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Affichage des articles dont le libellé est Debord. Afficher tous les articles
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jeudi 20 mars 2025

Le vrai est un moment du faux

(DENTOL™ : ne s'use que si long cancer)

La chronique de François Saltiel ce matin sur France Cul
illustrait à nouveaux frais (maman, du veau !) le détournement débordé de Hegel, tandis que l'aspirant habite Javel :

vendredi 5 juillet 2024

Non, non, rien n'a changé…


Incipit du film 1984 (Michael Radford, 1984)

Le changement qui a le plus d’importance, dans tout ce qui s’est passé depuis vingt ans, réside dans la continuité même du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation médiatique, qui avait déjà auparavant atteint un stade de développement très avancé : c’est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu élever une génération pliée à ses lois. Les conditions extraordinairement neuves dans lesquelles cette génération, dans l’ensemble, a effectivement vécu, constituent un résumé exact et suffisant de tout ce que désormais le spectacle empêche ; et aussi de tout ce qu’il permet.

[…]

Le seul fait d’être désormais sans réplique a donné au faux une qualité toute nouvelle. C’est du même coup le vrai qui a cessé d’exister presque partout, ou dans le meilleur cas s’est vu réduit à l’état d’une hypothèse qui ne peut jamais être démontrée. Le faux sans réplique a achevé de faire disparaître l’opinion publique, qui d’abord s’était trouvée incapable de se faire entendre; puis, très vite par la suite, de seulement se former.

Guy Debord, Commentaires sur La société du spectacle (1988)

mardi 3 octobre 2023

L'ennui situationniste sur un tapis roulant…

France Khü diffusait tantôt deux émissions pas inintéressantes, entre lesquelles se décèlent de belles passerelles : Avec philosophie ce matin à 10h, et le toujours instructif Entendez-vous l'éco, à 14h, avec notamment l'ami Yves Pagès :



vendredi 4 août 2023

Les regrets des vieux schnocks, les récrés des cinoques

« Non, Guy, par pitié, ne me frappe pas ! »
Comme récemment j'avais rien à foutre durant vingt minutes, pris soudain d'une aberrante bouffée de nostalgie pro-situ j'ai revu le film de Debord de 1959, Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps.
Hé ben franchement, ça n'a guère pris de rides.

vendredi 7 juillet 2023

De la servitude moderne


Quand j'ai visionné ce film pour la première fois, en 2009, je n'y ai vu qu'une simple paraphrase mise à jour d'In girum imus nocte et consumimur igni (1978), grevée par un ton emphatique et donneur de leçons, au point que je n'ai même pas jugé bon d'en faire la publicité ici-même.
Hélas, quatorze ans plus tard, force est de constater qu'il n'a pas pris une ride, bien au contraire.

samedi 19 novembre 2022

Bouillier donne tout mais ne cède pas



Pas un iota de complaisance ni de compromission dans toute son œuvre, pas une once de bisou-bisou avec le spectaculaire-marchand qui l'enserre depuis sa naissance en 1960 (hem, désolé, j'abrège pour accélérer, paraît qu'il faut aller vite à notre époque) : pour tenter de s'en dépêtrer tant que faire se peut, mutatis mutandis, que faire d'autre que décrire ce que son œil de lynx toujours exactement avisé comprend de chacune des situations qu'il expérimente, qu'il a vécues, que faire d'autre qu'essayer de piger ce qui se passe, ce qui nous tue, ce qui fait que tout va mal, que c'est la crise depuis tant de décennies qu'on ne sait même plus — et par quels mécanismes on essaie de paisiblement nous en vendre la souriante acceptation ?
Plusieurs excellentes raisons ont justifié à ses yeux une telle conduite, et il les dit.



Avec ses mots à lui, sa subjectivité sensitive à fleur de sa peau à lui mais qui nous parle à nous, à nous tous puisqu'on a tous vécu cela, force est de le reconnaître — sauf qu'on savait pas l'exprimer, ce truc qui cloche qu'on ressentait confusément.

Hé bien coup de bol qui tombe à pic heureusement, Grégoire Bouillier s'en est monstrueusement chargé, de tout ce poids de monceau de merdes à examiner filtrer trier réfléchir sasser déglutir, pour finalement extraire de cette montagne de détritus qui nous pourrissent la tronche la quintessence de quelques vérités simplissimes mais rarement perceptibles — un peu comme chez Marx le noyau rationnel de sa gangue mystique (si mes souvenirs sont bons).

Tel l'Atlas de la mythologie, il s'en est chargé dans Rapport sur moi, dans L'invité mystère, dans le monumental et phénoménal Dossier M.
Cette dernière œuvre (douze ans d'esclavage extatique), son intrigue qui court sur mille huit cents pages tient en une phrase, genre du style, disons : « Un homme cherche à séduire une femme qui s'esquive, après quoi il déprime grave et longtemps. »
Sauf qu'en passant, Grégoire nous raconte toute l'histoire de la civilisation occidentale de 1960 à 2005 : ce qui s'est passé en vrai, qui était là sous nos yeux et qu'on était trop las ou complaisants pour faire l'effort d'apercevoir.
Mais il est vrai que ce monde nous épuise. « On n'en veut pas, on n'en peut plus », comme disait la poète.


Et ce crible pertinent, Grégoire Bouillier le ressasse derechef dans son dernier ouvrage, paru fin août, Le cœur ne cède pas.

Sauf que là, ce n'est plus depuis son seul centre (dont le cercle est partout mais la circonférence nulle part visible) qu'il cause.

Non, non, non, non.

Il accomplit à sa manière l’indispensable élargissement de perspective que Manchette avait tenté de mener à bien avec le cycle des Gens du mauvais temps, que cette vacharde de camarde l’a empêché de réaliser et dont il a seulement pu quasi boucler le premier volume, La princesse du sang.

Tristan Manchette, alias Dough Headline, l’explique très bien dans sa préface à ce roman posthume : après La position du tireur couché, dont l’accouchement en feuilleton dans Hara-Kiri avait déjà coûté de colossaux efforts à son père qui commençait à en avoir sa claque d’examiner au scalpel notre petite France, Manchette n’a plus pu, mais alors plus pu du tout : la voie de garage une fois atteinte, fallait couper le contact. Mais contrairement aux solutions-miracles que fait miroiter cette saloperie de mirage capitaliste, là, pas de reconversion en perspective : il était perdu.
Complètement largué, ce géant de la littérature.
Que faire ? (bien qu'il ne fut franchement pas le pote à Lénine…)
Enfin, plutôt : sur quoi écrire ?
Car question activités et occasions de frappadinguer sa machine à écrire, ça manquait pas trop : traductions, adaptations, scénarios, éditeur de collection, rédacteur en chef, chroniqueur pour diverses revues, et j’en passe, ça prend du temps tout ça.
Mais l’important, tout de même, c’est de parvenir à exprimer le jus de son cœur, ce qu’il faisait depuis L’affaire N’Gustro jusqu’au moment où, douze ans plus tard, il s’est aperçu que c’était l’impasse, qu’il avait tout dit sur la France de son temps.



Alors, hourrah, il est retombé sur Ross Thomas, pour qui au début il avait pas franchement la plus haute estime.
Mais Les faisans des îles, ça l’a bien botté, et du coup voyons, voyons… mouais, ça pourrait valoir le coup, de retracer toute l’histoire du monde depuis Yalta, mais du point de vue de Jean-Patrick Manchette.
Et allez zou, c’est parti pour la tétralogie des Gens du mauvais temps, autour de la silhouette d’Ivy Pearl, si tu veux le point de vue d’un vrai situ pas pro sur toute cette époque d’exponentialisation spectaculaire du capitalisme enfin débarrassé de toute entrave (fascisme, nazisme, bolchévisme), assoiffé de s’effréner et qui menait évidemment droit direct au néo-libéralisme de Thatcher/Reagan/Mitterrand.
Quatre décennies, ça a duré, la mise en place bien ferrée du nouvel esclavage des pauvres et l’édifiant accroissement de la richesse des riches, malgré les (ou peut-être « grâce aux » ? va savoir, c’est compliqué de penser mondialement) deux « crises » (hi, hi !) de 1973 et 1978.

Et voilà où nous en sommes maintenant.

Et Grégoire Bouillier, toutes choses égales par ailleurs, réitère la révolution copernicienne que Manchette n’avait hélas pu qu’esquisser.
Après n’avoir si judicieusement expliqué le monde que par l’œil de son expérience vécue personnellement son expérience à lui c’était sa vie la sienne, il nous expliquait patiemment comment lui comprenait le monde tel qu’il le percevait le gars-là qu’était comme Perceval le Gallois dans sa quête de ce Graal qu’est tout bêtement la vérité des choses, hé ben voici qu’une émission de radio ouïe en 1985 qui lui titillait depuis trente-cinq ans le ciboulot fait qu’il se met à chercher comme un chien fou dans la nuit des trucs qu’il ne maîtrise aucunement mais qu’il veut absolument comprendre, et donc voilà que déboule aujourd’hui un somptueux Chateaubriand dont chaque page nous ouvre un peu plus les yeux sur notre propre cécité, sans compter que les pommes soufflées et la sauce béarnaise sont offertes en sus mais c’est juste histoire de mieux nous remettre les idées en place, de réapprendre à respirer, de se souvenir que ouais, c’est pas bête de réfléchir, de réfléchir à chaque instant à tout ce qui se passe.
C’est certes fatigant, mais c’est vachement jouissif, ça vaut le coup, vraiment.
Spinoza y insiste grave à la fin de l’Éthique : « tout ce qui est beau est difficile autant que rare ».

« Je pense, donc je suis », disait l’autre : là c’est Bouillier qui pense, et à le lire nous saisissons que nous sommes — ou plutôt, que si nous aussi nous faisons l’effort de penser, nous serons moins des bêtes de somme
.

Et pour commencer à ce faire, le plus simple est de l'écouter causer au micro de Romain de Becdelièvre dans Affaires culturelles mercredi 2 novembre :

mardi 4 octobre 2022

Ô tous les rêves du choix !

Pierre Dumayet n'était pas complètement marteau, même s'il n'y allait pas avec le dos de son cul hier (je veux dire, jadis) face à cette jeune gisquette frétillante (et légèrement édentée, rêve !) qui était alors l'épouse officielle de Guy Debord.

Le bouquin est disponible aux éditions Allia, qui l'ont réédité en 2004.

Mais on attend toujours les entretiens de Berréby avec Michèle Bernstein, qui devaient suivre de peu ceux avec Vaneigem, ça fait huit ans déjà…

Va savoir pourquoi, ça me rappelle cette autre merveille, Les chevaux de bois sont ivres, du camarade Victor — à propos duquel j'ai tenté naguère d'élucider certaines infamies dans un autre blogue.

 *****

Note du jeudi 6 octobre : l'ami Tristan ayant signalé en commentaire ci-dessous une intéressante émission de 2018 avec la même Bernstein, je la rajoute illico :

mercredi 18 mars 2020

La séparation achevée (2)



En réalité, les effets confinatoires du COVID-19 ne divergent guère de la logique du capitalisme néolibéral, sinon que la séparation généralisée ne se pare désormais plus d'une illusion de liberté.

Une différence de taille, cependant : travailler, cet impératif catégorique de la société marchande, est devenu non seulement accessoire mais fortement déconseillé.

jeudi 20 décembre 2018

Le retour de Guy Debord !



France Culture consacrait voici un an un nouvel épisode de Une vie, une œuvre à Guy Debord, quatre ans et demi après le précédent, et rarement émission dérogea tant à son intitulé.

♪♬♪ Ah mais, ça ne finira donc jamais ?… ♪♫♪



jeudi 13 avril 2017

Debord au poste

Les chemins de la philosophie ont salué cette semaine un trésor national : Guy Debord.









Patrick Marcolini intervient allègrement dans le deuxième épisode et Gérard Berréby boucle la série.

Mais tout cela ne manque-t-il pas un peu de légèreté et d'humour, Adèle Van Reeth ?

jeudi 18 février 2016

La sagesse ne viendra jamais




J’en ai fini par là avec tout ce que je voulais montrer concernant la puissance du Mental sur les affects et la Liberté du Mental. D'où il appert combien le Sage est fort, et vaut mieux que l’ignorant, qui agit par le seul appétit lubrique. L’ignorant, en effet, outre que les causes extérieures l'agitent de bien des manières, et que jamais il ne possède la vraie satisfaction de l'âme, vit en outre presque inconscient et de soi, et de Dieu, et des choses, et, dès qu’il cesse de pâtir, aussitôt il cesse aussi d’être. Alors que le sage, au contraire, considéré en tant que tel, a l'âme difficile à émouvoir ; mais conscient et de soi, et de Dieu, et des choses avec certaine nécessité éternelle, jamais il ne cesse d’être ; mais c'est pour toujours qu'il possède la vraie satisfaction de l'âme. Si maintenant l'on trouve très ardu le chemin que j’ai montré y mener, du moins peut-on le découvrir. Et il faut bien que ce soit ardu, ce qu'on trouve si rarement. Car comment pourrait-il se faire, si le salut se trouvait sous la main, et que l'on pût le découvrir sans grand labeur, que tous ou presque le négligent ? Mais tout ce qui est remarquable est difficile autant que rare.

Spinoza, Éthique, V, prop. 42, scolie final
(trad. B. Pautrat, modifiée par nos soins)

His omnia quæ de mentis in affectus potentia quæque de mentis libertate ostendere volueram, absolvi. Ex quibus apparet quantum sapiens polleat potiorque sit ignaro qui sola libidine agitur. Ignarus enim præterquam quod a causis externis multis modis agitatur nec unquam vera animi acquiescentia potitur, vivit præterea sui et Dei et rerum quasi inscius et simulac pati desinit, simul etiam esse desinit. Cum contra sapiens quatenus ut talis consideratur, vix animo movetur sed sui et Dei et rerum æterna quadam necessitate conscius, nunquam esse desinit sed semper vera animi acquiescentia potitur. Si jam via quam ad hæc ducere ostendi, perardua videatur, inveniri tamen potest. Et sane arduum debet esse quod adeo raro reperitur. Qui enim posset fieri si salus in promptu esset et sine magno labore reperiri posset ut ab omnibus fere negligeretur ? Sed omnia præclara tam difficilia quam rara sunt.

lundi 3 novembre 2014

Mensonges du spectacle, la preuve par l'image


Photo et texte publiés hier sur le site internet du Parisien Libéré :


Place Stalingrad (Paris), ce dimanche. Une manifestation sauvage en «hommage» à Rémi Fraisse dégénère. Plus de 70 interpellations ont déjà eu lieu.


17h55. La manif se disperse à Paris - Stalingrad. Les forces de l'ordre ont eu du mal à contenir la foule. Certains, très calme [sic], avaient rapidement quitté cette manifestation sauvage en marge du sit-in autorisé au Champ de Mars. D'autres, plus violents, ont parfois provoqué les CRS, les menaçant avec plusieurs sortes d'armes. Selon plusieurs journalistes sur place, la place Stalingrad est en train de se vider. Bilan : 66 interpellations et a priori, aucun blessé.

18h15. Fin de la manif sauvage : 78 interpellations, 16 gardes à vue. La place Stalingrad est désormais dégagée sans qu'aucun blessé ne soit a priori à déplorer. Dans ce quartier populaire du nord-est de la capitale, ils étaient près de 300 à dénoncer les violences policières et 78 ont été interpellés par les forces de l'ordre. Seize des interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé [sic] et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, précise la préfecture de police de Paris.

19h45. Jean-Claude Mailly (FO) : «Pas acceptable». «Les actes de violences ne sont pas acceptables», a réagit [sic] le numéro de Force ouvrière Jean-Claude Mailly dimanche sur Europe 1, estimant que la «police républicaine fait son travail». «Ces casseurs - il faut les appeler comme cela, il n'y a pas d'autres mots - ce qui les mobilisait, ce n'était pas la question du barrage. Ils étaient là pour en découdre avec une agressivité vis-à-vis des forces de l'ordre», a ajouté Jean-Claude Mailly.


À propos d'« en découdre avec une agressivité » (!), justement, nous accordons pour notre part — nous qui n'avions rien contre un tantinet de riposte intelligente lorsqu'elle s'avère possible — un peu plus de crédit à l'excellent site Paris-Luttes.info, qui retrace le suivi de la manif sur cette page :

Et voilà une vidéo du moment ou les dangereux manifestants ont tenté de charger les pauvres policiers désarmés […]




Sur cette autre page, le même site publie ce Communiqué de l’Assemblée en lutte suite à la mort de Rémi Fraisse :

On peut dire que ce dimanche à Paris la répression policière a passé une étape...
Jeudi 30, l’assemblée suite à la mort de Rémi Fraisse ainsi que certaines organisations décident d’appeler à une manifestation le dimanche 2 novembre. Non seulement, la préfecture interdit cette manifestation mais elle descend au petit matin chez les deux personnes ayant déclaré la manifestation pour les impressionner, leur faire peur, les dissuader de continuer à organiser cette mobilisation. Sous la pression policière, les organisations se rétractent.
Le dimanche matin, une centaine de policiers quadrille la ville de Montreuil. Elle contrôle les métros et encercle un lieu d’activités sociales et d’organisation politique. Elle veut empêcher que les tracts et les banderoles arrivent à la manif. A 14h, une vingtaine de personnes sortent du lieu pour se rendre au départ de la manif. Ils sont contraints de cacher les tracts dans leurs pantalons. Ils sont tous arrêtés préventivement. Ils passeront cinq heures au commissariat.
Pendant ce temps-là, le 19e, le 20e et le 10e arrondissements sont quadrillés par des milliers de policiers qui contrôlent et fouillent à tours de bras. Malgré cela, plusieurs centaines de personnes bravent l’interdiction et parviennent à former un rassemblement. Quelques tentatives de départ en manifestation échoueront devant l’ampleur du dispositif policier. 140 arrestations ont lieu pour tout et n’importe quoi : distribution de tracts, port d’un casque de vélo… Ce soir à notre connaissance, au moins 18 personnes sont en garde à vue pour entre autre « attroupement non armé en vue de commettre des dégradations ».
On est arrêté et inculpé sur la base de supposition d’intention alors qu’eux viennent de tuer l’un des nôtres ?
Mais la répression ne s’arrête pas là. Le niveau de désinformation et de mensonge produit par le gouvernement et véhiculé par les médias vient couronner le tout. Alors qu’il n’a rien pu se passer à Paris, qu’il était très difficile de se réunir, que la police avait instauré un climat de peur, les articles de journaux parlent de débordements, reprenant tels quels les communiqués de la préfecture sans aucune autre source. En focalisant le débat sur la violence des manifestants, le gouvernement divise le mouvement et occulte la violence initiale, celle qui a tué Rémi, celle de la police qui tue et mutile quotidiennement. Vendredi à Blois, un jeune homme a perdu un œil suite à un tir de flashball. Samedi à Nantes, deux personnes ont été grièvement blessées au nez et à l’œil par des tirs de flashball.
Pour que la mobilisation continue, il nous faut sortir de la nasse militaire et médiatique dans laquelle on veut enfermer notre colère.

Soyons nombreux et nombreuses à venir largement à l’assemblée générale qui se tiendra ce mardi 4 novembre à la Parole Errante à 19h, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil

lundi 20 mai 2013

Un fil ténu d'il y a plus d'un demi-siècle…



Les environs de Fresnes (1952-1953) :



et le reste des enregistrements d'une époque où Debord allait de vingt à trente ans, de l'I.L. à l'I.S., bien avant l'ISBN (maintenant que l'I.S., quasi résumée au seul Debord, est à la B.N.), sauvegardés et restaurés grâce à l'inlassable énergie de Gérard Berréby — qui après avoir retrouvé un enregistrement puis s'être évertué à récupérer les quatre autres (trois dormaient dans une malle d'archives, dont un sur fil d'acier) fut à l'initiative du projet, avant de s'en faire brutalement spolier par la veuve abusive :

jeudi 25 avril 2013

Sans Commentaires




(cliquez pour obtenir les références des extraits)

On retrouvera ici les émissions  d'où sont extraites les bribes de Jean-Michel Mension et de Ralph Rumney

Coïncidence : la précédente émission de cette série était consacrée à Witold Gombrowicz (rediffusion d'une émission que j'avais proposée ici) et la suivante l'est à Raymond Roussel — deux auteurs fortement appréciés dans ces parages-ci…

jeudi 11 avril 2013

Le point culminant de l'offensive...



LE POINT CULMINANT DE L'OFFENSIVE DU SPECTACLE

Cette image fut assez remarquée quand elle passa, en octobre 1967, sur la chaîne protestante de la télévision hollandaise. Son directeur, qui se trouve être un ancien prédicateur, déclara alors : « Nous voulions montrer que des femmes nues peuvent être très belles ». On peut admettre que là, l'inversion spectaculaire de la vie réelle avait atteint un indépassable sommet. Dans leur assurance grandissante, les experts des mass média se proposent de révéler au bétail qui les contemple une vérité dont on semble croire qu'elle lui aurait autrement à jamais échappé; et ils se flattent de cette contribution au progrès culturel des foules qu'ils sont persuadés d'avoir réduites à une passivité définitive et absolue. Et, bien sûr, on leur livre cette réalité, après les autres, précisément sous la forme où elle échappe à tout usage concret, à toute communication réelle, derrière la vitrine du spectacle inaccessible qui « a pris en charge la totalité de l'existence humaine ». Comme pour confirmer la pensée dialectique de Clausewitz, le spectacle, au moment où il a poussé si loin son invasion de la vie sociale, va connaître le début du renversement du rapport de forces. Dans les mois suivants, l'histoire et la vie réelle sont revenues à l'assaut du ciel spectaculaire. Et cette contre-offensive ne s'arrêtera pas avant la fin du monde de la séparation.

Peu après le décès voici deux mois de Kevin Ayers, un ami fondu entre autres de Soft Machine et fin connaisseur de l'I.S. s'est mis à visionner pas mal de vidéos anciennes et il est tombé sur ceci, à son intense stupéfaction :



Phil Bloom, donc, le 28 juillet 1967. Non, plutôt le 9 octobre 1967 en temps spectaculaire, selon un site qui semble plus fiable que Ouiquipédia (voir les commentaires, et merci à Xavier pour cette rectification).

Une précurseuse de la Théorie du Bloom ?

jeudi 4 avril 2013

Un inédit de Guy Debord





Alors que la BNF vient d'inaugurer l'exposition « Guy Debord. Un art de la guerre », dont l'un des buts évidents est de tenter de rentabiliser un peu le faramineux investissement auquel s'est livré voici deux ans le ministère de la Culture grâce à l'appui de mécènes appelés à la rescousse en juin 2009, voilà-t-y pas que Gallimard — co-éditeur du catalogue de ladite expo — s'apprête à publier un brûlot explosif et inédit de celui qui s'enorgueillissait d'avoir « mérité la haine universelle de la société de [son] temps. »

Gageons que les révélations contenues dans cet ultime opus posthume dépassent de fort loin les pâles élucubrations esquissées par Bertrand Delcour dans son (très mauvais) roman Blocus Solus — dont la publication dans la collection  "Série Noire" avait abouti en 1996 à une rupture provisoire entre la veuve Debord et la maison Gallimard.
« Provisoire », puisque après le transfert chez Fayard du « fonds Debord » de Gallimard (déjà importé des éditions Gérard Lebovici après une sombre histoire d'embrouilles avec les fils de Floriana et le pilonnage de ce même fonds, vingt ans après celui des éditions de La société du spectacle publiées par Buchet-Chastel), on a tout de même vu paraître chez l'éditeur de la rue Sébastien-Bottin La planète malade (scénario finalement refusé du film La planète sauvage, de Topor et Laloux), le Quarto rassemblant l'essentiel de l'œuvre et enfin les Enregistrements magnétiques datant de l'époque de l'Internationale Lettriste, édités par Jean-Louis Rançon mais qui devaient initialement paraître aux éditions Allia puisque le projet en revient à Gérard Berréby*.
Enfin bref, le vrai est un moment du faux, n'est-ce pas ?

Guy Debord, Un rebelle chic ! Manuel de savoir briller en société « bobo-situ », Gallimard, 2013, 368 p. (À paraître)

* Deux jours après la publication de ce billet, je nuance ici mon premier propos — je croyais jusqu'alors que c'était Berréby qui avait rassemblé et fait restaurer tous ces enregistrements (voir ses propres précisions dans les commentaires).