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mercredi 17 janvier 2024

Aude, alle allait qu'sans drain…



… a c'est pour ça qu' sa plaie a s'a mise à suppurer, et pis a l'en a morte, la pauvrette !

Hé ouais, c'est comme ça, mais bon, que nos pensées émues vers cette pauvre Aude ne nous empêchent pas d'écouter cette belle ode à l'alexandrin dispensée naguère sur ce qui va devenir sous peu Radio-Rachida :



jeudi 18 avril 2013

Verseaux, l'eau rime…
(Vérole horrible)



Amaury, gêné, être ankylosé
(Aïe !), morigénait et, tranquille, osait,
À Maury, chênaies, hêtres en kilos scier :
« À mort, IGN ! Naître en qui ? Losey ?
Amor (hi !), jeune haie trans, chi lo sai ? »

— Âmes, Origène êtes (rang qu'il haussait)…

GWF Weaver, avril 2013

Merci au Moine Bleu pour l'illustration

jeudi 24 juin 2010

Invitation à venir à la campagne prendre le frais, une nourriture saine et abondante et des « bitures »

À Alphonse Allais

Je t'attends samedi car, Alphonse Allais, car
À l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive ! Oh ! la campagne !
Allons — bravo ! — longer la rive, au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.

Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombres, thé, des poires et des pêches…
Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit.

Et, le verre à la main, — t'es-tu décidé ? Roule —
Elle verra, là mainte étude s'y déroule,
Ta muse étudiera les bêtes ou les gens !

Comme aux Dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne),
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne...
Amusé tu diras : « L'Hébé te soûle, eh ! Jean ! »

Jean Goudezki, août 1892


Jean Goudezki (1866-1934), de son vrai nom Édouard Goudez, était un joyeux drille du Chat Noir, mais par d'autres côtés un triste sire. Voici ce qu'en dit François Caradec, dans son Alphonse Allais (Belfond, 1994, pp. 282-283) :
Il est très vite connu dans les milieux montmartrois ; il fréquente les soirées de La Plume avec Allais, Auriol, Goudeau, Darien […] ; il publie en 1893 Les Vieilles Histoires, poésies mises en musique par Désiré Dihau (un Lillois) qu'illustre un lointain cousin du compositeur, Henri de Toulouse-Lautrec ; puis Les Montmartroises en 1895 ; fait représenter une revue, Au Parnasse, au théâtre d'ombres du Chat Noir en 1896 ; suit les tournées du Chat Noir en province (Gabriel Montoya le soupçonne d'avoir participé à la rédaction des biographies fantaisistes au verso du programme de la dernière tournée, en 1897) ; publie un recueil de contes chez Juven, Hercule, ou la Vertu récompensée en 1898. Ce que ses amis ne disent pas, c'est qu'il est farouchement antisémite et anti-dreyfusard. Les Premières Cartouches, « poésies satiriques politiques », qui paraissent en mars 1900 sous une couverture de Forain, ont été publiées l'année précédente dans L'Antijuif ; le titre devait être, précisément, Les Chants du prépuscule. Leur violence a certainement dû lui fermer quelques portes.

Il aura en tout cas accompli ce tour de force inégalé : le premier sonnet holorime de langue française.
En 1904, à 38 ans, il abandonne la versification et regagne son pays natal, Louvignies, pour y prendre la direction d'une usine de pâte de pommes. Et Caradec de citer ici un poème datant de 1895 :
Quand les poètes ne vont plus,
C'est qu'ils sont vidés ou perclus.
Les uns — par des sorts inégaux —
Ramassent de jolis magots,
Et les autres — les vieux mégots.

lundi 13 juillet 2009

Là, tout hâle d'art est nié


Et ma blême araignée, ogre illogique et las,
Aimable, aime à régner au gris logis qu'elle a.

Victor Hugo

… lorsqu’il voulait se relâcher l’esprit un peu plus longtemps, il cherchait des araignées qu’il faisait battre ensemble, ou des mouches qu’il jetait dans la toile d’araignée, et regardait ensuite cette bataille avec tant de plaisir, qu’il éclatait quelquefois de rire.
Jean Colerus, La vie de B. de Spinoza

mercredi 11 février 2009

Décès : assez d'essais !

Désolé, il semblerait, quoi qu'en dise Épicure — auquel renvoyait le titre du message précédent — que ce cher vieux George Wilhelm Ferdydurke soit mort pour un bout de temps, apparemment sous les coups de boutoir de la vie analogique. Ses dernières paroles, presque inintelligibles, fleuraient pourtant encore la facétie :
« Jeu : suis là ce devis vrai, mets-y… euh… son mot, dis ! »
Depuis, silence radio, peau de balle.
Ce deuil qu'on espère provisoire est cependant atténué par une excellente nouvelle :
ISA A ÉTÉ LIBÉRÉE HIER
sous contrôle judiciaire, certes, mais après un an et deux semaines, on n'y croyait plus trop.

mercredi 28 janvier 2009

Le poussah moribond secoue la laine


On a retrouvé ce manuscrit gribouillé, manifestement interpolé, amputé de sa fin et comportant des passages illisibles. Nous nous sommes efforcés d'en éclaircir les passages les plus obscurs par des notes en italiques placées entre crochets.


L'ŒUF POND, MI-RABOT

Saoule (ponds !), on mira beaucoup le lacet (nœud).
Haine aux âmes, mourre*
(faute : il —
kill ! — ment !). Sous Vienne,
L’âge où (hâve, nette)… où jouera âpre (elle happait nœuds),
Vit. Et ne […] l'âne ouï sot ! Ne le re-
Laie ! Ai-je ours en vos jeux de (meurs !)
Laids ? Aime Inde en les min(raies)ces thons fats. Ça f… ! Ah, ce
Temps, dis ! Qu’eux saoulent P. ! Onde, nobre [? impossible de corriger cette coquille, dans l’ignorance où nous sommes de l’intention de l’auteur : s’agit-il de noble, ou de sobre ?] appât, ce
Dais est terne. Elle regare, longs, deux cils à ce
Vit (et nœud). L’âne, oui, s’aune [se mesure à l’aune]. Leur
Lait joue, R. sans von [en effet, le Prussien R. était roturier] : jeu de mœurs.
L’âme — ours en Wacom — me sait toc ou rente,
La moue r’ssent. Bah ! Qu’aux (meuh !) lavis elle hante
Écots. Homme, laisse Père en Séville aux lentes.

Reliqua desiderantur

* «La mourre jeu du nombre illusoire des doigts» (Apoll.), nous apprend le Petit Robert.