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mardi 5 avril 2022

Heureux qui connut l'I.S. ?

C'est au hasard de l'émission Être et savoir de tout à l'heure que j'ai découvert cette entêtante chanson de Ridan qui date de quinze ans…

… et qui m'a directos remémoré un détournement commis encore quinze ans avant :

Mordicus n°4, avril-mai 1991, p. 18

mardi 10 mars 2009

Intraitable à traduire


D'autres traducteurs que Saisset ont proposé leur propre version française du Traité politique : Charles Appuhn au début du XXe (rééd. GF Flammarion), Madeleine Francès en 1954 (sans doute la pire de toutes, chez Gallimard, sous le titre Traité de l'autorité politique), Sylvain Zac en 1968 (Vrin), et plus récemment Pierre-François Moreau (Réplique, 1979) et Charles Ramond (PUF, 2005 ; le texte n'est plus celui que donnait l'édition Gebhardt des années 30, Omero Proietti s'étant chargé d'un nouvel établissement). Verne en aurait également fourni une traduction, me souffle-t-on curieusement (sous toutes réserves, donc).
Voici les traductions Appuhn et Moreau du passage dont il était question ici voici peu (chap. V, § 4) :
Si dans une Cité les sujets ne prennent pas les armes parce qu'ils sont sous l'empire de la terreur, on doit dire, non que la paix y règne, mais plutôt que la guerre n'y règne pas. […] Une Cité, faut-il dire encore, où la paix est un effet de l’inertie des sujets conduits comme un troupeau, et formés uniquement à la servitude, mérite le nom de solitude plutôt que celui de Cité.

Si les sujets d'un corps politique ne recourent pas aux armes parce que la terreur les paralyse on doit y voir absence de guerre plutôt que paix. […] En outre, un corps politique où la paix dépend de l'inertie des sujets que l'on conduit comme un troupeau uniquement formé à l'esclavage, mérite plus justement le nom de solitude que celui de corps politique.
Ces problèmes de traduction incitent incidemment à se plonger dans ce texte fondateur qu'est Défense et illustration de la langue française (1549) de Joachim du Bellay — une vieille connaissance, dans ces eaux-ci (pas Zola) —, qui écrit notamment, au chapitre VI de son traité :

Mais que dirai-je d'aucuns, vraiment mieux dignes d'être appelés traditeurs
que traducteurs ? vu qu'ils trahissent ceux qu'ils entreprennent exposer, les frustrant de leur gloire, et par même moyen séduisent les lecteurs ignorants, leur montrant le blanc pour le noir : qui, pour acquérir le nom de savants traduisent à crédit les langues dont jamais ils n'ont entendu les premiers éléments, comme l'hébraïque et la grecque…

vendredi 20 février 2009

Écho de Narcisse

Heureux qui, communiste, a fait de beaux ravages
Et toujours explora la forest des passions
Plutost que retourner, plein de lâche affliction,
Vivre avec les esclaves le reste de son aage !

Quand revoiray-je, helas, dans mon petit village,
Flamber supermarchez ? Et en quelle saison
Revoiray-je éclore grèves et déraisons,
Qui démarrent la vie, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour que bastyront nos jeux
Que des palais marchands le front fallacieux.
Plus que démocrassye me plaist ce qui la mine,

Plus le jouir des mutins que l’argent des pantins,
Plus le qualitatif que compter les matins,
Et plus que les mesquins tout ce qui les chagrine.

samedi 17 janvier 2009

Que reste-t-il de nos amours ?

Peut-être pas grand-chose, sauf une page au beau milieu de l'excellente trilogie Krachevski de Serge Quadruppani (Rue de la Cloche, Métailié, coll. "Troubles", 1992, p. 148). Fidèle description de l'ambiance des réunions d'alors, avant d'aller coller dans le métro les fameux phylactères, avec leurs « becquets orientables » :
« Puis un barbu au sourire méphistophélique monta sur la table pour lire un éloge du docteur Petiot en alexandrins et une espèce de clergyman qui faisait office de président décréta une pause. »
Je me souviens y avoir repris la plume de Joachim du [Re]bellay, quand je ne signais pas Tom Pinoku :
Et de ce titre beau comme une prison qui brûle, à une époque où l'on ne lisait pourtant déjà plus Dubo-Dubon-Dubonnet dans les tunnels reliant les stations du métro.





Et d'un couscous géant pour lequel la semoule avait été servie moulée dans le creux d'un féminin mannequin de vitrine.
Belle aventure, pourtant bien moins exaltante que celles qu'elle appelait…