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jeudi 10 mars 2016

Retour en arrière (y'a 29 ans, déjà, ces fichues AG nous faisaient enrager…)



Faire des États Généraux… une réalité !

L'enregistrement, effectué à notre insu par ces gauchistes de Radio-Sorbonne, de trois AG qui se sont tenues au début du printemps 1987 dans l'amphi Richelieu les 9 février, 20 mars et 9 avril.
Les deux premières préparaient les États Généraux de l'Enseignement Supérieur qui allaient se tenir à Paris VIII (Saint-Denis) les 27, 28 et 29 mars — conséquemment au mouvement anti-Devaquet de l'hiver 1986-1987 —, la troisième en donne un compte rendu assez amer, vu que les apparatchicks aux dents longues du PS (genre Cambadélis, déjà !) avaient réussi à faire imploser tout le bousin sur quoi on s'était localement échiné depuis trois mois :

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Merci à Stéphane, de la liste ANPR, pour la numérisation de ces vieilles cassettes !

lundi 2 novembre 2015

Manipulateurs, du balai !
(Man, y pue la peur…)



C'est cette crevure de Louis Pauwels qui dans un édito du Figaro Magazine avait écrit que les millions de jeunes mobilisés étaient  manipulés par les groupuscules trotskystes et souffraient de « sida mental ».

On s'était pas mal masturbé la cervelle pour trouver un slogan adéquat et on a pondu ça
(j'ignore qui a pris la photo et comment on a fini par la récupérer…)

jeudi 1 novembre 2012

Les quatre saisons (version courte)


En attendant la totalité de l'album initial (qui comporte le double de titres), voici la version courte des Quatre saisons, fruit du labeur des compères Pincemi et Pincemoi, écrit et composé au milieu des années quatre-vingt-dix.
On y croise pêle-mêle Gombrowicz, Huysmans, Nietszche, Enid Blyton, le Facteur Cheval, Jean Ferrat, un pape, un naimedropinnegue en —ski — ainsi que dans la version longue Nerval, les Beatles et les Stranglers, entre autres…



(Cliquer puis zoomer sur les images ci-dessous pour lire les paroles)

samedi 25 avril 2009

Matérialisme dialectique


M'est revenue récemment à l'esprit la chanson-générique de ce feuilleton-là, une improbable coproduction télévisuelle franco-roumaine de 1972 — après l'ORTF, mais la guerre froide durait encore, doucement.
J'avais sept ans — je laisserai toujours dire que c'est le plus bel âge de la vie (bien qu'il y en ait d'autres, aussi, très heureusement), celui des premiers baisers, de la découverte de l'émoi —, je descendais regarder ces Haïdouks (au nom qui n'était que sonore à mon esprit si puéril) dans la loge des concierges portugais (deux ans avant la « révolution des œillets
» aujourd'hui célébrable) de l'immeuble où nous habitions, moi et mes parents qui « n'avaient pas la télé ».
Les causes, naturellement, produisent des conséquences — sans quoi on ne pourrait leur accorder cette dénomination.
Mais c'est parfois contre certaine surdétermination jadis soulignée par Althusser.

À quoi ça tient ?

mardi 17 mars 2009

Bataille (livres en ordre de)

Voici un peu plus de quinze ans, on me payait à faire circuler des rêves, à égale distance du jardin du Luxembourg et de l’ENS-Ulm, des vêpres jusqu’à minuit passé. Malgré l’heure tardive de cette quotidienne débauche, une amie fraîchement débarquée à Paris téléphona un jour pour me proposer de la rejoindre après la fermeture en Seine-et-Marne, dans une demeure gardée par une sienne amie en l’absence de la maîtresse des lieux et où se tramait une sorte de fête, un dîner, de quelconques agapes, je ne sais. Ayant accepté, et muni des indications fournies, je me mis à étudier sur une carte routière le trajet, le moyen d’atteindre cette ville inconnue. La circulation était alors plus fluide qu’aujourd’hui, et d’autant plus à cette heure tardive : je traversai une moitié de Paris et m’enfonçai dans la banlieue orientale, pour n’arriver cependant à destination qu’après une heure de voiture. Parvenu à l’adresse indiquée, je pensais trouver une maison illuminée, percevoir un flot musical sitôt le moteur arrêté, la portière ouverte ; mais non, rien de tel : la bâtisse était plongée dans la pénombre et le silence. Peut-être m’étais-je trompé de ville, d’adresse, ou alors on m’avait fourni de mauvaises indications ? La porte de la grille était ouverte, pas d’aboiement hostile : je suivis une allée qui menait à l’arrière de la maison, vers une véranda faiblement éclairée par des lueurs dansantes issues de la salle à manger donnant dessus, sur la table de laquelle étaient posées des bougies ainsi que les mains jointes d’une dizaine de convives extrêmement silencieux et concentrés, parmi lesquels mon hôtesse transitive et un jeune cinéaste alors en vogue. Bien que mon amie m’intimât d’un geste le silence dès qu’elle m’aperçut, mon arrivée fut pour l’assemblée une irruption qui tombait à point nommé dans la séance de spiritisme à laquelle ils étaient en train de s’adonner, « pour rire, bien sûr » me précisa-t-on, bien que la tension palpable de l’atmosphère ne s’apparentât guère à celle des ressorts de la comédie. Les présentations faites, les apprentis spirites se plongèrent derechef dans leur guet, qui n’allait pas tarder à se voir récompensé par la chute d’un vase, sans doute bousculé par le furtif chat de la maison. Refroidi par cet étrange accueil, je me mis en devoir de grignoter quelques restes, puis de visiter la demeure.
À peine entamée, cette exploration cessa.
La première porte que j’ouvris donnait sur une pièce qui, l’interrupteur abaissé, s’avéra de proportions imposantes et entièrement tapissée de rayonnages emplis de livres impeccablement alignés, du sol au plafond. J’étais impressionné : une seule fois auparavant, il m’avait été donné de pénétrer dans une véritable bibliothèque privée, riche de milliers et de milliers d’ouvrages. Je refermai la porte, seule surface vide de livres, et entrepris d’inspecter le contenu des étagères, d’abord sans rien toucher, en lisant les mentions des dos. Pas de lézard : des chefs-d’œuvre, des chefs-d’œuvre, des chefs-d’œuvre. Et des merveilles. Des grands papiers. Et des raretés. Littérature, philosophie, beaux-arts… la crème de la mémoire du monde. Ventrebleu, mais chez qui étais-je donc ? Qui était le détenteur de cet amoncellement de trésors ? Je tire un ouvrage au hasard — Breton, Blanchot, je ne sais plus —, je feuillette : sur la page de faux-titre, une dédicace en prime, et pas à n’importe qui. J’en attrape un autre, encore une dédicace.
Le même dédicataire.
Suée.
Coup de sang.
Un troisième : idem.
« APOPLEXIE : arrêt brusque et plus ou moins complet des fonctions cérébrales […] sans que la respiration et la circulation soient suspendues ». Georges Bataille. J’étais dans une bibliothèque assemblée par les soins de Georges Bataille, et sans le moindre doute sa propre bibliothèque à lui, disparu depuis trente ans. Tous doutes dissipés au fil de l’extraction frénétique d’autres trésors. Alors que des hurluberlus, dans la pièce à côté, s’amusaient à invoquer des spectres, celle-ci recelait les traces d’un fantôme autrement plus important pour moi, encore sous le coup de la récente lecture de La part maudite.
Je sortis presque à reculons de cet endroit, en prenant soin d’éteindre la lumière et de refermer doucement la porte, comme dans un rêve. Je ne me souviens guère de la fin de cette soirée, mais après avoir obtenu le renseignement nécessaire sur la propriétaire de cette maison, je pris congé assez rapidement et retournai à Paris dans la nuit noire et chuintante.
Je venais de vivre en extrême concrétion une expression rebattue à foison : « demeurer interdit ».

samedi 7 mars 2009

La jeunesse n'attend pas le nombre des années


Ils ne passent pas toutes leurs journées à se décérébrer, sur le plateau de Millevaches.

vendredi 27 février 2009

Der Mensch ist, was er ißt

Charlie Schlingo n'a pas fait que dessiner, dans sa courte vie : il a aussi joué des baguettes, nom d'un cheval !
Enfer et canasson !


L'Association réédite en mars les albums Gaspation ! et Josette de rechange, en version augmentée.

samedi 21 février 2009

Palindrome



Ce qui se lit aussi bien à l'endroit qu'à l'envers peut être réellement renversé.

vendredi 20 février 2009

Écho de Narcisse

Heureux qui, communiste, a fait de beaux ravages
Et toujours explora la forest des passions
Plutost que retourner, plein de lâche affliction,
Vivre avec les esclaves le reste de son aage !

Quand revoiray-je, helas, dans mon petit village,
Flamber supermarchez ? Et en quelle saison
Revoiray-je éclore grèves et déraisons,
Qui démarrent la vie, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour que bastyront nos jeux
Que des palais marchands le front fallacieux.
Plus que démocrassye me plaist ce qui la mine,

Plus le jouir des mutins que l’argent des pantins,
Plus le qualitatif que compter les matins,
Et plus que les mesquins tout ce qui les chagrine.

jeudi 19 février 2009

« Homo cogitat »

« L'homme pense. » (Spinoza, Éthique, II, axiome 2).
C'est la pierre d'achoppement de tout matérialisme, historique ou dialectique :
il y a de la pensée, les idées ne sont pas matérielles, la pensée est d'une autre nature que les influx nerveux qui circulent dans le cerveau.
Comment alors échapper au dualisme, aux difficultés des rapports entre corps et esprit, à l'éventuelle suprématie de l'un sur l'autre, à la spirale qui aspire vers le trou noir de la superstition et la religion, comment affirmer le matérialisme contre l'idéalisme ?
Je ne vois que Spinoza, pour avoir édifié un système métaphysique qui soit un matérialisme parfaitement conséquent.
Mais pour cela,
il faut payer le prix fort (et il ne s'agit pas de l'austérité de son œuvre, ni de la présentation au prime abord déroutante de l'Éthique). Le prix fort, c'est qu'il faut admettre que tout pense. La totalité de l'univers matériel existe aussi sous forme mentale (de toute chose matérielle il peut y avoir une idée), et allons-y carrément tant qu'on y est (mais il n'y a pas d'autre possibilité) : sous une infinité d'autres formes, que Spinoza nomme «attributs». L'univers («la Nature», dans l'Éthique, mais bien plus souvent «Dieu», ce qui est certes rebutant, bien qu'idoine pour le XVIIe siècle) est un auto-déploiement infini de lui-même (un peu à la manière du Big Bang, si l'on veut, mais l'image perturbe l'idée) en une infinité d'attributs dont chacun se déploie lui-même à l'infini. Une seule chose, un seul et même déploiement causal identique à lui-même sous quelque attribut qu'on l'appréhende (et dont l'expansion n'a pas de fin : nulle place pour la téléologie ou les causes finales, chez Baruch).
Il est difficile de penser cela.
Ainsi, n'étant constitué que de matière et de pensée, l'être humain ne peut concevoir, envisager, que ces deux attributs-là : l'étendue et la pensée. Mais chaque être réel (c'est-à-dire, dont il y a une idée vraie) existe aussi sous une infinité d'autres attributs, à jamais inconnus de nous, un peu comme des univers parallèles, en quelque sorte, mais ni mentaux ni matériels. Encore que le terme
parallélisme, souvent employé pour désigner les rapports anhiérarchiques entre attributs, soit finalement mal à propos, puisqu'il y a identité totale entre tous les attributs.
Disons que la matière est la même chose que la pensée, à une légère nuance près. Et s'il y a identité, c'est parce que le réel n'est rien d'autre qu'un enchaînement de causes et de conséquences, à leur tour causales, et que c'est cette même et unique causalité qui s'exprime dans chaque attribut. De tout corps, il est une idée. À toute idée vraie, on peut donner corps, trouver le correspondant matériel de cette idée. Aucun arrière-monde, donc, évidemment. Et puisque l'être humain (par exemple) est une partie de la
nature, il exprime une partie d'icelle — de la causalité qu'elle déploie — lorsqu'il est actif, lorsqu'il agit conformément à sa nature propre (pour aller vite, selon l'idée vraie de son corps), ce qui incidemment le rend joyeux. Mais puisqu'il n'est qu'une partie de la nature, environné par une infinité d'autres, il est impossible qu'il ne soit pas souvent passif, obéissant non plus à sa propre causalité (autonomie) mais à celle des autres (aliénation). Comme lorsqu'on reçoit un pot de fleurs sur le crâne, par exemple. Ou qu'on est contraint d'obéir à des ordres qu'on réprouve : c'est moi qui opère, mais c'est autrui qui agit, qui est actif par mon biais…
Bref, voilà pourquoi il faut
«payer le prix fort», lorsqu'on veut tenir à la fois ces deux axiomes, d'une part, que la pensée existe, et d'autre part que cela n'obère en rien le matérialisme : d'une intuition philosophique somme toute simple, on se retrouve projeté dans un système délirant de science-fiction complètement brindzingue, quoique parfaitement rationnel. Et encore n'ai-je rien dit de l'éternité, de l'espèce de largage supersonique de la cinquième partie de l'Éthique
Mais si quelqu'un a une meilleure idée…
Voilà, c'était le quart d'heure de métaphysique, où je pense (hum). On en reparlera.

D'autres êtres humains ont très bien mis en ligne l'Éthique, transformant avec astuce l'arborescence des propositions auxquelles renvoient les démonstrations en liens hyper-texte, et indiquant à quelles démonstrations ultérieures servira la proposition qu'on est en train de lire. Du beau boulot. Comme si l'hyper-texte avait été inventé tout exprès pour lire l'Éthique.
Ah zut, j'oubliais Marignac ! Non, suis-je bête, il ne vient pas par ici.

vendredi 6 février 2009

La mort n'est rien pour nous


AMOR, AMOR, AMOR…

Quand t'aimes pas… quand tu recules et tu te vois, et tu la vois, là, que tu la désires pas : tu sais qu'elle va venir, et déjà ça te pèse, ce rendez-vous convenu, fade comme les automnes de ton enfance, à t'ennuyer au fond de la classe enneigée de lenteur affligeante — la main dans les cheveux sales ou tachée d'encre — et qui pue la pesanteur de la grisaille, des jours gris comme des gribouillages de crayons rongés au sang, des gribouillis laids comme des poux, des hiboux dans la bouche, genoux cognés sur les caillasses, écorchés au bois du bureau riquiqui, l'odeur tiède, écœurante, du chou mais jamais de bijoux… elle va venir et ça y est tu te dis qu'elle n'est pas si belle, qu'elle est assez moche même, parfois franchement affreuse, presque répugnante. Alors elle entre, trémoussante et tout sourire et oui c'est vrai : elle est sacrément laide ! Tu sues de stupeur et t'affaisses un peu : ça devient trop dimanche, tout ce poids de désir épuisé, évanoui, le creux diluant de l'ancienne vitalité perdue — alors tu l'observes en cherchant un angle qui l'embellisse un minimum, un coin de regard qui lui rendrait brièvement un bout de sa grâce passée, mais en vain.
Tu fais l'amour et d'un coup s'ouvre un gouffre, tu t'extirpes en arrière et te regardes accomplir ces gestes ahanants et grotesques, si loin de la perte de soi, et tu vois son visage se tordre en grimaces d'extase qui l'enlaidissent encore plus… Un jeu mécanique à pleurer, exténuant et nu.
Tu es assis au cinéma à côté d'elle et tu lui prends la main nonchalamment, un petit signe de tendresse. Et sa main frétille dans la tienne, alors tu dois frétiller aussi, montrer que toi aussi tu frétilles pour elle… mais plus le film avance, moins tu arrives à suivre l'intrigue : tu ne penses plus qu'à ta main, que tu voudrais retirer maintenant, soustraire à cette prison gluante, car ton geste si léger tout à l'heure pèse à présent du poids de l'amour qui se replie : pourquoi la lui dérober à cet instant-ci, cette main, « pourquoi fait-il ça ? », va-t-elle penser, est-ce à cause de l'embrassement passionné que se prodiguent sur l'écran des personnages dont tu te soucies comme d'une guigne ? Ne serait-ce pas un signe, cette petite rupture, cette séparation des mains désormais moites de s'être tant frottées ?…
Et puis merde ! brusquement tu arraches ta main à la sienne et tu te grattes le nez.

jeudi 29 janvier 2009

Havanie primesautière


Tamponn Destartinn, Désiré Gogueneau, Kokott Dunouga, Avlapure Bonpoto, Omar-Ben-Tomate, Cornanche Desfumerons, Josette de Rechange, Marcel Schlingdéjnou, Louis et Georges Sarniffledanlanderneau, Théophile Tonlarf, le comte Jean Naimar-Destrain-Nidio, Onulf le marin, le président des pommes de terre, Grodada et tous ses amis ont le plaisir de vous annoncer la parution aux éditions Dargaud de la biographie de leur regretté créateur, Charlie Schlingo, narrée par Jean Teulé et Florence Cestac, qui en assure également la mise en images.
Enfer et damnature, il est temps de se déguiser en cheval !