delfeil) :





Du coup, ça nous a inspiré une fable-express en deux parties (donc impartie avec scissions), qu'on nommera :

Fable-express pour l'été
(comme une petite culotte)


Quelques situationnistes nageaient, blafards,
Dans ce fleuve indien qui passe à Calcutta.
Nus, se mirant mutuellement le pétard,
Ils reprirent couleur en gueulant : « Quel cul t'as ! »

Moralité :

Situs hâves en ce Gange : heureux culs…


*****


Les situs susnommés, tout à leurs ablutions,
Se prirent pour des super-héros de fiction :
Pour survivre dans cet univers, faut choisir !
Et Bruce Banner n'est pas forcément le pire.

Moralité :

… Comme un viatique, je tente Hulk ?

* : Incidemment, l'époustouflant anagrammatiste Jacques Perry-Salkow reconstruit ainsi la devise
« LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ »
après le pour le moins violent échec de la candidature de DSK à la présidentielle de 2012 :
« ÉBRIÉTÉ, FLIRT ET GALANTERIE ».

dimanche 6 mars 2016

Antre, au pis…
(Li braire, hi ! comme un âne…)



En guise de prologue
(sur l'air de « Dix ans plus tôt » de Sardou) :
Dans la jungl' de Calais
Y'a pas Henri Calet
Le piéton de Paris
Là-bas, l'aurait pas ri
Parfois il se promène
Mais les Prolégomènes
C'est l'affaire de Kant
C'est affreux comm' chez Dante
L'Enfer compte neuf cercles
D' quoi s' fair' péter l'couvercle
C' fut écrit vers Capri
Arrêtons, je t'en prie !
C'est parti pour la chanson
(sur l'air de « Capri, c'est fini »)  :
Nous n'irons plus jamais
Chez ce petit libraire
Nous n'irons plus jamais
Le bail l'a trucidé
Nous n'irons plus jamais
Huysmans – non, les huissières ! —
Nous n'irons plus jamais
Cett' fois, l'est décédé…
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant
Nous n’irons plus jamais
Sur le boul’vard Voltaire
Nous n’irons plus jamais
Le sort en en jeté [rrr...]
Nous n’irons plus jamais
Mêm' nous, les prolétaires
Nous n' lirons plus jamais
D'Nietszch' les fragments faussaires (et les fesses !)
Ils ne liront plus jamais
Même les forts en thème
Mêm' des succès damnés
Ça pue les chrysanthèmes
Ils ne liront plus jamais
En nos vertes années
Ils ne liront plus jamais
Dominique Jamet
Ils ne liront plus jamais
Dominique Jamet
L'était à la B. N. F.
S'était fait du bénéf'
Ils ne liront plus jamais
J'en ai un peu de peine, tiens !
D'Eugène Fromentin,
Dominique ? Jamais
Entropie, c'est fini
Et dir' qu' cett' librairie en a vu des balourds
Y'avait Mickey, y'avait Minnie
Maint'nant c'est dev'nu Pearl Harbour
Kokott Dunouga y croisait Gaston Lagaffe
Mortimer et Olrik s'y sont bien pris le blair
Tintin et Milou y ont sauté au paf
Mais on en a fini avec la ligne claire
Ils ne liront plus jamais
Tom Sawyer de Mark Twain
Conte's de fées d'Bettelheim
Gombrowicz, lus ? Jamais
La fille de nulle part
Qui qu'en a quoi à carr-
Er car ces troufions
D'Amazon ont dit « Non »
Comm' disait Wittgenstein
Au pote Alain Veinstein
Dans l’fameux Tractatus
— Sur quoi faut fair’ motus — :      
« Ce qu'on ne peut plus faire
Sur le boul'vard, faut l' taire »
Mais y' a plus de libraire
L'est fini, l'phalanstère
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
L'utopie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus beaucoup alentour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
On n’y savourera plus l'entregent
Plus d’ trésors, de trucs rares, de trouvailles d’un jour
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus comme avant
Parfois, je voudrais bien
Ma petite Lison
Te dire « Tiens, lisons
Ce livr' d'Aimé Césaire »
Mais cet ouvrag' je l'perds
Comme les anciens liens
Faut se faire un' raison
Même les âm's mortes errent
Au cent-quatre-vingt-dix-huit
Sur ce boul'vard Voltaire
Orwell va prendr' un' cuite
+ quatr’ : V’là Big Brother !…
Winston a lâché l'affaire
Pour lui, ce s’ra l’hiver
Pour nous, y’aura pas d’suite :
Terminé, l’inventaire
La philantropie, c'est fini
Et dir' qu’ c’tte librairie vendait Oh les beaux jours !,
Et Léo-nor Fini
Et, faut l'avouer, d'Henri Troyat Faux Jour
Fini d'y ouïr d' drôl's de discours ou d'calembours
Et on n’y verra plus de livr's ni de gens
Plus d’ trésors, de trucs rares, de Prince de Hombourg
Plus d’apéros joyeux, de p’tits coups d’détergent
Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dézinguer
C' tte espèce de princ' ringard
Malgré ses Jean Piaget
Terminé, fermeture
C'est fini, l'aventure
Et même les bitures
Plus rien à partager
L’anthropologie, oh ! c'est fini
Et dire que cett’ conn’rie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'en trouv'ra plus du tout alentour
Fini d'y ouïr de beaux discours ou d'calembours
Ça arrach’ l' cœur, comm' dirait Boris Vian
Plus d’ photos de Proust en slip sur la plag’ de Cabourg
Plus d’apéros joyeux, ça s’ra plus qu’ l’eau d’Evian
Nous n’irons plus jamais
Il s'est fait dégommer
Ce curieux Ech'nozien
Il n’en restera rien
Fin d’ l'équipée ! malaise…
Pourtant c’était balèze !
Mais ça intéress’ qui,
Aujourd’hui, Cherokee ?
Entropie, c'est fini
Et dir' que c’tte librairie a connu d' si beaux jours !
La bouquin'rie, c'est fini,
On n'entrera plus qu'au pire alentour
Entropie, oh ! c'est fini
Et dir' que des amis y trouvaient des amours
Entropie, oh ! c'est fini
Ce n'est plus trop la pein' qu'on y accoure…