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jeudi 20 mars 2025

Le vrai est un moment du faux

(DENTOL : ne s'use que si long cancer)

La chronique de François Saltiel ce matin sur France Cul
illustrait à nouveaux frais (maman, du veau !) le détournement débordé de Hegel, tandis que l'aspirant habite Javel :

samedi 8 février 2025

Pas de bobos dans le quartier, pas de quartier pour les bobos !

Affiche dans un couloir du métro Pyrénées (Paris XXe), janvier 2025
* HPV : Huissiers, Patrons, Vampires

France Culture a diffusé à la mi-décembre une instructive série d'émissions relatives à la boboïsation des quartiers.
Comme on s'en apercevra à l'écoute, ça ne sévit pas que dans les grandes villes…







mercredi 22 mai 2024

Revenons donc à l'ORTF, mais avec la pub en suce !




Wesh… tout bien considéré, cette rachitique datée qualifiée d'actuelle « Ministre de la Culture » (hi, hi !) n'a peut-être pas tort de vouloir chausser les gros sabots d'André Malraux, vu l'impéritie dans quoi nous a plongés le démantèlement du service public de l'audiovisuel…

Rappelez-vous l'innommable bordel à quoi ça nous a conduits voici plus de trente ans — sans parler du  début de démolissage de la création radiophonique sur France Culture par Laure Adler, avant que ses successeuses ne parachèvent l'anéantissement quasi-total…

 

lundi 22 avril 2024

Dimanche 21 avril ?
Souvenirs, souvenirs…




C'était un précédent dimanche 21 avril, voici vingt-deux ans.





À Paris on est partis comme Gavroche, improvisant illico à l'arrache, par milliers, une descente en masse sur le périph', enragé(e)s comme jamais, ça a bloqué toute la circulation et on peut dire que les cognes (complètement dépassés par cette manif inédite) ont pas mal galéré pour rétablir l'ordre…

Aujourd'hui, c'est la fille à papa qui croît avec les dents mais tout le monde s'en cague puisque c'est inéluctable (« neuspa, mes chers cons patriotes ? »)



Ça va être le bardel, là…



Ayant passé deux ans, en 1998 et 1999, à filmer dans les locaux de France 2 les rouages de la fabrication du JT de 20h, William Karel fut évidemment le mieux à même de traduire dans son film Poison d'avril (2006) l'implacable logique machiavélique qui a abouti au 21 avril 2002.

(Et au fait, pour 2002, merci aux nervis du RPR qui sont allés massacrer Papy Voise !)



mercredi 28 février 2024

Au compteur, Linky (scission ?) se porte bien, merci !


C'est eux deux ?
(dans mon école, on appelait cette classe-là « la Neuvième »)



Wesh, il semblerait en fin de compte, à l'heure du capitalocène, que l'humanité n'ait pas été si « humaine » que cela.
Même au cinéma.
Alfred Hitchcock, Roman Polanski, Woody Allen, Jean-Claude Brisseau (pour ne citer qu'eux) se conduisirent apparemment en pures ordures vis-à-vis du beau sexe.
Et pis aussi Jacques Doillon et Benoît Jacquot (de Nantes, si on fait les choses à Demy), qui apparemment kiffaient les godes rêches.
Et pire, bien avant, Fatty Arbuckle (mais qui donc s'en souvient ?)

 
Il paraît que même Hitler n'était pas très sympa, selon un témoignage apocryphe d'Eva Braun.

Platon, Aristote, Sénèque, Villon, Rabelais, Montaigne, Molière,  etc., on sait pas trop.
Mais leurs œuvres sont disponibles, nullement interdites.

Contrairement au dernier film de Jacques Doillon, CE2, dont la sortie (initialement prévue le 27 mars) vient d'être repoussée sine die en raison de la fâcheuse confusion entre, disons, l'homme et l'œuvre, en 1984 2024.
Alors que, comme disait l'autre, « le style, c'est l'homme ».
Hue, go : tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

jeudi 14 décembre 2023

« Y'a qu'à rétablir l'esclavage, et puis on n'en parle plus ! »

Il se trouve qu'après avoir eu le pot de visionner en juin 2019 sur le Ripley d'Arte le doc fichtrement bien foutu de Lech Kowalski sur la grève jusqu'au-boutiste des ouvriers de l'usine GMS de La Souterraine, On va tout péter, je suis passé trois mois plus tard par cette ville quasi-spectrale,.
J'ai voulu aller saluer les gars rescapés du plan social mais hélas tout était fermé, j'ai juste pris le cliché ci-dessus.

Pas grave, les lascars gaillards sont venus présenter le film au Méliès de Montreuil à l'automne, on y a bu des coups, on s'est empiffrés des fromages et charcutailles du cru qu'ils avaient apportés, on a beaucoup discuté et sympathisé.

Et aujourd'hui, l'épisode de La Série Documentaire qui se penche cette semaine sur le thème de la pauvreté s'intéressait justement à ce bourg morbide qu'est en train de devenir La Souterraine :

Mais à propos, là, sous tes reines, mon prince, y'aurait pas des marquises qui pourraient protéger des intempéries les SDF se gavant de pommes Duchesse ?

samedi 19 août 2023

Pète ici ou non !


Je ne suis certes pas un moine de la patrie ni un dévot du patrimoine mais j'enrage pas mal depuis que j'ai appris que pour des raisons ineptes et soi-disant à cause de ces saloperies de J.O. 2024 les bouquinistes des quais de Seine vont devoir plier boutique.
Je sais pertinemment que la plupart ne sont que de vulgaires vendeurs de colifichets attrape-gogos qui tentent de refourguer leur camelote de porte-clés "Tour Eiffel" et de cadenas pour amants passagers à des touristes débiles, n'empêche que de fort(e)s honorables camarades y officient encore, contre vents et marées, qui s'y connaissent bien en bouquins et chez qui l'on peut dégotter pour pas cher une perle rare.

Alors malgré ma répugnance envers toute forme de doléance, de sollicitation et par conséquent de pétition, je relaie ici celle-ci, due à l'initiative de l'estimable Hubert Bouccara :

Avec l’arrivée des Jeux Olympiques, les bouquinistes des quais de la Seine sont directement mis en danger.

Il est prévu un démontage total des « boîtes », qui sont le seul emploi et la seule source de revenus de ces libraires à ciel ouvert, sans garanties de remontages et de restauration des boîtes.

Les bouquinistes des quais de la Seine figurent au patrimoine mondial de l’humanité.

Il est difficile d’imaginer les quais de la Seine sans bouquinistes, ça revient à détruire l’âme de Paris.

Mobilisez-vous pour la sauvegarde des bouquinistes, signez cette pétition.

Merci pour eux


Jean-Hervé Marouin, le seul chanteur capable de
faire smurfer sa moustache et ses sourcils

mercredi 25 mars 2020

Pic et piques et anagramme


Quoi de plus providentiel qu'une pandémie pour dézinguer radicalement le Code du Travail ?
Suppression de la durée hebdomadaire maximale du travail, dates de RTT et de congés payés au bon plaisir de l'employeur…
Voir ici la loi d'état d'urgence sanitaire adoptée le 22 mars, pas vraiment dans le fil du mouvement du même nom en 1968.

Notamment, dans l'article XI (désolé, les frères Bernard !) du Titre II, la partie I, §9, p. 11, qui permet « aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ».

Cela n'étonnera personne puisque c'était inscrit de longue date dans les mots eux-mêmes :

MERDE AU CORONAVIRUS !
 
MACRON : « ADIEU, VERROUS ! »



vendredi 18 novembre 2016

Exponentialisation de la misère en milieu étudiant


Sans commentaires, c'est même pas la peine.

Daniel Joubert se retourne sans cesse dans sa tombe, mais qu'en est-il d'André Bertrand ?















samedi 29 octobre 2016

Tout va pour le mieux, dans le pire des mondes possibles !



À bien y réfléchir, Costa-Gavras n'a pas produit que des merdes démagogiques, en définitive, surtout une fois Montand disparu.


Papillon distribué lors des obsèques du Papet

À preuve, cette très belle adaptation d'un des chefs-d'œuvre de Westlake, Le couperet, que nos amis américains de la Westlake Review désespèrent de voir un jour en version correctement sous-titrée.

Une histoire qui redonne tout son sens à « la main invisible » théorisée par le premier penseur du capitalisme, Adam Smith, mais dont celui-ci n'aurait sans doute pas goûté tout le sel — ou plutôt le sang…

Quelques brèves séquences du film, qui est très ingénieusement reconstruit en repartant d'un flash-back après le troisième meurtre :

« Turbo-capitalisme »

« Préventivement… »

« Humiliant »

« Ça m'soulage ! »

Mais outre la grande intelligence de l'adaptation, jusqu'aux noms même des personnages — Burke Devore devenant ici Bruno Davert, par exemple — et sans parler du jeu des acteurs, tous impeccables, Costa-Gavras a eu la brillante idée de parsemer tout le film d'anonymes panneaux publicitaires qui instillent de façon très judicieuse, presque subliminale, l'absurdité que critique en sous-main tout le roman : cette monstruosité inhumaine que l'on appelle société de consommation.

Enfin, je dis « anonymes », mais c'est un raccourci, de même que ces images (j'en ai compté une bonne vingtaine, mais parfois elles sont très fugitives, j'ai pu en rater) sont un raccourci de l'essence de la publicité : un appel à la libido ou/et à la violence, sur fond de luxe obscène.

Les voici, ces images de "fausses" pubs, dans l'ordre chronologique du film, de la deuxième minute jusqu'à une demi-heure avant la fin (après quoi il n'était plus besoin d'en rajouter) :




(On notera le rebaptême potache de France Télécom en France Télécon)




















samedi 14 novembre 2015

Quand la réalité dépasse l'affliction



D'aucuns croyaient la série terminée.
Hé bien non, ça continue.
Et tout laisse à penser que c'est pas fini…

« Heureusement que c'était pas un concert des Garçons Bouchers ! », me glisse à l'oreille Jacques.
En tout cas, sûr que ce fut du heavy metal.

mardi 20 janvier 2015

Organiser le chagrin, construire un mythe



La dictature du chagrin

La semaine a été longue pour le peuple suédois. Il est vrai qu’il est normal que le chagrin fasse trouver le temps long. Mais, en comparaison du chagrin organisé, le chagrin spontané va vite en besogne. La semaine qui vient de s’écouler a été riche en enseignements dans la mesure où, pour la première fois, elle nous a permis de constater dans notre propre pays quelles forces effroyables se déchaînent lorsque, dans une société moderne, tous les moyens d’information sont mis en même temps au service d’une seule et unique fin : organiser le chagrin, construire un mythe.
Ce que nous venons de vivre n’est rien de moins que le spectacle d’une dictature à l’œuvre. Certes, il s’est agi au premier chef du côté journalistique de la dictature, mais cela a été bien suffisant. Cela a même été plus que suffisant. Pour un démocrate, le spectacle d’une démocratie qui se nie elle-même sur un point capital est certainement plus pénible que le deuil national en lui-même. Il est en toutes circonstances inadmissible d’ériger le conformisme en système, mais cela l’est particulièrement quand il s’agit des convenances. Même lors du décès d’un souverain, il existe un respect qui prime le recueillement : c’est celui de la démocratie.
Mais qui pourrait contester que ce respect a été bafoué lorsqu’on voit des journaux d’opinions et de préjugés fort divers négliger, de sang-froid et à un moment aussi important, leurs fonctions démocratiques normales pour se livrer à une campagne de mise en condition dans laquelle le recueillement est indissociablement mêlé au mensonge public ? Il ne saurait être question de mettre en cause le chagrin spontané : comme tout sentiment vrai, il est respectable. C’est le chagrin organisé qui est détestable parce que, au fond, il est faux, froid et gourmand. La semaine passée nous a appris que le chagrin pouvait être utilisé comme nouvelle à sensation, comme support de publicité et même comme moyen de jouissance. Elle nous a également appris que même une presse démocratique peut prétendre être la voix du peuple alors qu’elle est en fait en train de faire violence à son âme. (...)
Mais la dictature du chagrin n’a pas seulement asservi la presse. On a également pu la rencontrer dans bien des administrations aux locaux drapés de noir, où l’hypocrisie vêtue de sombre était plus appréciée que les costumes clairs. On a pu la croiser en flânant dans les rues commerçantes et en voyant les boutiques transformées, à l’aide de portraits, de crêpes, de drapeaux et de bougies, en chapelles ardentes du négoce.

Stig Dagerman
Rédigé à l’occasion du deuil national qui suivit la mort du roi Gustave V, publié le 4 novembre 1950 comme éditorial du journal Arbetaren.

Texte relayé depuis le site lundimatin, découvert ce jour

Sinon, cette tribune parue dans Le Monde le 15 janvier :

Non à l'union sacrée !

La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, puis la tuerie ouvertement antisémite, vendredi 9 janvier, nous les ressentons encore. Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.
Nous partageons les sentiments de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Mais ces manifestations ont été confisquées par des pompiers pyromanes qui n’ont aucune vergogne à s’y refaire une santé sur le cadavre des victimes. Manuel Valls, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Jean-François Copé, Angela Merkel, David Cameron, Jean-Claude Juncker, Viktor Orban, Benyamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman, Naftali Bennett, Petro Porochenko, les représentants de Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Omar Bongo… : quel défilé d’abjecte hypocrisie.
Cette mascarade indécente masque mal les 5 000 bombes que l’OTAN a larguées sur l’Irak depuis cinq jours sur décision de ce carré de tête ; les milliers de morts à Gaza, où Avigdor Lieberman, le ministre israélien des affaires étrangères, imaginait employer la bombe atomique quand Naftali Bennett (économie et diaspora) se rengorgeait d’avoir tué beaucoup d’Arabes ; le million de victimes que le blocus en Irak a provoquées. Ceux qu’on a vus manifester en tête de cortège à Paris ordonnent ailleurs de tels carnages.
« Tout le monde doit venir à la manifestation », a déclaré M. Valls en poussant des hauts cris sur la « liberté » et la « tolérance ». Le même qui a interdit les manifestations contre les massacres en Palestine, fait gazer des cheminots en grève et matraquer des lycéens solidaires de leurs camarades sans-papiers expulsés nous donne des leçons de liberté d’expression. Celui qui déplorait à Evry, lorsqu’il était maire PS, de ne voir pas assez de « Blancos » nous jure son amour de la tolérance. Le même qui fanfaronne de battre des records dans l’expulsion des Roms se gargarise de « civilisation ».
En France, la liberté d’expression serait sacrée, on y aurait le droit de blasphémer : blasphème à géométrie variable, puisque l’« offense au drapeau et à l’hymne national » est punie de lourdes amendes et de peines de prison. Que le PS et l’UMP nous expliquent la compatibilité entre leur condamnation officielle du fondamentalisme et la vente d’armes à l’Arabie saoudite, où les femmes n’ont aucun droit, où l’apostasie est punie de mort et où les immigrés subissent un sort proche de l’esclavage.

Chantage
Nous ne participerons pas à l’union sacrée. On a déjà vu à quelle boucherie elle peut mener. En attendant, le chantage à l’unité nationale sert à désamorcer les colères sociales et la révolte contre les politiques conduites depuis des années.
Manuel Valls nous a asséné que « Nous sommes tous Charlie » et « Nous sommes tous des policiers ». D’abord, non, nous ne sommes pas Charlie. Car si nous sommes bouleversés par la mort de ses dessinateurs et journalistes, nous ne pouvons reprendre à notre compte l’obsession qui s’était enracinée dans le journal contre les musulmans, toujours assimilés à des terroristes, des « cons »ou des assistés. On n’y voyait plus l’anticonformisme, sinon celui, conforme à la norme, qui stigmatise les plus stigmatisés.
Nous ne sommes pas des policiers. La mort de trois d’entre eux est un événement tragique. Mais elle ne nous fera pas entonner l’hymne à l’institution policière. Les contrôles au faciès, les rafles de sans-papiers, les humiliations quotidiennes, les tabassages parfois mortels dans les commissariats, les Flash-Ball qui mutilent, les grenades offensives qui assassinent, nous l’interdisent à jamais.
Et, s’il faut mettre une bougie à sa fenêtre pour pleurer les victimes, nous en ferons briller aussi pour Eric, Loïc, Abou Bakari, Zied, Bouna, Wissam, Rémi, victimes d’une violence perpétrée en toute impunité. Dans un système où les inégalités se creusent de manière vertigineuse, où des richesses éhontées côtoient la plus écrasante misère, sans que nous soyons encore capables massivement de nous en indigner, nous en allumerons aussi pour les six SDF morts en France la semaine de Noël 2014.
Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se sentent en danger, depuis que se multiplient les appels à la haine, les « Mort aux Arabes », les incendies de mosquées. Nous nous indignons des incantations faites aux musulmans de se démarquer ; demande-t-on aux chrétiens de se désolidariser des crimes, en 2011, d’Anders Behring Breivik perpétrés au nom de l’Occident chrétien et blanc ? Nous sommes aussi aux côtés de celles et ceux qui subissent le regain d’antisémitisme, dramatiquement exprimé par l’attaque de vendredi 9.
Notre émotion face à l’horreur ne nous fera pas oublier combien les indignations sont sélectives. Non, aucune union sacrée. Faisons en sorte, ensemble, que l’immense mobilisation se poursuive en toute indépendance de ces gouvernements entretenant des choix géopolitiques criminels en Afrique et au Moyen-Orient et ici chômage, précarité, désespoir. Que cet élan collectif débouche sur une volonté subversive, contestataire, révoltée, inentamée, d’imaginer une autre société, comme Charlie l’a longtemps souhaité.