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vendredi 31 juillet 2009

Avis de recherche

On avait complètement oublié que GWFW, dans une vie bien antérieure, s'était attaché à reconstituer la liste chronologique de l'intégralité des ouvrages publiés dans la collection 10/18 (Union Générale d'Édition) jusqu'à fin 1985, du n°1 (Descartes, Discours de la méthode, suivi de Méditations métaphysiques) au n°1735 (Lewis, Sam Dodsworth), la suite n'étant guère difficile à retracer.
Un travail de bénédictin forcené, vu l'absence totale de catalogue général de la collection. Des journées entières, dans les années 80, alors que le monde basculait inexorablement vers celui de maintenant, passées dans le lacis discret des travées du troisième étage de Joseph Gibert, à délicatement arracher, en fin de volumes soigneusement choisis, les précieuses listes indiquant les ouvrages disponibles à la date d'impression ; à hanter les librairies vétustes pour tenter de récupérer d'anciens bons de commande 10/18. Des semaines (au total, sur une quinzaine d'années) à percer de pesants mystères, à repérer errances, incohérences et revirements dans l'attribution des numéros aux volumes de la collection.

Le Ferdydurke de Gombrowicz, dans sa délicieuse première traduction (signée « Brone », c'est-à-dire l'auteur lui-même aidé d'amis argentins guère plus francophones), avait été réédité en 10/18 sous le n°385-386. Lorsque Christian Bourgois en a demandé une nouvelle traduction à Georges Sédir, les mollets sont devenus des cuisses et l'ouvrage a été réédité sous le n°741.
De même, Les infortunes de la vertu, de Sade, a connu deux éditions dans la collection : l'une, sous le triple numéro 239-240-241, suivie de Historiettes, contes et fabliaux ; puis une édition simple, sous le n°399.
De même pour la correspondance entre Héloïse et Abélard, d'abord parue sous le titre Lettres au n°188-189, puis rééditée (dans une version sans doute complétée) au n°1309 avec inversion de l'ordre des auteurs (Abélard et Héloïse, Correspondance, dans la série "bibliothèque médiévale" dirigée par Paul Zumthor).
Un abrégé du livre de Norbert Wiener, Cybernétique et société, avait été publié dès les débuts de la collection, sous le n°56. Lorsqu'en 1971 Christian Bourgois et Dominique de Roux décidèrent de le rééditer dans son intégralité, il fut annoncé sous le n°547-548. Mais c'est l'essai de François Perroux, Indépendance de la nation, qui reçut ce numéro. Le texte intégral du Wiener parut un peu plus tard, sous le n°569-570.
Le texte de Perec, Lusson et Roubaud, Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go, qui a longtemps figuré au catalogue (bizarrement assorti d'une interdiction à la vente aux mineurs !), n'est en réalité jamais paru dans la collection. Pareil pour L'art magique, de Breton.
En fin de bien des volumes des années soixante, le pamphlet de Mitterrand, Le coup d'État permanent, figure au n°396 du catalogue. C'est en fait un autre roman de Sade, Histoire secrète d'Isabelle de Bavière, qui est paru sous le n°396-397. Le texte de Mitterrand avait semble-t-il été édité auparavant, sous le n°296. Dans ces listes, une faute de frappe sur un seul chiffre peut conduire à des abîmes de perplexité.

Mais ceci n'est rien par rapport aux numéros fantômes, aux exaspérants trous dans le suivi de la numérotation.
Au cours de l'année 1969, le n°436 a été escamoté, après la parution des quatre tomes du Traité d'économie marxiste d'Ernest Mandel. Ce n'est qu'en 1977 (comme quoi certains, au sein de l'UGE, se souciaient tout de même de la continuité de la numérotation…) que ce numéro a été rajouté sur le volume suivant, Heureux les pacifiques de Raymond Abellio, initialement n°437-438 et ainsi devenu n°436-437-438, mais en réalité 436°°° puisqu'à cette époque, sans doute pour alléger la présentation, le principe de la numérotation multiple avait été abandonné : les volumes parus antérieurement et réimprimés n'étaient alors plus désignés que par leur premier numéro d'origine, suivi d'un nombre d'étoiles correspondant à la quantité de numéros initiaux.
Pendant longtemps, le n°1000 n'a jamais existé. Bien des années plus tard, il a été attribué à la réédition dans la collection du texte de Vernon Sullivan, J'irai cracher sur vos tombes, sous la signature de son véritable auteur.
Le triple numéro 597-598-599 désigne dans quantité de catalogues le recueil du cinéaste Dziga Vertov, Articles, journaux, projets. Mais cet ouvrage, sans doute longtemps ajourné, ayant en fait paru sous le n°705, aucun livre réel ne correspond au triple numéro susdit.

Pour clore cette passionnante aventure, voici la liste des numéros de la collection dont nous ne savons toujours pas à quels livres ils sont censés correspondre, ni même si ceux-ci existent :
426-427
466
619 à 621
787
878
952
961
968
1066
1561
1610
1634
1659
1666
1733
1734
(il se peut que nous ayons déjà réduit les incertitudes concernant ces sept derniers numéros. Mais cette partie de notre reconstitution du catalogue se trouvant sur le disque dur d'un antique notebouque auquel nous n'avions plus touché depuis six ans, et dont la pile d'horloge a apparemment fondu sur la carte-mère, nous sommes présentement dans l'incapacité d'y accéder…)

8 urbanités attiques:

Jérôme Leroy (ex maison Smith-Garcia) a dit…

Belle histoire, toute borgesienne. J ai le Abellio, des De Roux aussi je crois et je viens de trouver nles memoires de la Palatine que je n avais jamais vu trainer nulle part
J ai aussi un masques et fantomes de Lorrain que je n ai plus jamais vu ensuite

George WF Weaver a dit…

Les mémoires de la Palatine : n° 45. Effectivement, je ne crois pas qu'il ait jamais été réédité dans la collection, depuis cette présentation sur fond blanc.
Masques et fantômes : n° 882 (série "fins de siècles", dirigée par Hubert Juin).
Il y a trois Dominique de Roux en 10/18 :
La mort de Céline (n° 421)
Gombrowicz (n° 628)
Maison jaune (n° 1029).

George WF Weaver a dit…

… Dominique de Roux, qui reprit les rênes de la collection (fondée en 1962 par Paul Chantrel) aux côtés de Christian Bourgois en 1968, et qui fut le seul journaliste français présent à Lisbonne en avril 1974, au moment de la Révolution des Œillets.

Jérôme Leroy (ex maison Smith-Garcia) a dit…

L' etau se reserre
La jeune fille au ballon rouge de De Roux a dû aussi être rééditée circa 1994. Mais je suis loin de ma bibliothèque

George WF Weaver a dit…

Possible : je me suis pour ma part arrêté en 1985, d'abord parce qu'il n'y a plus, à compter de 1986, de rupture dans la continuité de la numérotation (à la lecture des catalogues successifs); mais surtout, à cause de l'inflexion prise au début des années 80 par la politique éditoriale de la collection, qui se consacrait dorénavant presque exclusivement à la littérature, jusqu'à ce que la collection "grands détectives", commercialement juteuse, prenne une importance démesurée. L'époque avait tourné la page de Mai 68, et les beaux jours des sciences humaines étaient révolus.
Je suis allé voir sur Ouiqui, pour de Roux : c'était vraiment un curieux bonhomme, qui émargeait au SDECE, apparemment. Je lui sais une gratitude immense d'avoir tant bataillé pour introduire Gombrowicz en France, mais il ne paraissait guère sympathique (on le voit, me semble-t-il, dans l'une des rares émissions consacrées de son vivant à Céline, récemment rééditée en DVD : une sorte de Pimko, en fait, quoique d'un autre genre).

George WF Weaver a dit…

Rien à voir, mais LEB m'a fait à plusieurs reprises part de son très vif désir de vous revoir, ne serait-ce que le temps d'un verre, quand vous passerez par ici.

Jérôme Leroy (ex maison Smith-Garcia) a dit…

Moi aussi ce sera avec plaisir
sinon, c est bien les barjots
Je me souviens avoir aussi louve basse en 1018
ce post me force a un exercice plaisant qui est de visualiser ma bibliotheque a des çilliers de kilometres Chamfort et La Rochefoucauld aussi, tiens

George WF Weaver a dit…

Exercice amusant, en effet. Mémoire visuelle. Le rangement, très important. Les deux tiers de la mienne sont en cartons dans un entrepôt en banlieue depuis deux ans, faute de place. Très frustrant. Mais même dans celle qui m'est accessible, chez moi; je passe encore des heures à chercher tel ouvrage, faute d'étagères permettant un classement rigoureux…
J'ai lu récemment un très joli opuscule au sujet des bibliothèques trop fournies : Jacques Yonnet, Des bibliothèques pleines de fantômes. L'auteur possède quelque 30000 livres, et raconte très plaisamment les problèmes que cela pose. Il faut que j'en fasse un billet, mais je suis accablé de procrastination.

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