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mardi 24 février 2009

Imagine


Imagine ghosts, gods and devils.
Imagine hells and heavens, cities floating in the sky and cities sunken in the sea.
Unicorns and centaurs. Witches, warlocks, jinns and banshees.
Angels and harpies. Charms and incantations. Elementals, farmiliars, demons.
Easy to imagine all of those things : mankind has been imagining them for thousands of years.
Imagine spaceships and the future.
Easy to imagine : the future is really coming and there'll be spaceships in it.

Is there then anything that's really hard to imagine ?
Of course there is.

Imagine a piece of matter and yourself inside it, yourself, aware, thinking and therefore knowing you exist, able to move that piece of matter that you're in, to make it sleep or wake, make love or walk uphill.
Imagine a universe — infinite or not, as you wish to picture it — with a billion, billion, billion suns in it.
Imagine a blob of mud whirling madly around one of those suns.
Imagine yourself standing on that blob of mud, whirling with it, whirling through time and space to an unknown destination.

Imagine !

Imaginons des fantômes, des dieux et des démons.
Imaginons des enfers et des paradis, des villes flottant dans les cieux et d'autres englouties sous la mer.
Licornes et centaures, sorciers et magiciens, djinns et farfadets.
Anges et harpies, charmes et incantations, esprits élémentaires, familiers, démoniaques.
Tout cela est facile à imaginer : depuis des millénaires les hommes l'imaginent.
Imaginons des astronefs et l'avenir.
Facile, encore : l'avenir approche à grands pas et il sera peuplé d'astronefs.

Y a-t-il quelque chose qui soit difficile à imaginer ?
Oui, bien sûr.

Imaginez un peu de matière avec vous enfermé dedans, vous qui avez conscience d'exister ; qui pensez et savez donc que vous existez, vous qui êtes capable de faire remuer cette matière dans laquelle vous êtes prisonnier. Vous pouvez la faire dormir et s'éveiller, faire l'amour ou se promener sur les collines.
Imaginez un univers — infini ou non, selon votre convenance — empli de milliards de milliards de soleils.
Imaginez une boule de boue qui tourne comme une folle autour d'un de ces soleils.
Imaginez-vous debout sur cette boule de boue, tournant avec elle, tournant dans le temps et l'espace vers une destination inconnue.

Imaginez !

Fredric Brown, 1955
Ce texte, qui clôt le recueil paru en français sous le titre Lune de miel en enfer, compte parmi les plus spinozistes de Brown. Il nous fait immédiatement apercevoir la différence entre l'idée et l'image : certaines choses (relevant souvent de la métaphysique, ou des mathématiques) sont impossibles à se représenter sous forme d'image, comme l'infini, l'identité, un espace à plus de trois dimensions… alors qu'elles sont faciles à concevoir, à penser, à définir. Inversement, ce qui est facilement imaginable peut être difficile à concevoir sans description, sans représentation imagée : un tableau, par exemple. Pour d'autres choses, cependant, les deux modes d'appréhension mentale sont possibles : on peut tout aussi aisément se représenter un cercle qu'en comprendre la définition mathématique, qu'elle soit descriptive (« courbe plane fermée dont tous les points sont à égale distance d'un centre ») ou génétique (« figure décrite par une ligne droite dont une extrémité est fixe, l’autre mobile », ainsi que l'écrit Spinoza à Tschirnhaus dans la Lettre LX), cette dernière expliquant en termes de mouvement et de repos le processus de production de cette portion d'étendue qu'est le cercle.

1 urbanités attiques:

Adria Cheno a dit…

Que nous direz-vous de "L'univers en folie" cher GWFW ?
Impatiente je suis...!

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