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Ce mec-là a déclenché tant de choses dans les têtes adolescentes d'alors (celles des années soixante-dix), lui qui n'a jamais eu les honneurs d'un véritable premier rôle (contrairement à son comparse de toujours que fut Jean Rochefort — en Cavaleur chez Philippe de Broca ou plus tardivement en Don Quichotte avorté chez Terry Gilliam) mais il délivrait une image bien plus intense et folle et inouïe de la liberté — même en beauf ahuri chez Joël Séria et parfois jusqu'au cathédralesque !
Extrait de Calmos (Bertrand Blier, 1976) : scène de la rencontre
Extrait de Calmos (Bertrand Blier, 1976) : scène du repas nocturne
Extrait de L'entourloupe (Gérard Pirès, 1979) : scène de la leçon de vente
♫♪♬ Et allez donc envoie la ritournelle… ♪♫♪ Mais il rest'ra chez ma tante Comme cett' chanson entêtante La seul' qu’on a ouïe de lui Et qui ne saurait lui dire « oui » ?
Une émission de voici quarante-cinq ans qui évoque l'époque de moins de trente ans auparavant…
On y entend notamment Gilles (né Jean Villard), du précurseur duo d'avant-guerre « Gilles et Julien » qui inspira bigrement les Frères Jacques et les Quatre Barbus, par exemple.
Gilles et Julien : Dollar
Gilles était Suisse, du canton de Vaux, d'où le calembour lamentable qui sert de titre au présent billet (y faut c'qui Faust) — et les rappels qui suivent.
Un hommage en flèche de l'impétrant Dreyfus à celle de Notre-Dame – bien malgré lui
En 2006, Steve Martin reprend magnifiquement le flambeau du défunt Peter Sellers pour incarner l'inspecteur Clouseau dans cette immonde stupiderie qu'est la saga de La panthère rose— aussi débile, s'il est possible, que la série du Gendarme de Saint-Tropez.
Qui saura jamais pourquoi Blake Edwards et Peter Sellers ont concocté vingt ans durant cette lamentable galère qui ne sentait pas franchement la rose (puisque l'argent n'a pas d'odeur), alors que ces deux joyeux compères fulgurèrent par exemple dans l'intervalle un chef-d'œuvre comme The Party (1968) ?
(Et Le jour du vin et des roses, ça vous dit quelque chose ? )
Mais bon, peu importe, youpi, MIRACLE ! le film de 2006 de Shawn Levy est une éberluante succession de gags évidemment très inégaux (on navigue entre le génie propre à Steve Martin et celui des Monty Python ou des frères Zucker) mais help, AIUTO ! certaines séquences obligent à appuyer sur la touche "pause" pour foncer pisser de rire aux toilettes.
Et surtout, il y a cette scène.
Cette scène-là.
Car, comment dire ?
Comment faire semblant d'apprendre à parler une langue soit-disant étrangère qui est en fait sa propre langue maternelle, sa langue la sienne ?
Et comment on fait pour se démerder en sus après ça, pour le doublage en français ?
Comment fait-on, pour anéantir la langue et le langage, quand on ne sait pas taire ce dont on il ne faut que parler (et merci Ludwig Wittgenstein, et merci Grégoire Bouillier, et merci aux dames-burgers) !??
Car dans ce film, c'est un acteur américain (Steve Martin) qui interprète cette caricature de flic français qu'est Jacques Clouseau, avec l'accent caractéristique indispensable, genre béret-baguette :
Bande-annonce du film
Mais quand il attire notre attention sur une question d'accent, vu que cet Amerloque cause en franzözich comme l'inverse de Truffaut avec Hitchcock, y'a de quoi s'interroger un peu, non ?
Genre : pourquoi un Américain qui s'efforce de prendre l'accent des Français qui s'efforcent eux-mêmes de causer angliche, pourquoi donc s'offusquerait-il du mauvais accent d'un soi-disant Russe ?
(D'accord, il s'avérera finalement que ce spécialiste du lobe occipital devait tout autant l'être des herbes chinoises — si tant est qu'elles en fussent.)
La scène est capitale au sein de cette intrigue insignifiante, mais elle ouvre surtout un gouffre qui ne fera que s'accentuer :
Là où l'histoire se complique fichtrement, c'est quand l'acteur américain qui s'est doté d'un accent français caricatural fait mine de prendre des cours d'amerloque parce qu'il doit se rendre à Nouillorque.
Dans la VOSTF, on arrive encore à suivre (heu…, hem !) ce bigarrement :
Mais dans la version doublée en français, ça devient un sacré bazar, et comment donc pourrait-on y retrouver ses petits ?
Un Américain pur jus joue un Français qui est censé s'efforcer d'apprendre les rudiments de l'amerloque, et les malheureux artisans du doublage (qui ne sont pas rétribués à un tarif métaphysique, que je sache) devraient parvenir à traduire exactement ses fausses tentatives en « vrai français » ?
Gaspature de pommedeterration !
(euh… comment on traduirait ça, nom d'un Charlie Schlingo !??)
Jamais Jimmy n'aurait pu imaginer plus bel hommage, ni plus bel hasard objectif…
Qu'elle crève, l'immonde charogne !
Tous les curetons du monde s'inquiètent asteure, faute hélas pour eux de pouvoir s'indigner contre une volonté "terroriste" revendiquée, mais combien de centaines (de milliers, de dizaines de milliers ?) de serfs ont succombé à construire ce magnifique monument dédié à la connerie religieuse et catholique, entre le XIIe et le XIVe siècle ?
Et ces abrutis d'encapuchonnés d'aujourd'hui, ils n'envisagent même pas un instant cette fois que si pareil incendie advient c'est encore et toujours par la volonté de leur Dieu barbichu, celui auquel ils sacrifient par millions leurs ouailles pour leur plus grand profit et celui de leurs maîtres !
C'est leur foutue crétinerie infantile d'invention pèrenoëlesque ("Dieu le Père") qui décide toujours, faut pas l'oublier !
Hé oui (allô ?, toc-toc ! allô ?) Dieu a décidé ce lundi 15 avril 2019 de faire cramer un bon coup le temple dédié depuis près d'un millénaire à la mère du crapaud de Nazareth !
Sa propre bru, nondidjou !
Y'aurait de quoi réfléchir, non ?
C'est à croire, dirait Victor Hugo, que c'est justement toutes ces superstitions débilitantes que la cathédrale vomit ce soir en flammes…
Fouchtra ! Rien, jamais rien de ce qui regarde la beauté ne se rapporte à la religion.
Comme l'ont manifesté à leur manière et à leur époque, l'Internationale lettriste avec Michel Mourre et Serge Berna (qui élaborèrent ensemble une des premières "construction de situation" : le scandale de Pâques 1953), et puis bien après Philippe Petit :
Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte, Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de Paris, J’accuse l’Église Catholique Universelle du détournement mortel de nos forces vives en faveur d’un ciel vide; J’accuse l’Église Catholique d’escroquerie ; J’accuse l’Église Catholique d’infecter le monde de sa morale mortuaire, d’être le chancre de l’Occident décomposé. En vérité je vous le dis : Dieu est mort. Nous vomissons la fadeur agonisante de vos prières, car vos prières ont grassement fumé les champs de bataille de notre Europe. Allez dans le désert tragique et exaltant d’une terre où Dieu est mort et brassez à nouveau cette terre de vos mains nues, de vos mains d’orgueil, de vos mains sans prière. Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte, Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de France, nous clamons la mort du Christ-Dieu pour qu’enfin vive l’Homme.
The Walk, de Robert Zemeckis (2015) : scène de la traversée entre les tours de ND