Tous les textes apparaissant sur ce site sont automatiquement générés par notre nouveau logiciel Hétéronomix™ qui vous libère enfin de la pesante nécessité de réfléchir. Ne perdez plus votre précieux temps de consommateurice à répondre à vos correspondants, les plus exigeants fussent-ils quant à la teneur conceptuelle ou la qualité des propos échangés : Hétéronomix™ se charge de tout ! Syntaxe et orthographe garanties parfaites et évolutives au fil des décrets. Approuvé par la norme AFNOR ISO 9001.
Jean-Hervé Marouin, alias John-Harvey Marwanny, fondateur en 2007 de la Marwanny Corporation, est un génie au moins aussi important (et barge) que le Pr Choron ou John Warsen, jugez plutôt :
Cerise sur le gâteau, il a également composé et interprété une chanson de saillie (à fausses rimes, donc), qui n'a rien à envier à ses ancêtres :
On peut écouter d'autres morceaux tout aussi réjouissants sur la section Marwanny Music du site ainsi que sur cette page :
Mais si je parle de « section », c'est que la musique n'est qu'une infime partie — à vocation délassante — d'une entreprise beaucoup plus vaste qui ne vise à rien d'autre qu'à l'avènement du bonheur de l'humanité par l'épanouissement du développement personnel sans douleur. La Marwanny Corporation distribue ainsi moult guides utiles pour se dépatouiller dans cette horreur de société de merde, tel celui-ci…
… que son auteur présente ainsi :
« La communication est un moyen de défense et d’attaque, car elle permet
d’exercer du pouvoir sur les autres. Ce pouvoir, grâce à ce guide
exceptionnel, vous l’avez entre vos mains. Séduire les plus belles
femmes, épouser les hommes les plus riches, influencer les opinions,
manipuler vos amis, impressionner vos supérieurs, ouvrir une huître par
la seule force de la pensée et même, entrer en contact direct avec Dieu
!, la communication rend tout cela possible. Encore faut-il savoir s’en
servir… Pas de panique, suivez les conseils de la Marwanny Corporation
et le misérable gland que vous êtes deviendra un chêne inébranlable ! »
L'entreprise diffuse aussi un excellent guide de la pope musique, dont les notices sont rédigées à la manière de Willem lorsqu'il tenait la rubrique « Images » de Charlie-Hebdo puis dans Libé :
Charlie Schlingo et Les Silver d'argent avaient depuis longtemps trouvé le moyen — certes un peu lourd, mais fort simple —, sinon de se soustraire à toutes les fièvres létales induites par la course effrénée du capitalisme, du moins de les considérer avec certaine indolence jadis célébrée ou magnifiée par Baudelaire.
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l’enfance s’allie à la maturité.
Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large, Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ; D’un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l’enfance s’allie à la maturité.
Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs ;
Boucliers provocants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les cœurs !
Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large, Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.
Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond.
Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l’imprimer dans ton cœur, ton amant.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ; D’un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
Charles Baudelaire, « Le beau navire », in Les fleurs du mal
Pour ceux qui ne perdent pas le fil : thé, Anonymiaque… et cela passe évidemment par Boby Lapointe : « … et j'vous dis "nous, moi, le philosophe / et l'esthète aimons qu'un' conversation s'fass' sans façons". C'était l'été / Et telle est "thé" », etc.
LE DÉSIR DE PEINDRE
Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire ! Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu ! Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde : et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l’éclair : c’est une explosion dans les ténèbres. Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence ; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent ; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la[ 112 ]lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée ! Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique. Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.
Cela fait une semaine que Les Moissonneuses ont été fauchées. Cela fait surtout QUATRE-VINGT JOURS que Julien croupit en taule sous régime DPS. Cela fait presque 76 ans que Torma a été englouti par les glaciers du Spitzberg. Et il y a bien longtemps que la technique de la distillation a été mise au point. « Là, sombre et s'engloutit, dans des flots de désastres, L'hydre Univers tordant son corps écaillé d'astres. »