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vendredi 6 février 2009

La mort n'est rien pour nous


AMOR, AMOR, AMOR…

Quand t'aimes pas… quand tu recules et tu te vois, et tu la vois, là, que tu la désires pas : tu sais qu'elle va venir, et déjà ça te pèse, ce rendez-vous convenu, fade comme les automnes de ton enfance, à t'ennuyer au fond de la classe enneigée de lenteur affligeante — la main dans les cheveux sales ou tachée d'encre — et qui pue la pesanteur de la grisaille, des jours gris comme des gribouillages de crayons rongés au sang, des gribouillis laids comme des poux, des hiboux dans la bouche, genoux cognés sur les caillasses, écorchés au bois du bureau riquiqui, l'odeur tiède, écœurante, du chou mais jamais de bijoux… elle va venir et ça y est tu te dis qu'elle n'est pas si belle, qu'elle est assez moche même, parfois franchement affreuse, presque répugnante. Alors elle entre, trémoussante et tout sourire et oui c'est vrai : elle est sacrément laide ! Tu sues de stupeur et t'affaisses un peu : ça devient trop dimanche, tout ce poids de désir épuisé, évanoui, le creux diluant de l'ancienne vitalité perdue — alors tu l'observes en cherchant un angle qui l'embellisse un minimum, un coin de regard qui lui rendrait brièvement un bout de sa grâce passée, mais en vain.
Tu fais l'amour et d'un coup s'ouvre un gouffre, tu t'extirpes en arrière et te regardes accomplir ces gestes ahanants et grotesques, si loin de la perte de soi, et tu vois son visage se tordre en grimaces d'extase qui l'enlaidissent encore plus… Un jeu mécanique à pleurer, exténuant et nu.
Tu es assis au cinéma à côté d'elle et tu lui prends la main nonchalamment, un petit signe de tendresse. Et sa main frétille dans la tienne, alors tu dois frétiller aussi, montrer que toi aussi tu frétilles pour elle… mais plus le film avance, moins tu arrives à suivre l'intrigue : tu ne penses plus qu'à ta main, que tu voudrais retirer maintenant, soustraire à cette prison gluante, car ton geste si léger tout à l'heure pèse à présent du poids de l'amour qui se replie : pourquoi la lui dérober à cet instant-ci, cette main, « pourquoi fait-il ça ? », va-t-elle penser, est-ce à cause de l'embrassement passionné que se prodiguent sur l'écran des personnages dont tu te soucies comme d'une guigne ? Ne serait-ce pas un signe, cette petite rupture, cette séparation des mains désormais moites de s'être tant frottées ?…
Et puis merde ! brusquement tu arraches ta main à la sienne et tu te grattes le nez.

3 urbanités attiques:

thé a dit…

C'est rien qu'une histoire d'amour

thé a dit…

"Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri"

George WF Weaver a dit…

«Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.»
«Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu…»
Loreley, Ondine, Ophélie… femmes énamourées, histoires d'O.

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