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vendredi 2 septembre 2011

Abasourdissante vie moderne (2)*

Ce mois d'août, j'ai passé mes vacances à quelque 500 m de chez moi, dans un vaste et charmant pavillon assez foutraque déserté par ses occupants habituels — des amis qui demandaient que l'on y manifestât une certaine présence.

 En voici quelques photos : côté rue…


… côté jardin (vers l'arrière du pavillon)…



(depuis l'arrière du pavillon)…




… (jardin au centre duquel les habitants du lieu, furieux récupéro-bricoleurs qu'ils sont, ont érigé une sorte de tour Eiffel en bois du sommet de laquelle on peut jouer à (ou frémir de) se jeter dans un filet, et depuis quoi une passerelle en corde mène à une cabane incrustée dans un arbre voisin)…


… côté cour…



… et l'intérieur de la salle commune, vu des deux côtés de sa longueur :



Nous nous sommes ainsi retrouvés à quatre hurluberlus : Jérôme, Bernix, Didier et moi-même, qui y passions du temps à tour de rôle ou ensemble. J'avais croisé Didier à quelques reprises auparavant, mais hormis cela nous étions jusqu'alors les uns pour les autres de parfaits inconnus.

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Mardi 30 août, un commentaire de Jack dans le pénultième billet m'a appris l'existence d'un rare disque sur la Commune chanté par une certaine Simone Bartel, artiste dont j'ignorais tout jusqu'alors.


Comme le signalait Jack, ce disque n'était disponible qu'en striminegue. Je me suis donc aussitôt mis à télécharger les morceaux afin de les convertir en mp3, tout en les écoutant avec pas mal de ravissement (désolé, petit problème de téléchargement chez DiveChère depuis deux jours, les onze derniers morceaux viendront plus tard) :



Rentré au pavillon le soir, je tombe sur Bernix, attablé devant une bouteille de vin portugais. Le sachant féru de chansons françaises — entre autres formes musicales —, je m'empresse de lui faire part de ma belle et fortuite découverte du jour, tout en buvant quelques canons.
Et là, je le sens très vite très intéressé, dès que je lui parle de cette interprète de chansons sur la Commune inconnue de tous : il me regarde d'un air entendu, comme si j'énonçais une évidence.
Lorsque je lui demande enfin s'il a jamais entendu parler de cette mystérieuse Simone Bartel, il me répond, droit dans les yeux, l'air le plus sérieux du monde : « C'est ma mère ».
Bon d'accord, nous étions assis, mais j'en suis tout de même resté sur le cul ; alors comme il me sentait pour le moins incrédule, il m'a fissa démontré qu'il s'était lui-même chargé de construire le site en question, en m'affichant cette page secrète, qui permet de télécharger en mp3 tous les morceaux de tous les albums.

Ce n'est qu'un peu plus tard que je me suis souvenu que j'avais remarqué avec un certain étonnement, dans l'après-midi, que sur l'album Simone Bartel chante la Commune, la chanson Le Grisou était interprétée par « le petit Bernix », surnom pas si courant que je n'avais jamais ouï jusqu'à cet été…

* Le précédent épisode de cette passionnante série de coïncidences est disponible ici.
La semaine prochaine, je vous parlerai de mes surprenantes retrouvailles avec Mathias, qui ne se souvenait pas de moi — et pour cause : il n'était pas lui-même.

vendredi 26 août 2011

Et vive la Commune !



Trois chansons extraites du cédé qui accompagne l'édition intégrale du Cri du peuple de Tardi et Vautrin, parue en 2005 chez Casterman, dans des arrangements que je trouve assez heureux (mais bien sûr je ne connais rien à la musique ni au bonheur) :

Le capitaine au mur, trop méconnue et remise en selle grâce à cet enregistrement :



La semaine sanglante, chantée dans son intégralité — chose assez rare (bien qu'il faille toujours remplacer le vers final par : « Jusques à quand la République de la Justice et du Travail ? » :



Et L'insurgé, enfin :



(Désolé, n'ayant pas le disque en question sous la main, je ne suis pas en mesure de préciser les références : interprètes, arrangeurs, etc.)

mardi 16 août 2011

Ah, mais… tt…tu vas causer, dis ?!?


Rattroupée à ma mémoire par l'ami Serge, cette « Fiction / Drôles de drames » du 6 février 2010 : Interrogatoires de Dashiell Hammett, adaptée de l'étonnant ouvrage publié voici quelques années par les éditions Allia :

samedi 13 août 2011

Là-même où errait l'amer…







Trois petites pépites pour inciter à écouter cet excellent « documentaire-fiction » de Christophe Deleu et François Teste, J’ai tout oublié, diffusé le 23 juin 2008 et heureusement rediffusé mardi dernier, dans le cadre de Sur les docks :



Bon, et histoire de coller au sujet, n'oublions pas ceci…

vendredi 12 août 2011

Un chien rend jaloux

Un Nouveaux Chemins de la Connaissance consacré au Conte d'hiver de Shakespeare, diffusé le 6 octobre 2010 :





Le film complet est visible ici

Peu après Shakespeare, bien avant Buñuel, Spinoza énonçait ceci dans l'Éthique (trad. Bernard Pautrat) :

Troisième partie, Proposition XXXV
Si quelqu'un imagine que la chose aimée joint à elle-même un autre, du même lien d'Amitié ou bien d'un plus étroit que celui qui faisait qu'il était seul à la posséder, il sera affecté de Haine à l'égard de la chose aimée, et il enviera cet autre.

Démonstration
Plus quelqu'un imagine qu'est grand l'amour dont la chose aimée est affectée à son égard, plus il se glorifiera (par la Prop. précéd.), c'est-à-dire (par le Scol. Prop. 30 de cette p.) sera joyeux ; et par suite (par la Prop. 28 de cette p.) il s'efforcera, autant qu'il peut, d'imaginer la chose aimée liée à lui le plus étroitement possible, effort ou appétit qui est encore alimenté s'il imagine qu'un autre désire pour soi la même chose (par la Prop. 31 de cette p.). Or, cet effort ou appétit, on le suppose contrarié par l'image de la chose aimée elle-même qu'accompagne l'image de celui que la chose aimée joint à elle ; donc (par le Scol. Prop. 11 de cette p.) par là même il sera affecté de Tristesse, accompagnée de l'idée de la chose aimée comme cause, et en même temps de l'image de l'autre, c'est-à-dire (par le Scol. Prop. 13 de cette p.), il sera affecté de haine envers la chose aimée, et en même temps envers cet autre (par le Coroll. Prop. 15 de cette p.), et, comme cet autre prend plaisir à la chose aimée (par la Prop. 23 de cette p.), il l'enviera. C.Q.F.D.

Scolie
Cette Haine envers la chose aimée jointe à l'Envie s'appelle Jalousie, laquelle n'est partant rien d'autre qu'un flottement de l'âme né à la fois de l'Amour et de la Haine, qu'accompagne l'idée d'un autre, qu'on envie. En outre, cette Haine à l'égard de la chose aimée sera plus grande à proportion de la Joie dont le Jaloux était d'ordinaire affecté par suite de l'Amour réciproque de la chose aimée, et aussi à proportion aussi de l'affect dont il était affecté à l'égard de celui dont il imagine que la chose aimée le joint à elle. Car, s'il le haïssait, par la même (par la Prop. 24 de cette p.), il aura la chose aimée en haine, parce qu'il l'imagine qu'elle affecte de Joie ce qu'il a lui-même en haine ; et également (par le Coroll. Prop. 15 de cette p.) du fait qu'il est forcé de joindre l'image de la chose aimée à l'image de celui qu'il hait, laquelle raison, en général, a lieu dans l'Amour pour la femme ; qui, en effet, imagine une femme qu'il aime se prostituant à un autre, non seulement sera triste de ce que son propre appétit se trouve contrarié ; mais aussi, parce qu'il est contraint de joindre l'image de la chose aimée aux parties honteuses et aux excrétions de l'autre, il l'a en aversion ; à quoi s'ajoute, enfin, que le Jaloux n'est pas accueilli du même visage que la chose aimée lui offrait d'ordinaire, ce qui attriste aussi l'amant, comme je vais le montrer.



Cinquième Partie, Scolie de la proposition XX
[…] La puissance de l'Esprit se définit par la seule connaissance, et son impuissance ou passion, par la seule privation de connaissance, c'est-à-dire qu'elle s'estime à cela qui fait qu'on dit les idées inadéquates ; d'où il suit que pâtit le plus l'Esprit dont les idées inadéquates constituent la plus grande part, en sorte qu'on le reconnaît plus par ce qu'il pâtit que par ce qu'il agit ; et, au contraire, qu'agit le plus celui dont des idées adéquates constituent la plus grande part, en sorte que, tout en ayant en lui autant d'idées inadéquates que l'autre, on le reconnaît pourtant plus à celles-là, qu'on attribue à la vertu humaine, qu'à celles-ci, qui plaident en faveur de l'impuissance humaine. Ensuite, il faut remarquer que les chagrins de l'âme, et ses infortunes, tirent principalement leur origine de trop Amour pour une chose soumise à beaucoup de variations, et dont nous ne pouvons jamais être maîtres. Car ce n'est jamais que d'une chose qu'on aime qu'on s'inquiète ou s'angoisse, et offenses, soupçons, inimitiés, etc., ne naissent que de l'Amour pour les choses dont nul ne peut être véritablement maître. D'où nous concevons donc aisément ce que la connaissance claire et distincte, et principalement ce troisième genre de connaissance (voir à son sujet le Scol. Prop. 47, p. 2) dont le fondement est la connaissance même de Dieu, peut sur les affects, à savoir, que, en tant que ce sont des passions, s'il ne les supprime pas absolument (voir la Prop. 3 avec le Scol. Prop. 4 de cette p.), il fait du moins qu'ils constituent la moindre part de l'Esprit (voir la Prop. 14 de cette p.). Ensuite, il engendre l'Amour envers une chose immuable et éternelle (voir la Prop. 15 de cette p.), et dont nous sommes véritablement maîtres (voir la Prop. 45 p. 2), Amour qui donc ne peut être souillé d'aucun des vices qui se trouvent dans l'Amour ordinaire, mais qui peut être de plus en plus grand (par la Prop. 15 de cette p.), et occuper la plus grande part de l'Esprit (par la Prop. 16 de cette p.), et l'affecter largement.