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mardi 21 août 2012

Le vrai est un moment du faux


« C’est une sorte de loi absolue que partout, en tous lieux, à toute période de la civilisation, dans toute croyance, au moyen de quelle discipline que ce soit, et sous tous les rapports, — le faux supporte le vrai; le vrai se donne le faux pour ancêtre, pour cause, pour auteur, pour origine et pour fin, sans exception ni remède, — et le vrai engendre ce faux dont il exige d’être soi-même engendré. »

Paul Valéry, « Petite lettre sur les mythes » [1928], in Variété
(Œuvres, tome I, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1957, p. 966)

mercredi 8 août 2012

Faire son miel d'un Mystère à miroirs


Deux années durant, de l'automne 2009 à l'été 2011, un jeu tout à fait inédit, à mon sens passionnant, inconcevable avant l'avènement du Net, a titillé par intermittences la réflexion d'une grosse demi-douzaine de commentateurs du blogue du Tenancier, Feuilles d'automne.
Il se trouve que j'ai moi-même été vite happé par cette amusante intrigue, assez rapidement dénommée Le Mystère de l'Abeille, qui se nourrissait de colis réels et de commentaires dans l'univers virtuel dudit blogue. Une douzaine d'envois postaux, savamment confectionnés par un Mystérieux Expéditeur (qui au final s'est avéré être une Mystérieuse Expéditrice, démasquée par le plus que sagace SPiRitus), et des centaines de commentaires au fil des comptes rendus de chaque envoi, échafaudant un ahurissant ensemble d'hypothèses plus ou moins délirantes (et d'hilarantes échappées…) pour tenter de percer l'identité de la personne responsable de ces délicates mais mystérieuses attentions. J'en ai même été l'un des derniers destinataires, lors du bouquet final de l'été dernier.

Tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route de campagne… Ah non, zut, pardon! !
Cela a commencé par une auberge abandonnée, et par un homme resté trop longtemps sans sommeil pour continuer son voyage et, euh, hem… Tonnerre de bon sang de fouchtra, qu'est-ce qui m'arrive ? Serais-je envahi à ce point ?



Bon, reprenons.
Tout a commencé sur Feuilles d'automne par un innocent aveu : l'ami Otto a déclaré un jour ingénument qu'il n'avait jamais rien lu de Jacques Abeille, écrivain délicieux s'il en est (et dont Article XI, ici-même bloguerollé, publie d'ailleurs d'intéressants propos dans son dernier numéro, actuellement en kiosques : un très bel entretien avec l'ami Lémi). Quelque temps plus tard, il recevait par voie postale un émoustillant opuscule de cet auteur, sans savoir à qui il devait ce bienfait. Il s'en est ouvertement interrogé sur le blogue du Tenancier, par le biais d'un billet, ignorant qu'il déclenchait ainsi un sacré branle…

Cette aventure para-surréaliste s'est close voici un an avec l'aveu obligé de sa ludo-machiavélique instigatrice, qui s'est d'ailleurs mise depuis à en dévoiler les arcanes (dans les billets intitulés La Pieuvre par neuf) mais voici que l'affaire connaît un étonnant rebondissement, une sorte de deuxième saison : depuis quelques semaines, plusieurs commentateurs de Feuilles d'automne — dont moi-même — reçoivent à nouveau de mystérieux envois explicitement apparentés au Mystère de l'Abeille

Les éléments de ce satané feuilleton en cours sont ici, dans l'ordre chronologique :

Première saison :

1) Le Mystère de l'Abeille
2) La suite du retour du mystère de l'Abeille 2
3) Le Mystère de l'Abeille, épisode 3
4) Mystère épisode 4 : bientôt sur vos écrans
5) Le Mystère, épisode 4
6) ??????????
7) Le Mystère de l'Abeille, épisode 5
8) Ouane maure Mystère pour la route !
9) Mystère, le retour !
10) Mystérieux Expéditeur (7) : honte sur moi…
11) Sibylline, la cousine à Séraphine
12) La réponse du Mystérieux Expéditeur !
13) Le Mystérieux Expéditeur défouraille à tout-va
14) Le dernier des Mystères de l'Abeille ?
15) Trois Rouge Impair et Manque : le ME met SPiRitus au vert


Dévoilement des coulisses :

1) Incroyable mais VRAI
2) La Pieuvre par neuf — Premier tentacule
3) La Pieuvre par neuf — Deuxième tentacule
4) La Pieuvre par neuf — Troisième tentacule, premier tronçon
5) La Pieuvre par neuf — Troisième tentacule, deuxième tronçon
6) La Pieuvre par neuf — Troisième tentacule, troisième tronçon
(À suivre…)

Deuxième saison :

0) Quiz - Pause
1) What's new Copycat ?
2) What's new Copycat ? (Où l'on s'interroge sur un contenu)
3) What's new Copycat ? (Une histoire de voyance…)
4) Où Adria reçoit également des envois mystérieux…
5) Au tour d'Otto !
6) Fine lame, le ME taraude George…
7) Mon  facteur a bien du mérite
8) La clé du Mystère ?
9) Et puis Grégory reçut, à son tour, une enveloppe…
10) Une pièce de plus au dossier
11) Voilà que ça continue…
12) Où Monsieur Pop9 écrit au Tenancier
13) Où Pop9 adresse un codicille au Tenancier. Où le Tenancier montre cet appendice. Ce qui s'ensuit…

samedi 28 juillet 2012

Plagiaire par anticipation de l'OULIPO, au XVIIIème siecle !



[...] A l'instant qu'on l'appelle, arrivant plein d'audace,
Au haut de l'alphabet l'A s'arroge sa place,
Alerte, agile, actif, avide d'apparat,
Tantôt, à tout hasard, il marche avec éclat ;
Tantôt d'un accent grave acceptant des entraves,
Il a dans son pas lent l'allure des esclaves,
A s'adonner au mal quand il est résolu,
Avide, atroce, affreux, arrogant, absolu,
Il attroupe, il aveugle, il avilit, il arme,
Il assiège, il affame, il attaque, il allarme,
Il arrête, il accable, il assomme, il abat,
Mais il n'est pas toujours accusé d'attentat ;
Avenant, attentif, accessible, agréable,
Adroit, affectueux, accomodant, affable,
Il préside à l'amour ainsi qu'à l'amitié ;
Des attraits, des appas, il prétend la moitié ;
A la tête des arts à bon droit on l'admire ;
Mais sur-tout il adore, et si j'ose le dire,
A l'aspect du Très-haut sitôt qu'Adam parla
Ce fut apparemment l'A qu'il articula.

Balbutié bientôt par le Bambin débile,
Le B semble bondir sur sa bouche inhabile ;
D'abord il l'habitue au bon-soir, au bon-jour ;
Les baisers, les bonbons sont brigués tour-à-tour.
Il demande sa balle, il appelle sa bonne ;
S'il a besoin de boire, aussitôt il ordonne ;
Son babil par le B ne peut être contraint,
Et d'un bobo, s'il boude, on est sûr qu'il se plaint.
Mais du bégue irrité la langue embarrassée,
Par le B qui la brave, à chaque instant blessée,
Sur ses bords, malgré lui, semble le retenir,
Et tout en balançant, brûle de le bannir.

Le C rival de l'S, avec une cédille,
Sans elle, au lieu du Q dans tous nos mots fourmille,
De tous les objets creux il commence le nom ;
Une cave, une cuve, une chambre, un canon,
Une corbeille, un coeur, un coffre, une carrière,
Une caverne enfin le trouvent nécessaire ;
Par-tout, en demi-cercle, il court demi-courbé,
Et le K, dans l'oubli, par son choc est tombé.

A décider son ton pour peu que le D tarde,
Il faut, contre les dents, que la langue le darde ;
Et déjà, de son droit, usant dans le discours
Le dos tendu sans cesse, il décrit cent détours.

L'E s'évertue ensuite, élancé par l'haleine,
Chaque fois qu'on respire, il échappe sans peine ;
Et par notre idiôme, heureusement traité,
Souvent, dans un seul mot, il se voit répété.
Mais c'est peu qu'il se coule aux syllabes complettes ;
Interprète caché des consonnes muettes,
Si l'une d'elles, seule, ose se promener,
Derrière ou devant elle on l'entend résonner.

Fille d'un son fatal que souffle la menace
L'F en fureur frémit, frappe, froisse, fracasse ;
Elle exprime la fougue et la fuite du vent ;
Le fer lui doit sa force, elle fouille, elle fend ;
Elle enfante le feu, la flamme et la fumée,
Et féconde en frimats, au froid elle est formée ;
D'une étoffe qu'on froisse, elle fournit l'effet,
Et le frémissement de la fronde et du fouet.

Le G, plus gai, voit l'R accourir sur ses traces ;
C'est toujours à son gré que se groupent les graces ;
Un jet de voix suffît pour engendrer le G ;
Il gémit quelquefois, dans la gorge engagé,
Et quelquefois à l'I dérobant sa figure,
En joutant à sa place, il jase, il joue, il jure ;
Mais son ton général qui gouverne par-tout,
Paraît bien moins gêné pour désigner le goût.

L'H, au fond du palais hazardant sa naissance
Halète au haut des mots qui sont en sa puissance ;
Elle heurte, elle happe, elle hume, elle hait,
Quelquefois par honneur, timide, elle se tait.

L'I droit comme un piquet établit son empire ;
Il s'initie à l'N afin de s'introduire ;
Par l'I précipité le rire se trahit,
Et par l'I prolongé l'infortune gémit.

Le K partant jadis pour les Kalendes grecques,
Laissa le Q, le C, pour servir d'hypothèques ;
Et revenant chez nous, de vieillesse cassé,
Seulement à Kimper il se vit caressé.

Mais combien la seule L embellit la parole !
Lente elle coule ici, là légère elle vole ;
Le liquide des flots par elle est exprimé,
Elle polit le style après qu'on l'a limé ;
La voyelle se teint de sa couleur liante,
Se mêle-t-elle aux mots ? c'est une huile luisante
Qui mouille chaque phrase, et par son lénitif
Des consonnes, détruit le frottement rétif ;

Ici I'M, à son tour, sur ses trois pieds chemine,
Et l'N à ses côtés sur deux pieds se dandine ;
L'M à mugir s'amuse, et meurt en s'enfermant,
L'N au fond de mon nez s'enfuit en résonnant ;
L'M aime à murmurer, l'N à nier S'obstine ;
L'N est propre à narguer, l'M est souvent mutine ;
L'M au milieu des mots marche avec majesté,
L'N unit la noblesse à la nécessité.

La bouche s'arrondit lorsque l'O doit éclore,
Et par force, on déploie un organe sonore,
Lorsque l'étonnement, conçu dans le cerveau,
Se provoque à sortir par cet accent nouveau.
Le cercle lui donna sa forme originale,
Il convient à l'orbite aussi-bien qu'à l'ovale ;
On ne saurait l'ôter lorsqu'il s'agit d'ouvrir,
Et si-tôt qu'il ordonne il se fait obéir.

Le P plus pétulant à son poste se presse
Malgré sa promptitude il tient à la paresse ;
Il précède la peine, et prévient le plaisir,
Même quand il pardonne, il parvient à punir ;
Il tient le premier rang dans le doux nom de père,
Il présente aux mortels le pain, si nécessaire !
Le poinçon et le pieu, la pique et le poignard,
De leur pointe, avec lui, percent de part en part ;
Et des poings et des piés il fait un double usage,
Il surprend la pudeur et la peur au passage.
Là, de son propre poids il pèse sur les mots ;
Plus loin, il peint, il pleure et se plaît aux propos :
Mais c'est à bien pousser que son pouvoir s'attache,
Et pour céder à l'F il se fond avec l'H.

Enfin du P parti je n'entens plus les pas,
Le Q traînant sa queue, et querellant tout bas,
Vient s'attaquer à l'U qu'à chaque instant il choque,
Et sur le ton du K calque son ton baroque.

L'R en roulant, approche et tournant à souhait,
Reproduit le bruit sourd du rapide rouet ;
Elle rend, d'un seul trait, le fracas du tonnerre,
La course d'un torrent, le cours d'une rivière ;
Et d'un ruisseau qui fuit sous les saules épars,
Elle promène en paix les tranquilles écarts.
Voyez-vous l'Éridan, la Loire, la Garonne,
L'Euphrate, la Dordogne et le Rhin et le Rhône,
D'abord avec fureur précipitant leurs flots
S'endormir sur les prés qu'ont ravagés leurs eaux ?
L'R a su par degrés vous décrire leur rage...
Elle a de tous les chars, la conduite en partage ;
Par-tout, vous l'entendrez sur le pavé brûlant
Presser du fier Mondor le carosse brillant,
Diriger de Phryné la berline criarde,
Et le cabriolet du fat qui se hazarde ;
La brouette en bronchant lui doit son soubressault,
Et le rustre lui fait traîner soin chariot ;
Le barbet irrité contre un pauvre en désordre,
L'avertit par une R avant que de le mordre ;
L'R a cent fois rongé, rouillé, rompu, raclé,
Et le bruit du tambour par elle est rappellé.

Mais c'est ici que l'S en serpentant s'avance,
A la place du C sans cesse elle se lance ;
Elle souffle, elle sonne, et chasse à tout moment
Un son qui s'assimile au simple sifflement.

Le T tient au toucher, tape, terrasse et tue ;
On le trouve à la tête, aux talons, en statue :
C'est lui qui fait au loin retentir le tocsin ;
Peut-on le méconnaître au tic-tac du moulin ?
De nos toits, par sa forme, il dicta la structure,
Et tirant tous les sons du sein de la nature,
Exactement taillé sur le type du Tau
Le T dans tous les temps imita le marteau.

Le V vient ; il se voue à la vue, à la vie ;
Vain d'avoir, en consonne, une vogue suivie,
Il peint le vol des vents, et la vélocité ;
Il n'est pas moins utile, en voyelle, usité,
Mais des lèvres hélas ! le V s'évadait vite,
Et l'humble U se ménage une modeste fuite ;
Le son nud qu'il procure, un peu trop continu,
Est du mépris parfait un signe convenu.

Renouvelé du Xi, l'X excitant la rixe,
Laisse derrière lui l'Y grec, jugé prolixe,
Et, mis, malgré son zèle, au même numéro
Le Z usé par l'S est réduit à zéro.

Antoine-Pierre-Augustin de Piis, Harmonie imitative de la langue française [extrait final]

mercredi 18 juillet 2012

« Dure à l'Ex », cède l'Ex (2)



Sur Oméga, la loi est suprême. Cachée ou révélée, sacrée ou profane, elle gouverne les actions de tous les citoyens sans exception, du bas au sommet de l’échelle sociale. Sans la loi, il n’y aurait pas de privilèges pour ceux qui font la loi ; celle-ci est donc une nécessité absolue. Sans la loi et son application rigoureuse, Oméga serait un inimaginable chaos où les droits d’un homme cesseraient dès qu’il ne pourrait plus les faire respecter. Cette anarchie serait la fin de toute société — et, surtout, elle serait la fin des anciens de la classe gouvernante, parvenus aux plus hauts honneurs, mais dont l’habileté dans le maniement des armes a depuis longtemps décliné.
La loi est donc indispensable.
Mais Oméga est une société criminelle, composée d’individus ayant enfreint les lois de la Terre. En dernière analyse, c’est une société qui met l’accent sur l’effort individuel, une société dans laquelle celui qui enfreint la loi est vainqueur, une société qui non seulement admet le crime, mais l’admire et le récompense, une société où le non-respect des règles n’est jugé que dans la mesure de son succès ou de son insuccès.
Le résultat paradoxal est une société criminelle avec des lois absolues destinées à être enfreintes.
[…]
Par conséquent, on doit simultanément enfreindre la loi et lui obéir. Ceux qui n’enfreignent jamais la loi ne montent jamais dans l’échelle sociale. Ils sont pour la plupart rapidement tués, car ils n’ont pas suffisamment d’initiative pour survivre. Pour ceux qui […] violent la loi, la situation est quelque peu différente. La loi les punit avec une sévérité absolue, à moins qu’ils ne parviennent à s’en tirer.
[…]
Sur Oméga, le type d’homme le plus élevé est l’individu qui connaît la loi, apprécie sa nécessité, connaît les pénalités qu’il risque en lui désobéissant, et réussit à l’enfreindre ! C’est le criminel idéal, le citoyen idéal !

Robert Sheckley, Oméga [The Status Civilization, 1960],
éditions OPTA, 1968, « Galaxie spécial » 9, n°55 bis, pp. 73-74 (tr. fr. Frank Straschitz)


Petit Louis, oui !


Camille


Quoi qu'y s'passe


Et je l'aime encore


Y'en a qui disent…


Faut qu'ça glisse



jeudi 21 juin 2012

À [se] vautrer, coûte que coûte…

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J'ai pris le train en route avec pas mal de retard, il est vrai, mais c'est quand même la meilleure invention radiophonique qu'on ait entendue depuis bien longtemps — toutes choses égales par ailleurs.

Ils se vautrent dans la suffisance, l'ignorance, la débilité et l'ignominie, donneurs de leçons, lui souvent libidineux, elle déconcertante de bêtise ou de snobisme, eux deux toujours parfaitement abrutis ; ils ne comprennent rien à rien, incultes, complètement insensibles aux supposées souffrances d'autrui, et j'en passe, mais ils nous font nous vautrer de rire.
On n'est pas loin de l'esprit de Hara-Kiri, l'humour bête et méchant, avec certes quelques différences de nuances dues à la spécificité du support radiophonique, mais qui fait rejaillir aujourd'hui la finesse inouïe de ce génie-là.

Plus d'une centaine d'émissions disponibles à la réécoute, depuis le 16 janvier 2012, dont la plupart sont de la meilleure eau (saumâtre).
Par exemple :

L'homme qui était soit-disant mythomane (19 juin 2012)


L'homme qui voulait une place dans le train (7 juin 2012)


La femme qui avait encore deux ou trois choses faire ici (31 mai 2012)


L'homme qui aimait le vieux contemporain (29 mai 2012)


L'homme qui se souvenait de son enfance (28 mai 2012)


La femme qui ne suçait pas que de la glace (14 mai 2012)


L'homme qui était hypocondriaque (28 février 2012)

mercredi 9 mai 2012

« Un siècle pire que de fer » (pour mes moires)

Boris Donné, cet indispensable paléographe, délivrait le 10 février 2007 d'intéressantes clés au sujet du dernier film de Debord, In girum imus nocte et consumimur igni, lors d'une table ronde du cinéma L'Écran de Saint-Denis.





Toute ma gratitude à Shige ainsi qu'à l'Anonyme historique !