La chose mérite d'être signalée : Xavier Mauduit nous a gratifiés jeudi 4 décembre d'une émission sur Edward Abbey, à l'occasion de la sortie sur Arte d'un film sur le bonhomme – visible jusqu'au 19 juin 2026 sur la plate-forme de la chaîne – co-réalisé par sa patronne (à Mauduit) Elisabeth Quin, invitée de l'émission.
À ma connaissance, c'est la première fois qu'on cause d'Abbey sur les ondes publiques.
Juste une remarque : Elisabeth Quin évoque Un bon jour pour mourir, de Jim Harrison, mais on peut aussi songer à Léviathan, de Paul Auster.
Juste une remarque : Elisabeth Quin évoque Un bon jour pour mourir, de Jim Harrison, mais on peut aussi songer à Léviathan, de Paul Auster.
On mesurera la différence de qualité entre l'émission de Mauduit et celle diffusée voici deux semaines sur Sud Radio…


Où l'on remarque, dans la traduction en vf de l'extrait de Seuls sont les indomptés, diffusée par Mauduit sur France cul, qu'on fait dire à Kirk, un « Occidental » pour un « Westerner » pour dire cette contradiction américaine :
RépondreSupprimer« Basically you’re still an easterner… A Westerner likes open country so he has to hate fences and the more fences there are, the more he hates them… It’s true. You ever notice how many fences there are getting to be ? And the signs they got in ‘em… No hunting. No fishing. Private property. Closed area. Get moving. Go away. Get lost. Drop dead… And they got those fences that say : "This side’s jail and that’s the street." Or "here’s Arizona and that’s Nevada." Or "this is us and that’s Mexico." »
Ce qui implique que dans la langue de l'autochtone américain, le méchant capitaliste c'est « l'oriental », easterner, et le gentil subversif opposé aux clôtures et aux panneaux d'indic, le rousseauiste dirions-nous en français, « l'Occidental ».
J'dis ça, j'dis rien... à l'adresse des jeunes Paris-Huitards relativistes ou vieux Ulmiens déterministes imbibés de culture géo-pol.
Très juste, schizo, mais ce film-là est loin d'être le seul à conspuer les enclos et les barbelés, qui restreignent le déploiement de la liberté humaine : c'est le cas de toute une flopée de magnifiques ouaistèrnes, et l'on peut étendre aux films qui célèbrent l'individu farouche et solitaire et libre, entravé par les contraintes de la société (voir par ex. "Le Rebelle" (The Fountainhead, King Vidor 1949).
RépondreSupprimerLa célébration de l'individualisme et de la liberté de circuler sont les deux faces d'une même médaille
The Fountainhead, hymne à la liberté... d'entreprendre le skyscraping. Manifeste libertarien de Ayn Rand, comme vous savez, George. Apologie de la conquête spatiale immobilière, efficience foncière enrobée d'esthétique SM riefensthalienne, western verticalisé fantasmatique que le Donald désormais le plus célèbre incarne rétrospectivement. Décadence puis grandeur du bâtisseur, falsification du refus de parvenir dont le rebond érotique s'affirme à la trique à la 28e minute. La schlague du travailleur, quand c'est les autres qui bossent et qu'on entasse, stakhanovisme ricain.
RépondreSupprimerJe préfère le dramatique opus dialectique du triptyque horizontal Marvin, Wayne, Stewart de Ford où Liberty Valance l'emporte sur (Freedom) Pilgrim sous l’œil déjà mauvais de notre bon vieux Lee.
Liberté ou liberté ?
Oups ! c'est évidemment Freedom qui l'emporte sur Liberty dans le Ford.
RépondreSupprimer« That's my steack, Valance ! »
RépondreSupprimerChouette analyse, schizo, mais les deux sont des chefs d'œuvre.
Jeu : trouvez, dans les extraits ci-dessus cités où Lee Van Cleef apparaît dans L'Homme qui tua Liberty Valance, les trois références réutilisées par Sergio dans Il était une fois dans l'Ouest.
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