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mercredi 16 mars 2011

Les débuts de Manchette (1)


La balle de 22 fit un petit trou dans la toile. La détonation ne fut guère plus impressionnante que le claquement d'un fouet. Une corneille protesta dans la vallée. Luce éclata d'un petit rire rouillé, assez analogue au cri de la corneille.
Gros sourit avec suffisance.
— Je peux les mettre où je veux, fit-il. Je fais un autre trou ?
Luce examina la toile.
Elle l'avait peinte la veille, en cinq ou six heures. Autrefois, ça lui aurait pris beaucoup plus de temps. Des mois, probablement. Mais autrefois, elle croyait que l'Art existait, et qu'elle-même avait du talent.
Elle agita avec désinvolture son Upmann du matin.
— Vas-y à ta guise. Tout le chargeur. À ta guise. Fais ce que tu sens. C'est la spontanéité qui fait la valeur d'une création.
— Quoi ? demanda Gros.
— Tire, tire ; t'occupes pas de ce que je raconte. Tire.




Henri Butron est assis tout seul dans le bureau obscur. Il porte une veste d'intérieur à brandebourgs. Sa figure est pâle. Il sue lentement. Il a des lunettes noires sur les yeux et un chapeau blanc sur la tête. Devant lui, il y a un petit magnétophone, qui tourne. Butron fume de petits cigares et parle devant le magnétophone. Il trébuche sur certains mots.
La nuit est assez avancée et le silence total autour de la demeure, éloignée du port de Rouen.
Butron a terminé. Il se lisse la moustache et arrête le magnétophone. Il rembobine l'enregistrement. Il a l'intention de l'écouter. Sa propre vie le fascine.
La poignée de la porte grince. Butron bondit du fauteuil. La sueur jaillit de son front comme d'une olive pressée l'huile. La porte ne s'ouvre pas aussitôt parce que la serrure est fermée. Butron hoquette. Il n'y a aucune issue au bureau, que cette porte. Il aurait dû s'installer dans une autre pièce. Il est trop tard pour y penser. Quelqu'un envoie un coup de talon dans la porte, à la hauteur de la serrure ; ça casse, c'est ouvert. Butron essaie niaisement de s'incorporer au mur opposé. Il veut y enfoncer son dos. Ses mains griffent le papier à fleurettes, ses ongles pénètrent le plâtre qu'ils éraflent, ils se cassent.

21 urbanités attiques:

birahima2 a dit…
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Jérôme Leroy a dit…
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birahima2 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
George WF Weaver a dit…

Désolé : ces propos manquaient de l'urbanité réclamée par ici.

Bira, si vous avez une opinion à exprimer sur Jérôme, faites-le donc plutôt chez lui.

Anonyme a dit…

Le premier extrait, pour amusant qu'il soit, est un recyclage manifeste des "tirs artistiques" de Niki de Saint Phalle en 1961 (néo-dadaïsme assez faible au regard des exigences de l'époque et des pratiques dadaïstes passées). Dix ans plus tard, le lecteur ignare de Série Noire pouvait sans doute croire à une innovation radicale.

Moons a dit…

C'est juste histoire de réviser mes liens.

POP9 a dit…

J'avions jamais vu "Laissez bronzer" tel qu'il est sorti initialement, en Série noire. C'est rigolo, les bobines des deux auteurs avec leurs cigarillos, ça fait un peu faux guerilleros cubains.

thé a dit…

G,
N'avez-vous pas peur que cela ne devienne platonique ?
Moi, au vu de ce qui m'entoure, ce serait plutôt papal
Dommage que ce ne soit palpable

birahima2 a dit…

je connais déjà la réponse, merci George.

qu'il le fasse, ça lui fera du bien.
( mais avec sa nadia, comme d'hab )

Jérôme Leroy a dit…

Je te prie de cesser de commérer chez les autres, pauvre naze psychotique.
Le taulier serait-il assez aimable pour modérer cette débile quand ses éructation de malheureuse me concerne à tort ou à raison?

thé a dit…

JL,
Est-ce à moi que ce discours s'adresse ?
Je ne vais JAMAIS commérer chez les autres. Si j'ai quelque chose à dire, je le dis, où que ce soit, même sur des blogs ou sites ou... non amis à défaut d'être ennemis ; ce qui a, quelque peu, vous en conviendrez nui à nos échanges alors que, hors mon traukskisme naïf et et élémentaire, nous étions, toutes proportions gardées, d'accord sur bien des choses
Psychotique, pourquoi pas, après tout. Qui ne le serait pas à vivre actuellement ? Tout nous porte à la déchirure.
Ce que je déplore est justement qu'en raison cet état de fait, ils nous obligent à nous déchirer
Alors que nous sommes faits pour trouver mille lieux d'entente
Et ne pas les voir, les sous-estimer, c'est faire leur jeu

thé a dit…

Et comme finalement ça me fait presque du bien de me retrouver dans une case que j'avais du mal à cocher, je réitère mon non-amour de Manchette, ce qui mettra JL et G d'accord ; ils vont l'amble pour Manchette

Moi, bof, cet incipit avec cet effet traveling usé à la corde déjà à cette époque
C'est certainement l'effet convenu de cette prose qui, non pas, me hérisse, mais me laisse froide
C'est une littérature qui m'ennuie
Et, elle est faite pour ne pas être cela, sinon elle n'est pas
La littérature, bien sûr.

Mais tout n'est que littérature diront-ils dans un autre contexte
Oui

Jérôme Leroy a dit…

Non Thé, ce n'était pas vous.
C'était la méchante "folle à tuer"

birahima2 a dit…
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George WF Weaver a dit…

Je vous l'ai déjà demandé, bira : merci de chercher un autre exutoire pour votre fiel.

birahima2 a dit…

vous pouvez compter sur moi.
on en reparlera quand vous aurez cessé vos réactions émotionnelles toutes les deux.

thé a dit…

G
Où êtes- vous passé ?

thé a dit…

Avais hésité
avec

George WF Weaver a dit…

Je préfère la deuxième, avec son "Check check check dust plan to its normal state"…

Je suis passé à gauche, thé, comme l'arme : je franchis le pont, gérondivement.

Certains livres sont des armes, comme des larmes sondées ivres.

Un temps idéal pour se foutre en l'air, soit dit en passant. Dommage qu'on n'en ait jamais le courage.

thé a dit…

M'en serais doutée, pourquoi l'avais rajouté


Alors, on a dû se croiser


Oui


Le temps est toujours idéal pour s'envoyer en l'air

PS
J'ai honte, enfin pas vraiment, mais je gérondive pas

birahima2 a dit…

spécial flic

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