Avertissement légal

Tous les textes apparaissant sur ce site sont automatiquement générés par notre nouveau logiciel Hétéronomix™ qui vous libère enfin de la pesante nécessité de réfléchir.
Ne perdez plus votre précieux temps de consommateurice à répondre à vos correspondants, les plus exigeants fussent-ils quant à la teneur conceptuelle ou la qualité des propos échangés : Hétéronomix™ se charge de tout ! Syntaxe et orthographe garanties parfaites et évolutives au fil des décrets.
Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.

Affichage des articles dont le libellé est Du jour au lendemain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Du jour au lendemain. Afficher tous les articles

jeudi 7 août 2014

« Pas tout à fait une perte mince »
(Veinstein, again and again and again…)





Encore une pénétrante analyse de l'ami Viederland, récupérée cette fois sur le forum Regards sur France Culture.

Ce billet répond à quelques uns avec plus ou moins de précision et propose une nouvelle synthèse de l'affaire Alain Veinstein, dont certains pensent qu'il n'aurait même pas été évincé… Par manque de temps, je laisse les fautes de style, orthographe et grammaire — même si je m'en mordrai les doigts un peu plus tard. Merci, et bon courage.

Je trouve globalement dégradant qu'il y ait besoin d'explications de textes, d'analyse critique à l'endroit d'une proposition d'un tel niveau, qui plus est étalée sur trente ans — je parle de feue l'émission Du Jour au Lendemain. Vu la puissance de la liste des invités, personnellement je ne m'y risquerais même pas. Après, libre à chacun de faire la fine bouche quand on leur sert, à travers une forme respectueuse et si dégagée, à ce point anti-spectaculaire qu'elle en devient précieuse et même vitale, des Bernard Noël, Georges Didi-Huberman, Antonio Lobo Antunes, Peter Handke, Michel Butor, Pierre Guyotat, Hubert Lucot, Jacques Derrida, Clément Rosset, Jacques Rancière, Jean Pierre Faye, Jean-Louis Schefer, Pascal Quignard, Hélène Cixous, J.-B. Pontalis, Pierre Bergounioux, François Julien, Jean Clair, Alain Fleischer, Jean Yves Jouannais, François Cheng, Michel Deguy, Charles Juliet, Valère Novarina, Philippe Beck, André du Bouchet, Yves Bonnefoy, Jean-Christophe Bailly, Arnaud Claass, Hubert Damisch, François Bon etc. — la liste est juste ahurissante et d'autant plus parce que nous étions assurés de ces rendez-vous chaque jour que dieu fait. Qu'est-ce que vous voulez analyser à partir de là ? Le plus ou moins de pertinence dans telle et telle remarque d'Alain Veinstein ? Oh, faut se détendre… Encore une fois, la pertinence de l'intervieweur est à juger sur l'ensemble. Or sur l'ensemble, Alain Veinstein et son art de l'entretien ont-ils réellement besoin d'être défendus, y a-t-il encore quelque chose à prouver ? J'en doute. Simple question : peut-on seulement rêver mieux ?

Si quelqu'un me dit : je n'aime pas Cecil Taylor, ou je n'aime pas The Hafler Trio, ou je n'aime pas James Ferraro, je me dis : bon…  Mais si quelqu'un me dit : je n'aime pas Jean-Sébastien Bach parce que c'est "mathématique", je n'aime pas Dostoïevski parce que c'est embrouillé ou je n'aime pas Marcel Proust parce que les phrases sont trop longues, je me dis qu'il me faudra bientôt allumer ma cigarette avec des silex et de la paille sèche. En tous cas, cette maladie ne se traite pas avec des explications de textes — encore que…

Quelle importance si de temps en temps, au lieu de l'excellence habituelle, je dois "supporter" les confessions d'une romancière sentimentale qui nous raconte qu'elle a "toujours écrit" et ce depuis "l'âge de 10 ans" et que l'écriture lui est "vitale" ou de tel autre voyageur prof de lettres à Trifouillis-Les-Oies qui dépeint son amour du "voyage" et sa métaphysique des randonnées en montagne ? Réponse : rien. Inutile de vérifier que la perfection n'est pas de ce monde, on le savait déjà. Si Veinstein radote un peu en déclarant coup sur coup qu'il ne sait pas à quel genre appartient tel ouvrage car celui-ci croise tous les genres — au point que cette distinction si généreusement distribuée (et probablement avec justesse) semble être devenue la règle, ça fait quoi ? Ça gêne qui ? Il y a faute grave ? C'est curieux mais si j'étais tout petit, il ne me viendrait pas à l'idée d'aller tirer la barbe d'un géant. A moins qu'on ne veuille ici rejouer David et Goliath — version fête de fin d'année, entre les gâteaux au yaourt et les sodas à l'orange.

L'occasion de clamer à nouveau que pour certains, Veinstein est un saint auquel personne n'a le droit de toucher ? Ce n'est pas tout à fait ça. Ce qui m’intéresse c'est ce qu'il fait, ce qu'il propose. Il pourrait dévorer ses enfants que ça ne changerait rien à l'affaire. Qu'il y ait eu plus ou moins de pathos dans sa dernière, qu'il aurait pu être plus ceci ou plus cela, ou un peu moins, ou un peu plus à gauche, un peu plus à droite, un peu plus vers le haut, mais du côté opposé à celui dont essaie de parler, je m'en contrefiche. Je comprend très bien ce qu'il dit, c'est déjà pas mal(1). Je ne suis pas du genre à donner des indications : plus fort, plus doucement, pas comme ça, continue. Non. Triple non ! Je trouve juste ça dégueulasse et mesquin, et trop facile. Non qu'il faille aimer ce qui est difficile et pénible, mais c'est là précisément une question de goût, de posture, d'inclination générale. C'est une question d’envergure et de finesse — le muscle et l'esprit, si vous voulez. Aussi, pour chercher des noises à une carrière comme celle-ci, il faudrait en avoir au moins autant (on préférerait un peu plus), à moins de sombrer d'une façon ou d'une autre, dans le "bruit" et l'agitation — fléaux à l'encontre desquels cette émission était justement un rempart, doublé d'une proposition exemplaire : quelque chose qui protège et qui sauve, qui ouvre. Et fantastiquement — pour rappeler tout de même la dimension imaginaire à la source de cette affaire, et je parle bien de source, pas les égouts où ça finit(2). Puisqu'il arrive souvent que, dès lors que nous nous concentrons sur quelque chose, nous oublions cette chose même, jusqu'à la trahir.

Bien sûr, moi aussi je suis curieux, je me demande par exemple comment diable pouvait-il s'entendre avec la productrice de Hors-Champs ? Non que Hors-Champs soit tout à fait déplaisant — avec un choix d'invités un peu plus large, pour le meilleur et pour le pire — mais il serait intéressant de superposer ces deux formes d'entretiens afin de mettre en lumière toutes les erreurs qu'Alain Veinstein n'a jamais commises. Sauf que, par respect pour l'un et l'autre, je ne peux me résoudre à critiquer l'une pour glorifier l'autre. C'est navrant car je ne connais pas d'autre émission France Culture assez proche de la forme Veinstein pour expérimenter la technique du calque. Mais ce n'est pas très grave. D'autant plus que c'est finalement une mauvaise idée que de s'engager dans une bataille d'émissions, car Du Jour au Lendemain est beaucoup plus qu'une "émission" de radio, et cela pour des questions de forme. Une forme pure, presque invisible. Très curieusement, à n'avoir rien voulu inventer, Alain Veinstein a inventé quelque chose : un art de la présence, l'art d'embrasser la nuit, l'art de ne toucher à rien, l'art d'un positionnement idéal, à tous les niveaux : sa voix, ses interventions en demi-teinte, sa capacité, sa disponibilité au silence et une programmation musicale de haute qualité. Il faudrait là développer chacun de ces points, mais je risque de tomber à mon tour dans l'analyse au scalpel, à rallonges surtout. Il y aurait plein de choses à dire, par exemple, sur le rôle du silence, qu'on trouvait là modulé de diverses façons. Sur le soin apporté aux "chutes" dans les entretiens. Sur l'ironie diaphane, le caractère flottant, ou abstrait, des questions posées, etc. Pour le dire autrement — car je le répète, je ne suis pas disposé pour la spéléo — Alain Veinstein aura réussi à marier un tour oriental, au sens de l'épure, d'une position existentielle pétrie de sagesse — aux contenus les plus occidentaux : pâleur cadavérique, conscience plongée dans l'acide, génie narcissique. Il a su trouver une sorte d'équilibre, de symétrie prodigieuse, qui, à se rappeler tout ce que cette seule forme aura su héberger, à mon avis renvoie tout commentaire un peu tatillon, un peu périphérique, dans le registre animal(3). Non que ces commentaires soient nuls mais c'est une question d’échelle : ce qui est mis à l'examen se trouve juste vingt étages plus haut. Donc au delà des émissions de "sens", il y a comme un problème, une incompatibilité dans les proportions.

J'ai donné cette liste énorme tout à l'heure, qui plus est très incomplète, mais dans le projet de la mettre en regard et lui opposer une autre liste, toujours issue du travail d'Alain Veinstein, avec tous les "petits" auteurs je veux dire moins connus ou moins reconnus, dont un très grand nombre m'ont prodigieusement étonné et nourri ou en tous cas fait plaisir. Il faudrait à ce stade une santé littéraire que je n'ai pas pour dépeindre en quelques traits la teneur d'une telle engeance. Ceux qui ont pratiqué cette émission durant des années savent à quel type d'auteurs je me réfère. Les autres, ceux pour qui Du Jour au Lendemain est juste une émission de radio n'ont sans doute pas besoin de le savoir, étant dotés d'un intérêt très relatif aux projets de tels auteurs(4). C'est là un autre tour force, d'avoir su à ce point remuer la terre comme un bulldozer, porter sur le devant de la scène un nombre aussi grand de travailleurs obscurs. D'ailleurs, on ne cesse de citer Veinstein par-ci, Veinstein par là, alors que ce sont principalement tous ces auteurs dont nous sommes désormais privés, ce sont eux qui sont mis à la porte pour un "place aux jeunes" et "les bonnes choses ont une fin" et "tu peux me prêter dix euros je te les rends le mois prochain" et autres bêtises sorties des cerveaux les plus abrutis — je devrais dire "décadents". Puisque ce décret me semble aussi bête, aussi méchant que celui de fermer les écoles, juguler les forces à l’œuvre pour l'éducation, en serrant les cordons de la bourse. Je le redis donc clairement : avec son sens de l’accueil, de l'effacement, ce n'est même pas Alain Veinstein qu'on a décidé de bâillonner, ces sont des centaines et des centaines d'auteurs, écrivains, essayistes, chercheurs, poètes, artistes, critiques.

Le 14 juillet au soir, toujours au travail dans une chaleur de plomb, je lève le nez de mes schémas à cause des déflagrations dans le ciel de la ville. Je cours chercher l'enregistreur en me prenant les pieds dans les câbles avec le dessein de réaliser sur le tas une capture audio des explosions les plus belles. La bonnette étant réalisée à partir d'un nounours découpé au cuter, la prise n'est pas gagnée. Sauf que : la tête dans la lucarne, je m'aperçois et je me re-souviens qu'une bande de sinistres andouilles ont eu la super idée de transformer les traditionnels feux d'artifice en son-et-lumière — traduction : démagogie à tous les étages, goût immonde, musique insultée au troisième degré, magie gâchée, bêtise, argent perdu (service public) comme si les billets avaient été enfoncés dans une crotte. Sans penser pour autant que toute l'époque se roule dans la boue avec un rire gras ou des mines paranoïaques, qui n'augurent rien de bon, j'ai juste remarqué que ces petites blessures quotidiennes, il me faudrait désormais les affronter sans la perspective et l'assurance des trente-cinq minutes de poésie nationale. Ce qui n'est pas tout à fait une perte mince. Sans compter la prise de son, dont on aura deviné qu'elle est inexploitable, elle n'a même pas eu lieu (à cause du rap)…

Dans le même registre, on fait plus de cent kilomètres hier après-midi pour aller flasher une EEPROM au fin fond de la campagne — l'occasion de vérifier à nouveau, une fois de plus et malgré nous, que la FM est une poubelle… Ce sont deux choses différentes, que le savoir et être forcé de le vérifier. Et pourquoi cet état de choses, alors que des centaines de projets pertinents sont impossibles en France ? L'équation est la suivante : la daube plaît et rassure, le public est crétin : continuons de l'abrutir et de le flatter. J'ai fait de gros chantiers de bâtiment et j'ai pu le vérifier : plus c'est con, plus ça plaît. De toutes façons, on peut le vérifier n'importe où : dans les boutiques de vêtements, dans le car-inter régional, au supermarché, à la banque. Or, à qui devons-nous les bases de ce monde enchanté ? Probablement à une petite poignée de décideurs, avec des postes à "responsabilité" — qui ne connaissent bien entendu rien à l'art — et dont la "responsabilité" est en fait, à mes yeux, une série de décisions juste bonnes se se taper la tête contre les murs, une série d'actions plus malpropres que celles dont les effets mènent nombre de personnes en prison. En clair : pire que des voyous, et très largement. Dans un tel contexte, dégager Veinstein, c'est juste écœurant, c'est la honte, c'est scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Puisse autant de honte, autant de graisse autour du cerveau, étouffer leurs auteurs, hanter leurs nuits mesquines et dépeuplées. Il y a quelque chose de pourri, au Royaume de la Radio.

*******

1. A propos de cet imaginaire à l’œuvre dans les forces créatrices, il faut rappeler la diversité des disciplines traitées par les ouvrages librement commentés : de la psychanalyse à la poésie, du théâtre à l'analyse sociale, du roman à la critique d'art, de la photographie aux ouvrages historiques, aux thèses d'université, de tout poil, devenues des livres. Et là, subterfuge de la production ou génie d'Alain Veinstein, on demeurait toujours dans une belle illusion, un agréable sentiment d'omniscience de la part de l'intervieweur. Vrai ou faux ? importance zéro.

2. On va dire qu'il est facile ou peu de choses de placer un bel exergue, n'empêche que la citation de Plutarque, issue de L'art d’écouter est si belle et surtout, une fois de plus, si nécessaire et si bien placée car à contre-courant de tout ce dont le société meurt à petit feu, qu'à elle seule elle justifie et fait fructifier dans le bon sens tout l'argent du "service public" dont il a été fait mention dans les billets précédents (du forum, NDGWFW). Si tant est qu'on ait pris le temps de méditer un peu la résonance de cet exergue.

3. Certains ont même jugé bon de dépasser le commentaire critique pour un questionnement digne d'un interrogatoire : Veinstein aurait menti en décrivant sa dérive nocturne autour des studios, mais que ferait-il à ces heures quand ses émissions sont depuis longtemps enregistrées la journée ?! Déjà, on savoure la puissance de l'angle de vue, dont cette question est le précipité. Là c'est plus de la géométrie, c'est carrément de la 3D, avec lampe dans la gueule, menottes au radiateur et coups de bottins. Que faisiez-vous à minuit autour des studios ? La question qui tue, quoi ! Toute le monde tremble, l'honneur d'un homme est en péril. Les gens ferment les volets, on se dépêche de rentrer chez soi, c'est la terreur. Tout le quartier est bouclé : on a une remarque pertinente qui vient de tomber sur un forum. Bien, trêve de rhétorique : en guise de réponse à ce commentaire confondant, je vais vous raconter un petit truc. Je fais de la programmation et de la création radiophonique depuis 1997 et ce jour après jour — c'est-à-dire pratiquement sans aucune pause, mais on s'en fiche. Or, quand les conditions ne sont pas réunies pour se permettre un direct, le "direct" a lieu hors-antenne, en prévision d'une diffusion future, avec les commodités que cela suppose, retouches etc. Aussi, quand le travail est enfin diffusé, non seulement il se révèle à cet instant, mais encore, on se dépêche d'aller l'écouter DEHORS : allongé dans l'herbe, au casque dans un café, en voiture devant le coucher de soleil ou sur la plage, sous les étoiles. En terme de logique pure, la description de ce processus n'invalide en rien la super-question comme sa super-conclusion mais elle vient la troubler par le côté. Cela va sembler tautologique mais le différé se change en "direct" au moment même où il est diffusé. C'est vraiment comme la photo qui apparaît dans le bac du révélateur. Quand vous pleurez sur un morceau des Beatles, vous ne vous ne pensez pas à l'aiguille qui grattouille les sillons (à remettre dans le bon sens). Vous ne vous dites pas non plus : ma platine est en train de me mentir. Au pire vous pouvez penser : ma platine est en train de me raconter une drôle d'histoire. Tout cela pour dire qu'on ne sait pas ce que fabrique Alain Veinstein au moment où ses émissions se voient diffusées pour la première fois. Qu'il soit là à rôder ou pleurnicher au pied de la Maison de la Radio, et pourquoi pas ? Et le champagne dans le taxi, vous y avez pensé ? Alain Veinstein peut bien raconter ce qui lui passe par la tête, sans forcément se payer un contrôle d'identité (on pense à Ferré). Alain Veinstein ne vous a pas piqué votre porte-monnaie, votre sac-à-dos, alors quoi ? Il est où le mensonge ? Vous avez-vu ce qu'il en reste de votre mensonge ? Il serait plus utile pour tout le monde de travailler directement sur l'origine du ressentiment, lequel vient tout salir et tout embrouiller. En d'autres termes, il serait plus utile de vous ouvrir — comme a justement fait quelqu'un à qui je pense. Vous devriez savoir que le symptôme n'est pas la maladie. Et si on a tous le droit de se planter, faut éviter de planter les autres avec, pour des raisons obscures.

4. Je pourrais et je devrais citer quelques auteurs et quelques contenus mais je ne trouve pas le temps d'aller rechercher dans les archives, ayant pourtant plusieurs auteurs précis en tête, dont justement j'ignore totalement les noms, car ce ne sont pas des Pascal Quignard ou autres grandes figures. Hier soir, c'était encore, par exemple, Joël Roussiez. En effet, je profite au compte-gouttes, avec une parcimonie calculée, des derniers podcasts que je n'ai pas encore écoutés. On s'arrange comme on peut dans un monde où le trop fameux "spectacle" gagne chaque jour un peu plus du terrain. Naturellement : pour le bonheur de tous.

jeudi 17 juillet 2014

L'arrivée au studio 133
(à la manière d'Alain Veinstein)


J'avais oublié que ça s'appelle la Maison de la Radio : on est donc censé s'y sentir toujours un peu chez soi, quoi…
Mais pour Alain Veinstein ce n'est plus le cas, depuis le 4 juillet.

Tiens, ça me rappelle le film de Nicolas Philibert, La Maison de la Radio, qui comporte une séquence d'un Du jour au lendemain de février ou mars 2012.

Et vu du ciel, ça explique l'ancien logo de France Inter, de 1978 à 1985.

Voici l'incipit de L'intervieweur (Calmann-Lévy, 2002), première réflexion publiée par Alain Veinstein sur son métier d'homme de radio avant le magnifique Radio sauvage (Le Seuil, 2010).

L'élocution peut sembler caricaturale, il est vrai, mais c'est pas facile de faire du Veinstein, même quand on l'a écouté presque tous les soirs depuis trente ans…) :

samedi 12 juillet 2014

Un monde sans A… lain Veinstein






Ah ! l'affliction s'avérait assez attrayante, affreuse, abominable, archi-désolé d'appuyer ainsi et de m'appesantir…

vendredi 11 juillet 2014

Veinstein, again



devient



Je me permets de reproduire ci-dessous, à propos de la suppression brutale de Du jour au lendemain, un commentaire très développé et particulièrement pertinent (un peu perdu dans les limbes du billet précédent), dû à un certain Viederland qui a atterri ici depuis le site de l'ami Fañch.

Je crois malheureusement que le sentiment de José est partagé par beaucoup : pourquoi le vieil homme refuse-t-il de se mettre à la retraite ? A découvrir pas mal d’autres réactions, pour la plupart haineuses, notamment sur un forum de news appartenant à Orange, j’ai pensé qu’il ne fallait pas chercher bien loin pour expliquer ces points de vue. Ce qu’on reproche à Veinstein, c’est sa santé même, odieusement couplée avec quelque chose qui à mon sens relève d’un statut d’artiste, statut qui se détache donc, avec superbe et en la matière, d’une simple production radiophonique, et n’a plus rien à voir avec le fait d’exercer un métier, d’avoir dans la société une place assignée, avec une fonction claire.

En revanche, le ressentiment à l’égard de l’artiste est tout à fait clair, s’accompagne d’une odeur, d’un climat qui ne trompe pas — quand on connaît intimement les rouages d’un tel processus. Or, tout homme qui n’a pas eu justement le courage d’une telle vocation s’emploiera à la nier, du haut de toute son ignorance et souvent avec une certaine méchanceté. C’est la rage égalitaire dressée contre le mystère élitiste — élitiste par défaut. A partir de ce postulat, les protestations sont primaires : Pourquoi ne sait-il pas s’arrêter ? Pourquoi ne laisse-t-il pas place aux autres ? Pourquoi travailler encore ? Et quel était son salaire ? Et il se croit indélogeable ? Et il se croit propriétaire ? Et pourquoi ne s’est-il pas engagé ? Et pourquoi n’a-t-il pas su infléchir sa femme à tel et tel moment ? Mais José va plus loin, en disant que s’il se fait virer, c’est un juste retour de son désengagement. Comme si l’artiste devait nécessairement être engagé. Eh bien non, il arrive qu’il ne le puisse pas ou ne le veuille pas. C’est déjà bien assez de proposer et d’opposer une œuvre à l’anarchie du monde, on ne peut pas être tous des René Char ou des Benjamin Péret.

Mais de toutes façons, avant même que ces questions se posent, la majorité des intervenants ne voient pas les années-lumière qui séparent l’émission d’Alain Veinstein de toute autre proposition relevant du même support. Du moins, ils le pressentent juste assez soit pour fabriquer de la bile, soit pour le nier tout à fait. Or, c’est précisément cette distinction positive (l’inouï d’une proposition radiophonique) qui me fait écrire et batailler dans le vide. Car on ne sait pas qui je suis mais si on pouvait le savoir on trouverait mon intervention aussi impossiblement bizarre que si quelque Antonin Artaud postulait comme cadre chez Loréal ou se mettait à gratter des Bingo pour se payer une télé.

En clair, le travail de Veinstein est si profondément lié à la littérature et à la poésie, c’est-à-dire de bout en bout et sous le signe d’une rare perfection formelle que cela me force à sortir de mon trou, pour des réactions « à chaud » dont j’ai en principe horreur — surtout quand il faut en plus mouliner pour répondre à des nigauds, pour lesquels la forme n’est qu’une enveloppe — ou une question de second ordre. Tandis que, bien entendu, nous autres savons depuis longtemps qu’elle est tout — obéissant elle-même à une dialectique des plus complexes, qui l’invalide à son tour, etc, etc. Mais à quoi bon s’échiner pour un public qui met sur un même plan Yves Duteil et Stéphane Mallarmé ? — et pour le coup probablement incapable de profiter pleinement et de l’un, et de l’autre.

Quant à l’émission censurée, on y apprend surtout qu’Alain Veinstein n’a jamais eu l’intention de mettre fin à ses entretiens. Faut-il expliquer pour les bébés et les esprits malveillants qu’il en a eu mille fois la tentation « pour lui-même », de soi à soi ? Je ne sais pas, gageons que c’est inutile. En tous cas, l’hypocrisie de la direction éclate pour de bon, le doute est levé. Hypocrisie, voire mensonge pur et dur, doublé d’un nouvel affront : l’absence de motif valable à l’éviction de ce programme. On découvre aussi la soudaineté de l’exécution : le crime par voie électronique, le cadavre enfoncé dans la tartine de confiture. C’est du Agatha Christie ? Et quoi, après vingt-neuf ans de service, comme il s’en étonne lui-même, pourquoi ne pas lui laisser plus de temps, pour apprendre à se retirer et surtout, répartir tant bien que mal le choc de l’échéance ? En ce qui me concerne je me serais insurgé avec la même conviction, sauf que là, même l’élégance est absente — à supposer qu’elle change quoi que ce soit à l’affaire. Disons qu’un bon bourreau se doit d’avoir de bons outils, même si cela ne réduit pas la peine.

De toute façon, puisqu'il n’entendait pas mettre un terme à son émission, il eut été bon d’avoir au moins de vraies raisons, des motifs développés justifiant cette décision, par exemple une critique de fond, surtout à l’endroit d’une proposition complètement unique, à ma connaissance sans équivalent. C’est exactement comme si un éditeur disait à un auteur : — écoute, tu as publié une quarantaine de livres, il est temps pour toi de passer à autre chose. Il ne dit pas — écoute, je trouve que tu te répètes, ou encore : je ne peux soutenir tes nouvelles positions. Non non, il dirait justement RIEN, rien que l’on puisse seulement comprendre. Est-ce seulement imaginable ?

De la même façon, on dirait à Brian Eno, à David Bowie, à Genesis P. Orridge, à Robert Fripp, à Peter Hammill, à Robert Ashley, à Scott Walker : — écoutez les gars, vous avez fait assez de disques, vous avez fait beaucoup de concerts, il est temps de penser à vous reposer, place aux jeunes, il n’y a plus de place dans les ordinateurs, dans les bacs à disques et dans les consciences, plus de désir à votre endroit, stoppez tout, vous avez passé l’âge de la création. Ce truc-là, cette folle idée mais ça n’existe même pas, on le comprend aisément, c’est juste monstrueux, c’est carrément décadent. C’est un peu : - tiens, si je me retirais un poumon pour voir ce que ça fait ? Si j’essayais de le remplacer par une boîte à chaussures — juste pour voir ? Et si je décidais de suicider une des meilleures émissions-radio que la France ait jamais proposée ? Ce ne serait pas le genre d’idées qu’ont précisément ce qu’on appelle les « créatifs » ? Le genre de nigauds qui travaillent dans la Com et finissent parfois avec des « responsabilités prestigieuses » — alliant probablement leurs superbes idées à certaines « qualités humaines » dont un milligramme ferait certainement mourir sur le champ le plus modeste des poètes.

Ah, il y a aussi la fameuse grille, comme si cette grille n’était pas elle-aussi une fiction — et une chance. Alors franchement, en radio, la grille, comme la charte, il serait bon de penser un jour à en faire quelque chose. Comme si l’on manquait de place ou même de financement — dans un pays dont même les poubelles regorgent de richesses et d’argent gâché — de travail gâché, de temps gâché, de culture flouée. On ne voudrait plus mettre un sou pour la nuit ? Que veut-on au juste ? Favoriser les grands groupes de presse et les grands éditeurs ? Pourquoi ne pas tout de suite fermer les écoles ? Car si l’émission d’Alain Veinstein n’arrivait pas dans les premières lignes en matière d’entrée en littérature et défense de la littérature, alors je suis devenu fou.

Un problème avec l’autorité ? Justement non. Car l’autorité est du côté du talent, non de ceux qui en vivent avec sur lui droit de vie et de mort. C’est toute la différence entre pouvoir et autorité. Pardon d’y revenir, mais je reste confondu par la dose de bêtise et de méchanceté à l’égard des anciens, quand le flot d’ordures internet vient résonner étrangement avec ce qui se passe en haut lieu, dans un cénacle prétendument « cultivé ». Cela me semble encore plus bizarre dans un pays où l’art est non seulement devenu à la mode, mais presque un paradigme, un modèle de vie où finalement viennent se bousculer toutes les confusions, les rivalités hypocrites et les désirs inassouvis, exacerbés de toutes parts. D’instinct — car il fait bien trop chaud pour penser — je dirais qu’on ne sait plus quoi faire avec les maîtres. Trop orgueilleux, trop frustrés, trop distraits, trop pressés pour y faire complètement allégeance, pas assez gangrenés, pas assez abrutis pour les envoyer au néant sans scrupules, en tous cas sans tartuferie — ce recours attestant, réjouissons-nous, d’une attitude qui penche encore du côté de la civilisation. Le chronomètre pour les poissons, voilà qui en dit long sur les vanités.

Petits et grand auteurs, relégués au fond de la Seine, c’est exactement cela. Ou comme a dit Adieu Maldonne dans son billet, on arrache d’un coup l’identité d’une vie, la pellicule impressionnée de son boitier d’ombre. Ah, la grosse main parfumée capable d’un tel geste, l’histoire la retiendra aussi, si tant est que nous ne soyons pas assez crétins pour menacer cette histoire elle-même… à grand renfort de mauvaises décisions.

Voyez la tour Eiffel, pourquoi ne pas la démonter aussi ? N’a-t-elle pas fait son temps ? Était-elle prévue pour durer ? Ah mais voilà, il n’y a pas de porte-clefs « Du Jour au Lendemain » et au Japon on ne se dit pas « la France, le pays des vraies émissions littéraires ».

Au départ je n’avais rien voulu savoir sur l’auteur de la décision, craignant de ma part un emballement thermique, suivi d’une logorrhée peu amicale, déshonorante pour tous. Aujourd’hui, je découvre avec étonnement que je n’ai pas affaire à un personnage forcément épais mais à quelqu’un qui donne dans les René Daumal, les Kierkegaard et compagnie. Pour le coup, me voici complètement perdu. Que s’est-il réellement passé ? Je suppose que ce n’est pas M. Poivre d’Arvor tout seul qui prend les décisions, si ? N’y a-t-il pas eu quelque chose comme une réunion, un vote, je ne sais pas ? Une pression quelconque ? Car au fond, la seule raison explicable, pour l’instant, c’est l’argent ? Ou quelque chose d’autre m’aurait échappé ?

samedi 5 juillet 2014

Quand culture rime avec censure



On a appris avec pas mal de dépit voici une dizaine de jours, par un entrefilet dans Télérama, que l'un des derniers piliers historiques de France Culture, un de ceux qui avaient contribué à forger l'esprit des années d'or de la chaîne (1975-1999), Alain Veinstein, était limogé sans ménagement : l'émission Du jour au lendemain  qu'il avait enfantée voici presque trente ans, en septembre 1985, ne sera pas reconduite à la rentrée 2014.
Pourquoi ?
La direction avait d'abord avancé des raisons d'âge — Veinstein approche les 72 ans, l'âge de la momification, non ? et sans doute sur le point de sucrer les fraises — mais en fait, non (sans doute s'est-on rappelé que Juppé compte se présenter en 2017 ?), question de budget : contraction l'an prochain.
Bon sang mais c'est bien sûr ! d'autant que deux micros dans un studio avec un technicien aux manettes, c'est sans doute l'émission la plus coûteuse de cette chaîne qui ne regarde pas à la dépense lorsqu'il s'agit d'envoyer des journalistes à l'autre bout du monde pour des émissions spéciales !

Coup de pute sur le gâteau : Veinstein, apprenant cette poignarderie à la Iago, modifie la programmation de l'émission de la nuit du 4 au 5 juillet — qui sera donc la dernière — pour proposer un ultime opus, seul pour la deuxième fois en 29 ans (la première, c'était ici, magnifique hapax).

Mais il a commis l'erreur d'annoncer la chose dans un billet de présentation de l'émission, ceux de la haute ont fait dans leur froc et nous ont balancé en lieu et place une banale rediffusion rassurante, sans bien évidemment rien annoncer aux auditeurs plus attentifs qu'attentistes — « Rien à branler de ces connards d'oreilleux ! », doit-on se dire dans les sphères de la Maison Ronde…
Allez boum ! Censure directe, à sec avec du sable !

Bon, pfff…, encore une histoire lamentable qui témoigne de la beauté fulgurante de notre époque ; rien à ajouter en fait à ce qu'a déjà bien mieux dit l'ami Fañch sur son excellent blogue (et l'on peut aussi se rapporter à ce fil de discussion).

Mais fouchtra ! il va sacrément me manquer, ce passage du jour au lendemain, et ces « Mmmh » qui suggéraient tout !

Note du mardi 8 juillet : Je suis tellement fumasse que du coup j'ai rédigé une pétition (moi qui ne vote jamais !) :

Signer la pétition : Contre la suppression de Du jour au lendemain, le limogeage d'Alain Veinstein, et les dérives de...

Note du mercredi 9 juillet — La station a fini par se décider à mettre en ligne l'émission censurée, avec une note censément explicative :




« La direction de France Culture a considéré que le dernier enregistrement d’Alain Veinstein ne correspondait pas au cahier des charges de cette émission et au contrat qui nous engage de part et d’autre: il n’appartient en effet pas à un producteur d’une chaîne de consacrer l’intégralité de son programme à sa propre situation personnelle. », tentent-ils de se dédouaner : ah bon ?
Alors pourquoi ont-ils laissé passer sans sourciller l'émission du 17 septembre 2005 ci-dessus rappelée en lien ?
Et puis, soit dit entre nous, cahier des charges, ça fait juste qu'à chier des rages

Note du jeudi 10 juillet : Ultime (?) revirement dans ce ballet minable, la station a finalement retiré de la page du site sa ridicule présentation (fautive de surcroît puisqu'ils s'inquiétaient faussement de créer « des précédents »…), et bien sûr, impossible d'écrire un commentaire là-bas.
Heureusement que l'ami Fañch a eu hier la présence d'esprit de le recopier sur son billet de clôture de cette triste affaire :

« Les auditeurs de Du jour au lendemain du vendredi 4 juillet 2014 ont entendu la rediffusion d’un entretien d’Alain Veinstein avec Pierre Lemaître.

La direction de France Culture a considéré que le dernier enregistrement d’Alain Veinstein ne correspondait pas au cahier des charges de cette émission et au contrat qui nous engage de part et d’autre: il n’appartient en effet pas à un producteur d’une chaîne de consacrer l’intégralité de son programme à sa propre situation personnelle.

Considérant qu’il s’agissait là d’un plaidoyer qui n’avait pas sa place sur l’antenne, au risque de créer des précédents injustifiables dans le cadre du service public, nous ne l’avons pas diffusé.

Mais en raison du lien particulier et amical qui nous lie à Alain Veinstein et à son travail radiophonique sur France Culture, et ne voulant pas priver les fidèles de Du jour au lendemain du témoignage de son producteur, nous rendons librement accessible à tous l’enregistrement original. La direction de France Culture »

——————

En complément, l'article d'Amaury da Cunha paru dans Le Monde daté 6-7 juillet 2014 :

C'était un rendez-vous nocturne, incontournable pour les amateurs de littérature, de radio, de silences et de confidences. A minuit, sur France Culture, du lundi au vendredi, depuis 1985, Alain Veinstein incarnait la voix intime de l'intervieweur dans son émission « Du jour au lendemain ». Petite musique de jazz en préambule, lecture d'un extrait de l'auteur invité, l'échange pouvait commencer. Vendredi 4 juillet, cette aventure s'est achevée.
Avec une voix suave et mélancolique, Alain Veinstein, homme de radio, mais aussi poète, prenait son temps. Pas question de précipiter ou de provoquer artificiellement les choses. Dans son studio feutré de la Maison de Radio France, il a reçu 6 800 écrivains, des plus notables (Marguerite Duras, Pascal Quignard…) aux plus confidentiels. Parce qu'il inspirait la confiance et l'amitié, il a réussi à convaincre les plus secrets d'entre eux – comme Louis-René des Forêts – à s'entretenir avec lui.
Car, dans ce face-à-face, il ne se posait jamais en critique dépositaire d'une quelconque autorité littéraire. Il restait à l'écoute, à distance ; sans jamais vouloir prendre le dessus sur l'échange. «A la radio, l'exigence se partage entre l'autre et soi. On n'imagine pas le trapéziste sans le porteur », écrivait-il récemment sur Twitter.
Quant à sa technique d'intervieweur, elle reposait sur des questions qui plaçaient toujours l'écriture sur le fil de la vie, mais aussi sur des silences, comme des « amorces de réponses », selon les mots de son ami Yves Bonnefoy.
Fin juin, la direction de France Culture a décidé de mettre fin à l'émission pour des raisons de restrictions budgétaires. « Ce fut un coup brutal, mais je m'y attendais, explique Alain Veinstein. L'an dernier, on m'avait déjà souligné mon âge. Encore un an, monsieur le bourreau, avais-je demandé ! »
Pour sa dernière émission, à 71 ans, Alain Veinstein avait choisi d'être seul, face à lui-même. Comme s'il reprenait la parole après l'avoir donnée aux autres pendant toutes ces années. Vendredi, à minuit, dans une émission préenregistrée, on aurait dû entendre les derniers moments de « Du jour au lendemain », rebaptisé pour la circonstance en «  Du jour sans lendemain ».
Pendant les trente-cinq minutes de cet enregistrement, Alain Veinstein se lançait dans un étrange et émouvant monologue : fustigeant la violence du monde de la radio, tout en rendant hommage à ces grands moments de conversations enregistrées.

« Censure rare à la radio »
C'est un homme brisé qui s'est exprimé, soudain privé de ce rendez-vous de minuit qu'il avait fini par identifier à sa propre vie. Mais, une heure avant la diffusion de cette émission, Alain Veinstein a reçu un mail d'Olivier Poivre d'Arvor, le directeur de France Culture, lui expliquant qu'elle n'aurait finalement pas lieu : « Nous avons écouté l'émission de ce soir, et nous avons décidé de ne pas la diffuser. (…) Outre qu'elle ne correspond en rien à l'objet de ton émission, elle ne te rend pas hommage. Trente-cinq minutes de récits subjectifs, et de discussions internes ne regardent en rien l'auditeur. »
Pour Alain Veinstein, stupéfait, cette décision est un choc supplémentaire : « Une telle censure est rarissime à la radio, confie-t-il. Je n'ai rien fait de mal, je n'ai fait que tirer un trait sur vingt-neuf années d'émissions. »

Et un extrait de la dépêche AFP du 5 juillet :

France Culture a fait valoir que la radio « s'était entendue avec Alain Veinstein sur l'arrêt de son émission depuis plus d'un an » et que « ce dernier avait accepté le principe d'un nouveau rendez-vous annuel de 40 émissions pour la grille d'été » de 2015. « Nous en étions à convenir des modalités de cette nouvelle collaboration quand Alain Veinstein a choisi de rompre le contrat et de transformer la dernière émission de Du jour au lendemain — censée accueillir un écrivain — en un monologue de 35 minutes sur sa propre situation professionnelle », ajoute la station. « Une radio de service public n'est ni une antenne privée, ni le lieu de plaidoyer pro-domo, et ce pas plus pour Alain Veinstein que pour aucun d'entre nous (...). Assurer le renouvellement des générations à l'antenne, c'est aussi conforter l'avenir de France Culture », poursuit-elle.

Note du 19 juillet : Amos M. Reichman a publié hier une belle tribune sur le site du Nouvel Obs : « France Culture, tu  fais mal à mes nuits »