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lundi 15 décembre 2025

Rien de nouveau sous le soleil :
les pétasses se prostituent toujours pour la putasserie généralisée


Paris, abribus de la rue du Faubourg Saint-Jacques, 14 décembre 2025

 Je suis libre : libre de me faire violer par n'importe quel quidam qui n'aura même pas besoin d'allonger son flouze pour un parfum qui schlingue l'huile d'écaille de pangolin puisque je m'offre librement dans cet univers de la marchandisation totale.
Libre, fumée, démontée, embrumée, violée : je m'offre à toi.

mardi 1 octobre 2024

Lente reprise…


Quelques affiches éhontément putassières aperçues ce jour dans le métro parisien, prêtes à se faire enjoliver pour la post-vérité :

La reprise du travail aux usines Wonder (Jacques Willemont, 1968)

jeudi 6 juin 2024

2024 : Europe et haines

(Merci à Victor Macé de Lépinay d'avoir rappelé l'existence de cette édifiante réclame dans sa chronique du Bouque Cleub de lundi.)

mercredi 15 mai 2024

mercredi 2 octobre 2019

Être humain ou être bête ?


C'est pas que je veuille vous raconter ma vie, mais ce matin, à l'aube, il m'a fallu me crapahuter dans un comico parce que ma vieille mère s'est fait chouraver son sac.
Il fallait porter décidément plainte pour empêcher de futures embrouilles possibles, des machins bancaires.
Super, j'étais ravi.

Mais c'était tout de même la première fois que je me retrouvais dans un commissariat sans y être contraint, et du coup j'ai pu examiner à loisir les lieux, ça s'est avéré assez intéressant (même si l'affreux éclairage néon et la puanteur du Crésyl et des déodorants demeurent toujours, évidemment, ainsi que la sueur panique des bobos qui viennent de se faire entuber).

C'est quand même plus sympa, quand on n'est pas menotté dans le dos.
Quand on ne craint pas de prendre des beignes (mais va savoir !), on croit pouvoir respirer un peu plus librement (mais va savoir !)

Bref, tandis que je picorais parmi les joyeux prospectus de la Préfecture de Police de Paris, ce placard publicitaire foutrement gerbant m'a sauté aux yeux :


Ça m'a rappelé les débiles campagnes anti-fraude de la ReTAPe.


samedi 29 octobre 2016

Tout va pour le mieux, dans le pire des mondes possibles !



À bien y réfléchir, Costa-Gavras n'a pas produit que des merdes démagogiques, en définitive, surtout une fois Montand disparu.


Papillon distribué lors des obsèques du Papet

À preuve, cette très belle adaptation d'un des chefs-d'œuvre de Westlake, Le couperet, que nos amis américains de la Westlake Review désespèrent de voir un jour en version correctement sous-titrée.

Une histoire qui redonne tout son sens à « la main invisible » théorisée par le premier penseur du capitalisme, Adam Smith, mais dont celui-ci n'aurait sans doute pas goûté tout le sel — ou plutôt le sang…

Quelques brèves séquences du film, qui est très ingénieusement reconstruit en repartant d'un flash-back après le troisième meurtre :

« Turbo-capitalisme »

« Préventivement… »

« Humiliant »

« Ça m'soulage ! »

Mais outre la grande intelligence de l'adaptation, jusqu'aux noms même des personnages — Burke Devore devenant ici Bruno Davert, par exemple — et sans parler du jeu des acteurs, tous impeccables, Costa-Gavras a eu la brillante idée de parsemer tout le film d'anonymes panneaux publicitaires qui instillent de façon très judicieuse, presque subliminale, l'absurdité que critique en sous-main tout le roman : cette monstruosité inhumaine que l'on appelle société de consommation.

Enfin, je dis « anonymes », mais c'est un raccourci, de même que ces images (j'en ai compté une bonne vingtaine, mais parfois elles sont très fugitives, j'ai pu en rater) sont un raccourci de l'essence de la publicité : un appel à la libido ou/et à la violence, sur fond de luxe obscène.

Les voici, ces images de "fausses" pubs, dans l'ordre chronologique du film, de la deuxième minute jusqu'à une demi-heure avant la fin (après quoi il n'était plus besoin d'en rajouter) :




(On notera le rebaptême potache de France Télécom en France Télécon)




















mardi 28 décembre 2010

S'enrichir en administrant la surveillance mutuelle généralisée de ses concitoyens ?
Facile !


On a reçu ceci tout à l'heure (fautes et coquilles sont bien entendu du robot-expéditeur) :

Bonjour,
 
J'ai trouvé votre blog L'Ex, homme-âne-yack sur Blogger et j'aurais une proposition intéressante à vous faire.
Je travaille pour la fondation City Media (citymediafoundation.org) et nous contactons actuellement les meilleurs bloggeurs au quatre coins du monde pour leur permettre de devenir l'administrateur du site vidéo de leur ville; c'est pour cela que je vous contacte.
 
Nous avons créé le réseau [City].vi, rendant les vidéos des villes du monde facilement accessible grâce à ce modèle d'adresse: “nom de la ville” suivit de “.vi”
Par exemple: paris.vi, madrid.vi, chicago.vi, losangeles.vi, etc.
Ce modèle d'adresse marche pour les 68000 villes les plus importantes du monde. Pensez à une ville et essayez...
 
L'objectif du réseau [City].vi est de devenir la première ressource de vidéos d'information locale. Notre stratégie: travailler dans le monde entier avec les meilleurs administrateurs de site.
 
Nous souhaitons vous proposer de devenir l'administrateur de paris.vi et offrir aux internautes une selection des meilleures vidéos sur Paris.
En étant l'administrateur du site vidéo de votre ville, vous percevez l'intégralité des revenues provenant des publicités, des référencements professionnels et autres...
En clair, administrer paris.vi revient à faire connaître le site à vos concitoyens pour qu'ils postent et regardent les vidéos.
 
Venez sur le site, vous touverez le détail de notre proposition, les avantages à travailler avec nous et à prendre le contrôle du site vidéo de votre ville.
Video: http://www.youtube.com/watch?v=Kl500NppDCY
Facebook: http://www.facebook.com/city.vi
Twitter: http://www.twitter.com/city_vi
 
Merci de votre attention.
 
Vicki Karlin
City.vi Manager
City.vi, a tool by CityMedia Fdt
citymediafoundation.org

jeudi 2 décembre 2010

L'abjection de l'époque


Vous ressentez en permanence comme un vague malaise ? 
Vous êtes souvent triste, abattu, hébété, sans trop bien comprendre pourquoi ?
Vous pensez peut-être même que votre vie est complètement pourrie, ratée, que l'avenir est mort ?
Et vous croyez que pour changer cela il faudrait tomber amoureux, vivre des aventures palpitantes, voire rien de moins que  transformer de fond en comble l'organisation socio-économique qui nous oppresse ?

Vous vous trompez. 
Il suffit de changer de liquide vaisselle.


C'est du moins ce que nous serine cette campagne publicitaire bucolique qui s'étale depuis quelques jours sur les murs du métro parisien.

Autre immondice qui flétrit ces jours-ci notre regard : la campagne de l'INPES, « Bouger 30 minutes par jour », heureusement quasi-incompréhensible au premier coup d'œil, déclinée en six visuels différents.


Comme si tout était accessible et à portée de quelques minutes de marche, dans nos riantes villes et banlieues modernes… Comme si l'augmentation vertigineuse du coût des loyers depuis quelques décennies ne nous contraignait pas, le plus souvent, à nous exiler de plus en plus loin de notre lieu de boulot ou d'études… Surtout que dans le métro, ces énormes placards narguent les malheureux qui se cognent chaque jour des heures de transport en commun pour gratter un salaire de misère !

Mais il suffit d'un bon marqueur et d'un peu d'imagination pour rectifier un tantinet, grâce à quelques ajouts.
Car dans la survie réelle, le quotidien ressemble plutôt à ceci :


Grand merci à M'sieu Pop, qui s'est échiné à me dégotter
les affiches de cette campagne gouvernementale !

samedi 8 mai 2010

L'hymne de l'effondrement dans le monde exsangue




(Jean-Marc Vignon / François Andrieux - Hadi Kalafate),
1976, disque AZ/Discodis SG 598

1976. La politique gouvernementale n'est pas encore entièrement déclinée dans le langage de la publicité, c'est-à-dire du mensonge frontal mâtiné de méthode Coué, mais la France subit de plein fouet les effets du premier choc pétrolier et le nouveau Président commence à s'entourer de ce que l'on nomme aujourd'hui conseillers en communication (c'est l'année de création du Service d'information et de diffusion (SID), devenu le Service d'information du Gouvernement (SIG) en 1996). Ceux-ci inventent la publicité gouvernementale, avec un slogan bien chauvin qui envahit les ondes des radios :
« En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées ! »

Un animateur de radio, Jean-Marc Vignon, chanteur à ses heures sous le nom de Marc Charlan, perçoit tout le ridicule de cette campagne publicitaire — dont les variantes actuelles composent le quotidien de notre dressage — et s'attelle aussitôt à rendre la honte plus honteuse encore en la livrant à la variétoche rockabilly. Il écrit les paroles de ce qui deviendra l'un des tubes de l'été 1976 en piochant dans les réclames débiles de l'époque (j'ai coloré en rouge dans le texte les allusions que j'ai repérées. La phrase « Je suis futé » fait référence au personnage de Bison Futé, inventé cette année-là par le publicitaire Daniel Robert pour le CNIR) :

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, j' vais pas à l'école
J'apprends tout par la télé
Et depuis qu' j'ai rien aux dents
Ça fait plaisir à maman
J' suis français
J' suis français

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, j'ai dit à Nicole :
Faut qu' tu portes un Cœur-Croisé
Il paraît qu' le thon c'est bon
Depuis, moi, j'en bouffe tout l' temps
J' suis français
J' suis français

Je m'en vais en Espagne
Je prends ma caravane
Et mon tricot d' corps en nylon
J' vais ramener des poupées
Une queue de taureau
Et des castagnettes en plastique
J'ai des idées
Je suis futé
Je suis français
Je suis français

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, j'ai un mini-truc
Mais il fait le maximum
Comme y a pas d' bulles dans mes fruits
J'ai plus d'aréophagie [sic]
J' suis français
J' suis français

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, j' suis pas une épave
J' garde une place pour le fromage
J'ai des petits pois chez moi
Je moquette [?] ma nana
J' suis français
J' suis français

J' bois du citron vert
Ça m' donne des couleurs
J'ai les fesses roses comme la douceur
Avec ma baguette et mon vieux béret
J'ai de la personnalité
J'ai des idées
Je suis futé
Je suis français
Je suis français

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, regardez Nicole
Elle lave comme à la télé
Elle fait un nœud au torchon
C'est comme ça qu'on lave maintenant
J' suis français
J' suis français

Moi, j'ai pas d' pétrole
Mais au moins j'ai des idées
Ouais, si j'ai un coup d' barre
Du pinard et ça repart
Je me porte comme un hercule
J' mets d' l'eau neuve dans mes cellules
J' suis français
J' suis français

J' suis français
Yahou !

« Tous ces objets que poursuit la foule, non seulement n'apportent aucun remède pour conserver notre être, mais ils y font même obstacle et, souvent cause de la perte de ceux qui les possèdent, ils sont toujours cause de la perte de ceux qui en sont possédés. »
Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement, § 7 [Bruder],
tr. Michelle Beyssade

dimanche 22 février 2009

Roule en Topor plutôt qu'en métro

Incidemment, c'est toujours cette affiche de Topor que m'évoque l'actuel logo de la RATP.