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jeudi 11 juillet 2019

Rien à branler de Christophe Lambert
— Euh… non, pardon ! de David Vincent !
Argh, désolé, ahem : de Vincent Lambert !


Non plus que de François de Rugy, évidemment !
Ni de Bernard Tapie.

Hé, Christine Lagarde, tu tapines toujours au FMI, ou bien tu rugis pour la BCE ?
Pardon, juste pour info, c'est combien, ton salaire mensuel ?
T'as les moyens de demander l'aide juridictionnelle, voire le RSA et peut-être plus tard la CMU-C ?

Allô ?
Hé, ho, Christine, t'es là ?
Non ?
Ah bon, excuse, désolé.



Parce que tout de même, comme l'assenait récemment le remplaçant de monsieur Hulot, « IL FAUT DIRE LES CHOSES AUX FRANÇAIS ! »
Pas vrai ?
(sachant que la langue de bois, c'est bien naturel — bio ? — pour un écolo de façade…)

Et au fait, dix milliards d'euros, vous les auriez pas, madame Lagarde, monsieur Tapie, monsieur de Rugy ? Allez allez, un petit effort, quoi !
Vas-y Françoise, lâche-nous ces quelques miettes de ta retraite pharaonique !

******

Perso, j'en ai carrément ma claque de me faire rebattre insolemment les oreilles, chaque jour qui passe, morne plaine.
Par les infos de FIP, de France Info prostituée aux publicitaires, de France Cul surtout, ma radio chérie de toujours,
(« France Culture : l'esprit d'ouverture » : j'ai l'impression d'entendre un slogan ânonné par Macron deux millions de fois par jour !)

Et à Homs, à Alep, au Biafra, comment ça va ?

Ah ouais ?

Youpi, hourrah !

Vincent Lambert est enfin mort, Tapie est certes moribond mais enfin blanchi de ses forfaits, Christine Lagarde peut enfin sourire de nouveau sous ses cheveux eux aussi blanchis.

Tous ces gens sont soulagés, youpi, hourrah.

Tout va décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes.

(mais est-ce encore le nôtre, celui que nous voulions ?)




Qu'ils ou elles  crèvent tou(te)s,
on respirera peut-être mieux !

mercredi 10 juillet 2019

Quand les curés se lâchent !




Je tombe à l'instant sur ce très ambigu autocollant prétendûment pro-IVG qui me semble en réalité, pour qui sait lire, un des derniers slogans du MPPP, le Mouvement des Prêtres Partouzeurs Pédophiles :

« Je baise quel(le) gamin(e) me plaît, quand ça me chante, en compagnie des frères de mon choix ! »

Le titre de ce billet pourrait d'ailleurs se lire comme une contrepéterie, du moins pour ceusses qui prétendraient veule la sodomie :
Enculer ? Lâche secret !

Bref, mieux vaut certes quand même enfiler des perles que des gamin(e)s…

Misère de misère, saperlotte !

*****

A propos de « politiquement correct », j'en ai appris une bien bonne dans la Nuit rêvée de Lewis Trondheim l'autre soir, à propos du mot « bigre » : les pointilleux de chez Disney l'interdisent dorénavant dans la traduction de leurs bédés estampillées maison, vu que ça vient selon eux de « bougre », donc de « bulgare », qui évoque évidemment la sodomie !

L'ami Lewis l'explique à partir de 14'50" dans cet extrait :


mardi 9 juillet 2019

Les rivages de l'incompétence



Les éditions Rivages viennent de rééditer au format poche Kahawa, chef d'œuvre (parmi tant d'autres !) de Westlake excellemment traduit par Jean-Patrick Manchette.
Le 5 juin dernier, très précisément.

La première édition française parut chez L'Atalante en 1981, avant une première réédition chez Rivages en 1997.

De la minutie de la traduction témoigne cette fameuse lettre que Manchette adressa à Westlake pour lui demander s'il l'autorisait à renommer un personnage archi-secondaire, Milton, en « Mozart », plus évocateur comme monument culturel pour le lecteur français (il me semble qu'on peut la lire dans le numéro de la revue Polar « spécial Westlake » n°22, NéO, 1982).

C'est dire ma surprise lorsque tout à l'heure, fort réjoui de cette réédition que je venais de découvrir par hasard dans une librairie, je lis à l'intérieur du volume, à la page de grand-titre :
« Traduit de l'italien par Odile Rousseau »

Glups.
Allô ?
Que se passe-t-il, où sommes-nous ?

Pour économiser le renouvellement des droits de traduction de Manchette, les éditions Rivages auraient-elles fait retraduire le roman à moindres frais depuis une version italienne ?!?
(Concernant Manchette, cela n'aurait pas été une première : il avait traduit pour Zenda la BD Watchmen de Moore et Gibbons, mais les éditions Panini ont préféré payer moins cher une nouvelle traduction lorsqu'elles ont racheté les droits à DC Comics).

Que nenni : on lit bien au quatrième plat de cette édition de poche imprimée (j'insiste) le 5 juin 2019 : « Traduit de l'américain par Jean-Patrick Manchette ».

Alors quoi, le bordel en Ouganda, c'était pas suffisant, faut encore ajouter à la confusion ?

Hé ben non, même pas, la réponse est sans doute plus simple : ce même 5 juin 2019, Rivages publiait également un polar de Maurizio de Giovanni, L'enfer du commissaire Ricciardi, effectivement traduit de l'italien par Odile Rousseau.

Mic-mac des copiés-collés, incompétence des maquettistes et des correcteurs, allez savoir !
En tout cas, ce volume est un collector de la mort, aussi sûr que le grand Don en aurait bien rigolé s'il n'avait tiré sa révérence le 31 décembre 2008, treize ans et demi après Manchette !

Vingt-cinq ans après,
telle qu'en elle-même,
pire que dans l'épilogue du film,
hélas allée sans le soleil



« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.
Mon péché, mon âme.
Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents.
Lo. Li. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six avec son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Monsieuye Am Lepicq a été bien avisé (comme toujours)  de nous signaler peu après la publication hier de ce billet que cette traduction pourrave n'était nullement l'originale d'Éric Kahane, que voici grâce à ses soins aimables :

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta.
Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c’était toujours Lolita. »
 
********

Il semblerait que Vladimir Nabokov se soit vachement mal comporté envers Maurice Girodias — seul éditeur ayant accepté de publier, chez Olympia Press (maison sise à Paris et échappant de ce fait aux foudres d'Anastasie), son chef d'œuvre fort sulfureux pour l'époque — du moins à en croire les Mémoires de ce dernier.
Mais bon, il a adapté son propre roman à la demande de Stanley Kubrick, pour produire en 1962 un film éblouissant, grâce entre autres à James Mason, Peter Sellers, Shelley Winters, et surtout grâce à la grâce de Sue Lyon, qui avait alors quatorze ans (dans le roman, Lolita est censée en avoir douze).

Deux autres films de la mistonne et vingt-cinq ans plus tard, Claude Ventura et Philippe Garnier l'ont retrouvée au bord d'une piscine californienne, terreuse, morte avant l'heure, défoncée à tout ce qu'on peut imaginer de pire, l'horreur intégrale.

Sauf qu'elle redevient notre Lo de toujours lorsqu'elle se défait brièvement de ses lunettes de soleil : ses yeux sont toujours aussi vivants, joyeux, magiques.

C'était sur Antenne 2 en 1987, un épisode parmi tant d'autres de cette fabuleuse émission hebdomadaire qui s'appelait Cinéma-Cinémas, avec son générique peint par Guy Pellært et la musique de Georges Delerue pour Le Mépris de Godard.

Les extraits du films sont archi-pourris, saturés et clignotants, parce qu'à l'époque le VHS avait triomphé commercialement du Betamax.

Et tout ceci ne nous rajeunit pas plus que Sue Lyon…


dimanche 7 juillet 2019

Il était une fois la tour de Babel




France Culture rediffusait la nuit dernière la conférence de presse donnée à Cannes en 1984 à l'occasion de la projection hors-compétition d'une version tronquée du dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique — pas son meilleur à mon avis mais peu importe.

À entendre les maigres applaudissements, il n'y a pas plus de quinze personnes dans la salle, malgré un parterre des plus prestigieux.

Peu importe derechef : ce qui est complètement fascinant, c'est la circulation labyrinthique entre les langues, vu que la conversation se déroule tantôt en italien, tantôt en anglais et tantôt en français, toutes langues avec lesquelles Sergio Leone semblait parfaitement à l'aise, même s'il dit ceci à 21'51" :

C'est plus difficile pour moi en français parce que je trouve pas quelquefois les mots, vous savez.
Je préfère de m'exprimer en italien, s'il vous plaît.
Euh… maintenant, il faut traduire la demande en français. [Il se reprend aussitôt :] En anglais.

Et par là-dessus vient s'emberlificoter l'art des interprètes, l'une en direct et l'autre après coup, le résultat est archi-ahurissant, une véritable splendeur radiophonique, la fascination du cinéma se redouble ici de celle du langage.

Hourrah : quel bordel !

Il était une fois un certain type d'émissions de radio…