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mardi 17 octobre 2023

De la fiabilité à la faillibilité :
hume Hume !


Même si d'aucuns ne peuvent sentir Hume, n'empêche qu'il tranche à vif dans nos préjugés quand il cause de cause…

C'est toute la semaine sur France Khü, et c'est toujours roboratif de se remettre en tête la différence entre causalité logique et prévision psychologique automatisée par la répétition de l'habitude :




« Par définition, demain c'est
ce dont je n'ai pas l'expérience,
c'est ce qui n'est pas donné. »

Ça donne bigrement à réfléchir, puisque pour Spinoza, en substance, toute chose est cause et toute cause est chose (merci, Alexandre Matheron !)

Alors qu'en est-il, si la notion même de causalité n'est nullement fiable ? 


«  Faut te faire une raison, dit Gabriel dont les propos se nuançaient parfois d’un thomisme légèrement kantien. »
Raymond Queneau, Zazie dans le métro (1959)

9 commentaires:

  1. Kant n'aurait-il pas réglé le problème ? Encore faut-il, pour s'en convaincre, sortir un peu du dogmatisme spinoziste.

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  2. Alors là, pardon, cher Moine, vous m'en bouchez un coin et il me semble que vous allez un peu vite en besogne : Nein, Kant n'a décidément pas « réglé le problème », vous auriez dû le comprendre en prenant la peine d'écouter l'émission.
    Incidemment, Nine, c'est aussi la preuve par neuf qu'il est bon de tourner sept fois la langue dans sans bouche avant de parler de dogmatisme à propos de Spinoza — ce démolisseur farouche de tous les dogmes (excepté l'affirmation de l'existence d'une idée vraie…)

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  3. Dogmatisme, au sens de Kant, cher George, pas au sens de Mao Tse Toung ou de l'église catholique. Est dogmatique celui qui défend telle ou telle thèse relative à des objets, sans se soucier de critiquer, c'est-à-dire d'estimer la part active du sujet dans la création desdits objets. Tout matérialiste non-dialectique est en ce sens dogmatique, autant que son opposant spiritualiste.

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    1. La pertinence sceptique de Hume critiquant l'identification entre conjonction et connexion de deux phénomènes, dont l'un sera dit cause et l'autre, effet, se heurte à la possibilité toute bête de séparer le monde en phénomènes et chose en soi. Et pour ce qui est des phénomènes, dans le monde naturel, la possibilité de les connaître au sein d'un tel rapport, permettant toute expérience et connaissance, reste entière et opératoire. C'est en cela que Kant a réglé le problème.

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    2. Sans vouloir verser dans un anachronisme intempestif, il me semble que pour Spinoza une phrase telle que « Kant a réglé le problème » relèverait du plus pur dogmatisme maotsétounguien, de même que l'effort dudit penseur de Königsberg — fort estimable au demeurant — pour séparer le monde en phénomènes et noumènes d'un délire aussi puissant que la distinction cartésienne entre âme et corps et l'amusante divagation de la glande pinéale…

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    3. Trop facile, George.
      Kant a réglé le problème que Hume lui-même avait posé, à savoir (répétons-le) : comment dériver une idée (au sens vulgaire du mot) d'une poignée de sensations ? ou : comment fonder un rapport nécessaire (de connexion logique) entre deux évènements sur le fondement de la simple conjonction empirique de ces évènements ? De fait, l'esprit franchit toujours ce pas illégitime entre conjonction et connexion de lui-même : il dépasse toujours spontanément le donné. Et Hume lui-même considérait tout cela comme un pur jeu de l'esprit, car à titre personnel, au plan pratique de bon bourgeois jouisseur écossais, jamais il ne lui serait venu à l'idée de ne pas croire en de tels rapports (de causalité) garantissant à la fois la science, la santé mentale et un minimum de bonheur possible.
      Kant lui répond en réfutant la pseudo-simplicité, ou facticité, de son point de départ, à savoir l'expérience. Cette dernière, selon Kant, est construction. L'objet est construit, non pas donné "tout fait" dans la sensation : l'expérience est la rencontre d'un donné sensible et d'un concept, lequel concept règle l'expérience, et la rend possible. Pas d'expérience toute pure, non-réglée chez Kant.
      Tout cela n'a donc rien de "dogmatique" : ni à nos yeux ni, d'ailleurs, à ceux de Kant, qui rappelait justement le mérite qu'avait eu Hume de l'avoir "tiré de son sommeil dogmatique". En réalité, le génie critique de Kant s'accorde plutôt bien, à notre goût, avec le non-substantialisme de Hume, lequel doutait sainement de toute vérité transcendante se prétendant pourtant connaissable (un "Moi", une "Cause" ou une "Substance", façon Spinoza ou Descartes) et qu'on se serait contenté d'affirmer avec un raffinement de système adéquat, prétentieux et, à bien des égards, inhumain.
      Kant ouvre ainsi la voie historique à une co-construction de l'objet et du sujet, qu'on ne peut réduire l'un à l'autre. Pour le reste, sa modestie est exemplaire : ce qui est au-delà des phénomènes (la fameuse question de la chose en soi) ne saurait être dit ou connu. On ne peut que le penser (mais on doit le penser et on ne peut, d'ailleurs, s'empêcher de le penser). Rien de moins dogmatique, donc (au sens de Mao Tsé Toung).
      C'est ainsi qu'on règle les problèmes posés par d'autres. En attendant de se voir soi-même dépassé.

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    4. Dont acte, et merci pour ce développement, cher Moine.
      Même si causer de "vérité transcendante" à propos de Spinoza me paraît quelque peu déplacé.

      L'univers est, que je sache, peut importe qu'on le nomme "cause", "substance" ou Tartempion, et même si ce dont on ne peut parler, il faut le taire.

      Et, désolé, mais en fidèle disciple de Diogène le Cynique, le dogue m'attise, meuh (oh, la vache !)

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    5. L'univers est ? Comment être certain qu'il soit en soi, c'est-à-dire derrière et autre que ce que j'en perçois, ou plutôt autre que ce que je le construis ? Impossible. La substance spinoziste est cette réalité dont l'essence implique l'existence, tout comme chez Descartes, Dieu devait exister, de par son concept même. Spinoza propose une autre version de cette fameuse "preuve ontologique" dont Kant a montré qu'elle n'était pas une preuve. La substance ne peut être qu'objet (dogmatique) de croyance ou de pensée, comme tout ce qui est transcendant, c'est-à-dire dépasse l'expérience.

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  4. Nous divergeons en même temps qu'au fond nous sommes bien d'accord, c'est une question de perspective.

    Je ne prétends nullement que l'univers (la substance, dans le langage spinoziste) soit "en soi", je répète juste (après Spinoza, qui parle d'expérience) que l'univers est, point-barre.

    En songeant au public de cartésiens chrétiens auquel s'adresse Spinoza au XVIIème, relisez donc les trois démonstrations de la proposition 16 de la première partie de l'Éthique, qui en tout genre vont à l'encontre d'une quelconque "preuve ontologique", à bien y réfléchir.

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