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Un texte splendide remarquablement servi par la sobre lecture de Marie Vialle, enregistrée le 12 juillet lors du festival d'Avignon et diffusée le 30 août sur France Culture.
Bizarrement, aucune indication n'est fournie quant au texte de Quignard qui précède Le nom sur le bout de la langue lors de cette lecture.
Un ponte de l'armée zaïroise, le major Tsham, est assassiné dans l'enceinte du QG, écrasé par un camion. Prévenu par télégramme, son frère Kizito, expatrié en France depuis quinze ans, revient à Kinshasa pour les obsèques. Dans l'avion, il fait la connaissance d'un Anglais, Peter Thombs, patron d'une société de surveillance, qui lui explique que le Zaïre est devenu une sorte de chefferie privée. Effectivement, à peine débarqué à l'aéroport, Kizito se fait dépouiller de sa valise et d'une partie de ses économies. Sa belle-sœur Maïsha s'étonne de son arrivée : elle n'a jamais envoyé le télégramme. Lors de la veillée funèbre, à laquelle s'est présenté un seul militaire, le capitaine Bambi, le clan familial subit l'attaque d'un gang qui rafle la cagnotte des cotisations. Le lendemain, après les obsèques, un gamin des rues, Big Losh, entraîne Kizito dans un bar, le club Sakazuma, où l'attend Bambi qui a reçu une lettre de menaces anonyme lui enjoignant de se tenir à l'écart de la famille de Tsham. Kizito décide de recourir au services de Peter Thombs, qui dépêche sur l'affaire son détective SOGA-13, puis il retourne au club Sakazuma, espérant y trouver Bambi, mais c'est sur la splendide maîtresse de celui-ci, Malesso, qu'il tombe : il se retrouve aussitôt dans son lit mais doit déguerpir dare-dare au bruit du retour du capitaine, sans avoir conclu. Pendant ce temps, SOGA-13, qui vient d'apprendre que Tsham avait une maîtresse lui ayant donné trois enfants, manque de se faire tuer par des miliciens acoquinés avec un type qu'on lui décrit comme l'ex-capitaine Bambi. La nuit suivante, Maïsha tente en vain de séduire Kizito, puis lui explique que Tsham, incité par un compère, s'adonnait à la sorcellerie, et que les enfants de sa maîtresse sont sans doute destinés au sacrifice. Au même moment, SOGA-13, qui a filé l'ex-capitaine depuis sa tanière (l'appartement de Malesso), le voit pratiquer un rite de sorcellerie dans un cimetière. Il se présente à l'aube à Kizito, qui comprend alors que c'est à lui que Bambi — en qui Maïsha reconnaît ledit compère de feu son mari — vient de jeter un sort, au moyen d'éléments recueillis par Malesso, notamment son slip. Le lendemain arrive de France Voka, l'épouse de Kizito, avec ses enfants, soi-disant à l'appel de son mari, qui tombe des nues. Au QG de l'armée, SOGA-13 comprend au vu du registre d'entrée que c'est par le chef de la milice, complice de l'ex-cap, que Tsham s'est fait écraser; après quoi il rencontre le vrai capitaine Bambi, collègue de Tsham qui se démène pour que la maîtresse de celui-ci récupère une part de l'héritage. Kizito déboule au Sakazuma pour affronter Malesso, mais elle l'entortille au point qu'il se retrouve à nouveau dans son lit, après quoi elle lui déballe ses explications : Tsham étant responsable du massacre de son village natal alors qu'elle étudiait en Belgique, c'est à sa vengeance depuis longtemps ruminée que l'on assiste maintenant : elle s'emploie à décimer par la sorcellerie la famille du bourreau. De retour au pays, elle a séduit Tsham et lui a fait rencontrer l'ex-cap qui l'a envoûté, mais trouvant les sorts trop lents, elle a précipité les choses en le faisant écrabouiller. C'est donc Malesso qui a envoyé les télégrammes, qui a commandité le dépouillage à l'aéroport et le racket lors de la veillée funèbre, et elle n'a couché avec Kizito que pour recueillir son sperme en vue du sort final. Kizito la tue. SOGA-13 file l'ex-cap, qui se rend à la résidence de la maîtresse de Tsham pour y rencontrer l'autre Bambi, qui y a succédé à Tsham et espère récupérer la totalité de l'héritage de feu son collègue. Ivre, Kizito couche avec Maïsha, puis il va rendre visite à la maîtresse de son frère, à qui Big Losh sert de boy. Grâce à ce dernier, il échappe à un empoisonnement ordonné par le capitaine Bambi. Alerté par Peter Thombs d'un meurtre maquillé en accident, SOGA-13 découvre dans un ravin la voiture de l'ex-cap, avec à l'intérieur le cadavre du chef de la milice : les deux Bambi l'ont liquidé pour éviter qu'on ne remonte jusqu'à eux. L'affaire éclate dans la presse, et l'armée donne l'assaut à la résidence : la maîtresse de Tsham et le capitaine Bambi sont tués, et l'on apprend que ce dernier a descendu peu avant son homonyme. Big Losh ramène les enfants de Tsham à Kizito, qui se voit attribuer par le clan Maïsha comme deuxième épouse. Soupçonné par les autorités du meurtre de Malesso, Kizito fuit à Brazzaville en compagnie de cette nouvelle famille.
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Si l'on subodore des relents de sorcellerie à propos de ce volume, c'est surtout dans le fait que Gallimard ait pu accepter d'accueillir dans sa prestigieuse collection Série Noire pareil ramassis d'inepties. Pas de point de vue, pas de logique interne, aucune construction, nulle idée directrice dans cet ouvrage manifestement improvisé au fil de la plume, où des personnages sans consistance disparaissent comme ils ont surgi, sans crier gare (SOGA-13, Big Losh, Voka…), et dont on n'est avisé de la fin que parce que la pagination s'arrête. L'inutile homonymie des deux « Bambi » vient parachever ce pénible embrouillaminis. L'ensemble manifeste un complet mépris du lecteur, et tombe littéralement des mains : on ne comprend strictement rien, non seulement au suivi (?) du récit (« Hypercompliqué », soupire Kizito p. 218, et nous de soupirer avec lui), mais même à chaque phrase, l'auteur ayant choisi de truffer au maximum sa prose d'un mélange hétéroclite d'argot français classique, d'idiotismes locaux et de vocabulaire branchouillard façon Libé. Résultat : incohérence totale de ce qui se voudrait du style. Ainsi, quand l'Anglais Peter Thombs s'exprime, c'est le plus souvent à la Jane Birkin (« Où est the problem ? », p. 179), mais parfois dans un français tout à fait châtié (par ex. p. 62). Pour comble, louchant vers Simonin, Ngoye nous gratifie en fin de volume d'un petit glossaire certes amusant mais auquel on se lasse vite de se reporter en vain. Passons sur les coquilles (« menstruations » pour « mensurations » p. 132, « la méprise » pour « le mépris » p. 151…), unique plaisir du lecteur dans un tel pensum. C'est consternant.
Achille F. Ngoye, Sorcellerie à bout portant, Gallimard, Série Noire n°2486, 1998
La pluie… oui, c'est ça : la pluie. Je pourrais la regarder tomber pendant des heures sans penser à l'ennui.
C'est justement ce que je faisais par cette matinée de septembre, buvant mon café au lait à demi-sucré…
Mais à quoi bon vous raconter quelque chose qui vous intéresse si peu ? Vous vous dites : « Mais pourquoi il nous raconte sa vie, l'autre, là ? » Et vous voulez sûrement une vraie histoire, avec un début et une fin comme celles que vous connaissez, alors autant vous le dire franchement : si vous voulez ce genre d'histoire, posez ce livre et allez dans la librairie la plus proche et achetez le premier bouquin qui vous passera sous la main, car il y a énormément de chances pour que ce soit le genre d'histoire que vous aimez...
Non, vous ne voulez vraiment pas ? Tant pis, mais ne râlez pas à la fin du livre contre moi, je vous aurai prévenus.
Je disais donc que je buvais mon café au lait en regardant la pluie tomber. J'étais tellement préoccupé que… non : j'étais plutôt aspiré par les gouttes d'eau et par le bruit qu'elles faisaient en tombant sur la gouttière rouillée, un son qui contrairement à ce que l'on dit n'est pas « plic-ploc » mais un son impossible à décrire et très entêtant. Je ne voyais donc pas que Mansy s'était assise sur une chaise derrière moi et avait commencé à beurrer une tartine. C'est le son du bris de la croûte qui fit que je me retournai et l'observai pendant qu'elle entamait un volumineux pot de confiture à l'abricot. Le regard un brin sévère, elle fixait un point bien précis et ses mains tremblaient légèrement. Je lui demandai : « Tout vas bien, Mansy ? » En lui posant cette question, j'aperçus la silhouette d'un homme de taille moyenne, tout de noir vêtu. Je clignai des yeux et me dis que je devais rêver. « Non », me répondit-elle d'un ton sec. « Non, ça ne va pas bien ! » J'allais demander ce qu'elle avait mais me coupant la parole, elle sortit un pistolet et me tua.
C'est dur comme fin, vous ne trouvez pas ? Moi, si : c'est pour ça que je me réveillai, suant comme un fou. Je brûlais de fièvre, c'est sûr… « Quel affreux cauchemar ! » pensais-je à haute voix juste avant de me rendormir.
Le lendemain, je me réveillai, ne me souvenant plus de rien. J'allais prendre mon petit-déjeuner assez vite car j'avais le pressentiment que j'étais en retard. Je ne l'étais pas. J'ai souvent de mauvais pressentiments… Je crois que les super-héros ne vont jamais aux toilettes. Je n'en suis pas un. J'allais donc aux toilettes. Après n'avoir rien fait, je sortis me balader. En bas, une femme m'attendait. Je reconnaissais son visage mais ne parvins pas à me souvenir où je l'avais vue.
— « Bonjour, me dit-elle. Sammy, je suppose ?
— C'est moi, et à qui ai-je l'honneur ?
— Mansy Parkinson, me dit-elle.
— Enchanté, répondis-je en lui serrant la main, mais puis-je vous demander… ?
— Je viens vous parler, c'est urgent — qu'elle me dit —, peut-on monter chez vous ?
— Mais bien sûr », dis-je en lui faisant signe de la main pour qu'elle passe devant moi.
Une fois en haut, je lui proposai du café, qu'elle accepta, et je lui dis qu'il y avait des tartines, du beurre et une délicieuse confiture à l'abricot — ce qu'elle apprécia également. Puis elle me dit qu'elle allait aux toilettes, qu'elle revenait sous peu.
« Ouf ! », pensais-je, ce n'est pas un super-héros ! Je me tournai vers la fenêtre : il pleuvait.
La pluie... oui, c'est ça : la pluie. Je pourrais la regarder pendant des heures sans penser à l'ennui.
J'étais tellement préoccupé que je ne vis pas Mansy arriver derrière moi et s'asseoir, commencer à beurrer une tartine. Je me retournai au son du crissement sur la croûte et l'observai pendant qu'elle entamait un volumineux pot de confiture. Le regard un brin sévère, elle fixait un point bien précis. Ses mains tremblaient légèrement.
— « Ça va, Mansy ?, demandai-je.
— Non. Non ça ne va pas. »
J'allais demander ce qui n'allait pas mais elle sortit soudain un petit pistolet.
Une balle siffla, un corps tomba.
C'était celui de Mansy.
Un homme de taille moyenne, habillé de noir, apparut par l'entrebâillement de la porte, un flingue à la main pointé droit où le corps était tombé.
— « Fais attention, elle est encore plus dangereuse morte », dit mon mari Jack en lui tirant une deuxième balle entre les deux yeux.
— Tu épuises ton chargeur, dis-je.
— Allez viens, qu'il dit, nous repartons en mission ».