La chronique de François Saltiel ce matin sur France Cul illustrait à nouveaux frais (maman, du veau !) le détournement débordé de Hegel, tandis que l'aspirant habite Javel :
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jeudi 20 mars 2025
Le vrai est un moment du faux
La chronique de François Saltiel ce matin sur France Cul illustrait à nouveaux frais (maman, du veau !) le détournement débordé de Hegel, tandis que l'aspirant habite Javel :
dimanche 25 août 2024
vendredi 5 juillet 2024
Non, non, rien n'a changé…
Le changement qui a le plus d’importance, dans tout ce qui s’est passé depuis vingt ans, réside dans la continuité même du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation médiatique, qui avait déjà auparavant atteint un stade de développement très avancé : c’est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu élever une génération pliée à ses lois. Les conditions extraordinairement neuves dans lesquelles cette génération, dans l’ensemble, a effectivement vécu, constituent un résumé exact et suffisant de tout ce que désormais le spectacle empêche ; et aussi de tout ce qu’il permet.
[…]
Le seul fait d’être désormais sans réplique a donné au faux une qualité toute nouvelle. C’est du même coup le vrai qui a cessé d’exister presque partout, ou dans le meilleur cas s’est vu réduit à l’état d’une hypothèse qui ne peut jamais être démontrée. Le faux sans réplique a achevé de faire disparaître l’opinion publique, qui d’abord s’était trouvée incapable de se faire entendre; puis, très vite par la suite, de seulement se former.
mardi 3 octobre 2023
L'ennui situationniste sur un tapis roulant…
vendredi 4 août 2023
Les regrets des vieux schnocks, les récrés des cinoques
Hé ben franchement, ça n'a guère pris de rides.
vendredi 7 juillet 2023
De la servitude moderne
Hélas, quatorze ans plus tard, force est de constater qu'il n'a pas pris une ride, bien au contraire.
mercredi 7 juin 2023
samedi 19 novembre 2022
Bouillier donne tout mais ne cède pas

Pas un iota de complaisance ni de compromission dans toute son œuvre, pas une once de bisou-bisou avec le spectaculaire-marchand qui l'enserre depuis sa naissance en 1960 (hem, désolé, j'abrège pour accélérer, paraît qu'il faut aller vite à notre époque) : pour tenter de s'en dépêtrer tant que faire se peut, mutatis mutandis, que faire d'autre que décrire ce que son œil de lynx toujours exactement avisé comprend de chacune des situations qu'il expérimente, qu'il a vécues, que faire d'autre qu'essayer de piger ce qui se passe, ce qui nous tue, ce qui fait que tout va mal, que c'est la crise depuis tant de décennies qu'on ne sait même plus — et par quels mécanismes on essaie de paisiblement nous en vendre la souriante acceptation ?
Plusieurs excellentes raisons ont justifié à ses yeux une telle conduite, et il les dit.
Avec ses mots à lui, sa subjectivité sensitive à fleur de sa peau à lui mais qui nous parle à nous, à nous tous puisqu'on a tous vécu cela, force est de le reconnaître — sauf qu'on savait pas l'exprimer, ce truc qui cloche qu'on ressentait confusément.
Hé bien coup de bol qui tombe à pic heureusement, Grégoire Bouillier s'en est monstrueusement chargé, de tout ce poids de monceau de merdes à examiner filtrer trier réfléchir sasser déglutir, pour finalement extraire de cette montagne de détritus qui nous pourrissent la tronche la quintessence de quelques vérités simplissimes mais rarement perceptibles — un peu comme chez Marx le noyau rationnel de sa gangue mystique (si mes souvenirs sont bons).
Tel l'Atlas de la mythologie, il s'en est chargé dans Rapport sur moi, dans L'invité mystère, dans le monumental et phénoménal Dossier M.
Cette dernière œuvre (douze ans d'esclavage extatique), son intrigue qui court sur mille huit cents pages tient en une phrase, genre du style, disons : « Un homme cherche à séduire une femme qui s'esquive, après quoi il déprime grave et longtemps. »
Sauf qu'en passant, Grégoire nous raconte toute l'histoire de la civilisation occidentale de 1960 à 2005 : ce qui s'est passé en vrai, qui était là sous nos yeux et qu'on était trop las ou complaisants pour faire l'effort d'apercevoir.
Mais il est vrai que ce monde nous épuise. « On n'en veut pas, on n'en peut plus », comme disait la poète.
Et ce crible pertinent, Grégoire Bouillier le ressasse derechef dans son dernier ouvrage, paru fin août, Le cœur ne cède pas.
Sauf que là, ce n'est plus depuis son seul centre (dont le cercle est partout mais la circonférence nulle part visible) qu'il cause.
Non, non, non, non.
Il accomplit à sa manière l’indispensable élargissement de perspective que Manchette avait tenté de mener à bien avec le cycle des Gens du mauvais temps, que cette vacharde de camarde l’a empêché de réaliser et dont il a seulement pu quasi boucler le premier volume, La princesse du sang.
Tristan Manchette, alias Dough Headline, l’explique très bien dans sa préface à ce roman posthume : après La position du tireur couché, dont l’accouchement en feuilleton dans Hara-Kiri avait déjà coûté de colossaux efforts à son père qui commençait à en avoir sa claque d’examiner au scalpel notre petite France, Manchette n’a plus pu, mais alors plus pu du tout : la voie de garage une fois atteinte, fallait couper le contact. Mais contrairement aux solutions-miracles que fait miroiter cette saloperie de mirage capitaliste, là, pas de reconversion en perspective : il était perdu.
Complètement largué, ce géant de la littérature.
Que faire ? (bien qu'il ne fut franchement pas le pote à Lénine…)
Enfin, plutôt : sur quoi écrire ?
Car question activités et occasions de frappadinguer sa machine à écrire, ça manquait pas trop : traductions, adaptations, scénarios, éditeur de collection, rédacteur en chef, chroniqueur pour diverses revues, et j’en passe, ça prend du temps tout ça.
Mais l’important, tout de même, c’est de parvenir à exprimer le jus de son cœur, ce qu’il faisait depuis L’affaire N’Gustro jusqu’au moment où, douze ans plus tard, il s’est aperçu que c’était l’impasse, qu’il avait tout dit sur la France de son temps.
Alors, hourrah, il est retombé sur Ross Thomas, pour qui au début il avait pas franchement la plus haute estime.
Mais Les faisans des îles, ça l’a bien botté, et du coup voyons, voyons… mouais, ça pourrait valoir le coup, de retracer toute l’histoire du monde depuis Yalta, mais du point de vue de Jean-Patrick Manchette.
Et allez zou, c’est parti pour la tétralogie des Gens du mauvais temps, autour de la silhouette d’Ivy Pearl, si tu veux le point de vue d’un vrai situ pas pro sur toute cette époque d’exponentialisation spectaculaire du capitalisme enfin débarrassé de toute entrave (fascisme, nazisme, bolchévisme), assoiffé de s’effréner et qui menait évidemment droit direct au néo-libéralisme de Thatcher/Reagan/Mitterrand.
Quatre décennies, ça a duré, la mise en place bien ferrée du nouvel esclavage des pauvres et l’édifiant accroissement de la richesse des riches, malgré les (ou peut-être « grâce aux » ? va savoir, c’est compliqué de penser mondialement) deux « crises » (hi, hi !) de 1973 et 1978.
Et voilà où nous en sommes maintenant.
Et Grégoire Bouillier, toutes choses égales par ailleurs, réitère la révolution copernicienne que Manchette n’avait hélas pu qu’esquisser.
Après n’avoir si judicieusement expliqué le monde que par l’œil de son expérience vécue personnellement son expérience à lui c’était sa vie la sienne, il nous expliquait patiemment comment lui comprenait le monde tel qu’il le percevait le gars-là qu’était comme Perceval le Gallois dans sa quête de ce Graal qu’est tout bêtement la vérité des choses, hé ben voici qu’une émission de radio ouïe en 1985 qui lui titillait depuis trente-cinq ans le ciboulot fait qu’il se met à chercher comme un chien fou dans la nuit des trucs qu’il ne maîtrise aucunement mais qu’il veut absolument comprendre, et donc voilà que déboule aujourd’hui un somptueux Chateaubriand dont chaque page nous ouvre un peu plus les yeux sur notre propre cécité, sans compter que les pommes soufflées et la sauce béarnaise sont offertes en sus mais c’est juste histoire de mieux nous remettre les idées en place, de réapprendre à respirer, de se souvenir que ouais, c’est pas bête de réfléchir, de réfléchir à chaque instant à tout ce qui se passe.
C’est certes fatigant, mais c’est vachement jouissif, ça vaut le coup, vraiment.
Spinoza y insiste grave à la fin de l’Éthique : « tout ce qui est beau est difficile autant que rare ».
« Je pense, donc je suis », disait l’autre : là c’est Bouillier qui pense, et à le lire nous saisissons que nous sommes — ou plutôt, que si nous aussi nous faisons l’effort de penser, nous serons moins des bêtes de somme
.
Et pour commencer à ce faire, le plus simple est de l'écouter causer au micro de Romain de Becdelièvre dans Affaires culturelles mercredi 2 novembre :
mardi 4 octobre 2022
Ô tous les rêves du choix !
Pierre Dumayet n'était pas complètement marteau, même s'il n'y allait pas avec le dos de son cul hier (je veux dire, jadis) face à cette jeune gisquette frétillante (et légèrement édentée, rêve !) qui était alors l'épouse officielle de Guy Debord.
Le bouquin est disponible aux éditions Allia, qui l'ont réédité en 2004.
Mais on attend toujours les entretiens de Berréby avec Michèle Bernstein, qui devaient suivre de peu ceux avec Vaneigem, ça fait huit ans déjà…
Va savoir pourquoi, ça me rappelle cette autre merveille, Les chevaux de bois sont ivres, du camarade Victor — à propos duquel j'ai tenté naguère d'élucider certaines infamies dans un autre blogue.
*****
Note du jeudi 6 octobre : l'ami Tristan ayant signalé en commentaire ci-dessous une intéressante émission de 2018 avec la même Bernstein, je la rajoute illico :
mercredi 18 mars 2020
La séparation achevée (2)
jeudi 20 décembre 2018
Le retour de Guy Debord !
♪♬♪ Ah mais, ça ne finira donc jamais ?… ♪♫♪
mardi 25 avril 2017
« Ne travaillait jamais ! »
jeudi 13 avril 2017
Debord au poste
jeudi 18 février 2016
La sagesse ne viendra jamais
samedi 25 juillet 2015
lundi 3 novembre 2014
Mensonges du spectacle, la preuve par l'image
Photo et texte publiés hier sur le site internet du Parisien Libéré :
17h55. La manif se disperse à Paris - Stalingrad. Les forces de l'ordre ont eu du mal à contenir la foule. Certains, très calme [sic], avaient rapidement quitté cette manifestation sauvage en marge du sit-in autorisé au Champ de Mars. D'autres, plus violents, ont parfois provoqué les CRS, les menaçant avec plusieurs sortes d'armes. Selon plusieurs journalistes sur place, la place Stalingrad est en train de se vider. Bilan : 66 interpellations et a priori, aucun blessé.
18h15. Fin de la manif sauvage : 78 interpellations, 16 gardes à vue. La place Stalingrad est désormais dégagée sans qu'aucun blessé ne soit a priori à déplorer. Dans ce quartier populaire du nord-est de la capitale, ils étaient près de 300 à dénoncer les violences policières et 78 ont été interpellés par les forces de l'ordre. Seize des interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé [sic] et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, précise la préfecture de police de Paris.
19h45. Jean-Claude Mailly (FO) : «Pas acceptable». «Les actes de violences ne sont pas acceptables», a réagit [sic] le numéro de Force ouvrière Jean-Claude Mailly dimanche sur Europe 1, estimant que la «police républicaine fait son travail». «Ces casseurs - il faut les appeler comme cela, il n'y a pas d'autres mots - ce qui les mobilisait, ce n'était pas la question du barrage. Ils étaient là pour en découdre avec une agressivité vis-à-vis des forces de l'ordre», a ajouté Jean-Claude Mailly.
À propos d'« en découdre avec une agressivité » (!), justement, nous accordons pour notre part — nous qui n'avions rien contre un tantinet de riposte intelligente lorsqu'elle s'avère possible — un peu plus de crédit à l'excellent site Paris-Luttes.info, qui retrace le suivi de la manif sur cette page :
Et voilà une vidéo du moment ou les dangereux manifestants ont tenté de charger les pauvres policiers désarmés […]
Sur cette autre page, le même site publie ce Communiqué de l’Assemblée en lutte suite à la mort de Rémi Fraisse :
Soyons nombreux et nombreuses à venir largement à l’assemblée générale qui se tiendra ce mardi 4 novembre à la Parole Errante à 19h, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil
lundi 20 mai 2013
Un fil ténu d'il y a plus d'un demi-siècle…
Les environs de Fresnes (1952-1953) :
et le reste des enregistrements d'une époque où Debord allait de vingt à trente ans, de l'I.L. à l'I.S., bien avant l'ISBN (maintenant que l'I.S., quasi résumée au seul Debord, est à la B.N.), sauvegardés et restaurés grâce à l'inlassable énergie de Gérard Berréby — qui après avoir retrouvé un enregistrement puis s'être évertué à récupérer les quatre autres (trois dormaient dans une malle d'archives, dont un sur fil d'acier) fut à l'initiative du projet, avant de s'en faire brutalement spolier par la veuve abusive :
jeudi 25 avril 2013
Sans Commentaires
sans Alice ni malice
Coïncidence : la précédente émission de cette série était consacrée à Witold Gombrowicz (rediffusion d'une émission que j'avais proposée ici) et la suivante l'est à Raymond Roussel — deux auteurs fortement appréciés dans ces parages-ci…
jeudi 11 avril 2013
Le point culminant de l'offensive...
Peu après le décès voici deux mois de Kevin Ayers, un ami fondu entre autres de Soft Machine et fin connaisseur de l'I.S. s'est mis à visionner pas mal de vidéos anciennes et il est tombé sur ceci, à son intense stupéfaction :
Phil Bloom, donc, le 28 juillet 1967. Non, plutôt le 9 octobre 1967 en temps spectaculaire, selon un site qui semble plus fiable que Ouiquipédia (voir les commentaires, et merci à Xavier pour cette rectification).
Une précurseuse de la Théorie du Bloom ?






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