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mardi 25 mars 2014

Le métro dû aux chattes (euh…)



En 1976, Philip Dick n'était pas encore très connu du public français — même des amateurs de science-fiction —, malgré les efforts des rédacteurs de ces mines que furent les revues Fiction et Galaxie et ceux de directeurs de collection comme Gérard Klein.
Il n'était pas encore venu à Metz prononcer sa fameuse conférence de 1977, « Si ce monde vous déplaît, vous devriez en voir quelques autres » et Ridley Scott n'avait pas encore tourné Blade Runner.
Et pourtant, le 23 octobre 1976, France Culture diffusait un excellente adaptation de l'un de ses nombreux chefs d'œuvre, Le maître du Haut-Château :



Je ne saurais trop recommander l'admirable biographie romancée d'Emmanuel Carrère, Je suis vivant et vous êtes morts, qui est elle-même un texte dickien en diable, cerise inespérée sur le gâteau.

10 urbanités attiques:

Le Moine bleu a dit…

ou : "le hêtre du haut chameau".
ce qui nous ramène à M. Michel Sapin, si vous permettez.

George WF Weaver a dit…

Je permets, bien entendu, ca je suis très "tôle errante" comme vous savez, mais n'entérinons pas ici-même vos obsessions michelines ou sapineuses, voulez-vous bien ?

(De plus, pardon, il manque un "T" dans votre contrepet…)

Anonyme a dit…

Mais Merci Mon Vieux !

"Les montagnes sont à l'intérieur de la terre. Ainsi l'homme accompli réduit ce qui abonde et augmente ce qui fait défaut, considérant les choses avec impartialité."

Stewball

Le Tenancier a dit…

L'assertion selon laquelle Dick n'était pas très connu du public français en 76 me paraît un peu exagérée, George. Si je m'en tiens à la bibliographie de M. Villemur (63 auteurs — Bibliographie de Science Fiction) parue en 75 chez Temps Futurs, nous avons 62 entrées pour ce qui concerne les romans et nouvelles et 8 entrées pour la bibliographie secondaire dans laquelle on retrouve les futurs thuriféraires de l'auteur : Chambon, Thaon, Duvic et aussi Gérad Klein. C'est dans l'ensemble plus que Farmer, Robert Heinlein, autant que Clifford D. Simak... auteurs de "l'âge d'or" du genre.
On relève déjà dans cette biblio des ouvrages comme A rebrousse-temps, Le Dieu venu du Centaure, Dr Bllodmoney, Le Maître du haut château, Simulacres et j'en passe.
Donc, mon cher, vous êtes en train de nous survendre l'auteur. Quand on connaît un tant soit peu l'effervescence qui régnait dans le milieu de la SF, je puis vous dire que Dick a été très vite distingué et ce depuis le tout début des années 70.
C'est marrant, d'ailleurs ce qui se passe avec lui, c'est devenu l'auteur pour ceux qui n'ont jamais lu de SF et qui la méprisent en voulant à toute force le rattacher à des "instances supérieures". On nous a déjà fait le coup dans un autre registre et avec d'autres auteurs. Que vous ne soyez un peu original, George en nous vendant un type comme Lafferty dont il me semble que personne ne s'occupe plus depuis un bail. Non que Dick soit devenu inintéressant, certes, mais on se lasse, à la longue de relire les mêmes choses.

George WF Weaver a dit…

Vous vous lassez ?
Moi ça me fait danser…

Mais foin de balivernes, grand merci pour cette forte nuance ! Vous savez, j'étais tout minot à l'époque, je n'ai de la chose qu'une vue rétrospective peut-être biaisée, en effet.
Il me semble pourtant (pardon) qu'en dehors du cercle des spécialistes de la SF Dick n'était pas encore très connu par ici, malgré une déjà bonne quantité de publications.
Écoutez par exemple ce qu'en dit Philippe Huppe (?) , l'organisateur du festival de Metz, ici.

Le Tenancier a dit…

Je n'ai ni le temps ni la patience de tout écouter (5 heures !) pour l'instant, surtout que la partie consacrée à sa biographie m'est particulièrement pénible vu l'incompétence crasse de celle qui l'a produite (ou comment soigner sa psychose en parlant de celle des autres). Je vous conseille plutôt de vous procurer le livre d'Hélène Collon aux éditions Encrage. J'écouterai cependant Philippe Hupp avec intérêt dès que possible. Pour le coup du "cercle des spécialistes", ce serait considérer que ce seul cercle soit touché par le tirage des collections de chez Calmann-Lévy, J'ai Lu, Albin Michel ? Ça fait un sacré cercle !... Il est vrai que ces années furent remarquables tant pas l'abondance des livres que la qualité d'iceux. Mais ne me faites pas croire qu'il était inconnu. Seulement il ne dépassait pas le milieu de la SF. Donc, effectivement, il était inconnu des jeunes bourgeois qui prennent la paralittérature comme un décalage postural. Ça a effectivement changé. Vivement qu'ils se lassent, ceux-là, m'emmerdent. Revenons tout de même à cette idée qu'il était inconnu. On sait que la pénétration d'un auteur se fait en trois stades : un petit cénacle qui contamine ensuite un cercle un peu plus vaste de connaisseurs qui, lui-même va étendre sa notoriété au grand public, plus ou moins lente diffusion au cours de laquelle l'image de l'auteur se précise puis finit par se brouiller progressivement dans une sorte de vulgate ou bien dans la fantasmatique des avortés de la littérature (témoins cette adulation de psychotique pour un autre, citée plus haut). Donc, on peut se dire qu'à partir du moment où il est connu, il n'est justement plus reconnaissable. D'où d'ailleurs le désenchantement de certains qui ont lu la bio de Dick et qui ne s'attendaient pas à ça, d'où là joie ineffable de ceux qui cherchait un substitut euh... on va dire "rimbaldien" à leurs lacunes, d'où l'indifférence de beaucoup qui lisent Dick et se foutent du reste, d'ailleurs. Ce sont ces derniers qui ont raison. Dick est donc connu, mais il n'est plus reconnaissable. Et dans un autre niveau - chronologique - ce n'est pas celui qu'un cénacle découvre en France dans les années 50 et ou la prose ressemble assez à du Van Vogt, celui des années 60 et 70, connu des fans de SF avec sa période parano et uchronique et celui de la fin, celui propulsé par des gens comme Carrère - dont on exagère bien trop le rôle d'ailleurs - qui ne peut pas être reconnu par le grand public à l'instar des auteurs mainstream parce que trop barré dans sa tête, le pépère. Je crois du reste que vous confondez ce dernier cercle avec le "lecteur moyen"...
Alors, Dick pas connu dans le milieu des années 70 ? Au contraire, il est au maximum de sa notoriété dans la
connaissance
qu'on avait de lui. 5 titres de lui sont déjà présents en J'ai Lu au catalogue de 75 dans l'une des collections de SF dont le tirage était loin d'être négligeable. Alors s'il n'était pas connu, qui achetait donc ses romans, dites-moi ? Eh bien, il faudrait peut être remarquer que, contrairement à ce que l'on a tendance à croire, la SF n'était pas le fait d'un lectorat exclusif comme cela a tendance à l'être maintenant. Beaucoup plus de gens, hors du profil du fan en lisaient.
Donc, vous êtes bien gentil, George, mais vous ne me convainquez pas.

Le Tenancier a dit…

Pardon pour le bordel dans les italiques.

Le Tenancier a dit…

J'ai aussi oublié de vous dire que je me rappelle de cette émission que vous mettez en lien mais que je ne me rappelle pas trop de l'intervention de Hupp. Sans doute étais-je arrivé en cours ou l'enregistrement que je possédais était peut être tronqué...

George WF Weaver a dit…

Cher Tenancier de mon cœur, je vous adore, je vous admire, je vous envie, je vous en veux.
Mais je ne suis pas d'accord sur tout : par exemple, j'aime beaucoup le bouquin de Carrère, comme une cerise sur le gâteau dickien.
Les spécialistes m'horripilent autant que tous les milieux, je préfère les dilettantes et la nonchalance en tout, vous le savez.

Désolé de n'avoir pu fournir au débotté que le lien vers l'intégralité de l'émission :je vais isoler les interventions de Philippe Hupp (merci pour la rectification) et les réunirai dans un billet ultérieur.
Enfin, je dis ça, je dis rien…

Le Tenancier a dit…

Mais est-ce que je conteste Carrère ? Non. Seulement, il donne sa version de la vulgate, la plus acceptable pour la bourgeoisie, celle que les hochets surréalistes émoustillaient en d'autre temps, devenus trop abscons sans doute pour cette société émondée de toute cause littéraire et plus soucieuse de sa fantasmatique personnelle.
Mais je dis ça, je ne dis rien non plus.

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