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samedi 3 juin 2023

De l'économie des communautés




On a pu entendre la semaine dernière sur Radio-Paris une intéressante série sur l'organisation — tant en théorie qu'en pratique — des échanges matériels dans les sociétés qui veulent se déprendre de la marchandise.







À ce propos, je signale le dernier ouvrage de Léon de Mattis, Utopie 2021 :

vendredi 20 février 2009

Écho de Narcisse

Heureux qui, communiste, a fait de beaux ravages
Et toujours explora la forest des passions
Plutost que retourner, plein de lâche affliction,
Vivre avec les esclaves le reste de son aage !

Quand revoiray-je, helas, dans mon petit village,
Flamber supermarchez ? Et en quelle saison
Revoiray-je éclore grèves et déraisons,
Qui démarrent la vie, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour que bastyront nos jeux
Que des palais marchands le front fallacieux.
Plus que démocrassye me plaist ce qui la mine,

Plus le jouir des mutins que l’argent des pantins,
Plus le qualitatif que compter les matins,
Et plus que les mesquins tout ce qui les chagrine.

mercredi 28 janvier 2009

CARESSES DE HOULE (chanson spontex)

Le communisme surviendra / Quand personn’ ne s’y attendra
Chantons dès lors quelques octaves / Sur ce mond’ de maîtr’ sans esclaves
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est épatant !

L’aliénation disparaîtra / Avec la destruction de l’État
Et chacun, de soi, pourra jouir / Dans ses ouvrages s’épanouir
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est excitant !

Plus personn’ ne travaillera / Mais tout le mond’ s’activera
Rien n’aura plus d’utilité / Seul’ régnera la gratuité
Ah ! ah oui vraiment, le communisme c’est tentant !

Vomissant avoir et paraître / On se dilatera dans l’être
Oui nous serons ces joyeux drilles / Ceux qui produisent et qui gaspillent
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est emballant !

La subversion continuera / Dans la fête elle s’exprimera
Et dans la valse des conflits / On s’aimera à la folie
Ah ! ah oui vraiment, le communisme c’est bandant !

Ni ennui ni propriété / Libres jusqu’à l’ébriété
Quand les beaux jours seront venus / On dériv’ra nus dans les rues
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est enivrant !

Finie la famille étouffante / Les enfants f’ront ce qui leur chante
Les parents s’échang’ront leurs drôles / Qui se départiront des rôles
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est fécondant !

Les passions enfin déchaînées / Se frotteront sans aliéner
Nos corps sont à ceux qui nous aiment / Qui ne seront jamais les mêmes
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est excellent !

A tout instant on pourra s’dire / En concrétisant nos désirs
« Je veux fair’ ça encore une fois / Et encor’ d’innombrables fois »
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est stupéfiant !

Il n’y aura plus d’habitudes / Nous vivrons dans l’incertitude
Le mond’ redeviendra énigme / On dans’ra au bord des abîmes
Ah ! ah oui vraiment, le communisme est turbulent !

Pour construir’ ce mond’ réjouissant / Faut tout foutre à feu et à sang
Mais faudrait qu’ça s’fasse assez vite / Pasqu’on en a marre des limites
Ah ! ah quel panard, le communisme c’est bonnard !

mardi 20 janvier 2009

Néologisme

TARNAQUER [taRnake] v. intr.1› — 2008 ; de Tarnac, village corrézien Mettre en commun (des biens, des savoirs, des pratiques…), dans l'ignorance parfaitement décidée de la sphère des rapports marchands et des formes de domination. Malgré les divergences exprimées par les pas si lointains théoriciens de la revue Meeting, ceux qui tarnaquent pratiquent une forme de communisation.PAR EXT. S'efforcer d'étendre la pratique de la gratuité par le commerce (au sens ancien) avec ses voisins. «C'est en tarnaquant qu'on devient humain» (prov. tupi-guarani). «Ils tarnaquèrent tant et si bien que les idées mêmes d'argent, de soumission, d'exploitation et de pouvoir s'évanouirent définitivement» (Chron. du XXIe s.).
SYN. Goutaillousser (peu usité). CONTR. Arnaquer, réussir, faire commerce de, perdre sa vie à la gagner, tapir dans l'ombre, terroriser.

samedi 17 janvier 2009

Que reste-t-il de nos amours ?

Peut-être pas grand-chose, sauf une page au beau milieu de l'excellente trilogie Krachevski de Serge Quadruppani (Rue de la Cloche, Métailié, coll. "Troubles", 1992, p. 148). Fidèle description de l'ambiance des réunions d'alors, avant d'aller coller dans le métro les fameux phylactères, avec leurs « becquets orientables » :
« Puis un barbu au sourire méphistophélique monta sur la table pour lire un éloge du docteur Petiot en alexandrins et une espèce de clergyman qui faisait office de président décréta une pause. »
Je me souviens y avoir repris la plume de Joachim du [Re]bellay, quand je ne signais pas Tom Pinoku :
Et de ce titre beau comme une prison qui brûle, à une époque où l'on ne lisait pourtant déjà plus Dubo-Dubon-Dubonnet dans les tunnels reliant les stations du métro.





Et d'un couscous géant pour lequel la semoule avait été servie moulée dans le creux d'un féminin mannequin de vitrine.
Belle aventure, pourtant bien moins exaltante que celles qu'elle appelait…