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jeudi 17 octobre 2019

« J'aime les gens qui doutent…


… mais voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps. »



Cette sympathique chanson d'Anne Sylvestre passait à la fin de l'émission Les chemins de la philosophie de ce matin, qui elle-même concluait une intéressante série consacrée à Hume, intitulée « L'art d'être sceptique » (mais dont le titre initial était « David Hume sans foi ni loi », semblerait-il).



Hume est souvent négligé dans l'histoire de la philosophie — le mérite principal qu'on daigne lui reconnaître étant d'avoir « tiré Kant de son sommeil dogmatique » — parce qu'il a renié son magistral Traité de la nature humaine dont il avait terminé la rédaction en 1737 à l'âge de vingt-six et qui « tomba mort-né des presses ». Alors que la raison de ce reniement résulte d'un affinement de la pensée de Hume, qui a vite compris que l'exposé systématique ne convenait pas à une pensée sceptique, ce pourquoi il a passé le restant de sa vie à la reformuler sous la forme d'essais, d'enquêtes, de discours et de chroniques.

Un important recueil de l'ensemble de ses essais — sur lequel j'ai passé quelques années — a paru aux PUF en 2001.

Adèle van Reeth, quant à elle, apprécie certainement ce philosophe à sa juste mesure, puisqu'elle lui avait déjà consacré une semaine voici plus de trois ans : « David Hume, l'étincelle du doute ».
En voici les épisodes (le troisième n'avait pas été diffusé pour cause de grève de la station le 9 mars 2016 et n'est donc pas disponible sur le site de France Culture, j'ignore s'il a été enregistré) :









Pourquoi bouder son plaisir ? j'ai dégotté une reprise de la chanson d'Anne Sylvestre par Vincent Delerm, Jeanne Cherhal et Albin de la Simone :

mercredi 16 octobre 2019

Gardiens de la paix… sociale



« La Série Documentaire » de la semaine dernière était consacrée aux récentes déclinaisons de ce fameux « maintien de l'ordre à la française » dont on se souvient peut-être qu'une ministre de caniveau, Michèle Alliot-Marie, en était si fière qu'elle souhaita fort judicieusement en janvier 2011 le mettre au service de son ami le raïs Zine el-Abidine Ben Ali — enfin crevé voici peu, quant à lui.

Quatre émissions diversement intéressantes, la moins consistante étant paradoxalement la troisième, une sorte d'hagiographie de l'ami David Dufresne qui sans doute n'en peut mais.

La première rapporte les propos de trois flics (un Laurel et deux Hardy, à moins que ce ne soit l'inverse), dans la seconde on entendra avec intérêt le justificatif droit dans ses bottes du commissaire de Mantes-la-Jolie au sujet des événements du 6 décembre 2018, et la quatrième brosse un honnête tableau historique de la domestication des masses par les cognes.


« Un Rafale, ça fait beaucoup plus de dégâts qu'un LBD »





mercredi 9 octobre 2019

Mise en abyme ou bien prise en sandwich ?


Jorge Furtado n'est évidemment pas seulement l'un des meilleurs cinéastes marxistes de notre temps (après Eiseinstein, Dovjenko, Fassbinder et quelques autres, on est bien d'accord), qui avait réalisé en 1989, à l'âge de trente ans, cet époustouflant joyau vivace que demeure L'île aux fleurs :



En réfléchissant aux arcanes de son art, il a également concocté un autre petit bijou magique en 2000, bien moins connu, à l'occasion du premier Forum Social Mondial qui allait se tenir l'année suivante à Porto Alegre, sa réjouissante ville natale.

Histoire de réfléchir un peu (comme on se reflète), de remettre les choses en perspective.

Ça s'appelle Le sandwich, ça fait quinze ans que je tentais de retrouver ce film, c'est de la dinguerie d'intelligence, c'est disponible pour pas cher chez nos amis suisses de Trigon-film, en supplément DVD du deuxième long-métrage de Furtado, L'homme qui faisait des copies.

lundi 7 octobre 2019

En route vers de nouveaux périls !








Les dernières photos que j'ai pu prendre de ma chétive bagnole poussive chérie, juste avant qu'un piscinier normand ne la récupère en août 2019 pour la remettre à neuf (elle n'avait pas roulé depuis 15 ans).

Je l'avais payée 3500 Frs en 1983, il l'a rachetée 200 €.

Bon vent !

jeudi 3 octobre 2019

Bibliomanie, généalogie et surprises politicardes


Je fais du tri dans la bibliothèque familiale, un livre non coupé me passe entre les mains (deux épais tomes, en fait) : Au Soir de la Pensée, mémoires du Tigre parus chez Plon en 1927.



Pfff… rien à foutre !

Mais au moment où je déplace l'ouvrage, un truc tombe d'entre les pages : une enveloppe portant une mention manuscrite de la main de ma grand-mère, Geneviève Guy (même si je ne la connaissais pas sous ce nom-là) :



Or il se trouve que cette frêle enveloppe contient plein de trucs : d'autres enveloppes, très anciennes, des cartes de visite, un télégramme, tout cela m'apprenant à moi ébaubi que le grand-père de ma grand-mère (Georges Guy) était un très proche du frangin de Georges Clémenceau, Albert.

Allez, je livre tout ça en vrac en attendant d'y voir plus clair.

D'abord, la dédicace sur la page de faux-titre du premier tome :


Les enveloppes des divers courriers :


avec des cartes de visite  :



et puis les deux lettres d'Albert Clémenceau à Georges Guy, à un an d'écart selon le cachet de la poste.

Celle du 14 mai 1926 (selon le tampon des P & T) :




Et celle du 17 mai 1927 (toujours selon le tampon des P & T) :




Enfin, un télégramme :


Après quoi tout le monde est mort.

« Robert Desnos parle surréaliste à volonté »




C'est passé cet après-midi sur France Culture, de 17 à 18h, dans La Série Documentaire.

mercredi 2 octobre 2019

Être humain ou être bête ?


C'est pas que je veuille vous raconter ma vie, mais ce matin, à l'aube, il m'a fallu me crapahuter dans un comico parce que ma vieille mère s'est fait chouraver son sac.
Il fallait porter décidément plainte pour empêcher de futures embrouilles possibles, des machins bancaires.
Super, j'étais ravi.

Mais c'était tout de même la première fois que je me retrouvais dans un commissariat sans y être contraint, et du coup j'ai pu examiner à loisir les lieux, ça s'est avéré assez intéressant (même si l'affreux éclairage néon et la puanteur du Crésyl et des déodorants demeurent toujours, évidemment, ainsi que la sueur panique des bobos qui viennent de se faire entuber).

C'est quand même plus sympa quand on n'est pas menotté dans le dos.
Quand on ne craint pas de prendre des beignes (mais va savoir !), on croit pouvoir respirer un peu plus librement (mais va savoir !)

Bref, tandis que je picorais parmi les joyeux prospectus de la Préfecture de Police de Paris, ce placard publicitaire foutrement gerbant m'a sauté aux yeux :


Ça m'a rappelé les débiles campagnes anti-fraude de la ReTAPe.


Quand c'est qu' t'enserres ?


lundi 30 septembre 2019

Qu'est-ce que l'esprit critique aujourd'hui ?


Dans « La conversation scientifique » de ce samedi, Étienne Klein recevait un sociologue ma foi assez futé, Gérald Bronner, qui étudie le mécanisme des croyances et vient de publier chez Grasset Déchéance de rationalité.




vendredi 27 septembre 2019

Un appel à l'inceste, voici 45 ans, mais en beauté.




Après l'ordonnance de non-conciliation en date du 15 janvier 1974, le jugement de divorce fut rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris le 19 octobre 1974.


Je ne l'ai appris que des années après, plus tard, trop tard, tant mieux.

Mais à l'époque, ma mère me passait en boucle cette putain de chanson de Marie Laforêt sur le pick-up, du coup ça m'est resté dans le ciboulot.
Comme tant d'autres, mais bon, bref.

« Pas pour moi, mon père », ah bon ?

Mais à qui donc consacrais-tu donc tant tes attentions, puisque c'était pas à ta femme ni à nous tes enfants ?

Mouais.
« Ouaiche… »,  comme on dit aujourd'hui. Wesh wesh.

D'autant que, désolé, c'est stupide, tu es mort, désormais, je ne saurai jamais.

« Pas pour moi, mon père », ah bon ?

Grrmbll.

« Je ne suis pas venu te juger », bien sûr, d'autant que j'en suis complètement incapable — mais à toi notamment redevable.

(Sauf que les prières, c'est pas mon truc ;-))

— Rien à voir, mais ne simulerait-elle pas un début d'orgasme, là, Marie Laforêt, quand elle assure qu'il est beau et qu'elle lui demande de l'embrasser ?

mercredi 25 septembre 2019

La langue, elle, ne ment pas…


On déballe tout ou on se déballonne ? (26)
Quand l'artisanat périclite, on se délite, on périt, on se quitte ou l'on crie
— si [née] Phyllis.



La suite du passionnant feuilleton commencé voici plus de cinq ans ici-même.





Le bras droit (l'âme damnée ?) de Simsi s'appelait Jean-Fabrice Janaudy, comme me le rappelle cet article nécrologique.

Et quand je dis que « j'ai cramé » un film, c'est juste que j'avais mal réglé le projecteur 16 mm (on avait deux projecteurs aux Ursus, un 35 et un 16, celui-ci ayant pris la place du deuxième 35 après l'installation des plateaux, pour celleusses qui suivent).

La puissance de l'ampoule xénon était trop forte, ça a fichu un cercle de chaleur au centre de chaque image du film, qui défilait comme chacun sait à la vitesse de 24 images/seconde.

Mais je ne me souviens pas de quel film il s'agissait.

Un que j'aimais démesurément, en tout cas, et je m'en suis senti fort penaud, lorsque j'ai retourné la copie aux Grands Films Classiques.

Et quant au fauteuil dans le bureau de Jean Botard, le bras droit de Michel Seydoux, c'était un Curule de Bugatti — ce que Richard avait identifié du premier coup d'œil :

 

Freud avait raison
(On déballe tout ou on se déballonne ? - 25)






mardi 24 septembre 2019

« Sur le plan physique, le meurtre est une bagatelle ! »




Excellente adaptation de la nouvelle éponyme de Gombrowicz parue d'abord dans le recueil Mémoires du temps de l'immaturité (1933), rebaptisé Bakakaï à l'occasion de sa réédition augmentée en 1957 (du nom de la rue où vivait Witold lors de son installation à Buenos Aires en 1939).

Première diffusion : sur Antenne 2 le 14 septembre 1984 à 20h35, dans la collection « Péchés originaux » de Jacques Trébouta.

jeudi 19 septembre 2019

Baudelaire, poète chétif




« Perles de la plus belle eau,
Sonnets de maître Belleau… »

C'est-y pas beau ?

mardi 17 septembre 2019

Fini, le temps de rêver !




Paul Meyer, Klinkaart (La briqueterie), 1956.

Bientôt vingt ans que je désespérais de remettre la main sur cette merveille.

samedi 14 septembre 2019

Des cavaliers fantômes dans le ciel




Philippe Pascal s'était teint et puis s'est éteint




« Le chanteur à la voix de sanglier », l'avait un jour surnommé un journaliste.

Pas juste, mais pas faux.

Mais Marquis de Sade, tout de même, bordel !
Marquis de Sade, foutre de chiotte de nom de dieu !

Qui s'en souvient, de ces deux foutus putains d'albums oscillant entre la cold-wave, le punk, l'expresssionnisme et je-ne-sais-quoi, une sorte de Joy Division française qui pétait tous les boulons et tous les caboulots ?

Et Marc Seberg, quoi qu'on en pensât, c'est de la balle.
De l'obus calibré mahousse, façon Grosse Bertha.

Mais moi c' que j'en dis, j' préfère Berlin 38, qu'avait fait à Rennes une première partie de Marquis diantre sait-on quand…

vendredi 13 septembre 2019

Musique et cinéma,
qui s'en ferait une montagne ?




Robert Frank est mort lundi, comme tous les lions.

mercredi 11 septembre 2019

Quoi qu'il en soit, la paranoïa frappe profondément


Aux femmes assassinées, l'apathie indifférente




Une femme d'une soixantaine d'années, connue pour des faits de violences, est soupçonnée d'avoir tué sa compagne dans son appartement situé à Saint-Denis.
Une femme de 45 ans a été retrouvée morte mardi soir dans son appartement de Saint-Denis et sa compagne, connue pour des faits de violences, a été interpellée et placée en garde à vue, a appris l'AFP mercredi [5 décembre 2018] de sources concordantes.

Des "entailles profondes" sur un poignet.
Peu après 1 heure du matin, les secours, prévenus par le colocataire de la victime, ont trouvé cette dernière en arrêt cardio-respiratoire, "des entailles profondes" sur un poignet, selon une source proche de l'enquête. Sa compagne, âgée d'une soixantaine d'années et connue pour des faits de violences, sur la victime notamment, a été interpellée et placée en garde à vue, a précisé une seconde source proche de l'enquête.

La suspecte avait nettoyé des taches de sang.
La suspecte, qui avait tenté d'empêcher la police d'entrer dans l'appartement, avait nettoyé des taches de sang sur le sol et s'apprêtait à laver des vêtements également tachés, selon cette même source.

Enquête ouverte pour homicide volontaire.
L'enquête, ouverte pour homicide volontaire, a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. Les violences conjugales ont fait au total 247 victimes l'an dernier en France, en incluant les enfants, les hommes tués par leur compagne ou les auteurs qui se sont suicidés après le meurtre.
[Source : ici]




Un jeune homme de 98 ans


lundi 9 septembre 2019

George ?


Et les indigènes branchés ?




Est-ce à moi qu'elle s'adressait ?



L'art de construire une image avec plein d'images, tout en détruisant une star vieillissante qui espère encore un dernier amant alors qu'elle n'en est qu'au début du premier de ses trois mariages avec l'acteur allongé hors-champ.

Mike Nichols, c'était pas n'importe qui, quoi qu'on en dise.

Souviens-toi…






1976

Il y a un an.
Il y a un siècle.
Il y a une éternité.

La Bretagne en pleine première canicule (de l'italien canicula, « petite chienne », autre nom de l'étoile Sirius, qui se lève et se couche avec le Soleil du 22 juillet eu 22 août — merci Paul Robert !), deux ans avant l'Amoco Cadiz et ses 227 00 tonnes de mazout sur le sable et les oiseaux, dix ans avant Tchernobyl.

De la préhistoire par rapport à Fukushima mais moi je tombais amoureux pour la énième fois et elle s'appelait Marie-Hélène Saudubray et il n'y avait plus d'eau nulle part (j'étais en eau en permanence), on ne tirait plus la chasse des chiottes, tout commençait à schlinguer grave, un camion-réservoir passait deux fois par jour, on faisait la queue pour remplir nos seaux.

L'amour embrasant, quoi, les premiers émois.


« Tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin »
(Peut-on imaginer paroles plus débiles, quand on a lu Apollinaire et Cravan, qui demandait qu'on lui mette « une grosse paléontologie au Théâtre des Variétés » ?)


Profumo di donna
(Le film de Dino Risi était sorti un an avant qu'on entende sur les ondes Ça va pas changer le monde, à une époque où l'on voulait encore changer le monde.)

Mais rien ne s'est passé, sauf Joe Dassin en boucle dans le poste.

Et moi j'étais beau.

Un peu de tendresse au milieu du chaos.
Il y a une éternité, un siècle, un an. 
Est-ce que j'existe encore pour toi ?

jeudi 11 juillet 2019

Rien à branler de Christophe Lambert
— Euh… non, pardon ! de David Vincent !
Argh, désolé, ahem : de Vincent Lambert !


Non plus que de François de Rugy, évidemment !
Ni de Bernard Tapie.

Hé, Christine Lagarde, tu tapines toujours au FMI, ou bien tu rugis pour la BCE ?
Pardon, juste pour info, c'est combien, ton salaire mensuel ?
T'as les moyens de demander l'aide juridictionnelle, voire le RSA et peut-être plus tard la CMU-C ?

Allô ?
Hé, ho, Christine, t'es là ?
Non ?
Ah bon, excuse, désolé.



Parce que tout de même, comme l'assenait récemment le remplaçant de monsieur Hulot, « IL FAUT DIRE LES CHOSES AUX FRANÇAIS ! »
Pas vrai ?
(sachant que la langue de bois, c'est bien naturel — bio ? — pour un écolo de façade…)

Et au fait, dix milliards d'euros, vous les auriez pas, madame Lagarde, monsieur Tapie, monsieur de Rugy ? Allez allez, un petit effort, quoi !
Vas-y Françoise, lâche-nous ces quelques miettes de ta retraite pharaonique !

******

Perso, j'en ai carrément ma claque de me faire rebattre insolemment les oreilles, chaque jour qui passe, morne plaine.
Par les infos de FIP, de France Info prostituée aux publicitaires, de France Cul surtout, ma radio chérie de toujours,
(« France Culture : l'esprit d'ouverture » : j'ai l'impression d'entendre un slogan ânonné par Macron deux millions de fois par jour !)

Et à Homs, à Alep, au Biafra, comment ça va ?

Ah ouais ?

Youpi, hourrah !

Vincent Lambert est enfin mort, Tapie est certes moribond mais enfin blanchi de ses forfaits, Christine Lagarde peut enfin sourire de nouveau sous ses cheveux eux aussi blanchis.

Tous ces gens sont soulagés, youpi, hourrah.

Tout va décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes.

(mais est-ce encore le nôtre, celui que nous voulions ?)




Qu'ils ou elles  crèvent tou(te)s,
on respirera peut-être mieux !

mercredi 10 juillet 2019

Quand les curés se lâchent !




Je tombe à l'instant sur ce très ambigu autocollant prétendûment pro-IVG qui me semble en réalité, pour qui sait lire, un des derniers slogans du MPPP, le Mouvement des Prêtres Partouzeurs Pédophiles :

« Je baise quel(le) gamin(e) me plaît, quand ça me chante, en compagnie des frères de mon choix ! »

Le titre de ce billet pourrait d'ailleurs se lire comme une contrepéterie, du moins pour ceusses qui prétendraient veule la sodomie :
Enculer ? Lâche secret !

Bref, mieux vaut certes quand même enfiler des perles que des gamin(e)s…

Misère de misère, saperlotte !

*****

A propos de « politiquement correct », j'en ai appris une bien bonne dans la Nuit rêvée de Lewis Trondheim l'autre soir, à propos du mot « bigre » : les pointilleux de chez Disney l'interdisent dorénavant dans la traduction de leurs bédés estampillées maison, vu que ça vient selon eux de « bougre », donc de « bulgare », qui évoque évidemment la sodomie !

L'ami Lewis l'explique à partir de 14'50" dans cet extrait :


mardi 9 juillet 2019

Les rivages de l'incompétence



Les éditions Rivages viennent de rééditer au format poche Kahawa, chef d'œuvre (parmi tant d'autres !) de Westlake excellemment traduit par Jean-Patrick Manchette.
Le 5 juin dernier, très précisément.

La première édition française parut chez L'Atalante en 1981, avant une première réédition chez Rivages en 1997.

De la minutie de la traduction témoigne cette fameuse lettre que Manchette adressa à Westlake pour lui demander s'il l'autorisait à renommer un personnage archi-secondaire, Milton, en « Mozart », plus évocateur comme monument culturel pour le lecteur français (il me semble qu'on peut la lire dans le numéro de la revue Polar « spécial Westlake » n°22, NéO, 1982).

C'est dire ma surprise lorsque tout à l'heure, fort réjoui de cette réédition que je venais de découvrir par hasard dans une librairie, je lis à l'intérieur du volume, à la page de grand-titre :
« Traduit de l'italien par Odile Rousseau »

Glups.
Allô ?
Que se passe-t-il, où sommes-nous ?

Pour économiser le renouvellement des droits de traduction de Manchette, les éditions Rivages auraient-elles fait retraduire le roman à moindres frais depuis une version italienne ?!?
(Concernant Manchette, cela n'aurait pas été une première : il avait traduit pour Zenda la BD Watchmen de Moore et Gibbons, mais les éditions Panini ont préféré payer moins cher une nouvelle traduction lorsqu'elles ont racheté les droits à DC Comics).

Que nenni : on lit bien au quatrième plat de cette édition de poche imprimée (j'insiste) le 5 juin 2019 : « Traduit de l'américain par Jean-Patrick Manchette ».

Alors quoi, le bordel en Ouganda, c'était pas suffisant, faut encore ajouter à la confusion ?

Hé ben non, même pas, la réponse est sans doute plus simple : ce même 5 juin 2019, Rivages publiait également un polar de Maurizio de Giovanni, L'enfer du commissaire Ricciardi, effectivement traduit de l'italien par Odile Rousseau.

Mic-mac des copiés-collés, incompétence des maquettistes et des correcteurs, allez savoir !
En tout cas, ce volume est un collector de la mort, aussi sûr que le grand Don en aurait bien rigolé s'il n'avait tiré sa révérence le 31 décembre 2008, treize ans et demi après Manchette !

Vingt-cinq ans après,
telle qu'en elle-même,
pire que dans l'épilogue du film,
hélas allée sans le soleil



« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.
Mon péché, mon âme.
Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents.
Lo. Li. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six avec son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Monsieuye Am Lepicq a été bien avisé (comme toujours)  de nous signaler peu après la publication hier de ce billet que cette traduction pourrave n'était nullement l'originale d'Éric Kahane, que voici grâce à ses soins aimables :

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta.
Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c’était toujours Lolita. »
 
********

Il semblerait que Vladimir Nabokov se soit vachement mal comporté envers Maurice Girodias — seul éditeur ayant accepté de publier, chez Olympia Press (maison sise à Paris et échappant de ce fait aux foudres d'Anastasie), son chef d'œuvre fort sulfureux pour l'époque — du moins à en croire les Mémoires de ce dernier.
Mais bon, il a adapté son propre roman à la demande de Stanley Kubrick, pour produire en 1962 un film éblouissant, grâce entre autres à James Mason, Peter Sellers, Shelley Winters, et surtout grâce à la grâce de Sue Lyon, qui avait alors quatorze ans (dans le roman, Lolita est censée en avoir douze).

Deux autres films de la mistonne et vingt-cinq ans plus tard, Claude Ventura et Philippe Garnier l'ont retrouvée au bord d'une piscine californienne, terreuse, morte avant l'heure, défoncée à tout ce qu'on peut imaginer de pire, l'horreur intégrale.

Sauf qu'elle redevient notre Lo de toujours lorsqu'elle se défait brièvement de ses lunettes de soleil : ses yeux sont toujours aussi vivants, joyeux, magiques.

C'était sur Antenne 2 en 1987, un épisode parmi tant d'autres de cette fabuleuse émission hebdomadaire qui s'appelait Cinéma-Cinémas, avec son générique peint par Guy Pellært et la musique de Georges Delerue pour Le Mépris de Godard.

Les extraits du films sont archi-pourris, saturés et clignotants, parce qu'à l'époque le VHS avait triomphé commercialement du Betamax.

Et tout ceci ne nous rajeunit pas plus que Sue Lyon…


dimanche 7 juillet 2019

Il était une fois la tour de Babel




France Culture rediffusait la nuit dernière la conférence de presse donnée à Cannes en 1984 à l'occasion de la projection hors-compétition d'une version tronquée du dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique — pas son meilleur à mon avis mais peu importe.

À entendre les maigres applaudissements, il n'y a pas plus de quinze personnes dans la salle, malgré un parterre des plus prestigieux.

Peu importe derechef : ce qui est complètement fascinant, c'est la circulation labyrinthique entre les langues, vu que la conversation se déroule tantôt en italien, tantôt en anglais et tantôt en français, toutes langues avec lesquelles Sergio Leone semblait parfaitement à l'aise, même s'il dit ceci à 21'51" :

C'est plus difficile pour moi en français parce que je trouve pas quelquefois les mots, vous savez.
Je préfère de m'exprimer en italien, s'il vous plaît.
Euh… maintenant, il faut traduire la demande en français. [Il se reprend aussitôt :] En anglais.

Et par là-dessus vient s'emberlificoter l'art des interprètes, l'une en direct et l'autre après coup, le résultat est archi-ahurissant, une véritable splendeur radiophonique, la fascination du cinéma se redouble ici de celle du langage.

Hourrah : quel bordel !

Il était une fois un certain type d'émissions de radio…


mercredi 26 juin 2019

On va tout péter : les vivants et les morts !




Hourrah, ce film-ci demeurera visible jusqu'au 22 août !

Ce qui nous laisse un peu de temps, mais certes moins qu'en ont eu les ouvriers de GM&S de la Souterraine pour imaginer fissa par quelle tactique répondre à tous les enculeurs qui voulaient la leur mettre profond, et qui y ont évidemment réussi.

Belote, rebelote et dix de der, avec le saut de la carpe en sus…

https://www.livredepoche.com/livre/les-vivants-et-les-morts-9782253114475

mardi 25 juin 2019

Hurry up, girls and boys : take a sit !




Cet hommage de Raoul Peck à James Baldwin n'est visible ici que jusqu'au 30 juin.

L'évidence de son actualité sautera aux yeux de quiconque remplacera les mots « Blanc » par « riche » et « Noir » par « pauvre », comme le suggère pertinemment Grégoire Bouillier dans Charlot déprime.

dimanche 23 juin 2019

Jouer avec les mots et avec les notes :
Un six-huitard revendiqué




France Culture vient de rediffuser dans ses Nuits un entretien entre Brassens et Philippe Nemo d'une richesse et d'une intelligence exceptionnelles.

C'est en deux parties, dont la première fut initialement diffusée sur la chaîne le jour même de mon entrée dans l'année de l'adolescence définitive.

(Douze ans après, j'emménageai dans une maison quasi mitoyenne de celle qu'a occupée Brassens à la fin de sa vie, et une nuit d'été sa petite-nièce a sonné chez moi en panique — elle avait oublié les clés à l'intérieur avant de claquer la porte en partant — pour me demander d'enjamber les murets séparant les jardinets et de lui ouvrir depuis l'intérieur, je vous dis pas comment mon cœur battait la chamade, je revivais L'orage).

Philippe Nemo, alors jeune producteur depuis cinq ans sur France Culture de l'émission L'Autre Scène ou les Vivants et les Dieux, démontre une parfaite connaissance de l'œuvre de Brassens, de ses thèmes tant poétiques que religieux (!) ou musicaux, ainsi qu'une malicieuse capacité à acculer le génial bonhomme dans ses derniers retranchements — voire le faire carrément sortir de ses gonds, pour le plus grand bonheur des auditeurs.

Ouiquipédia m'apprend qu'il a fini sa carrière radiophonique à Radio-Courtoisie, c'est bien malheureux mais je crois que Brassens aurait (amèrement) souri de cette ironie.

Un des plus beaux morceaux de radio que j'ai jamais entendus.



mercredi 5 juin 2019

Des livres et nous
(Vœux, vœux noirs…)



Excellente nouvelle : les éditions Métailié viennent de publier le septième roman des aventures de Jack Parlabane, le journaliste casse-cou de Christopher Brookmyre, sous le titre Sombre avec moi.
(Les anglophones peuvent écouter ici la conférence donnée par l'auteur en août 2016 au sujet de ce roman, l'un des meilleurs de cette série — mais tous sont au bas mot à tomber par terre).

La traductrice en est cette fois Céline Schwaller, après l'impeccable Emmanuelle Hardy pour le cinquième épisode, paru chez Denoël voici neuf ans.

Son choix de traduire ainsi le titre original Black Widow (Veuve noire) est intéressant en ce qu'il joue sur les deux acceptions du terme « sombre » (l'adjectif et le verbe conjugué), et que ce calembour colle bien à l'intrigue, mais il en dévoile à mon sens un peu trop par rapport à une traduction littérale.



Mais ce que je regrette surtout (comme je le disais déjà dans un précédent billet), c'est l'incohérence de l'édition française des aventures de Parlabane, qui requiert une lecture chronologique — ne serait-ce que parce qu'au fil des épisodes apparaissent des personnages secondaires qui reviendront dans certains des suivants.
Et Brookmyre, qui s'efforce de construire un univers romanesque cohérent, s'amuse même à faire intervenir dans la série Parlabane des personnages rencontrés dans d'autres pans de son œuvre !
On croise ainsi dans Sombre avec moi un certain « Sammy  Finnegan » que les lecteurs anglophones avaient déjà rencontré dans le deuxième roman de la trilogie Jasmine Sharp / Catherine McLeod, hélas inédite en français, When the Devil Drives (2012).

Jusqu'ici, seuls les deux premiers et le cinquième Parlabane avaient été traduits, respectivement en « Série Noire »  par Nicolas Mesplède (Un matin de chien et Au royaume des aveugles) puis chez Denoël par Emmanuelle Hardy (Les canards en plastique attaquent !), et voici qu'on publie le septième en sautant le sixième !
Or dans ce sixième épisode, on croisait déjà l'inspecteur Catherine McLeod, co-héroïne de la trilogie Jasmine Sharp et qui réapparaît dans Sombre avec moi.
Mais le plus ennuyeux pour le lecteur français, c'est que dans ce fatras éditorial on ne comprend plus rien à l'évolution des relations entre Jack Parlabane et son épouse, Sarah Slaughter (patronyme judicieusement transposé en « Bouchery » dans les traductions françaises), puisque c'est dans le sixième épisode qu'on apprend leur séparation.

Bref, pour plus de clarté, voici la liste chronologique des éditions écossaises et françaises de cette série : à ce jour huit romans, deux nouvelles et une novella.

1) Quite Ugly One Morning, Little, Brown, 1996.
Publié en français sous le titre Un matin de chien, traduit par Nicolas Mesplède, Paris, Gallimard, 2001, coll. « Série noire » n°2521

1 bis) [nouvelle] Bampot Central, dans l'anthologie dirigée par Mike Ripley et Maxim Jakubowski Fresh Blood II, The Do-Not Press, 1997; rééd. in Jaggy Splinters, Hachette Digital, 2012 (e-book).
Disponible sur le site de l'auteur, cette nouvelle développe un passage du premier roman : celui où Jack s'en va poster un jouet pour le fils de son ami américain Larry Freeman.

2) Country of the Blind, Little, Brown, 1997.
Publié en français sous le titre Le Royaume des aveugles, traduit par Nicolas Mesplède et révisé par Catherine Boudigues, Paris, Gallimard, 2001, coll. « Série noire » n°2610

3) Boiling a Frog, Little, Brown, 2000

4) Be my Ennemy (or, Fuck this for a Game of Soldiers), Little, Brown, 2004

5) The Attack of the Unsinkable Rubber Ducks, Little, Brown, 2007.
Publié en français sous le titre Les canards en plastique attaquent !, traduit par Emmanuelle Hardy, Paris, Denoël, 2010

5 bis) [nouvelle] place bo, in Jaggy Splinters, Hachette Digital, 2012 (disponible uniquement en e-book)

6) Dead Girl Walking, Little, Brown Book Group, 2015

7) Black Widow, Little, Brown Book Group, 2016.
Publié en français sous le titre Sombre avec moi, traduit par Céline Schwaller, Paris, Métailié, coll. « Bibliothèque écossaise », 2019

 7 bis) [novella] The Last Day of Christmas (The Fall of Jack Parlabane), Hachette Digital, 2014 (disponible uniquement en e-book).
Ce court roman introduit un personnage capital pour la compréhension du suivant, dont il forme un préambule.

8) Want You Gone, Little, Brown Book Group, 2017 (publié aux États-Unis sous le titre The Last Hack)

Gilets jaunes, une répression d'État




Un documentaire produit par StreetPress, réalisé par Cléo Bertet, Matthieu Bidan et Mathieu Molard, diffusé depuis le 21 mai.

samedi 25 mai 2019

Le festival de Gérardmer est bis !



Ah non, désolé, erreur de consonnes, c'est pas que Gérardmer est bis, c'est plutôt que Gérard Berréby se livrait voici pile-poil un an sur France Culture, dans l'émission À voix nue :









J'ai oublié pourquoi le cinquième épisode n'a pas été diffusé : sans doute encore un coup de ces crevards de chômeurs feignasses, ou bien peut-être une histoire de fonctionnaires en grève — allez donc savoir puisque le moulinet de France Info nous fait tout zapper chaque jour qui passe !

Peu importe, le voici :

vendredi 24 mai 2019

Dick : et de douze !


Marie Richeux recevait Dick Annegarn le 27 février à l'occasion de la sortie de son dernier album :

lundi 20 mai 2019

Radio kills the video stars


Le bijou cinématographique que Mathieu Chatellier a consacré à Fred Deux et Cécile Reims est actuellement visible en ligne, j'ignore pour combien de temps encore :



Mais le gâteau de cette fragile cerise, c'est l'intégralité des entretiens et improvisations radiophoniques de Fred de 1958 à 2008, enfin compilés sur Les bandes magiques.

Ça commence par un trésor introuvable de la chaîne radiophonique nationale France III, en 1958.
Fred cause très à l'aise de son premier bouquin impossible et impensable, La Gana, comme du dernier Agatha Christie.



Et puis on enquillera trente ans plus tard sur son intimité avec Michel Camus et Alain Veinstein, qui depuis 1989 l'invita toutes affaires cessantes sur France Culture et nous permit de savourer sa voix à n'importe quelle occasion, toutes brèches affamées, et qui nous délecta en 1999 de cinq jours d'affilée de Du jour au lendemain.

Radio Days :
Moins en en voit, mieux on imagine.



(Un des tout premiers vidéoclips de l'histoire du show-business, bien après les scopitones, à des années-lumières de l'univers de Fred)

lundi 6 mai 2019

Voler, vouloir immémorial de l'humanité



Une fois n'est pas coutume, La Série Documentaire de ce début d'avril était épastrouillante, avec au deuxième épisode un beau rappel des exploits de notre ami Marius Jacob, auteur chevronné du manifeste Pourquoi j'ai cambriolé.









1ère éd. (2 vols., 2 CD inclus), L'insomniaque, 1995
(Rééd. augm. en 1 vol. (1 CD inclus), 848 p. L'insomniaque, 2004)