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vendredi 13 mars 2009

Les gouvernements passent, la police reste

Ils ne nous trouvèrent pas — même si ce n’était que partie remise, puisque nous n’étions pas dans le maquis, que la police connaissait nos lieux d’habitation et que nous avions la certitude d’y être cueillis quelques heures plus tard, ou quelques jours si nous estimions la situation assez préoccupante pour nous réfugier provisoirement chez des sympathisants — et, comme à chaque fois que nous nous montrions plus rusés que la police (et c’était, je le dis en toute immodestie, assez souvent), nous en retirâmes une certaine satisfaction exaltée, élargie encore par le sentiment que si elle utilisait contre nous de si grands moyens c’était que nous ne rêvions pas, que nous étions engagés sur la bonne voie. Aujourd’hui, il me semble que nous aurions persisté moins longtemps dans cette exaltation si une partie au moins de la police, à commencer sans doute par son ministre, n’avait partagé notre rêve, même si elle devait l’envisager de son côté comme un cauchemar. Je n’en veux pour preuve que l’insistance avec laquelle certains inspecteurs, lors des interrogatoires qu’il nous arrivait de subir, nous demandaient, et pas sur le ton de la plaisanterie, ce que nous ferions d’eux après la révolution, ajoutant parfois que nous aurions besoin d’une police forte, expérimentée, et que le mieux serait de nous appuyer sur celle qui existait auparavant. Aussi aveugles que nous quant aux chances de succès de nos entreprises, les policiers qui nous tenaient ce langage manifestaient du moins, quant à l’essence même de la révolution, une lucidité dont nous étions incapables.

Jean Rolin, L'organisation, Gallimard, 1996 [rééd. folio n°3153], p. 34 sqq.

Crevures immondes !

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rendu aujourd'hui son verdict :
Julien restera incarcéré.


On apprend en outre ceci :
Mercredi 11 mars, Ivan et Farid ont été convoqués devant les juges d’instruction pour une audition sur l’instruction en cours. Mais surtout, il s’agissait pour le parquet et les juges de demander leur réincarcération sous prétexte qu’ils seraient en récidive de violation de contrôle judiciaire (voir « le "cadeau" de la juge antiterroriste : durcissement du contrôle judiciaire d’Ivan et Farid » sur http://nantes.indymedia.org/article...). Les flics les auraient vus ensemble à certains rassemblements de solidarité avec Isa (incarcérée à ce moment-là). Leur contrôle judiciaire leur interdisait « d’entrer en contact de quelque manière que ce soit ». Le Juge des Libertés et de la Détention, M. Maton, a donc suivi les réquisitions du procureur. Et Farid a été amené à la prison de la Santé dans la soirée. Ivan, quant à lui, ne s’est pas présenté à sa convocation (lire la suite sur indy grenoble).

jeudi 12 mars 2009

Discutons-en

« Parce qu’il nous semble que la répression n’est pas uniquement le fait des flics, des médias, des politiciens et de leurs souteneurs, mais que l’on exige également de nous de participer quotidiennement à notre propre servitude.

À partir de là, quelles oppositions à la répression ?

Mardi 17 mars 2009
De 19h à 22h au CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris

M° Rue des Boulets

Prix libre en solidarité avec Kalimero,
caisse de soutien aux inculpés de la guerre sociale. »

mercredi 11 mars 2009

Skippy… il s'appelle Skippy…

Un garçon pas comme les autres



« Deux choses remplissent l'esprit d'admiration et de crainte incessantes :
le ciel étoilé au-dessus de moi, et la loi morale en moi.»

Kant, gourou ?

mardi 10 mars 2009

Intraitable à traduire


D'autres traducteurs que Saisset ont proposé leur propre version française du Traité politique : Charles Appuhn au début du XXe (rééd. GF Flammarion), Madeleine Francès en 1954 (sans doute la pire de toutes, chez Gallimard, sous le titre Traité de l'autorité politique), Sylvain Zac en 1968 (Vrin), et plus récemment Pierre-François Moreau (Réplique, 1979) et Charles Ramond (PUF, 2005 ; le texte n'est plus celui que donnait l'édition Gebhardt des années 30, Omero Proietti s'étant chargé d'un nouvel établissement). Verne en aurait également fourni une traduction, me souffle-t-on curieusement (sous toutes réserves, donc).
Voici les traductions Appuhn et Moreau du passage dont il était question ici voici peu (chap. V, § 4) :
Si dans une Cité les sujets ne prennent pas les armes parce qu'ils sont sous l'empire de la terreur, on doit dire, non que la paix y règne, mais plutôt que la guerre n'y règne pas. […] Une Cité, faut-il dire encore, où la paix est un effet de l’inertie des sujets conduits comme un troupeau, et formés uniquement à la servitude, mérite le nom de solitude plutôt que celui de Cité.

Si les sujets d'un corps politique ne recourent pas aux armes parce que la terreur les paralyse on doit y voir absence de guerre plutôt que paix. […] En outre, un corps politique où la paix dépend de l'inertie des sujets que l'on conduit comme un troupeau uniquement formé à l'esclavage, mérite plus justement le nom de solitude que celui de corps politique.
Ces problèmes de traduction incitent incidemment à se plonger dans ce texte fondateur qu'est Défense et illustration de la langue française (1549) de Joachim du Bellay — une vieille connaissance, dans ces eaux-ci (pas Zola) —, qui écrit notamment, au chapitre VI de son traité :

Mais que dirai-je d'aucuns, vraiment mieux dignes d'être appelés traditeurs
que traducteurs ? vu qu'ils trahissent ceux qu'ils entreprennent exposer, les frustrant de leur gloire, et par même moyen séduisent les lecteurs ignorants, leur montrant le blanc pour le noir : qui, pour acquérir le nom de savants traduisent à crédit les langues dont jamais ils n'ont entendu les premiers éléments, comme l'hébraïque et la grecque…

samedi 7 mars 2009

La jeunesse n'attend pas le nombre des années


Ils ne passent pas toutes leurs journées à se décérébrer, sur le plateau de Millevaches.

vendredi 6 mars 2009

Attendre, encore et toujours attendre

Ce vendredi 6 mars, après un nouveau rejet de la demande de mise en liberté de Julien C. par le Juge des Libertés et de la Détention (alors qu’un autre JLD, dessaisi depuis, avait choisi le 19 décembre 2008 de le libérer), la cour d’appel devait déterminer si ce rejet était fondé.
Elle a mis son jugement en délibéré : verdict vendredi 13 mars.