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samedi 7 février 2015

LE RATTRAPEUR



Elle a failli partir : alors il est offrande, amour, bonne volonté, il aime et parle le matin, il parle à midi, le soir il parle encore, et tard la nuit, prend la parole puis la donne, il la reprend, la rend et veut du bel échange, il parle et sort et quand il sort : je reviens à l'instant ! Il l'aime, il l'accompagne, vient la chercher, s'applique et veut qu'on l'aime, qu'on offre de le dire, il parle, attend, questionne, n'ignore pas ses torts, il reconnaît, il remanie et puis : réponds ! Il veut des gages, avec du rire, il met la table, il sert la soupe, il porte la moitié du ciel, connaît les mots qu'il faut, connaît la vie, peut en parler, d'ailleurs on repart à zéro et puis dorénavant, et puis il parle, elle doit rester, un jour elle part, c'est qu'elle est folle, elle revient, il parle, il se sent mal, elle est ses yeux, il veut son bien, elle le rend fou, ou veut sa mort, elle se tait, il parle, et veut faire un enfant ou refaire la maison, il refait la maison, il faut parler, elle ne veut pas, c'est une malade ! Il a raison puisqu'il en parle, elle ne dit rien, alors il parle, et cogne, et cogne, et tu comprends le maximum, j'ai fait le maximum, elle n'est jamais contente, à la fin qu'elle s'en aille !


Hédi Kaddour, in La chaise vide, Obsidiane, 1992, p. 25

3 urbanités attiques:

Christophe Bouvier a dit…

merci bien dur - de ce pas je colle 1 post-it sur la cafetière !
krrr.

Wroblewski a dit…

Souvenirs, souvenirs. La Madeleine est devenue trop cliché alors je n'en parlerai pas, même si elle exprime à merveille cette sensation. En lisant "Obsidiane", je vois mon père, qui fréquentait un peu tous ces gens, et la bonne vieille ville de Sens, où j'ai vécu de 4 à 18 ans, pas toujours très heureux d'ailleurs, loin de là. J'y ai pris de bonnes cuites, entre autres dans le bar branché et littéraire de la rue piétonne, non loin de la librairie du frère d'un des créateurs de la maison d'édition. Connaissez-vous ce livre par celle-ci ? Eh bien l'auteur en est mon papa. C'est le seul qu'il ait jamais publié, un an avant de passer, même s'il a écrit toute sa vie. Je sais, vous vous en foutez, mais moi ça me fait quelque chose...

Jules a dit…

Je ne connaissais pas Hédi Kaddour mais cet extrait m'a immédiatement évoqué "Les coups" de Jean Meckert (1942)
Merci pour la découverte

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