Quand quelqu’un a fait avec exactitude une montre, pour qu’elle sonne et indique les heures, si cet ouvrage s’accorde bien avec le dessein de l’Artisan, on dit alors qu’il est bon et s’il n’y est point conforme, on dit alors qu’il est mauvais ; sans avoir égard à ce que, même dans ce cas, il pourrait aussi être bon, si le dessein de l’artisan avait été de faire la montre ainsi détraquée et ne sonnant pas à l’heure.Spinoza, Court Traité, Chapitre VI (tr. Ch. Appuhn)
En ce qui concerne le bien et le mal, ils ne désignent […] rien de positif dans les choses, j'entends considérées en soi, et ils ne sont rien d'autre que des manières de penser, ou notions, que nous formons de ce que nous comparons les choses entre elles. Car une seule et même chose peut être en même temps bonne et mauvaise, et également indifférente. Par ex., la Musique est bonne pour le Mélancolique, mauvaise pour l’Affligé ; et, pour le Sourd, ni bonne ni mauvaise.
Spinoza, Éthique, préface à la Quatrième Partie, tr. B. Pautrat
(Seuil, coll. « Points-essais » n°380, pp. 339 et 341)
(Seuil, coll. « Points-essais » n°380, pp. 339 et 341)
