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vendredi 24 janvier 2020

André Breton, ça ferait mal à mes deux seins !



Cette émission n'est certes ma préférée de France Culture, c'est le moins qu'on puisse dire : la plupart du temps, dès le générique de Matière à penser, je tourne le bouton.

Cette pauvrissime daube a pris la place — fort avantageusement en termes financiers pour la chaîne (un entretien coûte quasi que dalle, au regard d'un reportage) mais hélas bien moins pour les oreilles curieuses des auditeurs — des Passagers de la nuit, miracle de Thomas Baumgartner qui lui-même remplaça réjouissamment, à notre surprise ébaubie, l'inoubliable Alain Veinstein qui nous avait enivré durant des décennies avec ses Nuits magnétiques puis Surpris par la nuit.

Mais ce soir, l'ennuyé René Frydman nous a régalés comme rarement en invitant Gilbert Guiraud, auteur de André Breton, médecin malgré lui — un examen médical du fondateur d'une des aventures les plus exaltantes du siècle passé.

jeudi 23 janvier 2020

Une journée qui commence bien…



… Comme quand la radio vous réveille par la voix de cette déesse de Brigitte Fontaine, dont chaque propos ruisselle de poésie !
À l'occasion de la sortie de Terre-Neuve, son dernier album, c'est elle que recevait ce matin Tewfik Hakem, et ce fut un régal !

Leur première rencontre sur ces mêmes ondes, dans l'émission À plus d'un titre voici plus de dix ans, s'était fort mal passée, les questions de Tewfik étaient tellement insipides que cette grande gueule timide de Brigitte s'était mise à le traiter de tous les noms, mais le novice d'alors a beaucoup appris depuis, désormais il excelle et ils sont comme cul et chemise !



Profitons-en pour réécouter un ancêtre de Chanson Boum !, le Chansons dans la nuit du 25 février 2000 :

mercredi 22 janvier 2020

Les bons et les barbares ?
(Je me barbe à en rire dans ma barbe aryenne)


Bon.
Tout n'est plus que bars (barils ?), et l'on remarquera d'ailleurs que sur ce comptoir trône au premier plan un cendrier vantant la marque Martini, qui n'est pas sans rappeler l'italianité du Duce.

« Dans la progression des lumières croissantes,
nous paraîtrons nous-mêmes des barbares à nos
arrières-neveux »,
s'échevelait déjà à tricoter Chateaubriand sans parvenir à poursuivre le fil de son alexandrin initial, même si
« (z')arrières-neveux » eut pu figurer un bel hémistiche (mais de quels barbares anneaux s'agirait-il donc alors ?! en plus ça rime même pas, c'est à croire que même au dix-neuvième on se contrefoutait vraiment du monde, foutredieu de bordel de merde !)

Bon, disons que Chateaubriand avait foi en les Lumières du siècle précédent, disons que ce magnifique illuminé aurait tout comme Hegel célébré Napoléon Ier comme l'incarnation de l'Esprit absolu, disons qu'il aurait ensuite suivi les travées fordiennes plutôt que les traces de Marx, qui pourtant publia avec son pote Engels le Manifeste du Parti Communiste un gros trimestre avant que notre François-René ne casse sa pipe en juillet 1848, disons que ce gros naïf de FRdC ait même pu concevoir dans son cerveau démesuré que la progression tout aussi démesurée des Lumières (technique et science, guère de conscience) allait rapidement aboutir à l'anthropocène (sans parler du fait qu'en vrai, la superstition n'a guère décru depuis le XVIIIème siècle), hé ben jamais il n'aurait pu imaginer que son nom n'évoquerait bientôt plus qu'un morceau de bidoche !

Il eut donc été mieux inspiré d'écrire pour la postérité, anti-végétarien jusqu'à abominer toute céréale, même les plus joyeuses :

« Dans la progression des lumières croissantes,
nous paraîtrons nous-mêmes des barbaques à l'os.
(Ah, riz heureux ne veux !) »

Mais si à Dieu plût que j'administrasse ce site inepte (et que j'eusse eu le loisir de corriger les Mémoires d'outre-tombe avant leur publication), bien mieux serait venu ceci, en rimes bellement croisées, tel un jeu de jambes en l'air (vous noterez l'enjambement, n'est-ce pas) :

Dans la progression des lumières croissantes,
Nous paraîtrons nous-mêmes des barbares à nos [tridécasyllabe qui n'en demeure pas moins un un alexandrin]
Fragiles arrière-nièces angoissantes. [idem]
Donc baissons l'éclairage : basta, la parano ! [idem]

Alain Cuny eût-il encore été parmi nous (MAIS C'EST QUOI, CES SUBJONCTIFS D'OUTRE-TOMBE ET CES CONCORDANCES DE TEMPS DE MES NOUILLES À LA MORDS-MOI LE NŒUD ?), hou-hou…, sans doute eût-il (TA GUEULE, PÉDANT !) des dés, Dédé… euh, déclaclamé un truc d'urgent, du Jean, du genre :



Certainement mieux que ça d'ailleurs, comme peut-être dans le prologue du Lolita de Kubrick, lorsque Quilty s'affaire à improviser n'importe quoi au piano dans sa tentative désespérée d'échapper aux balles maladroitement mortelles de Humbert Humbert (« Écoutez, je m'y connais en matière de mélodrames : j'ai écrit 52 pièces à succès, et en plus, mon papa, il est policier ! »)



*****

Mais, hem ! pardon, je m'égare décidément — certes moins qu'Euclide ou Stilpon cependant, on fait c' qu'on peut avec c' qu'on a.

L'image reproduite tout en haut ci-dessus est issue de la première demi-heure du film de John Huston de 1953, Beat the Devil (Plus fort que le diable — jolie traduction, soit dit en passant).

Perso, vous, je sais pas, mais moi je trouve ça tout de même ahurissant que le gars coincé à droite dans le cadre, profil même pas de trois quarts arrière, plutôt un quart, on reconnaît illico Bogey !

Sinon, bien sûr que c'était tous des barbares, John Huston, Truman Capote, Jennifer Jones, Humphrey Bogart, Gina Lollobrigida, Peter Lorre & C° !

N'est-ce pas, Donald Trump ?



mardi 21 janvier 2020

La philosophie immarcescible de l'agent Smith :
« La race humaine est une plaie endémique ! »






Qui pourrait aujourd'hui trouver à redire à ce laïus d'il y a plus de vingt ans ?

Matrix ne fut décidément pas que le bloquebeusteure le plus jeune-marxiste de toute l'histoire du cinoche !

(Désolé, je ne parviens pas à conserver les sous-titres sur l'enregistrement ci-dessus, donc voici la version doublée — fort mal, évidemment — des deux séquences, pour les ceusses qui captent mal l'angliche.)

Je ne saurais trop vous inciter à lancer les isolectures de concert, à une microseconde d'écart : on dirait que Vincent Grass a été embauché par France Culture (disons, chez Olivia Gesbert ou chez Marie Richeux) pour se faire l'interprète de son cadet Hugo Weaving !



— Çà ! t'es ravi ?
— Va, t'es rassis !



Cliché saisi cet après-midi rue de la Mare à Paris, pas loin du tronçon de la défunte Petite Ceinture dont cause Jean Echenoz dans L'équipée malaise.

Où, débile teuf, l'on débite seul indubitablement l'imbitable


D'aucuns surnommèrent ensuite outre-Manche ce cancre-là : « Oscar, abbé » mais ce cafard de John n'avait rien d'un enfant de chœur, même si les copains qui le croisaient dans la rue ne manquaient jamais une occasion de le railler et de brailler :
 « John, les nonnes ! »

À preuve, il composa plus tard un morceau fort peu catholique :



Aucun rapport, mais d'autres commémoreront aujourd'hui les disparitions respectives de Louis XVI et de Vladimir Ilitch Oulianov, de bords politiques certes fort opposés mais tout de même, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs.

Ouais, on en reparlera à l'âge-pivot, n'est-ce pas ?


lundi 20 janvier 2020

M comme Mission impossible sextuplée




C'était donc mardi dernier, le 14 janvier, à la gallimardienne Librairie de Paris place de Clichy, pot de sortie de la réédition considérablement augmentée de l'obus mahousse de Grégoire Bouillier (le Livre 1 en trois tomes format poche, pour l'instant), mais infoutu que je fus d'abord de trouver l'endroit et d'appuyer sur les bons boutons j'ai raté le début.



Pierre Baux et Laurent Poitrenaux ont délectamment excellé, tout le monde se régalait, on en oubliait presque le buffet si prometteur (mais on s'est amplement rattrapé ensuite.)

Cerise sur le gâteau, une sonnerie de téléphone portable a retenti dans l'assistance environ treize minutes après le début de l'enregistrement, au moment précis où Laurent Poitrenaux lisait le passage où Grégoire enfourne un portable vibreur dans l'entrecuisse de F.
D'où les esclaffements du public.

C'était pas du tout prévu, ça a déstabilisé Laurent un instant, mais franchement, on aurait voulu minuter pile-poil, on n'aurait pas fait mieux (sauf que, las ! cette sonnerie-là n'était pas la musique du tube d'Alain Souchon)



Sinon, l'émission sur Wagner, il semble que c'était celle-ci :