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lundi 26 juillet 2010

Un vulgaire autre feu les menace : solidarité tous azimuts !

Le sinistre de l'Intérieur aurait porté plainte contre ces deux sites, rapport à des « atteintes à l'honneur de la police » (discret clin d'œil aux assassins de Pierre Goldman).

mardi 20 juillet 2010

Concerto de listes



On pouvait entendre hier soir sur France-Culture un intéressant entretien avec Bernard Sève à propos de son dernier essai : De haut en bas : philosophie des listes (Seuil, 2010).
Coïncidence : il se trouve que la veille, l'Atelier de Création Radiophonique rediffusait l'émission du 30 mars 2008, un « essai radiophonique » de Claude Closky, Plusieurs fois, précisément constitué d'une succession de listes. En voici deux extraits :





Et puis, tiens, l'émission dans son entier, puisque sous peu elle ne sera plus disponible sur le site de France-Cul (et puisque l'astuce que j'avais dégottée pour réécouter à l'envi d'anciennes émissions ne fonctionne plus depuis la réorganisation de leur site, voici deux mois). Quelques quintessences de l'abomination qui nous enserre :

Celui-là honnissait la maladie du travail et fut emporté par le travail de la maladie.


J’aurais pu mourir à cinq ans dans les brouillards soufrés des Dombes
J’aurais pu mourir à dix ans dans les geôles des curés jésuites
J’aurais pu mourir à vingt ans dans les djebels de l’Algérie
J’aurais pu mourir à trente ans dans une tire vraiment pourrie
J’aurais pu mourir à quarante, sous les grenades des CRS
J’aurais pu mourir à cinquante carbonisé par le travail
J’aurais pu mourir à soixante liquéfié par un amour fou
Mais je vais crever à septante d’un cancer placé au rectum !
Se faire sodomiser par la dame à la faux
Quel calvaire inhumain pour un vieil hétéro !

Arthur, 2010
Merci à Charles Tatum, Jr et à Pop9, chez qui on trouvera les liens idoines.

dimanche 18 juillet 2010

Deux vils morts, hein…



On se veut
On s'enlace
On s'en lasse
On s'en veut


Louise de Vilmorin

Merci à Charles Tatum Jr : cela faisait longtemps que je n'avais pas pensé à ce magicien qu'est Švankmajer.

jeudi 24 juin 2010

Invitation à venir à la campagne prendre le frais, une nourriture saine et abondante et des « bitures »

À Alphonse Allais

Je t'attends samedi car, Alphonse Allais, car
À l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive ! Oh ! la campagne !
Allons — bravo ! — longer la rive, au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.

Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombres, thé, des poires et des pêches…
Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit.

Et, le verre à la main, — t'es-tu décidé ? Roule —
Elle verra, là mainte étude s'y déroule,
Ta muse étudiera les bêtes ou les gens !

Comme aux Dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne),
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne...
Amusé tu diras : « L'Hébé te soûle, eh ! Jean ! »

Jean Goudezki, août 1892


Jean Goudezki (1866-1934), de son vrai nom Édouard Goudez, était un joyeux drille du Chat Noir, mais par d'autres côtés un triste sire. Voici ce qu'en dit François Caradec, dans son Alphonse Allais (Belfond, 1994, pp. 282-283) :
Il est très vite connu dans les milieux montmartrois ; il fréquente les soirées de La Plume avec Allais, Auriol, Goudeau, Darien […] ; il publie en 1893 Les Vieilles Histoires, poésies mises en musique par Désiré Dihau (un Lillois) qu'illustre un lointain cousin du compositeur, Henri de Toulouse-Lautrec ; puis Les Montmartroises en 1895 ; fait représenter une revue, Au Parnasse, au théâtre d'ombres du Chat Noir en 1896 ; suit les tournées du Chat Noir en province (Gabriel Montoya le soupçonne d'avoir participé à la rédaction des biographies fantaisistes au verso du programme de la dernière tournée, en 1897) ; publie un recueil de contes chez Juven, Hercule, ou la Vertu récompensée en 1898. Ce que ses amis ne disent pas, c'est qu'il est farouchement antisémite et anti-dreyfusard. Les Premières Cartouches, « poésies satiriques politiques », qui paraissent en mars 1900 sous une couverture de Forain, ont été publiées l'année précédente dans L'Antijuif ; le titre devait être, précisément, Les Chants du prépuscule. Leur violence a certainement dû lui fermer quelques portes.

Il aura en tout cas accompli ce tour de force inégalé : le premier sonnet holorime de langue française.
En 1904, à 38 ans, il abandonne la versification et regagne son pays natal, Louvignies, pour y prendre la direction d'une usine de pâte de pommes. Et Caradec de citer ici un poème datant de 1895 :
Quand les poètes ne vont plus,
C'est qu'ils sont vidés ou perclus.
Les uns — par des sorts inégaux —
Ramassent de jolis magots,
Et les autres — les vieux mégots.