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France Culture rediffusait dans la nuit d'hier un reportage du 26 mars 2002 sur un sujet aussi peu radiophonique que la peinture : les mots croisés.
Votre serviteur s'est amusé naguère à jouer lui aussi les verbicrucistes sur un blogue ami, notamment en s'ingéniant à améliorer avec sa complice Nana Marton les définitions quelque peu déficientes de Georges Perec :
Si je ne m'abuse, on entrevoit une amusante allusion à ce célébrissime tableau de Manet dans le récent film de Greta Gerwig, Les filles du docteur March, qui tournicote la cervelle à force d'aller-retours entre les temps de narration au point que la réalisatrice semble s'être elle-même emmêlé les pinceaux (impressionnistes, il va de soie).
Cette scène, par exemple : comment Meg peut-elle descendre au jardin affirmer à son mari, John, qu'en fin de compte elle se contrefiche du coûteux tissu dont elle envisageait de tirer une robe (cf. le tout début du film), tandis que sa sœur Beth se meurt de la scarlatine à une époque où Meg n'a même pas encore rencontré John (qui conservera amoureusement le gant qu'elle oublia lors de sa première visite chez Laurie) ???
Hé bien voilà, c'est ici que les Athéniens s'atteignirent, avec cette fois l'amère — dirimante, même — déception que nul n'ait cette réussi à démasquer formellement l'instigateur (à son insu, prétend-il) du deuxième Mystère de l'Abeille — précisément celui-là même qui avait si brillamment résolu le premier…
J'ai rappelé voici un an et demi les différents éléments de cette jouissive histoire ici.
Depuis, plus rien, pas le moindre Envoi Mystérieux, nulle croustillante hypothèse inédite, et voici soudain que SPiRitus — pris d'un délire semblable à celui qui agita pour leur plus grand malheur les victimes des procès staliniens lors de la purge mahousse des années trente — nous dévoile tout à trac les coulisses (les arcanes, devrais-je dire…) de cette seconde saison : ici, là et puis là (mais ce n'est pas fini, loin s'en faut j'espère).
(Note du 27 mars) : Tiens, d'ailleurs ça continue ici et là !
Quel dommage, tout de même, de flinguer ainsi en plein vol un joyeux jeu qui aurait pu nous accaparer encore durant toutes nos vieilles années !
Deux années durant, de l'automne 2009 à l'été 2011, un jeu tout à fait inédit, à mon sens passionnant, inconcevable avant l'avènement du Net, a titillé par intermittences la réflexion d'une grosse demi-douzaine de commentateurs du blogue du Tenancier, Feuilles d'automne.
Il se trouve que j'ai moi-même été vite happé par cette amusante intrigue, assez rapidement dénommée Le Mystère de l'Abeille, qui se nourrissait de colis réels et de commentaires dans l'univers virtuel dudit blogue. Une douzaine d'envois postaux, savamment confectionnés par un Mystérieux Expéditeur (qui au final s'est avéré être une Mystérieuse Expéditrice, démasquée par le plus que sagace SPiRitus), et des centaines de commentaires au fil des comptes rendus de chaque envoi, échafaudant un ahurissant ensemble d'hypothèses plus ou moins délirantes (et d'hilarantes échappées…) pour tenter de percer l'identité de la personne responsable de ces délicates mais mystérieuses attentions. J'en ai même été l'un des derniers destinataires, lors du bouquet final de l'été dernier.
Tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route de campagne… Ah non, zut, pardon! ! Cela a commencé par une auberge abandonnée, et par un homme resté trop longtemps sans sommeil pour continuer son voyage et, euh, hem… Tonnerre de bon sang de fouchtra, qu'est-ce qui m'arrive ? Serais-je envahi à ce point ?
Bon, reprenons.
Tout a commencé sur Feuilles d'automne par un innocent aveu : l'ami Otto a déclaré un jour ingénument qu'il n'avait jamais rien lu de Jacques Abeille, écrivain délicieux s'il en est (et dont Article XI, ici-même bloguerollé, publie d'ailleurs d'intéressants propos dans son dernier numéro, actuellement en kiosques : un très bel entretien avec l'ami Lémi). Quelque temps plus tard, il recevait par voie postale un émoustillant opuscule de cet auteur, sans savoir à qui il devait ce bienfait. Il s'en est ouvertement interrogé sur le blogue du Tenancier, par le biais d'un billet, ignorant qu'il déclenchait ainsi un sacré branle…
Cette aventure para-surréaliste s'est close voici un an avec l'aveu obligé de sa ludo-machiavélique instigatrice, qui s'est d'ailleurs mise depuis à en dévoiler les arcanes (dans les billets intitulés La Pieuvre par neuf) mais voici que l'affaire connaît un étonnant rebondissement, une sorte de deuxième saison : depuis quelques semaines, plusieurs commentateurs de Feuilles d'automne — dont moi-même — reçoivent à nouveau de mystérieux envois explicitement apparentés au Mystère de l'Abeille…
Les éléments de ce satané feuilleton en cours sont ici, dans l'ordre chronologique :
La caque sent le hareng — et pourtant pas la lotte, même rebeu. Voici quelques mois, j'avais ressassé une ancienne manie brusquement remontée à la surface (anamnèse, disait-on jadis), ici. Via de labyrinthiques méandres, on s'est retrouvé à réchauffer les plats ici, puis là et là, et c'est pas fini, ça part dans les palindromes à présent… Ça sent l'éternité, qui n'est qu'une infamie.