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vendredi 17 avril 2009

Conséquences fastidieuses d’une ancienne ruse de la lutte des classes


Les premiers clercs qui, au IXe siècle, se mirent à écrire en langue romane, se sont servis naturellement de l’alphabet latin et ont imité, tant bien que mal, la graphie latine, notant comme ils pouvaient les sons romans étrangers au latin. Au XIIe siècle, les scribes (1) étaient arrivés à constituer une orthographe simple, claire et rationnelle : tout en veillant à garder l’étymologie, ils reproduisaient aussi fidèlement que possible les sons tels que la prononciation les faisait entendre ; ils supprimaient les lettres qui avaient cessé d’être prononcées : astenir (lat. abstinere), cors (lat. corpus), batesme (lat. baptisma), etc. ; ils employaient, à la finale, x pour représenter –us provenant d’une l vocalisée en u devant s : cheuax (= chevaus, prononcé chevaws), tex (= tels, teus), etc. Cependant, dès la fin du XIIe siècle, cet x commença à se doubler de l’u, déjà implicitement contenu dans x : chevaux.

Au XIIIe siècle, le français fut admis, sous la tutelle du latin, dans les actes publics de la justice et de la Chancellerie : dans les bureaux, tout un peuple de praticiens amoncelaient des écritures judiciaires de toutes sortes ; entre les mains de ces praticiens, qui ne savaient guère que quelques bribes de latin, l’excellente orthographe du XIIe siècle se dégrada étrangement : au nom du principe de la distinction, les clercs de la Chancellerie royale, du Parlement et des autres juridictions abusèrent des lettres étymologiques ou prétendues telles ; ils écrivaient, par exemple : recepte, baptesme, escripre, febvrier, presbtre, debte, etc. ; établissant entre certains mots des analogies arbitraires, ils leur imposaient des similitudes tout empiriques : defense, despense devenaient deffence, despence (d’après des mots comme influence), macon devenait masson (d’après masse), forsene devenait forcene (d’après force), etc. ; ils différenciaient les homonymes par des moyens variés : vint (lat. viginti) devenait vingt pour être distingué de il vint ; un devenait ung pour n’être pas confondu avec la notation numérale VII, etc.
En outre les scribes surchargeaient de lettres superflues quantité de mots et doublaient souvent les consonnes non seulement par pure fantaisie de calligraphes, mais aussi et surtout pour enfler leur copie, augmenter le nombre de pages et par là grossir leur salaire ; ils écrivaient par exemple : Iacques, vieulx, oncques, avecques, meffaire, chappelle, etc.

Ainsi dégradée par les praticiens des
XIIIe, XIVe et XVe siècles, l’orthographe, faussement savante, était devenue empirique et encombrée de lettres qu’on ne prononçait pas.

(1) Il faut faire ici au scribe GUIOT, le très intelligent copiste des œuvres de Chrétien de Troyes, l'honneur de le nommer.

Maurice Grevisse, Code de l'orthographe française, Bruxelles, éditions Baude, 1965, pp. [9]-10

6 urbanités attiques:

thé a dit…

L'usage était bon.

George WF Weaver a dit…

Tiens, je croyais que vous teniez Grevisse en piètre estime ?

thé a dit…

Mais pour certaines choses, on ne peut s'en passer

George WF Weaver a dit…

Et pour d'autres, si. Ainsi les grévistes, paradoxalement, n'en ont guère l'usage (bon ou mauvais).

thé a dit…

En fait, je crois que j'aime les mauvais usages

George WF Weaver a dit…

Pas mal, si ce mauvais s'entend dans le même sens que celui de "mauvais garçon". J'apprécie pour ma part énormément le genre de syntaxe étonnante que l'on pouvait lire jadis sous la plume de Willem — celui du vrai Charlie-Hebdo ou du Libé des 80's.

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