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Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.
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mercredi 9 mai 2012
« Un siècle pire que de fer » (pour mes moires)
Boris Donné, cet indispensable paléographe, délivrait le 10 février 2007 d'intéressantes clés au sujet du dernier film de Debord, In girum imus nocte et consumimur igni, lors d'une table ronde du cinéma L'Écran de Saint-Denis.
Toute ma gratitude à Shige ainsi qu'à l'Anonyme historique !
Monomanies :
Anonyme historique du blogue,
Boris Donné,
Debord,
Nous tournons dans la nuit…,
Shige
mercredi 11 avril 2012
Prière d'insérer (9)
Quand un ivrogne rencontre une statue, qu'est-ce qu'il lui raconte ? Qu'est-ce qu'elle lui répond ? Lui dit-il qu'elle est belle, émouvante, et qu'elle ressemble à la fille aperçue, un soir de saoulerie, ensanglantée, dans une rue obscure, et qu'il n'a jamais pu oublier ?
Lui dit-elle qu'elle est devenue statue un jour qu'elle avait trop peur de mourir ?
Monomanies :
Derf Nworb,
PDI
mercredi 7 mars 2012
Polémique : vil tort ?
De A en O, sans même penser à Barnabooth, le présent blogue ne fut au départ rien d'autre qu'une blague.
Une farce de potache, née d'une intéressante (ou futile, au choix) discussion entre commentateurs d'un défunt site, à propos de la retraduction par Gérard de Chergé du roman de Fredric Brown, La fille de nulle part, pour Rivages-Noir, en 2008.
Une révision, plutôt, puisque c'est le même excellent de Chergé qui avait pour la première fois traduit The Far Cry [1951] près de trente ans auparavant, à la demande du même excellent éditeur, François Guérif, qui dirigeait alors chez PAC la collection "Red Label", hélas vite faillie.
La discussion chez Les Moissonneuses, en septembre 2008, portait sur une comparaison entre les qualités respectives des deux traductions de Gérard de Chergé, et hormis les interventions de Jenny Suarez-Ames nous ne fûmes que deux à nourrir le feu : moi-même et un certain "Lexomaniaque", qui nous écharpions sous divers pseudonymes sur le sens itératif (ou non) du verbe "remplir".
Comme je n'arrivais pas à l'emporter dans cette discussion, j'ai fini par créer ce blogue au nom risible, où ledit "Lexomaniaque" est d'ailleurs un jour intervenu, et toujours à propos de traduction (mais du latin, cette fois).
Gérard de Chergé avait traduit ainsi le premier paragraphe du roman en 1979 :
Les yeux emplis d'une terreur soudaine, Jenny recula devant le couteau, sa main cherchant à tâtons derrière elle le bouton de la porte de la cuisine. Elle était trop effrayée pour hurler ; il n'y avait d'ailleurs personne pour l'entendre. Personne, à part l'homme qui venait vers elle avec le couteau — et cet homme était fou, il devait être fou. Sa main se referma sur le bouton, le tourna. La porte s'ouvrit sur les ténèbres et Jenny s'élança dans la nuit en courant. La mort se lança à sa poursuite.
Et en 2008, il révise légèrement de la façon suivante :
Les yeux remplis d'une terreur soudaine, Jenny recula devant le couteau, sa main cherchant à tâtons derrière elle le bouton de la porte de la cuisine. Elle était trop effrayée pour hurler ; d'ailleurs, il n'y avait personne pour l'entendre. Personne, à part l'homme qui venait vers elle avec le couteau — et cet homme était fou, il devait être fou. Sa main agrippa le bouton, le tourna. La porte s'ouvrit sur les ténèbres et Jenny s'élança dans la nuit. La Mort se jeta à sa poursuite.
Il se trouve que l'amie Adria Cheno, bibliomaniaque s'il en est, a récemment découvert Fredric Brown et qu'elle vient de lui rendre hommage sur son blogue en renvoyant à un site américain où l'on peut lire les incipit de la plupart de ses romans, dont The Far Cry :
Sudden terror in her eyes, Jenny backed away from the knife, her hand groping behind her for the knob of the kitchen door.
Grâce à quoi j'ai enfin trouvé le texte original de l'ouverture du roman, ici (quelque peu corrigé) :
Sudden terror in her eyes, Jenny backed away from the knife, her hand groping behind her for the knob of the kitchen door. She was too frightened to scream and anyway there was no one to hear, no one but the man who came toward her with the knife — and he was mad, he must be mad. Her hand found the knob and turned it ; the door swung outward into the night and she whirled through it, running. Death ran after her.
Bon, on va enfin pouvoir se mettre à bosser sérieusement.
Mais c'est Mickey qui a gagné.
Mais c'est Mickey qui a gagné.
lundi 5 mars 2012
jeudi 23 février 2012
Mise en bouche
Début de la dernière décennie du vingtième siècle. Après les joyeuses aventures de Berlin 38, des Free Martin et puis des Poissons Solubles, qui ne débouchèrent hélas sur aucun disque, Guetsch et Henri concoctent un album-concept d'une heure et demie, Les quatre saisons, signé « Pincemi et Pincemoi », qui ne circula qu'en cassettes, à quelques dizaines d'exemplaires.
L'un pond à tire-larigot des textes complètement loufdingues, l'autre compose, chante et joue de tous les instruments. On espère bien en proposer bientôt l'intégrale ici-même.
Pour l'instant, deux extraits : le morceau d'ouverture, Pincemi et Pincemoi, et le deuxième mouvement de la saga Les sports d'hiver :
Monomanies :
amours de toujours,
chansons entêtantes,
Free Martin,
Pincemi et Pincemoi
mercredi 15 février 2012
Le tout cauteleux diable peste
Et il arrivait parfois ce qui arrive à présent : George Weaver est en train de rouler sur le boulevard périphérique extérieur. Il y est entré porte de Châtillon. Il est deux heures et demie ou peut-être trois heures un quart du matin. Une section du périphérique intérieur est fermée pour nettoyage et sur le reste du périphérique intérieur la circulation est complètement bloquée. Sur le périphérique extérieur, il y a peut-être trois ou quatre ou au minimum deux cents véhicules par kilomètre. Quelques-uns sont des camions dont plusieurs sont extrêmement lents. Les autres véhicules sont des voitures particulières qui roulent toutes à faible vitesse, bien en-deçà de la limite légale. Plusieurs conducteurs sont ivres. C'est le cas de George Weaver. Il a bu huit verres de bourbon 4 Roses. D'autre part il a absorbé, voici environ trois heures de temps, deux comprimés d'un barbiturique puissant. L'ensemble n'a pas provoqué chez lui le sommeil, mais une euphorie tendue qui menace à chaque instant de se changer en colère ou bien en une espèce de mélancolie vaguement tchékhovienne et principalement amère qui n'est pas un sentiment très valeureux ni intéressant. George Weaver roule à moins de 80 km/h.
George Weaver est un homme de moins de cinquante ans. Sa voiture est un break Opel blanc sale. Le tissu des sièges est gris-noir, et de même l'ensemble des décorations intérieures de l'automobile. L'intérieur de George Weaver est sombre et confus, on y distingue vaguement des idées libertaires. Au tableau de bord de la voiture, au-dessus des cadrans, on ne voit pas de plaque métallique mate où seraient gravés le nom de George, son adresse, son groupe sanguin, ni de représentation merdeuse de saint Christophe. Par le truchement de deux diffuseurs — un sur chacune des portières avant — un lecteur de cédés diffuse à fort niveau des chansons françaises des années soixante : du Monique Morelli, du Marc Ogeret, du Nino Ferrer, du Gérard Manset. Mais pas seulement : je sais par exemple qu'à un moment, ce qui est diffusé est (Ghost) Riders in the Sky de Stan Jones, par Scatman Crothers.
La raison pour laquelle George roule ainsi sur le périphérique avec des réflexes diminués et en écoutant cette musique-là, il faut la chercher surtout dans la place de George dans les rapports de production. Le fait que George a presque tout perdu au cours de l'année n'entre pas en ligne de compte. Ce qui arrive à présent arrivait parfois auparavant.
Monomanies :
chansons entêtantes,
George Weaver,
Jean-Patrick Manchette
Trente ans après
Michel Ancilotti au chant (et qui gratouillait, aussi), son frère Henri au synthé, Cassado à la guitare, Raymond Valentin à la basse et Christophe Carfantan à la batterie.
Deux cassettes enregistrées, diffusées lors des concerts, et baste !
C'est bien loin, tout ça, et pas sûr que ça tienne encore le coup…
Mais une filiation s'est quand même dégagée : les Free Martin, d'abord, puis d'un côté le Cartel del Barrio et de l'autre Pincemi et Pincemoi, et maintenant Cheval Blanc, qui était tout minot à l'époque…
Monomanies :
abominables années quatre-vingt,
amours de toujours,
Cati Comba,
Cheval Blanc,
Guetch,
Pierrelatte
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