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mercredi 20 avril 2011

Disdizuittes, suite…

Bon, alors on en était resté au n°1013, à la fin de l'automne 1975.

Voici la suite : le catalogue numérique de l'automne 1982, qui court jusqu'au n°1529, puis celui de janvier-mars 1986, qui va jusqu'au n°1766 (je n'ai pas scanné les premières pages de ce dernier, redondantes par rapport au précédent).
À partir du n°1389, j'avais recensé tous les manques de ces deux catalogues sur un fichier informatique mais je n'y ai plus accès, comme quiconque a suivi sait.

Passionnant, tout ceci, non ?















mardi 19 avril 2011

Liste intégrale des disdizuittes : c'est parti !

J'avais relaté naguère comment m'avait saisi au milieu des années 80 le délire débile de recenser l'intégralité des ouvrages parus (à l'époque, évidemment) dans la collection 10/18.
Pour m'acquitter d'une espèce de pénitence volontaire due à un embrouillamini dont fut hélas victime certain Anonyme qui m'est cher et qui a depuis déserté ces lieux virtuels, j'ai refourgué voici un an ce billet, revu et corrigé, chez le Tenancier du blogue Feuilles d'automne.
Et depuis, une étrange folie s'est emparée d'un peuple d'internautes tout aussi furieusement bibliomaniaques que moi-même — ou plutôt, mon délire initial s'est propagé, à mon plus grand étonnement.
C'est d'abord le Tenancier qui a lancé une sorte de saga des 10/18 sur son blogue, invitant chacun à lui communiquer les images des premiers plats de ses dix 10/18 préférés, puis Adrià Cheno s'est emparée de l'affaire, et voilà maintenant qu'une adriatique et gombrowiczienne comtesse Fritouille lance une pétition m'enjoignant de livrer à tous ce boudu de catalogue numérique in extenso.

Pas question que je me coltine le boulot de dactylographier tout cela, évidemment, d'autant que j'avais commencé à le faire voici une dizaine d'années sur un antique PC dont les données me sont désormais inaccessibles, mais puisque mon cher ami Jacques, fin lettré s'il en est, vient de m'offrir un scannère dont il n'avait pas l'usage, voici les reproductions de mes laborieuses transcriptions manuscrites depuis 1987, de quelques pages de listes numériques, et de rogatons griffonnés dans la fièvre sur des bribes de papier, en attendant la suite des catalogues jusqu'en 1986.

vendredi 31 juillet 2009

Avis de recherche

On avait complètement oublié que GWFW, dans une vie bien antérieure, s'était attaché à reconstituer la liste chronologique de l'intégralité des ouvrages publiés dans la collection 10/18 (Union Générale d'Édition) jusqu'à fin 1985, du n°1 (Descartes, Discours de la méthode, suivi de Méditations métaphysiques) au n°1735 (Lewis, Sam Dodsworth), la suite n'étant guère difficile à retracer.
Un travail de bénédictin forcené, vu l'absence totale de catalogue général de la collection. Des journées entières, dans les années 80, alors que le monde basculait inexorablement vers celui de maintenant, passées dans le lacis discret des travées du troisième étage de Joseph Gibert, à délicatement arracher, en fin de volumes soigneusement choisis, les précieuses listes indiquant les ouvrages disponibles à la date d'impression ; à hanter les librairies vétustes pour tenter de récupérer d'anciens bons de commande 10/18. Des semaines (au total, sur une quinzaine d'années) à percer de pesants mystères, à repérer errances, incohérences et revirements dans l'attribution des numéros aux volumes de la collection.

Le Ferdydurke de Gombrowicz, dans sa délicieuse première traduction (signée « Brone », c'est-à-dire l'auteur lui-même aidé d'amis argentins guère plus francophones), avait été réédité en 10/18 sous le n°385-386. Lorsque Christian Bourgois en a demandé une nouvelle traduction à Georges Sédir, les mollets sont devenus des cuisses et l'ouvrage a été réédité sous le n°741.
De même, Les infortunes de la vertu, de Sade, a connu deux éditions dans la collection : l'une, sous le triple numéro 239-240-241, suivie de Historiettes, contes et fabliaux ; puis une édition simple, sous le n°399.
De même pour la correspondance entre Héloïse et Abélard, d'abord parue sous le titre Lettres au n°188-189, puis rééditée (dans une version sans doute complétée) au n°1309 avec inversion de l'ordre des auteurs (Abélard et Héloïse, Correspondance, dans la série "bibliothèque médiévale" dirigée par Paul Zumthor).
Un abrégé du livre de Norbert Wiener, Cybernétique et société, avait été publié dès les débuts de la collection, sous le n°56. Lorsqu'en 1971 Christian Bourgois et Dominique de Roux décidèrent de le rééditer dans son intégralité, il fut annoncé sous le n°547-548. Mais c'est l'essai de François Perroux, Indépendance de la nation, qui reçut ce numéro. Le texte intégral du Wiener parut un peu plus tard, sous le n°569-570.
Le texte de Perec, Lusson et Roubaud, Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go, qui a longtemps figuré au catalogue (bizarrement assorti d'une interdiction à la vente aux mineurs !), n'est en réalité jamais paru dans la collection. Pareil pour L'art magique, de Breton.
En fin de bien des volumes des années soixante, le pamphlet de Mitterrand, Le coup d'État permanent, figure au n°396 du catalogue. C'est en fait un autre roman de Sade, Histoire secrète d'Isabelle de Bavière, qui est paru sous le n°396-397. Le texte de Mitterrand avait semble-t-il été édité auparavant, sous le n°296. Dans ces listes, une faute de frappe sur un seul chiffre peut conduire à des abîmes de perplexité.

Mais ceci n'est rien par rapport aux numéros fantômes, aux exaspérants trous dans le suivi de la numérotation.
Au cours de l'année 1969, le n°436 a été escamoté, après la parution des quatre tomes du Traité d'économie marxiste d'Ernest Mandel. Ce n'est qu'en 1977 (comme quoi certains, au sein de l'UGE, se souciaient tout de même de la continuité de la numérotation…) que ce numéro a été rajouté sur le volume suivant, Heureux les pacifiques de Raymond Abellio, initialement n°437-438 et ainsi devenu n°436-437-438, mais en réalité 436°°° puisqu'à cette époque, sans doute pour alléger la présentation, le principe de la numérotation multiple avait été abandonné : les volumes parus antérieurement et réimprimés n'étaient alors plus désignés que par leur premier numéro d'origine, suivi d'un nombre d'étoiles correspondant à la quantité de numéros initiaux.
Pendant longtemps, le n°1000 n'a jamais existé. Bien des années plus tard, il a été attribué à la réédition dans la collection du texte de Vernon Sullivan, J'irai cracher sur vos tombes, sous la signature de son véritable auteur.
Le triple numéro 597-598-599 désigne dans quantité de catalogues le recueil du cinéaste Dziga Vertov, Articles, journaux, projets. Mais cet ouvrage, sans doute longtemps ajourné, ayant en fait paru sous le n°705, aucun livre réel ne correspond au triple numéro susdit.

Pour clore cette passionnante aventure, voici la liste des numéros de la collection dont nous ne savons toujours pas à quels livres ils sont censés correspondre, ni même si ceux-ci existent :
426-427
466
619 à 621
787
878
952
961
968
1066
1561
1610
1634
1659
1666
1733
1734
(il se peut que nous ayons déjà réduit les incertitudes concernant ces sept derniers numéros. Mais cette partie de notre reconstitution du catalogue se trouvant sur le disque dur d'un antique notebouque auquel nous n'avions plus touché depuis six ans, et dont la pile d'horloge a apparemment fondu sur la carte-mère, nous sommes présentement dans l'incapacité d'y accéder…)