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samedi 16 mars 2013

Habemus papam — Pim Poum !


Incidemment, c'est dans les Katzenjammer Kids (titre original de la série Pim Pam Poum) de Rudolph Dirks que sont apparues les premières "bulles" de l'histoire de la BD.
Le lien avec les édits du pape est donc évident…

L'ami Guetch a très logiquement poursuivi ses élucubrations au sujet des tribulations papales, dont le précédent épisode se trouve ici, et voici le résultat…


Donc v’là qu’ Weaver arrive à Rome :
« Où sont les meufs ? Mais y’a qu’ des hommes ! »
Pas l’ temps d’ dire ouf ; ni mêm’ qu’y s’ lave :
On l’ tir’ du train ; l’ fout en conclave…

Lui qui pensait tâter d’ la chatte
S ’retrouv’ dans un’ piaul’ plein’ de blattes,
Environné de vieux pédés
Dont certains l’ tripot’nt en louç’dé.

« Hé ! » dit Weaver, « pas d’harcèl’ment,
Agissons démocratiqu’ment
Comm’ j’ai dit dans mon Tractatus
Théol’gico-politicus
:

Les mecs, on s’met autour d’un’ table :
Pr’nez d’ quoi écrir’ dans vos cartables ;
Mettez un nom sur une feuille,
Pliez, passez, on les recueille.

Toi, l’ guguss’ t’ vas les déplier
Et dir’ l’ nom qu’a sur le papier ;
Quant à toi, l’autr', ouais toi l’ charlot,
T’écris le nom sur le tableau.

Et appliqu’-toi, écris bien droit.
En faç’ du nom tu mets un’ croix
Si Guguss’ d’jà le prononça,
Sinon t’ rajout’s l’ nouveau nom. Ça

Va ? Z’avez compris la manip’ ?
Çui qu’a l’ plus d’croix s’ retrouv’ sans slip
Et démocratiqu’ment n’ z’aurons
Choisi çuilà qu’ nous z’encul’rons ! »

…………………………………………………………………………………………

Les mecs s’ mett’nt donc autour d’ la table,
Prenn’nt leurs stylos dans leurs cartables,
Chacun, un nom, écrit bien gros ;
Weaver ramass’ les interros.

Guguss’ dépli’ l’ premier papier
Mais peut pas lir’ le nom qui y est :
« C’est trop compliqué ! » dit Gugusse.
« P’tain t’es analphabète en plus(se) ? »,

Lui dit Charlot, « D’jà qu’ t’es gaga !
S’ tu n’ peux l’ dire épèl’-le mon gars. »
« Double V, E, A, V, E, R »,
Dit Gugusse avant d’ boire un verre,

Car ces conn’ri’s ça fout la soif.
« Ah ! C’est moi ! » dit Weaver, « Ouaf ! Ouaf ! »
Charlot l’écrit ; Guss’ r’boit un coup.

…………………………………………………………………………………………

Et plus ça va plus y’a beaucoup

D’ p’tit’s croix en faç’ du nom d’Weaver
Qui serr’ les fess’s, sentant v’nir l’heur’
De s’ fair’ décalaminer l’ pot
Par ç’ t’ assemblé’ de roug’s chapeaux.

…………………………………………………………………………………………

« Ah ! Y’en a un qu’a fait l’mariole ! »
Dit Gugusse en s’ r’servant d’ la gnôle :
« Un qu’a écrit : « Ni dieu ni maître » !
C’est dans les bull’tins nuls qu’ faut l’ mettre. »

Puis ça continu’ les p’tit’s croix :
Au suffrag’ d’ tous Weaver a droit…

…………………………………………………………………………………

Quand c’est fini le mec Charlot
Proclam’, s’ tournant vers le tableau :

« Les gonz’s, y’a pas d’ambiguïté
Puisqu’ c’est à l’unanimité
(Moins un’ voix d’un gars sympathique
(Quoique un tantinet hérétique))

Qu’on a élu le nouveau Pape ! »
Et dans le dos d’ Weaver tous tapent.

…………………………………………………………………………………

« Allez mon gars, fous-toi à poil ! »
Weaver s’ réfugi’ derrièr’ l’poële.

« Qu’est-ç’ t’as mon gars ? T’es tout tremblant !
Faut bien qu’pour r’vêtir ç’t habit blanc
T’enlèv’s ton jean et tes santiags
Et ta fraise à la mod’ d’ Den Haag ! »

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« Ben t’es pas beau comm’ ça, bichon ?
Main’t’nant t’as droit au stick d’ chichon ! »
C’est du bon ! P’tain la fumé’ blanche
Qu’en sort ! Et l’ fou rir’ qu’ ça déclenche !

Et à l’extérieur l’ gros barouf :
Ça cri’, ça gueule, un truc de ouf !
Weaver s’ précipit’ vers l’balcon
Pour voir ç’ que c’est. « Hé ! fais pas l’ con !

Avant d’sortir bénir les nazes
Faut qu’ tu t’ choisiss’s un nouveau blaze !
— Pourquoi ? Weaver ça fait pas bien ?
C’était l’nom d’papa ; et c’est l’ mien.

— Non, tu dois t’ choisir un nom d’ pape !
— Un pseudo ? Comm’ les chanteurs d’ rap(e) ?
— Ouais, si tu veux, un truc d’ la sorte.
Et seul’ment après faut qu’ tu sortes

Dir’ tout ç’ que tu veux à la foule.
— Changer de nom, quand mêm’, c’est cool
Mais j’ dois choisir dans une liste ?
Genr’ Pie, Léon, Benoît, Paul, Sixte,

Jean… des conn’ri’s comm’ ça ? Ou j’ peux
M’ choisir l’ nom qu’ je veux de papeux ?
— Tout ç’ que tu voudras ! C’est toi l’ Pape !
Fais-toi plaisir ! Lâch’ les soupapes !

— J’ai droit même aux noms composés ?
— C’est rare, y’en a qu’ deux qu’ont osé :
Jean-Paul 1er et Jean-Paul II.
— Et trois ? Qui l’osa ? Aucun d’eux ?

Non, trois, quand mêm’, faut pas déco-
Nner ! » « — Si les gars, allez ! » « — Banco ! »

…………………………………………………………………………………

Et s’montre au peuple émerveillé,
George-Wilhelm-François 1er !…

mercredi 20 février 2013

Deus civets Natura
(Ethica, IV, praef.)*


L'ami Guetch vient de nous transmettre une explication cristalline de la récente démission vaticanesque (Va-t-y caner ? Y s'en va-t-y quand ?), que je m'empresse de reproduire ici-même.

Pour comprendre l'identification guetchienne entre Benoît/Baruch/Benedictus Spinoza et cette moindre huile qu'est le sieur Weaver, on se reportera à cette explication.

Et on notera de la part de l'auteur une certaine persistance dans son intérêt pour cette mascarade truandesquement mortifère qu'est l'institution papale : il n'est que d'écouter le triptyque « La Croix - La Bannière - L'Oblat » sur l'album Les quatre saisons…


I

Benoît Weaver est horloger
C’est un pauvr’ typ’, l’est mal logé ;
Il se nourrit que de lentilles ;
Pour vivre il polit d’autr’s lentilles.

Un gars vient l’voir à Amsterdam(e)
Tous les ans pour s’ taper quelqu’s dames
En vitrine. Et pour la fumette.
Et puis pour s’ fair’ r’fair’ ses lunettes.

(il manque effectivement un verre à cette paire de lunettes…) 

Ç’ mec en blanc au visag’ poupin
Sait qu’l’horloger est un youpin
Mais lui-mêm’ quoiqu’ bon catholique
Ç’ lui fout pas plus qu’ ça la colique :

D’ s’ fair’ fair’ ses lunett’s par un youtre,
Bicot, catho qu’est-ç’ qu’ ça peut foutre ?
Si ç’ n’est qu’ ce juif est jaun’ de teint
Et peu porté sur les putains !

Et surtout dit : « Non ! Moi non ! Stop ! »
Quand l’autr’ l’entraîne au Coffee Shop.
Un soir qu’il a chichonné grave
L’ catho rentre et réveill’ l’Batave

Et lui dit : « D’main j’ r’pars pas at home
T’irais pas à ma place ? » « — À Rome ? »,
S’exclam’ surpris l’Néerlandais.
« Ben ouais t’en as pas marr’ d’glander

À fair’ des lentill’s d’télescopes ?
T’t à l’heur’ j’pensais dans l’ Coffee Shop(e)
Que mon boulot là-bas me gave ».
« Moi y m’ plairait bien ! » dit l’Batave,

« Toi tu t’ bourr’rais d’Marijuana
Moi j’ leur chant’rais quèqu’s z’Hosannah !
Et j’aurais enfin un peu d’pèze ! »
« C’est décidé », dit Benoît Seize

« J’ démissionne et j’ reste en Hollande.
Le Vatican me fout les glandes
Plein l’ cul des Ora pro nobis,
Viv’nt les putass’s et l’ cannabis !

Weaver, toi ç’ t’ira la nuisette
Et de t’app’ler Benoît Dix-Sept(e) !
Imagin’ toi en blanch’ nuisette !
Et t’appelant Benoît Dix-Sept(e) !


II

L’ lend’main à la gar’ d’Amsterdam(e)
Sur l’ quai d’ l’Express La Hay’-Bergame
Le mec Weaver faisait moins l’ fièr(e) :
« Est-ç’que là-bas j’aurai d’la bière

Ou qu’ces cur’tons de snobinards
Vont m’ forcer à boir’ leur pinard ? »
« Mais non, t’inquièt', l’Arch’vêqu’ d’ Canter-
Bury n’est autr’ que Maîtr’ Kanter !

Z’allez v’z’en taper, ma salope,
Des galopins, des d’mis, des chopes,
De la bibin’ tant qu’ tu voudras :
Des mouss’s, des mouss’s il en pleuvra ! »

………………………………………………....

Penché à la portièr’ du train
Weaver manquait tout d’mêm’ d’entrain.
« Qu’est-ç’ donc encor ? T’as l’air braqué ! »,
Lui dit l’autr’ qui s’dandin’ sur l’ quai.

« C’est qu’j’m’inquiète aussi pour la bouffe :
Qu’est-ç’qu’y vont m’ servir ces pignouf(fe)s ?
J’aim’ pas l’poisson, ni l’bœuf, ni l’veau,
Ni le poulet, rien d’ ça n’ me vaut ;

J’aim’ que le lièvre et le lapin
En sauc’ pour y tremper mon pain ! »
« T’inquièt', mon pot’, c’est lessivé
Qu’ t’ laiss’ront les festins de civets ! »

………………………………………………....

Le chef de gar’ lèv’ son drapeau
Mais Weaver a l’air d’un crapaud :
« Putain, Benoît ! Et les gonzesses ?
‘Sont comment les Vaticannesses ?

C’est chaud dans le plumard papal ? »
« Tu rigol’s ? C’est l’ supplic’ du pal
Vingt-quatre heur’s sur vingt-quatr’ mon pote :
T’sais qu’ l’Eglise est contr’ la capote !!

Tu t’les enfil’s par tous les trous
Qu’ le Seigneur leur fit peu ou prou ;
Z’ont nibards comm’ des ananas ;
Et chatt’s comm’ pastèqu’s ces nanas !

………………………………………………………………………………………………

L’ train s’éloign’, Weaver gesticule,
Pendant qu’ B’noît Seiz’ récapitule :

« Des mousses
Des mousses
Des mousses
Des mouss’s il en pleuvra

Civets
Civets
Civets
Le bid’ tu t’en pèt’ras

Nanas
Nanas
Nanas
Par tous les trous t’auras ! »

………………………………………………………………………………………………

Au loin Weaver, point minuscule…
Mais toujours B’noît Seiz’ r’capitule :
« Des mousses,
Civets,
N’nas t’auras ! »

* Deus sive Natura : Dieu ou l'univers, c'est kif-kif. Cliquez sur la parenthèse pour lire le texte.