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vendredi 20 février 2009

Écho de Narcisse

Heureux qui, communiste, a fait de beaux ravages
Et toujours explora la forest des passions
Plutost que retourner, plein de lâche affliction,
Vivre avec les esclaves le reste de son aage !

Quand revoiray-je, helas, dans mon petit village,
Flamber supermarchez ? Et en quelle saison
Revoiray-je éclore grèves et déraisons,
Qui démarrent la vie, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour que bastyront nos jeux
Que des palais marchands le front fallacieux.
Plus que démocrassye me plaist ce qui la mine,

Plus le jouir des mutins que l’argent des pantins,
Plus le qualitatif que compter les matins,
Et plus que les mesquins tout ce qui les chagrine.

7 urbanités attiques:

thé a dit…

Montaigne est fatigué, et ne peux répondre à son ami. Et Pénéloppe tisse, tisse
George, on ne fait plus de sonnet, de nos jours

George WF Weaver a dit…

Thé, pardon de vous le faire remarquer, mais c'est vous qui me semblez fatiguée : "peux", "Pénéloppe", absence de ponctuation (lexomaniaques nous sommes, vous rappelez-vous ?)… et c'était La Boétie, non Du Bellay, l'ami de Montaigne.
«Qui fait encore des charades ?», «on ne fait plus de sonnet, de nos jours». Qui ? Pourquoi pas ? Même Jacques Jouet a voici peu réédité des pantoumes de René Ghil. Sans parler de la fascination de Roubaud pour les sonnets à forme fixe de la fin du Moyen-Age. Pour ma part, je ne lis rien d'obsolète chez Marot, dans ses rondeaux. Dedans Paris, ville jolie…

Anonyme a dit…

Le premier hémistiche du premier vers est magnifique (on s'en veut de n'y avoir pas pensé soi-même); reste à composer à partir de là un sonnet qui soit à la hauteur d'un si beau début. Celui-ci est très réussi, félicitations; quelques petites remarques cependant:
1/ le 3e vers du second quatrain ne va pas: il est impossible (dans le XVIe siècle imaginaire où aurait été composé ce sonnet) que la sixième syllabe de l'alexandrin, qui porte un de ses deux accents majeurs, soit un "e" caduc (non accentué par définition);
2/ l'orthographe pseudo-ancienne doit rester vraisemblable; pour cela, elle doit fuir le pittoresque trop facile et rester conforme à l'étymologie. Du Bellay, qui a suivi les cours du grand helléniste Jean Dorat, n'aurait jamais écrit l'affreux "démocrassye" du dernier vers du 1er tercet (graphie qui évoque par ailleurs la "démocrassouille" de Maurras et ses amis). Le y de "bastyront" semble pareillement superflu.
3/ en revanche, vous pourriez renforcer l'allure Renaissance en substituant des esperluettes aux "et" des vers 7 & 8
3/ certains anachronismes ont évidemment du bon: je passe sur les "supermarchez" et le "qualitatif", et je relève surtout "qui démarrent la vie" - où il me semble que vous prenez le verbe non comme un vulgaire synonyme de "commencer", mais dans le sens où Rimbaud l'emploie ("Et les péninsules démarrées / N'ont pas connu tohu-bohu plus triomphant"). Me trompé-je?

George WF Weaver a dit…

Dans le mille, cher Anonyme timide : à l'époque où j'ai composé cette pièce, j'étais habité par Le bateau ivre, je me le récitais en boucle, le hurlant parfois au volant de ma deux-chevaux. Il me fascinait, cet emploi du verbe "démarrer" qui termine l'introduction du poème.
Sinon, mes compétences en histoire de la langue sont très inférieures aux vôtres :
1) Ne pouvait-on donc pas dire «… écloREU grèvEUZÉdéraisons» ? Je l'ignorais.
2) Pour la graphie, j'avais scrupuleusement suivi celle de l'original, lu dans je ne sais plus quel recueil : Lagarde et Michard, peut-être ? Ça remonte quand même à 18 ans, cette histoire (cf. Que reste-t-il de nos amours ? : je pensais que certains auraient cliqué sur l'image). En tout cas, je me souviens que le bastyront y était orthographié tel quel, et c'est sur ce modèle que j'avais écrit démocrassye, en complète méconnaissance du terme maurrassien (ou plutôt, de sa paternité).
3) Idem : pas d'esperluette dans l'exemplaire que j'avais en main à l'époque. Tiens, je remarque que vous redoublez votre 3ème point, tout comme certain "lexomaniaque" avec qui je conversais en septembre…

« grand-père sistésigne a dit…

Mon cher fils gwfw, ce que dit le Robert ne contredit en rien ce que je vous disais même si le sens du renforcement est le moins fréquent. En l'occurrence, en ce qui concerne "remplir", "r(e)" indique le renforcement ( c'est-à-dire l'intensité)ou peut être considéré éventuellement comme une forme plus moderne du verbe (v. plus bas).
Un indice? Citez-moi une seule phrase dans la vie quotidienne ou dans la littérature où "remplir" pourrait signifier: "emplir une deuxième fois". Disons plutôt qu'emplir, étant une forme vieillie de remplir appartient à un registre plus soutenu que remplir et voilà tout.
Ah! enfin des débats de fond sur ce blogue.
P.S.
1) On ne donne pas les références d'un dictionnaire par page mais par lemme (entrée). pour faire son malin, on écrit: s.v. = sub voce). (Si on veut être pédant et "discutaillon" , soyons-le tout à fait.)
2) Je vous donne une version un peu plus récente du Robert sur le sujet: "re": " Élément, du latin re (var. ré, r- devant voyelle) indiquant un mouvement en arrière, qui exprime : le fait de ramener en arrière (rabattre, recourber), le retour à un état antérieur (refermer, rhabiller), la répétition (redire, réaffirmer), le renforcement, l'achèvement (réunir, ramasser) ou un sens équivalent de la forme simple vieillie (raccourcir) ou réservée à d'autres emplois (raffermir, rameuter)." et vous renvoie également à Grevisse.
2) Pour une fois que les échanges ne se terminent pas par des insultes du genre "va te faire enc..., petite b..." et j'en passe, j'en profite.
Bien à vous. »

Mille mercis pour vos remarques.

ubifaciunt a dit…

Je vous laisser un sordide commentaire avant-hier en lisant ces 14 vers. Juste pour dire que c'était bien (vise la gueule de l'argumentaire).

Seulement du coup, après la claque administrée par "anonyme", j'ose plus...

toutes mes z'ex-
cuses.

(et j'ai beaucoup aimé, voilà...)

ubifaciunt a dit…

(Le deuxième mot est évidemment "voulais"...)

George WF Weaver a dit…

Merci. Une claque sérieusement administrée, en effet, mais du genre de celles qui réchauffent lorsqu'on est gelé. Je m'aperçois d'ailleurs seulement maintenant, concernant cette histoire de "e" caduc (pas certain d'avoir bien compris, au demeurant…), que le dernier vers du premier quatrain comporte 13 syllabes, si l'on prononce "esclavEU", conformément à la logique du troisième vers du second quatrain.

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