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mardi 31 mai 2011
jeudi 26 mai 2011
jeudi 19 mai 2011
mardi 17 mai 2011
Once more into the breach, dear friends !
Personne n'ayant voulu prendre la peine de répondre de façon conséquente à ce billet de février 2009 qui me revient aujourd'hui en mémoire, et qui ne me semble pas le plus stupide de ce blogue foutraque, je le refourgue ici quasi tel quel, voir si ça suscite quelques réactions un peu plus appropriées…
« Homo cogitat »
« L'homme pense. » (Spinoza, Éthique, II, axiome 2).
C'est la pierre d'achoppement de tout matérialisme, historique ou dialectique : il y a de la pensée, les idées ne sont pas matérielles, la pensée est d'une autre nature que les influx nerveux qui circulent dans le cerveau.
Comment alors échapper au dualisme, aux difficultés des rapports entre corps et esprit, à l'éventuelle suprématie de l'un sur l'autre, à la spirale qui aspire vers le trou noir de la superstition et la religion, comment affirmer le matérialisme contre l'idéalisme ?
Je ne vois que Spinoza, pour avoir édifié un système métaphysique qui soit un matérialisme parfaitement conséquent.
Mais pour cela, il faut payer le prix fort (et il ne s'agit pas de l'austérité de son œuvre, ni de la présentation au prime abord déroutante de l'Éthique). Le prix fort, c'est qu'il faut admettre que tout pense. La totalité de l'univers matériel existe aussi sous forme mentale (de toute chose matérielle il peut y avoir une idée), et allons-y carrément tant qu'on y est (mais il n'y a pas d'autre possibilité) : sous une infinité d'autres formes, que Spinoza nomme « attributs ». L'univers (« la Nature », dans l'Éthique, mais bien plus souvent « Dieu », ce qui est certes rebutant, bien qu'idoine pour le XVIIe siècle) est un auto-déploiement infini de lui-même (un peu à la manière du Big Bang, si l'on veut, mais l'image perturbe l'idée) en une infinité d'attributs dont chacun se déploie lui-même à l'infini. Une seule chose, un seul et même déploiement causal identique à lui-même sous quelque attribut qu'on l'appréhende (et dont l'expansion n'a pas de fin : nulle place pour la téléologie ou les causes finales, chez Baruch).
Il est difficile de penser cela.
Ainsi, n'étant constitué que de matière et de pensée, l'être humain ne peut concevoir, envisager, que ces deux attributs-là : l'étendue et la pensée. Mais chaque être réel (c'est-à-dire, dont il y a une idée vraie) existe aussi sous une infinité d'autres attributs, à jamais inconnus de nous, un peu comme des univers parallèles, en quelque sorte, mais ni mentaux ni matériels. Encore que le terme parallélisme, souvent employé pour désigner les rapports anhiérarchiques entre attributs, soit finalement mal à propos, puisqu'il y a identité totale entre tous les attributs.
Disons que la matière est la même chose que la pensée, à une légère nuance près. Et s'il y a identité, c'est parce que le réel n'est rien d'autre qu'un enchaînement de causes et de conséquences, à leur tour causales, et que c'est cette même et unique causalité qui s'exprime dans chaque attribut. De tout corps, il est une idée. À toute idée vraie, on peut donner corps, trouver le correspondant matériel de cette idée. Aucun arrière-monde, donc, évidemment. Et puisque l'être humain (par exemple) est une partie de la nature, il exprime une partie d'icelle — de la causalité qu'elle déploie — lorsqu'il est actif, lorsqu'il agit conformément à sa nature propre (pour aller vite, selon l'idée vraie de son corps), ce qui incidemment le rend joyeux. Mais puisqu'il n'est qu'une partie de la nature, environné par une infinité d'autres, il est impossible qu'il ne soit pas souvent passif, obéissant non plus à sa propre causalité (autonomie) mais à celle des autres (aliénation). Comme lorsqu'on reçoit un pot de fleurs sur le crâne, par exemple. Ou qu'on est contraint d'obéir à des ordres qu'on réprouve : c'est moi qui opère, mais c'est autrui qui agit, qui est actif par mon biais…
Bref, voilà pourquoi il faut «payer le prix fort», lorsqu'on veut tenir à la fois ces deux axiomes, d'une part, que la pensée existe, et d'autre part que cela n'obère en rien le matérialisme : d'une intuition philosophique somme toute simple, on se retrouve projeté dans un système délirant de science-fiction complètement brindzingue, quoique parfaitement rationnel. Et encore n'ai-je rien dit de l'éternité, de l'espèce de largage supersonique de la cinquième partie de l'Éthique…
C'est la pierre d'achoppement de tout matérialisme, historique ou dialectique : il y a de la pensée, les idées ne sont pas matérielles, la pensée est d'une autre nature que les influx nerveux qui circulent dans le cerveau.
Comment alors échapper au dualisme, aux difficultés des rapports entre corps et esprit, à l'éventuelle suprématie de l'un sur l'autre, à la spirale qui aspire vers le trou noir de la superstition et la religion, comment affirmer le matérialisme contre l'idéalisme ?
Je ne vois que Spinoza, pour avoir édifié un système métaphysique qui soit un matérialisme parfaitement conséquent.
Mais pour cela, il faut payer le prix fort (et il ne s'agit pas de l'austérité de son œuvre, ni de la présentation au prime abord déroutante de l'Éthique). Le prix fort, c'est qu'il faut admettre que tout pense. La totalité de l'univers matériel existe aussi sous forme mentale (de toute chose matérielle il peut y avoir une idée), et allons-y carrément tant qu'on y est (mais il n'y a pas d'autre possibilité) : sous une infinité d'autres formes, que Spinoza nomme « attributs ». L'univers (« la Nature », dans l'Éthique, mais bien plus souvent « Dieu », ce qui est certes rebutant, bien qu'idoine pour le XVIIe siècle) est un auto-déploiement infini de lui-même (un peu à la manière du Big Bang, si l'on veut, mais l'image perturbe l'idée) en une infinité d'attributs dont chacun se déploie lui-même à l'infini. Une seule chose, un seul et même déploiement causal identique à lui-même sous quelque attribut qu'on l'appréhende (et dont l'expansion n'a pas de fin : nulle place pour la téléologie ou les causes finales, chez Baruch).
Il est difficile de penser cela.
Ainsi, n'étant constitué que de matière et de pensée, l'être humain ne peut concevoir, envisager, que ces deux attributs-là : l'étendue et la pensée. Mais chaque être réel (c'est-à-dire, dont il y a une idée vraie) existe aussi sous une infinité d'autres attributs, à jamais inconnus de nous, un peu comme des univers parallèles, en quelque sorte, mais ni mentaux ni matériels. Encore que le terme parallélisme, souvent employé pour désigner les rapports anhiérarchiques entre attributs, soit finalement mal à propos, puisqu'il y a identité totale entre tous les attributs.
Disons que la matière est la même chose que la pensée, à une légère nuance près. Et s'il y a identité, c'est parce que le réel n'est rien d'autre qu'un enchaînement de causes et de conséquences, à leur tour causales, et que c'est cette même et unique causalité qui s'exprime dans chaque attribut. De tout corps, il est une idée. À toute idée vraie, on peut donner corps, trouver le correspondant matériel de cette idée. Aucun arrière-monde, donc, évidemment. Et puisque l'être humain (par exemple) est une partie de la nature, il exprime une partie d'icelle — de la causalité qu'elle déploie — lorsqu'il est actif, lorsqu'il agit conformément à sa nature propre (pour aller vite, selon l'idée vraie de son corps), ce qui incidemment le rend joyeux. Mais puisqu'il n'est qu'une partie de la nature, environné par une infinité d'autres, il est impossible qu'il ne soit pas souvent passif, obéissant non plus à sa propre causalité (autonomie) mais à celle des autres (aliénation). Comme lorsqu'on reçoit un pot de fleurs sur le crâne, par exemple. Ou qu'on est contraint d'obéir à des ordres qu'on réprouve : c'est moi qui opère, mais c'est autrui qui agit, qui est actif par mon biais…
Bref, voilà pourquoi il faut «payer le prix fort», lorsqu'on veut tenir à la fois ces deux axiomes, d'une part, que la pensée existe, et d'autre part que cela n'obère en rien le matérialisme : d'une intuition philosophique somme toute simple, on se retrouve projeté dans un système délirant de science-fiction complètement brindzingue, quoique parfaitement rationnel. Et encore n'ai-je rien dit de l'éternité, de l'espèce de largage supersonique de la cinquième partie de l'Éthique…
D'autres êtres humains ont très bien mis en ligne l'Éthique, transformant avec astuce l'arborescence des propositions auxquelles renvoient les démonstrations en liens hyper-texte, et indiquant à quelles démonstrations ultérieures servira la proposition qu'on est en train de lire. Du beau boulot. Comme si l'hyper-texte avait été inventé tout exprès pour lire l'Éthique.
Monomanies :
Banalités de base,
bis repetitam,
matérialisme,
Spinoza
Autobiographie sonore de Fred Deux : récapitulatif
Voilà, ouf ! le chargement des 105 cassettes inédites enregistrées par Fred Deux entre 1963 et 1994 est terminé. Ça n'a pas été une mince affaire, que de rapatrier, convertir en mp3 à 128 kbps puis enfin déposer le tout chez DivShare. Si seulement Gallica proposait des lecteurs encapsulés, la chose aurait été nettement plus facile et rapide… Bon, je récapitule l'ordre d'écoute chronologique :
— le mieux est de commencer par l'espèce de préface explicative à ce monument sonore que Fred a donnée en 1964. On peut l'écouter et la télécharger sur ce billet. Fred a fourni en 1998 une version plus ramassée de ce récit, concentrée sur la découverte du magnétophone, sur la première plage du coffret À vif, ici ;
— puis on enchaîne sur les cassettes 2 à 25, que je n'ai pas téléchargées puisqu'elles ont été commercialisées en 1998 par André Dimanche : c'est le coffret À vif, à partir de la deuxième plage. En réalité, les professionnels de France Culture qui ont procédé à la numérisation, Alain Trutat et Madeleine Sola, ont effectué un léger travail de montage pour ce coffret, sans doute pour que chaque CD présente un récit logiquement homogène. Mais ces brèves coupures ne portent guère à conséquence ;
— ensuite viennent les cassettes 25 (face 2) à 79, disponibles ici (sauf la 55, absente du site Gallica et du catalogue de la BNF). Vu les difficultés auxquelles je me heurte pour parvenir à déplacer les fichiers au sein d'un compte DivShare, je n'ai pas encore réussi à remettre à leur place logique les cassettes 75 (face 2) à 79, qui sont venues s'intercaler entre la 25 (face 2) et la 26, au tout début. Mais j'espère pouvoir effectuer bientôt cette manipulation [Quelques heures plus tard, 18 mai, 01h55 : voilà, normalement tout est raccord !] ;
— enfin, on passe aux cassettes 80 à 132, disponibles ici. Je ne puis allonger plus le cadre de la liste de morceaux, qui dépasse ce qui est visible : il faut donc faire défiler la flèche du bas si l'on veut atteindre une plage au-delà de la cassette 119.
Voilà : quelque deux cent quinze heures d'écoute… le temps de tenir quelques saisons au coin du feu, comme dit l'ami Tristan, qui s'est pris au jeu avec passion.
Mais bien sûr, on peut aussi picorer au hasard, écouter dans n'importe quel ordre, peu importe. De toutes façons, les dernières cassettes sont beaucoup plus introspectives que narratives.
Je rappelle que pour télécharger les fichiers, il faut d'abord virer la réclame pour kadoo, puis cliquer sur "share" et sur "link to mp3". Je le conseille fortement, car les fichiers présents chez l'hébergeur DivShare ont une fâcheuse tendance à se transformer en fantômes au bout d'un certain temps : ils apparaissent toujours, mais plus rien n'est audible… Et malheureusement, je ne sais pas le moyen de télécharger d'un coup une liste de morceaux.
Bonus : quelques émissions captées sur France Culture au fil des ans : deux Surpris par la nuit, une série de Du jour au lendemain et une autre d'À voix nue, ici et là.
Je ne désespère pas de récupérer un jour, grâce aux magiciens de la liste ANPR (qui viennent de récupérer un millier de cassettes d'enregistrements de France Culture, de 1982 à 2004 !), une autre série d'entretiens avec Alain Veinstein, diffusée tout au long d'une semaine de 1990 et grâce à quoi j'avais découvert la partie sonore de l'œuvre de Fred Deux.
Avant Léaud, bien avant Léotard… Léautaud !


Voici les fameux entretiens que Paul Léautaud accorda à Robert Mallet, qui furent radiodiffusés entre décembre 1950 et juillet 1951 sur les ondes du Poste National et qui rendirent le vieil ours misanthrope célèbre du jour au lendemain.
Ils sont en cours de rediffusion nocturne sur France Culture depuis lundi 9 mai et jusqu'à vendredi prochain.
La suite à la fin de cette semaine, j'espère.
[Note du 23 mai : voilà, l'intégralité est désormais disponible]
[Note du 23 mai : voilà, l'intégralité est désormais disponible]
Merci, la liste ANPR !
Monomanies :
ANPR,
jeux de mots laids,
Paul Léautaud,
radiotage
mercredi 11 mai 2011
Varions les plaisirs
p. 33 : lire "par paquets" et non "par parquets".
[…]
p. 97 : lire "un traître restant fidèle" et non "un théâtre restant fidèle".
Trouvé dans la liste d'errata insérée dans le recueil de Jacques Werup (?), une brèche dans l'antarctique, édité dans la « Collection Matin du Monde » du Castor astral en 1985 et traduit du suédois par Jacques Outin.
Manque l'erratum sur le nom du poète, orthographié WÉRUP sur le premier plat et WERUP sur la page de titre.
Monomanies :
Cent mille milliards de poèmes,
méticulosité,
poésie involontaire
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