— … Et puis, nous sommes à l'époque du papier. On fait tout, à présent, avec du papier.
— On fait même de bien mauvais livres, dit le Monsieur triste en hochant la tête.
— Il n'y a point de mauvais livres, répond le Monsieur jovial. Il y a des livres ; et il n'y en a pas assez. Je vous disais qu'il faudrait assurer des délassements aux classes inférieures. Eh ! bien, il n'y a qu'un délassement qu'on puisse raisonnablement leur permettre. C'est la lecture. La République a créé l'instruction obligatoire. Croyez-vous que ce soit sans intention ?
— Je serais porté à croire, hasarde le Monsieur triste, que l'instruction obligatoire a uniquement servi à former une race de malfaiteurs extrêmement dangereux.
Georges Darien, Le voleur [1897], rééd. coll. "10/18" n°586, 1971, p. 204
