C'est un des lieux qui m'est cher, une boutique comme il n'y en aura très bientôt plus nulle part, un foutu capharnaüm où ça sent bon le vieux papier, le café chaud et le tabac (hé oui ! les fumeurs y sont bienvenus…), un endroit vivant où l'on peut faire diverses rencontres, souvent fructueuses, discuter à loisir, boire des coups plus que de raison et, parfois, trouver son bonheur — presque toujours inattendu, mais comme disait l'autre avant de se rétracter, « le plaisir s'accroît quand l'effet se recule »…
Un bazar de millions de pages dont la désorganisation apparente reflète à l'évidence l'état mental foutraque du tenancier du lieu…
Bientôt cela deviendra une boutique de fringues branchées ou de trucs téléphoniques, d'ongles américains, que sais-je… en tout cas de néo-machins-choses.
Deux cents ans que le métier de libraire d'ancien n'avait pas trop subi les avanies de ce qu'ils appellent « le progrès », et paf ! en moins d'une décennie tout disparaît.
Ah, pardon ! voilà que je vais passer pour un conservateur, voire un réactionnaire, presque un fassiste…
Hé bien foutre ! je m'en tape et je préfère vivre ivre de livres.
Librairie d'occasion par efilms
Addendum du 27 mars :
Un ami m'a raconté aujourd'hui que dans la vraie vie, toutes choses égales par ailleurs, ça se passe souvent comme ceci à la librairie Entropie :
« You could try me… »
