Voici bientôt quarante-cinq ans que Pierre Clastres s'est mortellement gamellé en bagnole, à 43 ans, sur « une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouvera », comme le clamait le générique d'une célèbre série télé de l'époque.
Ce fin penseur praticien foudroyé en pleine réflexion n'a pas peu compté pour nous autres, malgré la maigreur de ses publications.
Adonques France Cul rediffusait le 1er juin dernier un ACR du 18 février 1975 : Qu'est-ce que c'est que ces chefs sans pouvoir ?
Clastres s'y avère aussi malaisé à l'oral qu'il fut rétif à se faire photographier, à laisser des traces perso : ça devait le turlupiner de jacter aux micros du pouvoir, de devoir causer comme un chef (on ne l'imagine guère créer un compte FB ou une chaîne Ioutioube d'influenceur…)
Mais cela rend ce trésor tout aussi précieux aux oreilles qu'à la comprenette.
Avertissement légal
Ne perdez plus votre précieux temps de consommateurice à répondre à vos correspondants, les plus exigeants fussent-ils quant à la teneur conceptuelle ou la qualité des propos échangés : Hétéronomix™ se charge de tout ! Syntaxe et orthographe garanties parfaites et évolutives au fil des décrets.
Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.
jeudi 16 juin 2022
La société contre l'État ?
La lutte de Clastres !
mercredi 8 juin 2022
Divine surprise ou cabotinage ?
Rien certes de divin dans cette histoire pour l'ami Wroblewski, tout aussi indécrottablement athée que ma pomme, mais il conviendra tout de même que la coïncidence est assez stupéfiante, lui qui voici pile trois ans reçut un chèque de 45 € pour avoir posté une question banco au sujet de l'incipit de Tristes tropiques qui laissa cois les candidats : il sait que les questions arrivent en nombre aux sélectionneurs du Jeu des mille euros, qui trient celles qu'ils ont retenues selon leur niveau estimé de difficulté, et qu'une brassée sous enveloppes anonymes est confiée pour la semaine à l'animateur Nicolas Stoufflet, qui lui-même en présente pour chaque niveau de questions une dizaine aux candidats, parmi quoi ceux-ci piochent au hasard.
Bref, ça s'est passé dans l'émission diffusée avant-hier, lundi 6 juin, où une certaine Divina Cabo tentait sa chance, au moment de la troisième question bleue — et là c'est l'animateur qui en est resté coi :
(Soit dit en passant, c'est devenu sacrément galère de rapatrier le lecteur embarqué depuis quelques semaines : le tout nouveau tout beau site de Radio France étant d'une impéritie mammouthesque, il n'y a plus de bouton dédié à l'exportation des émissions : voici qu'il faut de nouveau jouer les acrobates du HTML !
L'astuce consiste à repérer dans le code-source de la page de l'émission le terme « diffusionId », de récupérer le charabia de lettres et chiffres qui suit puis d'insérer celui-ci à la place idoine dans le bloc de code de l'ancien lecteur — qui n'est évidemment pas le même pour France Cul et pour France Inter, ce serait trop simple !)
samedi 21 mai 2022
Un festival de gombrowiczeries
France Culture proposait dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 mai une Nuit spéciale intitulée « L'éternelle jeunesse de Witold Gombrowicz » qui, sauf erreur de ma part, sauf les deux Une vie, une œuvre de 1996 et 2007 et hormis les adaptations radiophoniques de ses œuvres, concentrait la totalité des émissions consacrées à ce génie tutélaire depuis sa disparition en 1969 — et présentées ici-même à plusieurs reprises depuis douze ans (cliquer sur les monomanies sous ce billet).
Présentation par Mathias Le Gargasson, coordinateur de cette Nuit :
Nuits magnétiques : « Futur antérieur : Witold Gombrowicz » (1ère diffusion : 7 mars 1984)
Surpris par la nuit : « Gombrowicz et la forme théâtre » (1ère diffusion : 25 avril 2001)
Les samedis de France Culture : « L'homme d'argile, ou Gombrowicz et le nouveau chant du monde » (1ère diffusion : 07 juillet 1979)
« Entretiens avec Witold Gombrowicz », par Gilbert Maurice Duprez (1ère diffusion : du 14 au 20 janvier 1970)
mercredi 11 mai 2022
Et tout ça, ça fait…
♬♪♫ D'excellents Français
Fidèles à Bousquet ♪♬♪
Une merveille de série d'émissions sur France Cul cette semaine, orchestrée par Alain Lewkowicz, glaçante de réalité crue et concrète.
Le 16 juillet 1942, des flics français cognent à des milliers de portes avant l'aube, arrachent de leur lit et de leurs rêves des familles entières – femmes, vieillards, enfants – et les embarquent en bus au Vel d'Hiv rue Nélaton, pour six jours d'entassement parmi jusqu'à treize mille personnes gradinées sur des strapontins sous une chaleur à crever, sans eau ni bouffe ni sanitaires, tout n'est qu'angoisse, douleurs, hurlements, terreur et infection.
Presque tous mourront, déportés par convois à bestiaux de camp en camp jusqu'à l'extermination finale.
Il est assez suffocant d'en entendre presque se réjouir dans cette série qu'un quart seulement des Juifs de France ont été exterminés sous l'Occupation.
Certes, par rapport à l'Allemagne, la Belgique ou la Pologne, c'est chouette, non ?
Un quart des Juifs d'un pays, pas grave, il en est resté les trois-quarts : adieu Sarah, Joseph, Rachel, Simon… qu'importent les vies auxquelles vous auriez pu prétendre, même si vous n'aviez pas l'âge de raison quand ils vous ont assassinés à Auschwitz !
(Bon, désolé, je m'emporte vite : c'est en fait dit au début du quatrième épisode pour rappeler qu'en France les Juifs ont été beaucoup plus aidés et secourus qu'ailleurs, et puis Jacques Semelin tempère juste après cette « question empoisonnée » en insistant sur le fait que la priorité est de ne jamais oublier les morts. Mais tout de même, pourquoi toujours se référer d'abord au pire ?)
En 2022, des milliers de civils ukrainiens sont morts de l'invasion russe depuis le 24 février, mais cela semble déjà de l'histoire ancienne.
Qui se souvient aujourd'hui des centaines de victimes du théâtre de Marioupol à la mi-mars ?
Qui se souviendra dans un mois de celles que les séides de Poutine acculent à mort depuis des semaines à Azovstal ?
D'ailleurs, qui se souvient de cet été 42 ?
mardi 5 avril 2022
Heureux qui connut l'I.S. ?
C'est au hasard de l'émission Être et savoir de tout à l'heure que j'ai découvert cette entêtante chanson de Ridan qui date de quinze ans…
… et qui m'a directos remémoré un détournement commis encore quinze ans avant :
samedi 26 mars 2022
Il ne se passe rien
(Journal moscovite, fin mars 2022)
IL NE SE PASSE RIEN.
Passez votre chemin.
Une opération spéciale est en cours.
Personne ne s'appauvrit.
L'économie est en pleine croissance.
lundi 29 novembre 2021
Cécile oint tout ça…
Cécile a été enterrée à La Châtre le 24 juillet 2020.
« Aveuglés par le soleil plombant, étourdis par l'émotion, nous err[i]ons au milieu des tombes comme dans un labyrinthe à la recherche d'une sortie de secours. » (Muriel Denis, Être Deux ou Les bandes magiques, 2021, p. 142)
Voici quelques paroles prononcées alors, emportées par le vent qui grondait aussi fort que le soleil poudrait :




