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Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.
mardi 16 avril 2024
Nul ne sait ce que peut le corps
mardi 17 octobre 2023
De la fiabilité à la faillibilité :
hume Hume !
Même si d'aucuns ne peuvent sentir Hume, n'empêche qu'il tranche à vif dans nos préjugés quand il cause de cause…
C'est toute la semaine sur France Khü, et c'est toujours roboratif de se remettre en tête la différence entre causalité logique et prévision psychologique automatisée par la répétition de l'habitude :
ce dont je n'ai pas l'expérience,
c'est ce qui n'est pas donné. »
Ça donne bigrement à réfléchir, puisque pour Spinoza, en substance, toute chose est cause et toute cause est chose (merci, Alexandre Matheron !)
dimanche 15 octobre 2023
L'essence du cinéma
Comme disait un rigolo, L'image-temps et L'image-mouvement.
Sept minutes sans nul dialogue en plein film d'action à gros budget, en 1973.
Une force qui va.
Et ça roule sans gras ni heurts comme un travelling parfaitement lubrifié.
Oui, c'est décidément une affaire de morale — comme disait encore un autre.
lundi 14 août 2023
La plus saine des philosophies
On l'appelle Trinita (Lo chiamavano Trinità…) d'Enzo Barboni, 1970
« Tu me demandes "comment je sais que ma philosophie est la meilleure de toutes celles qui ont jamais été enseignées dans le monde, ou qu’on enseigne encore, ou qui seront jamais enseignées dans le futur". Voilà une question que je serais bien plus en droit de te poser à toi. Car, pour ma part, je ne prétends pas avoir trouvé la meilleure philosophie, je sais seulement qu’est vraie celle que je comprends [ego non praesumo, me optimam invenisse Philosophiam ; sed veram me intelligere scio]. Comment le sais-je, demanderas-tu ? De la même manière, te répondrai-je, que tu sais, toi, que les trois angles d’un triangle sont égaux à deux droits. »
vendredi 11 août 2023
Censure pompidolo-giscardo-lepéno-chiraquienne ?
Encore un coup de poignard visant Spinoza !
(Il revenait à peine d'une tendre rencontre avec Yasser Arafat)
Les vidéos litigieuses en question demeurent néanmoins visibles ici, si on cherche une alternative douce aux somnifères.
jeudi 8 juin 2023
dimanche 1 janvier 2023
Au gui l'an neuf, que décide-t-on :
de bonnes résolutions
ou une bonne révolution ?
« Telle est donc la fin à laquelle je tends : acquérir cette nature supérieure et faire de mon mieux pour que beaucoup l’acquièrent avec moi ; car c’est encore une partie de ma félicité de travailler à ce que beaucoup connaissent clairement ce qui est clair pour moi, de façon que leur entendement et leur désir s’accordent pleinement avec mon propre entendement et mon propre désir. Pour parvenir à cette fin il est nécessaire d’avoir de la Nature une connaissance telle qu’elle suffise à l’acquisition de cette nature supérieure ; en second lieu, de former une société telle qu’il est à désirer pour que le plus d’hommes possible arrivent au but aussi facilement et sûrement qu’il se pourra. »
lundi 17 octobre 2022
Devenir Dieu en trois-cinq sec et puis basta !
En réalité c'est assez simple, il suffit juste de tenir la rampe kantienne de l'autonomie de la volonté (que le chieur vétilleux de Königsberg prône notamment dans la Critique de la raison pratique et qu'il résume pour mieux en assener la matraque morale agnostique dans les Fondements de la métaphysique des mœurs) dans ce domaine très concret qu'est la pratique de la vie quotidienne.
Soi-dit en passant, faut pas se laisser rebuter par les titres pompeux de ces bouquins qui semblent de prime abord à mourir d'ennui : en fait, tout bien réfléchi, c'est juste comme des recueils de recettes de cuisine ces machins-là : t'épluches des patates ou ton cerveau, c'est tout pareil, et puis t'enfournes à 180° mais ce qui compte c'est de surveiller attentivement la cuisson, après tu peux te régaler et miam-miam.
Mais quand même, pour pimenter un chouïa faut mâtiner ça d'un peu de Nietzsche et de Schopenhauer — qu'étaient pas les derniers des cons non plus, faut pas déconner !
Et puis Marx, aussi, ça mange pas de pain (le jeune, j'entends, celui du fétichisme de la marchandise évidemment — çui-là qu'aimait pas trop Althusser-le kiki-ALN)
Les totos parisiens des années 80, ils ont tenté de pratiquer la chose (au sens de la praxis, pour les ceusses qui suivent) mais ils étaient talés de tant de branleurs (voulez-vous qu'on incluse au féminin pour moins genrer si ça vous dérangeait ?) que ça a foiré total au final, et puis c'est parti en bastons de keupons et en OD de junks, peu ont survécu et merci la Sécu.
Et puis surtout, ces couillon[ne]s qui parlaient (vaguement) d'extra[di]ction de la plus-value, ils en restaient à cette monumentale connerie hégelienne et téléologique qu'est cette saloperie débile, la dialectique — ternaire comme la Sainte Trinité et d'ailleurs toujours catho au fond (et même au tréfonds de ton petit cul d'enfant de chœur pour les plus immondes de ces salopes de curetons).
Mais bon, z'avaient quand même du savoir-faire dans les paluches, les totos, faut reconnaître : raccorder tuyaux cuivre et plomb avec soudure à l'argent, niquer les compteurs EDF par tous les moyens pensables pour tirer le jus gratis, ouvrir n'importe quel immeuble et le visiter tranquillou voir si on pouvait s'y installer, balancer du béton dans les regards de ces crevards de la Compagnie des Eaux pour les empêcher de venir nous couper le flotte, zouiller n'importe quelle serrure, ouais, y'avait de la pensée pratique : géniales astuces improvisées et système D à fond la caisse.
Ces joyeux enfants innocents ignoraient hélas tout de Spinoza, l'anti-Hegel par excellence, mais peu importe : la théorie, au fond, ils n'en avaient rien à foutre — ce qui comptait c'était surtout de créer un superbe bordel qui niquait par surcroît (et par endroits) les ultimes ressorts du capitalisme « néo-libéral », comme z'y disent (comme s'il y avait des variantes plus ou moins bénéfiques ou néfastes de capitalisme !) : propriété privée, héritage, sécurité & C°.
Moi je suis arrivé sur le tard dans cette histoire mais aussitôt je m'en suis délecté, j'en ai fait mon miel et mon régal.
Apprendre des trucs simples pour glisser entre les failles du système.
La PAO vient juste de surgir, les proprios sont même pas au jus, on peut leur présenter des fiches de paie entièrement bidouillées et louer un appart' sans aucune légitimité.
On peut imprimer des logos EDF à coller au dos d'un bleu de travail et ainsi trifouiller en toute quiétude dans l'armoire électrique d'une cité HLM pour éradiquer le compteur de son logement.
C'est génial.
On comprend l'intérêt d'apprendre, de s'initier.
Internet déboule au milieu des années 90, on comprend que tous les systèmes de contrôle vont changer de nature, qu'il va falloir savoir hacker.
C'est comme ça, sur le tas, qu'on devient Dieu.
Au sens de Hobbes plutôt que de Nietzsche cette fois : « Homo homini Deus ».
On sait désormais construire une maison (tout, mais absolument tout : maçonnerie, menuiserie, charpente, couverture, plomberie, installation électrique, isolation, évacuation écolo), on sait utiliser tous les outils et manipuler toutes les machines, on sait conduire tous les véhicules (pas les avions, faut pas déconner !), on sait à peut près tout construire, tout réparer, tout cultiver, on est à même de faire à bouffer des plats exquis pour 80 personnes, on sait corriger les textes aussi, et les mettre en page, et même traduire au besoin, et construire un site internouille et bidouiller du code HTML, et on s'y connait en câblage RJ45, etc., etc. — et chaque fois qu'on dépanne des potes en trois-cinq sec parce qu'on sait le faire et qu'au fond c'est archi-simple, on apparaît comme un dieu à leurs yeux, à eux qui ont tellement été endoctrinés à croire que rien n'est possible sans des spécialistes et des experts et qu'il faut prendre rendez-vous et que dès qu'un truc marche plus il est plus rien bon qu'à jeter.
Bah non, en vrai c'est pas ça.
C'est facile de devenir Dieu.
Il suffit d'apprendre.
dimanche 18 septembre 2022
LE BEAU T'ARRIVE
Jamais j'avais entendu pareille invocation*.
Rimbaud aurait kiffé grave, foi de GWFW !
On est à tant d'années-lumière de l'extraordinaire interprétation de Ferré en 1982 — qui du coup en paraît quasi… stalinien !
Allez, toute cette émission de Laure Egoroff est d'une telle beauté époustouflante, je la rebalance ici :
* Comme on dit « incarnation », le fait de prendre chair. Ici, accomplir par la seule voix.
« Je sais bien que ces noms signifient autre chose dans l’usage commun. Mais mon dessein est d’expliquer non pas le sens des mots, mais la nature des choses, et de les désigner par des termes dont la signification usuelle ne s’éloigne pas complètement de la signification avec laquelle je veux les employer ; qu’il suffise que je le fasse observer une fois pour toutes. »
Spinoza, Éthique III, Explication faisant suite à la définition 20 des Affects (trad. Pierre-François Moreau, PUF, coll. « Épiméthée », 2020, p. 327)
dimanche 7 août 2022
Comment je suis devenu communiste libertaire
Cette année, le feuilleton-fleuve de France Culture qui court sur juillet-août, c'est Vie et destin, titre pléonastique s'il en est de Vassili Grossman.
Autant j'avais été happé par Le comte de Monte-Cristo voici quatre ans, autant là ça me disait vraiment rien, non merci, pas envie.
Mais allez savoir pourquoi, aujourd'hui je me suis demandé pourquoi ça me débectait ainsi a priori.
J'ai un peu réfléchi… et puis j'ai compris — enfin plutôt, je me suis souvenu : je confondais avec L'homme de Kiev, de Malamud.
L’homme de Kiev, que ce farceur de Deleuze cite en épigraphe de son Spinoza. Philosophie pratique. L’homme de Kiev est ce pauvre juif qui a acheté pour 1 kopek une traduction de L'Éthique de Spinoza chez un brocanteur tout en regrettant de gaspiller un argent durement gagné, et qui confesse à ses juges :
« Plus tard j’en ai lu quelques pages, et puis j’ai continué comme si une rafale de vent me poussait dans le dos. Je n’ai pas tout compris, comme je vous l’ai dit, mais dès que l’on touche à des idées pareilles, c’est comme si on enfourchait un balai de sorcière. Je n’étais plus le même homme. »
Ah oui.
Ah oui, c'est vrai, j'avais complètement zappé !
Le film, je veux dire (car franchement, qui a lu Malamud ?) : le film de Frankenheimer de 1968, The Fixer (John Frankenheimer, oui, le tâcheron pas si tache qui a brièvement brillé avec French Connection 2).
Enfin, plutôt… la première diffusion de ce film sur l'antenne de l'ORTF.
Mais, euh, en fait non, même pas la diffusion : la semi-diffusion.
Chaque fois qu'on en cause, on oublie une chose : c'était les vacances, les vacances “de Pâques” comme on disait alors — pas encore “de printemps” contrairement au Bon Marché ou à aujourd'hui avec toute la galerie qui fayote.
Hé oui : les vacances de Pâques, deux grosses semaines en Normandie chez Daddy et Mamic, youpi !
Neuf ans et toutes mes dents, traire les vaches du fermier d'à côté M. Héry assis sur mon seau à m'en foutre plein les pognes de lait mousseux bien chaud, toutes les joies de la campagne normande éclatante sous les feux de ces trente glorieuses ignorant leur crépuscule galopant (enfin, les menaces de “mise à l'air” — comprenez se faire déculotter par les fils des voisins et frotter bite et cul d'orties — c'était pas vraiment la joie, plutôt grave flippant à vrai dire, mais heureusement c'était pour rire).
Mais la joie suprême, avouons-le en petit citadin que j'étais alors, c'était pas au grand air, c'était pas veaux vaches cochons même si des pensées impures m'égaraient déjà vers Perrette et son pote olé : non, l'extase c'était ce machin magique où je voyais des rêves inimaginables, ce gros globe bulbeux en noir et blanc souvent brouillé, c'était… LA TÉLÉ !
Des images qui bougeaient pour raconter des histoires, une avancée technologique fondamentale qui me faisait frétiller comme un daguet (attention ! j'ai pas dit “bander comme un cerf”) mais que mes parents dédaignaient horriblement, inconscients qu'ils étaient des efforts herculéens que je devais déployer à la récré pour faire mine d'avoir vu la veille Winchester 73 comme tous les copains aux yeux illuminés (« Et tu t'souviens, quand y dégaine avant que l'aut' ait eu l'temps d'dire ouf ? — Ah ouais, sensass ! ») : fallait en affabuler, des trésors d'ingéniosité pour raconter les bribes de tous ces films dont j'ignorais tout, pour faire croire que moi aussi j'avais vu, et surtout que mes parents “avaient la télé”…
Mes grands-parents ne connaissaient rien à ce truc (la télé) dont ils venaient de meubler leur salon, ni d'ailleurs à l'histoire du cinéma, tout au plus Mamic se souciait-elle de l'avis de l'OCFC ou d'un éventuel carré blanc : le vrai péril, c'était l'heure-guillotine du dodo : ils éteignaient sans pitié le poste cinq minutes avant la fin d'un suspense insoutenable.
Mais ce soir-là, ça semblait peinard et assuré : les Dossiers de l'écran passaient en première partie L'homme de Kiev pendant que mes grands-parents avaient disparu je ne sais où, j'étais sûr de voir le film jusqu'au bout.
Je sortais à peine de table, bien mangé bien bu, le ventre bien tendu tout repu de la délicieuse soupe de ma Mamic, et voilà qu'un infâme geôlier chargé d'apporter une écuelle de soupe à notre malheureux héros injustement emprisonné, voilà-t-y pas que beuârk ! il crache sous ses yeux un gros mollard dedans avant de la lui passer !!!
C'est franchement dégueulasse, je savais pas qu'on montrait des choses aussi peu chrétiennes à la TÉLÉ, mais en plus voilà que ça se met à déconner à plein tubes sur l'écran, y'a un texte qui défile en bas du film qui continue, ça dit en gros que le président est mort et que le film va s'arrêter, y va y avoir un flash spécial.
Moi je pige que dalle mais une chose est bien claire : le salopard a craché exprès dans l'assiette de soupe du pauvre juif spinoziste innocent à la Kafka, et le président Pompidou il a tellement pas supporté pareille saloperie qu'il a calanché direct et du coup on m'a sucré la fin du film, pour une fois que j'allais enfin tout savoir !
J'en ai conçu une telle haine pour Pompidou* et le capitalisme dont il s'était fait le trente-glorieux héraut, j'ai tellement ressenti cette double injustice dont se trouvaient frappés tant le pauvre homme de Kiev que moi-même, qu'après mûre réflexion, ni une ni deux, hop ! j'ai hopté pour le communisme libertaire.
Et voilà toute l'histoire, et que s'il vous plaît nul althussérien ne vienne me causer à ce propos de surdétermination, merci, j'en ai bien assez pour mon compte quoi que cela puisse bien vouloir dire !
* Pompidou, ce saligaud glaireux prétendument poète, plutôt prouteux tout court, cette baudruche enflée qui bien loin des glamoureux pou pou pidou de Marylin se faisait nuitamment héliporter depuis l'Élysée vers des ruisseaux bien plus frais pour tenter d'y pêcher l'écrevisse à grands renforts de têtes de porcs (c'est du moins ce qu'affirme fortement Raoul Rabut** dans Un tas d'œufs frits dans un chapeau et je ne puis que souscrire sans réserve à cette puissante conviction en opinant du chef de haute trahison).
** Le plus sympathique des trois frères Tellenne, qui jadis fondèrent le rigolo groupe Jalons avant de plus ou moins vite se muer comme des serpents en sinistres conseillers de Pasqua, animateurs téloche niveau Zéro ou de manif pour tou(te ?)s du genre Frijide Barjot. Leur acmé date du 13 janvier 1985, quand ils organisèrent une manif de protestation contre le froid au métro Glacière (après avoir pétitionné pour une candidature de Pompidou à la présidentielle de 1981, mais c'est une autre histoire…)
mercredi 18 mai 2016
Bégueule ou Spinoza ?
Un sabotage en beauté, en une ligne et demie

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mardi 26 avril 2016
jeudi 18 février 2016
La sagesse ne viendra jamais
lundi 28 décembre 2015
« Des effets naturels doivent avoir des causes naturelles… »
Une émission du 20 octobre 1962, sélectionnée par Annie Le Brun pour sa Nuit rêvée pile-poil 52 ans plus tard et rediffusée sur France Culture dans la nuit du 23 au 24 décembre dernier :
Très spinoziste, au demeurant, ce Dialogue entre un prêtre et un moribond, et fort peu pascalien…
jeudi 26 novembre 2015
Le doute même est rendu impossible
Précisons qu'à l'époque où Spinoza écrit ce Traité, le terme « Turcs » désigne par métonymie les tenants de l'empire ottoman.
mardi 3 février 2015
On déballe tout ou on se déballonne ? (24)
[Ah non ! c'était déjà le 22, gaspe !]
« Res quæcunque potest esse per accidens causa lætitiæ, tristitiæ vel cupiditatis. »
vendredi 12 décembre 2014
On déballe tout ou on se déballonne ? (22)
N'importe quelle chose peut être par accident cause de Joie, de Tristesse ou de Désir.
Proposition XXVII :
Toi.
Les mots qu'on ne peut pas dire, parce qu'ils n'existent pas (d'avoir été tant attendus, tendu). Se dire : soi, ou des choses, comme des rideaux qui soudain se rabattent en sourcils froncés, en sardines mises en boîte.
Et sinon, ailleurs, des enclaves d'esclaves à n'en plus finir, à n'en plus finir de pleurer sur des airs de Bach.
vendredi 27 juin 2014
Sénèque…
partie remise ?
Concernant la démarcation de Spinoza par rapport aux Stoïciens, on lira avec profit cet excellent article d'Alexandre Matheron :





















